25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 09:11
L'évangile selon Saint Duke

Invité le 16 septembre 1965 à présenter un concert de musique sacrée en la cathédrale de la Grâce de San Francisco qui se dresse au sommet de Nob Hill, Duke Ellington inaugura un genre inédit de musique sacrée : le “Sacred Concert”, sorte d’oratorio au sein duquel cohabitent le jazz, le gospel, le blues et la magie ellingtonienne. Le Duke connaissait l’histoire d'un jongleur, qui, au Moyen Age avait exprimé sa gratitude à la Vierge en dansant devant sa statue. Outre deux chorales, il fit donc appel à un danseur de claquettes. « In the Beginning God », Au commencement Dieu…, trois mots sur lesquels s’ouvre la Bible du roi Jacques, fournirent le thème principal du concert, une composition qu’Harry Carney introduisait au saxophone baryton. Le programme comprenait bien sûr Come Sunday, un extrait de “Black, Brown and Beige”, et The Lord’s Prayer, gospel porté avec ferveur par l’orchestre au complet.

L'évangile selon Saint Duke
L'évangile selon Saint Duke

Un Second “Sacred Concert” vit le jour le 19 Janvier 1968 devant 6 000 personnes en la cathédrale Saint-Jean l’Evangéliste (St. John the Divine) de New York et fit l’objet d’un enregistrement studio chez United Artists trois jours plus tard. Presque toutes les compositions étaient nouvelles. Il débutait par Praise God confié là encore au saxophone baryton de Carney. Le très remarqué Supreme Being fut composé à cette occasion, de même que Something about Believing, The Shepherd, Heaven (chanté par la soprano Alice Babs), Meditation (duo qui réunissait Duke Ellington au piano et Jeff Castleman à la contrebasse), et It’s Freedom (contribution du Duke à la lutte de son peuple pour l’obtention de ses droits civiques). Introduit par Alice Babs (en photo avec Ellington), le final, Praise God and Dance, s’inspirait du psaume 150. Jimmy Hamilton, Paul Gonsalves et Cat Anderson étaient les principaux solistes de cet acte de foi.

Mal préparé avec un Duke Ellington déjà malade (il devait disparaître quelques mois plus tard), un troisième “Sacred Concert” fut créé à Londres, à Westminster Abbey le 24 octobre 1973.

L'évangile selon Saint Duke

Tous ces morceaux et d’autres encore, seront joués le mercredi 1er octobre, à Paris, en l’église de la Madeleine. Porté par cinquante deux colonnes corinthiennes lui donnant un air de temple grec, son architecture massive étonne toujours les visiteurs. Napoléon voulait en faire un temple maçonnique dédié à la raison. Le bâtiment faillit être transformé en gare ferroviaire en 1837 et, pour finir, devint une église en 1845. Éduqué par la Bible, mais aussi franc-maçon, Ellington dont l’indicatif des concerts de son orchestre était Take the ‘A’ Train aurait sûrement apprécié y faire jouer sa musique. De son vivant, il donna un concert de musique sacrée dans une autre église parisienne, à Saint Sulpice en décembre 1969. Plusieurs mois de préparation, des travaux coûteux, une estrade spéciale, une sonorisation pointue et une resquille record écartèrent tous bénéfices autres que spirituels raconte l’organisateur de la manifestation, le regretté Philippe Koechlin, dans ses “Mémoires de Rock et de Folk”.

L'évangile selon Saint Duke

Souhaitons que pareille mésaventure n’arrive pas à Laurent Mignard, grand responsable de cette résurrection ellingtonienne. Enthousiasmé par les “Sacred Concerts” qu’il donna ces dernières années, le Duke Ellington Center for the Arts de New York présidé par Mercedes Ellington, la petite fille de Duke Ellington, a commandé au Duke Orchestra, l’orchestre de Mignard, une tournée des Musiques Sacrées d’Ellington dans les cathédrales de France. Pour la lancer, Laurent a décidé de frapper fort. La foi ne soulève t-elle pas des montagnes ? Pas moins de 80 artistes sur scène à la Madeleine : le Duke Orchestra au complet (en citer les membres serait fastidieux), mais aussi l’ensemble Les Voix en Mouvement que dirige Michel Podolak, les chœurs Gospel Attitude et White Spirit, le chœur de La Celle Saint-Cloud et de prestigieux invités. Chorégraphe du “Sacred Concert” de 1968, Mercedes Ellington en sera la récitante, Emmanuel Pi Djob, Nicolle Rochelle et Sylvia Howard les vocalistes et Fabien Ruiz le danseur de claquettes.

Dans sa grande bonté, le pape François a promis un an d’indulgence à tout possesseur de billets. Toujours souffrant, Monsieur Michu a déjà pris le sien. Qu’attendez-vous ? Pour une fois que le ciel nous fait perdre la tête…

L'évangile selon Saint Duke

DUKE ELLINGTON SACRED CONCERT

Eglise de la Madeleine

Mercredi 1er octobre 2014 - 21h00

 

Billetterie :

www.laurentmignard.com

www.fnac.com

 

Infos :

Tel : 01 40 93 36 60

Photo de Laurent Mignard © Pierre de Chocqueuse – Autres © Photos X/D.R.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 09:09
Franck AMSALLEM : “Sings Vol. II” (Fram Music Productions)

Discret, n’aimant guère se mettre en avant, Franck Amsallem fait trop peu parler de lui. Né à Oran, il passa son adolescence à Nice et suivit des cours de piano classique et de saxophone avant de poursuivre ses études aux Etats-Unis, au Berklee College de Boston, puis à la Manhattan School of Music de New York. Il étudia la composition avec Bob Brookmeyer et fit ses classes dans les clubs new-yorkais, apprenant à mettre son piano au service des autres, à servir les mélodies du jazz et leurs interprètes. A 28 ans, il tenta une carrière sous son nom, enregistra avec Gary Peacock, Bill Stewart, Joe Chambers et, avec Riccardo Del Fra et Daniel Humair, réalisa “Years Gone By”, album naguère remarqué par Alain Gerber dans Diapason. Le 12 novembre dernier, au Duc des Lombards, la voix chaude et gourmande de la grande René Marie bénéficiait de la finesse de ses harmonies. Attaché à l’histoire du jazz, à ses standards, à son vocabulaire, le pianiste adore aussi le chant. En 2009, il osait “Amsallem Sings”, disque dans lequel il s’accompagne lui-même au piano. Enregistré en trio, “Sings Vol. II” est infiniment plus réussi. S’exprimant avec naturel, le chanteur ré-harmonise au piano la ligne mélodique des morceaux qu’il reprend. La voix est sobre, jamais maniérée. Comme Bill Carrothers (“Love and Longing” publié l’an dernier), Franck Amsallem phrase comme un instrumentiste. Il connaît et apprécie ces mélodies qu’il admire et réinvente au piano avec ses deux complices, Sylvain Romano dont la contrebasse chante de bien belle façon dans It Could Happen to You, et Karl Jannuska qui marque avec souplesse le tempo, rend toujours fluide la musique. Le disque s’ouvre sur Never Will I Marry, chanson de Frank Loesser extraite de la comédie musicale “Greenwillow” (1960). L’amateur de jazz se doit de connaître la version qu’en donnèrent l’année suivante Nancy Wilson et Cannonball Adderley. Comme les autres thèmes qu’il interprète, Franck Amsallem en a conservé la mémoire. Il les porte en lui depuis longtemps ce qui lui permet d’en donner des versions dans lesquelles il met beaucoup de lui même avec l’émotion qui convient. Au programme, des standards célèbres – Body and Soul, Just One of Those Things (Cole Porter), How Deep is the Ocean –, mais aussi des mélodies plus rares, The Second Time Around que reprit Frank Sinatra et qui est interprété en solo (piano et voix) et Two For the Road, un thème trop oublié d’Henry Mancini. A ce répertoire s’ajoute Paris Remains in my Heart, une composition de Franck qui est loin d’être ridicule au sein de ce florilège que l’on écoute sans se lasser.

Concert au Sunside le 20 septembre avec Sylvain Romano et Karl Jannuska.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 08:02
Sinne EEG : “Face the Music” (Stunt Records / UnaVoltaMusic)

Une chanteuse, une vraie. Elle enthousiasme a cappella, maîtrise parfaitement le scat, possède une voix très juste et compose d’excellentes chansons. Célèbre au Danemark, elle y a enregistré six albums, les deux derniers avec le même trio, Jacob Christoffersen au piano, Morten Ramsbøl à la contrebasse et Moorten Lund à la batterie, musiciens que rejoignent ici quelques invités. Enregistré sur trois jours à Copenhague, “Face the Music”, son septième, est aussi réussi que “Don’t Be So Blue”, son précédent, le premier disque d’elle que j’ai écouté. Des concerts en juin et octobre 2011 au Sunset et au Sunside me convainquirent de son talent. Outre ses propres morceaux, Sinne Eeg chante des standards et nous en offre ici de somptueuses versions, comme celle, en apesanteur, de What are You Doing the Rest of your Life de Michel Legrand. Alan & Marilyn Bergman en ont écrit les paroles. “Face the Music” s’ouvre avec What a Little Moonlight Can Do que la chanteuse introduit en scat, la batterie seule marquant le rythme. Il révèle la grande sensibilité de son pianiste qui séduit par ses choix harmoniques, les couleurs qu’il pose sur la musique. Arrangé par Jesper Riis, le morceau accueille sa trompette et un saxophone ténor, les deux instruments assurant les riffs à l’unisson. Dans Taking it Slow, une composition de Thomas Fonnesback, la contrebasse de ce dernier est seule à servir la chanteuse. On les retrouve toujours en duo dans une étonnante version de Caravan qui conclut l’album. Car les morceaux de bravoure ne manquent pas, la voix phrasant et sonnant comme un instrument. Aussi à l’aise dans les ballades que sur tempo rapide, Sinne Eeg y excelle. Avec puissance dans Somewhere, tendresse dans Crowded Heart qui bénéficie également de son scat, rythme dans I Draw a Circle dont l’arrangement réserve un chorus de bugle. Et puis il y a cette joie qu’elle parvient à transmettre, une joie que cet opus solaire diffuse de bout en bout.

Sortie de l'album le 22 septembre. Concert au Sunset le 27 avec Jacob Christoffersen (piano), Morten Ramsbøl  (contrebasse) et Morten Lund (batterie).  

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 09:15
Mieux vaut tard que jamais

Enrico Pieranunzi Trio © Andrea Boccalini

Sortis respectivement en mai et en juin, les nouveaux disques d’Enrico Pieranunzi et de Chick Corea méritaient des chroniques. Elles ont tardé, je vous l’accorde, mais les voici, écrites avec la passion qui m’habite et m’inspire. Merci d’avoir patienté.  

Mieux vaut tard que jamais

Enrico PIERANUNZI : “Stories”

Cam Jazz / Harmonia Mundi

Depuis 2009, Enrico Pieranunzi enregistre avec Scott Colley à la contrebasse et Antonio Sanchez à la batterie, un nouveau trio qui permet à sa musique de rester lyrique tout en étant plus agressive. “Permutation”, son disque précédent, était déjà centré sur la pratique intensive du jeu collectif. Sorti en mai dernier, “Stories” l’est davantage encore. Les musiciens se connaissent mieux, jouent ensemble depuis plus longtemps, et cet opus excitant, parfois aventureux (Which Way Is Up), confirme leur entente, leur capacité à réagir en temps réel à leurs propres inventions. Confiées à leurs instruments, les idées jaillissent, se structurent à pleine vitesse. Rapides, les trois premiers morceaux débordent d’énergie. Le pianiste fascine par un jeu fiévreux qui reste lisible et cohérent, le Maestro parvenant toujours à faire chanter la phrase musicale, à la faire respirer. Il nous réserve aussi de nombreuses ballades, l’aspect mélodique de son travail gardant son importance. Toutes sont de qualité. The Slow Gene, une composition de Colley, s’intercale avec bonheur entre deux pièces fébriles. Ponctué par une contrebasse qui n’oublie jamais de dialoguer avec le piano, Where Stories Are nous touche par sa mélancolie et Flowering Stones par son tendre balancement. The Real You qui conclut le disque ruissèle de belles couleurs harmoniques. Sous les doigts d’Enrico, la musique devient alors tendresse, foisonnement de notes exquises. Un trio musclé mais sensible la sert avec bonheur.

Mieux vaut tard que jamais

Chick COREA : “Portraits”

(Concord / Universal)

La discographie de Chick Corea renferme peu d’enregistrements en solo. Ce ne sont d’ailleurs pas les meilleurs. Son travail d’orchestrateur ou ses opus en trio se révèlent plus conséquents. S’il n’apporte rien de vraiment neuf, ce disque n’en reste pas moins intéressant. Le pianiste se penche sur son passé, sur les sources d’inspiration qui ont jalonnés sa déjà longue carrière. “Portraits” renferme deux CD et le premier, presque entièrement consacré à la relecture de standards, est un hommage à des musiciens qui l’ont influencé, ou dont il apprécie la musique, tel Stevie Wonder dont il reprend Pastime Paradise. Thelonious Monk, Bud Powell et Bill Evans, auxquels il a consacré des albums et souvent interprété les compositions, ont marqué son piano. Cet enregistrement est un live et, se faisant pédagogue, Corea les présente brièvement avant de les jouer, de nous donner des versions parfois enthousiasmantes de leurs œuvres. Dans le second CD, il joue du Alexandre Scriabin – deux Préludes de l’opus 11, œuvre de jeunesse du musicien russe alors influencé par Chopin – et du Béla Bartók, mais aussi quelques-unes de ses Children’s Songs dont la composition s’étala sur une dizaine d'années. La partie neuve de ce programme au sein duquel Chick nous offre aussi une grande version de The Yellow Nimbus en hommage à Paco de Lucia, est constituée par une série de portraits improvisés d’auditeurs anonymes de ses concerts (une tournée aux Etats-Unis, au Canada et en Europe) qu’il a invités à monter sur scène. Il joue un piano dont le riche vocabulaire emprunte autant à la musique classique européenne qu’au jazz et à la tradition du blues. On retrouve le musicien romantique qui affectionne une harmonie ample et délicate et le rythmicien au touché percussif qui apprécie les rythmes latins. Inspiré, Chick Corea nous fait grâce d’un magnifique piano.

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 11:40
Une rentrée plein gaz !

Septembre, une rentrée que bouchonnent des kilomètres de véhicules. Leurs gaz polluent l’atmosphère, empuantissent les routes. Les vacanciers qu’ils transportent n’auront pas à débronzer. Le ciel leur est tombé sur la tête tout l’été pour le bonheur des vendeurs de parapluies made in china. Ils rentrent les pieds mouillés, engoncés dans de chauds vêtements imperméables, prêts à découvrir dans leur boîte à lettres les factures que leur demande de payer un état dépensier et avide de leurs sous. Parmi eux des amateurs de jazz, peu nombreux mais fidèles à une musique qui se transforme, à du jazz qui ressemble de moins en moins à du jazz, mais qui offre encore de bonnes surprises. Ils rentrent des festivals parfois désappointés. Bon gré mal gré, les intermittents ont assuré le spectacle. The show must go on, et ce malgré les intempéries, l’arythmie de nos rythmes scolaires, les mauvaises nouvelles dont raffolent les médias. On nous promet un mois ensoleillé, des baisses d’impôts, moins de fonctionnaires, une simplification du code du travail et du code de la route. Les pigeons roucoulent, les moineaux pépient, les hirondelles portent ces grandes nouvelles à tire d’ailes. La flore s’en réjouit aussi. Les fleurs tardent à faner, les arbres à perdre leurs feuilles. La lumière surtout est plus belle. Profitons-en pour sortir, aller vers la musique. Il pleut toujours, mais ce sont des disques qui tombent du ciel et certains interpellent. Stefano Bollani, Franck Amsallem, Denny Zeitlin, Gilles Naturel, René Urtreger et la jolie Sinne Eeg qui nous rend visite à Paris le 27 sortent des opus qui comptent. Diana Krall a enregistré l’album le plus pop de sa carrière. Associé à Anja Lechner, sa complice au violoncelle, François Couturier relit Mompou et Gurdjieff, réinvente leurs pages classiques. Le programme de Jazz à la Villette qui se déroule du 3 au 14 ne m’excite pas outre mesure. Avishai Cohen et Roberto Fonseca exhibent leur technique au détriment de la musique. Figure historique du jazz libertaire, Archie Shepp m’a rarement convaincu. Il multiplie aujourd’hui les fausses notes sous les applaudissements. Mélanie De Biaso garde ma sympathie. Elle se produisait il n’y a pas si longtemps dans de petits clubs à moitié vides. De grandes salles s’ouvrent à elle et ce n’est que justice. La grande affaire de cette rentrée reste toutefois la création du Gil Evans Paris Workshop qui, autour de Laurent Cugny, rassemble de talentueux musiciens tous nés dans les années 1980. Olivier Laisney (trompette), Adrien Sanchez et Martin Guerpin (saxophones ténor), Antonin-Tri Hoang (saxophone alto), Joachim Govin (contrebasse) sont de l’aventure. La photo a été prise en juin lors d’une répétition. On reconnaît Pierre-Olivier Govin (saxophone baryton) à droite de Laurent. Premiers concerts le 8 octobre, le 12 novembre et le 10 décembre au studio de l’Ermitage. La formation cherche des fonds. On peut dès à présent participer à son financement sur KissKissBankBank. Enfin, Martial Perez expose des photos en noir et blanc de jazzmen jusqu’au 30 septembre à la galerie Argentic, 7 rue Taylor 75010 Paris (du lundi au vendredi de 15h00 à 18h00). Son exposition s’intitule Jazz Passion et devrait concerner les lecteurs de ce blog.   

 

 KissKissBankBank : www.kisskissbankbank.com/gil-evans-paris-workshop?ref=search

 

QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

Une rentrée plein gaz !

-Harold Mabern en trio au Sunside le 5 et le 6 avec John Weber à la contrebasse et Joe Farnsworth à la batterie. Comme Phineas Newborn son mentor, originaire comme lui de Memphis, Mabern pratique un piano virtuose, joue un bop puissant aux lignes mélodiques élégantes. Né en 1936, il travailla avec Miles Davis, Lee Morgan, Sonny Rollins et fut membre du Jazztet que co-dirigeaient Art Farmer et Benny Golson.

Une rentrée plein gaz !

-David Virelles au Sunside le 9. On l’a découvert dans de récents albums ECM de Chris Potter et de Tomasz Stanko. Il y joue un piano sensible et ses notes sont des couleurs qu’il pose sur la musique. Né à Cuba, il possède une vaste culture qui lui permet de briller dans des contextes très différents. Diplômé du Humber College de Toronto, il a également étudié l’instrument avec Barry Harris et la composition avec Henry Threadgill qu’il admire. Reiner Elizarde à la contrebasse et Eric McPherson à la batterie seront ses partenaires pour ce concert parisien.

Une rentrée plein gaz !

-Donald Brown en trio au Duc des Lombards le 12 et le 13 avec le solide Darryl Hall à la contrebasse et Kenneth Brown, son fils aîné, à la batterie. Auteur de mélodies chantantes, orchestrateur émérite et excellent pianiste, Brown aime le blues, celui de Memphis, sa ville natale. Attaché au vocabulaire du bop et à la tradition, il en nourrit sa musique, ses improvisations. Funky ou ternaire, le rythme y tient une place prépondérante.

Une rentrée plein gaz !

-Chanteuse dotée d’une voix rauque et puissante, Molly Johnson est attendue au New Morning le 17. Elle sort un nouvel album “Because of Billie”, un hommage à Billie Holiday, des chansons enregistrées le plus souvent en une seule prise avec ses musiciens habituels – Robi Botos au piano, le fidèle Mike Downes à la contrebasse et Terry Clarke à la batterie. Elle en reprendra de larges extraits, avec humour et malice car elle sait mettre le public dans sa poche. Elle peut aussi se montrer bouleversante dans les ballades. Le répertoire de Billie Holiday en contient de nombreuses. On peut compter sur Molly Johnson pour les chanter avec émotion.

Une rentrée plein gaz !

-Entouré de ses musiciens habituels – Jean-Luc Aramy (contrebasse) et Vincent Frade (batterie) –, Rémi Toulon retrouve le Sunside le 18 avec un invité, l’harmoniciste Sébastien Charlier. Ecoutez “Quietly” le dernier album du pianiste, un disque aux mélodies attachantes et aux reprises bien choisies. Le numéro de mars de Jazz Magazine / Jazzman en contient la chronique.

Une rentrée plein gaz !

-Le 19 au Sunside, Xavier Desandre Navarre fête la sortie de “In-Pulse” (Jazz Village), disque réunissant d’excellents musiciens parmi lesquels Stéphane Guillaume (saxophone, flutes, clarinette basse), Emil Spanyi (piano) et Stéphane Kerecki (contrebasse). Tous ont répondu présents pour assurer ce concert, mettre en musique les images, les souvenirs qu’évoquent les musiques du batteur / percussionniste. Enregistré dans une seule pièce avec des musiciens proches les uns des autres dans les mêmes conditions qu’un live, cet album dans lequel le rythme sert la mélodie est une des bonnes surprises de cette rentrée.

Une rentrée plein gaz !

-Le 20 au Sunside, Franck Amsallem fête également la sortie de son nouvel album “Sings Vol.II”. Comme son titre l’indique, le pianiste se fait aussi chanteur, reprend de belles pages du Great American Songbook, des mélodies de Frank Losser (merveilleuse et tendre version de Never Will I Marry), Jimmy Van Heusen, Cole Porter, Irving Berlin, Henry Mancini mais aussi des pièces de Tadd Dameron, Antonio Carlos Jobim, de quoi contenter les plus exigeants. Je vous reparlerai prochainement de ce disque enregistré en trio avec Sylvain Romano à la contrebasse et Karl Jannuska à la batterie. Tous deux seront bien sûr présents au Sunside pour fêter la sortie de cet opus qui me tient particulièrement à cœur.

Une rentrée plein gaz !

-Toujours le 20, mais au Triton, club qui programme souvent des musiques nouvelles et improvisées, le pianiste Benoît Delbecq nous confiera en avant-première la musique de son prochain disque enregistré en juin dernier pour le label Songlines. Avec lui Miles Perkin, jeune bassiste canadien, et Emile Biayenda qui tient la batterie dans “Phonetics” (2004) et “The Sixth Jump”, un album de 2010 célébré dans ces colonnes. Depuis bientôt vingt-cinq ans, le pianiste invente une musique savante et onirique qui hypnotise rythmiquement et brille de mille couleurs.

Une rentrée plein gaz !

-Qu’il fasse allégeance au hard bop, au blues ou au funk – Brother Stoon qui donne son nom à son premier album – Baptiste Herbin étonne par la qualité de son jeu de saxophone (tant à alto qu’au soprano) et la maturité de son écriture. S’il se plaît à jouer plusieurs sortes de musique, il privilégie toutefois l’héritage afro-américain, aime les jam sessions, les rencontres au sein desquelles il brille par ses notes torrides, son jeu fougueux et tonique. On attend une suite à “Brother Stoon”, un disque qui a déjà deux ans. Habitué des clubs de la rue des Lombards, Baptiste se produira au Sunset le 22 avec Renaud Gensane (trompette), Maxime Fougères (guitare), Sylvain Romano (contrebasse) et Benjamin Henocq (batterie).

Une rentrée plein gaz !

-Après des concerts en juin au Duc des Lombards, Dominique Fillon se pose au Sunside le 23 pour jouer son dernier disque, “Born in 68” (Cristal Records), un opus électro-acoustique dont les compositions toutes originales plongent dans le groove. Malgré l’absence du guitariste Yuri Toriyama qui apporte beaucoup à Friends and More, pour moi le meilleur morceau de album, le pianiste peut compter sur Sylvain Gontard à la trompette, Antoine Reininger à la basse et Francis Arnaud à la batterie, pour faire vivre sa musique.

Une rentrée plein gaz !

-Sinne Eeg au Sunset le 27. Elle séduisit un public clairsemé dans cette même salle en juin 2011. “Don’t Be So Blue” (Red Dot Music), le disque qu’elle venait alors de faire paraître, m’avait interpellé. Son nouvel album, “Face the Music” (Stunt Records), sort le 22 septembre. Cette chanteuse danoise impressionne par la justesse de sa voix de mezzo-soprano. Disposant d’un large ambitus, elle swingue avec souplesse et maîtrise un scat qu’elle possède original et attachant. Ses musiciens sont loin d’être manchots. Le batteur Morten Lund joue avec Stefano Bollani dans plusieurs de ses disques et le pianiste Jacob Christoffersen fournit un accompagnement appréciable à la chanteuse. Morten Toftgard Ramsbøl complète la formation à la contrebasse.

-Jazz à la Villette : www.jazzalavillette.com

-Sunset-Sunside : www.sunset-sunside.com

-Duc des Lombards : www.ducdeslombards.com

-New Morning : www.newmorning.com

-Le Triton : www.letriton.com

 

Crédits photos : Harold Mabern © Alan Nahigian – Donald Brown © Jimmy Katz – Molly Johnson © Universal Records – Rémi Toulon © Amélie Gamet – Xavier Desandre Navarre © Xavier Kubisiak – Franck Amsallem © Nathalie Raffet – Baptiste Herbin © Morgan Roudaut – Dominique Fillon © Philippe Marchin – Sinne Eeg © Stephen Freiheit – David Virelles, Benoît Delbecq © photos X/D.R.

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Pierre de Chocqueuse - dans Edito tout beau
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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 10:15
Farniente !

Fatigué, le blogueur de Choc se repose en août et met son blog en sommeil. Il souhaite de bonnes vacances à ceux et à celles qui peuvent en prendre et vous donne rendez-vous en septembre.

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Pierre de Chocqueuse - dans Scoop!
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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 09:11
Du jazz “made in France”

Comme promis, trois disques enregistrés par des musiciens français sont ici à l’honneur. Deux d’entre eux s’appuient sur un solide matériel thématique. Comme quoi, reprendre de bonnes chansons ou des mélodies consacrées, fussent-elles destinées à servir des images, leur donner de nouvelles couleurs, de nouveaux arrangements peut être plus créatif que de composer des morceaux savant reposant sur des accords complexes qui pêchent par leur quasi-absence de thème. Loin du grand n’importe quoi dont souffre le jazz, ces trois albums sont des bains de jouvence. Ils permettent au passé de remonter à la surface, de ne faire qu’un avec le présent. Ils aiguillonnent nos souvenirs, les rendent palpables, comme les pages de nos journaux intimes.

Stéphane Kerecki : “Nouvelle Vague” (Out Note / Harmonia Mundi)

Du jazz “made in France”

Après “Patience” enregistré avec le pianiste James Taylor, le plus subtil des pianistes britanniques, Stéphane Kerecki retrouve ce dernier au sein d’un quartet que rejoint la chanteuse Jeanne Added dans Jamais je ne t’ai dit que je t’aimerais toujours que Serge Rezvani écrivit pour “Pierrot le Fou” de Godard, et dans La chanson de Maxence, composée par Michel Legrand pour “Les Demoiselles de Rochefort” de Jacques Demy. Vous l’avez compris, le bassiste puise ici son matériel thématique dans les musiques de films de la Nouvelle Vague. Sensible aux ambiances que délivrent ces mélodies un peu tristes souvent associées à des tonalités en mineur, il les arrange de façon très ouverte, leur donne de nouvelles couleurs harmoniques, une autre respiration. Les thèmes servent ainsi de support aux improvisations des musiciens dont il a fallu redistribuer les voix, les morceaux n’ayant pas toujours été conçus pour être repris par des jazzmen. Habitué aux audaces harmoniques, John Taylor fait merveille, installe une cadence onirique et mystérieuse dans le Générique des “400 coups”, brille dans celui de “L’ascenseur pour l’échafaud”, se montre romantique et tendre dans le Thème d’amour d’“Alphaville”. Jeanne Added interprète avec émotion les deux chansons qui lui sont confiées, Emile Parisien assurant les obbligatos, les commentaires au soprano. Le saxophoniste tient ici un discours inventif et sensible. Ses phrases lyriques, sa sonorité voluptueuse, veloutée évoquent le Wayne Shorter des grandes années. J’allais oublier le batteur, Fabrice Moreau. Il n’enferme jamais un tempo et aère constamment la musique.

Denis Colin et Ornette : “Univers Nino” (Cristal / Harmonia Mundi)

Du jazz “made in France”

Chanteur populaire, Nino Ferrer (1934-1998) fut aussi un amateur de jazz, de blues et de rhythm’n’blues, un fan de Louis Armstrong et de Ray Charles qui joua de la contrebasse au sein des Dixie Cats du batteur Richard Bennett et accompagna la chanteuse Nancy Holloway. Découvert avec Mirza (1966), Les Cornichons (1966) et Le Téléphon (1967), tubes dont le comique le fit abusivement classer parmi les humoristes, Nino Ferrer ne retrouva qu’occasionnellement la faveur du public. Publié en 1975, Le Sud fut un de ses derniers succès. Le père de Nino s’était lié d’amitié avec le grand-père maternel de Denis Colin. Le chanteur était pour lui une sorte de « cousin éloigné ». Il connaissait par cœur ses premiers disques et jouait Mirza à la flûte à bec. “Univers Nino” est donc l’hommage personnel que le clarinettiste rend à un amoureux de la musique, à un poète dont il nous fait redécouvrir les chansons. Confiant les parties vocales de l’album à la chanteuse (et claviériste) Bettina Kee, alias Ornette, à Diane Sorel qui assure les chœurs, donnant lui même de la voix dans La désabusion et L’arbre noir, Denis Colin réussit un opus festif et réjouissant, plus proche du rock que du jazz, ce qui importe peu tant la musique est bonne. Sous les doigts de Julien Omé, la guitare électrique y occupe une place importante. Moby Dick, Le blues des rues désertes en bénéficient. Car Denis Colin n’a nullement cherché à s’approcher des morceaux originaux. Il s‘en écarte avec des arrangements différents qui laissent de la place à des passages instrumentaux conséquents, lui-même assurant à la clarinette basse, instrument totalement absent des disques de Nino. Il nous fait aussi entendre des morceaux méconnus du chanteur, leur donne une vie nouvelle. On redécouvre ainsi The Garden, magnifié par la trompette d’Antoine Berjeaut, mais aussi L’arbre noir et La rua Madureira, chansons qui possèdent toutes des mélodies superbes.

Dominique Fillon : “Born in 68” (Cristal / Harmonia Mundi)

Du jazz “made in France”

Le titre de l’album annonce la couleur : Dominique Fillon se penche sur les musiques qu’il écoutait adolescent, lorsque la pop vivait ses grandes années et le jazz électrique ses plus belles heures. Se pencher n’est pas reprendre et le pianiste ne propose que des compositions originales qui sont aussi des clins d’œil, des hommages plus ou moins appuyés à des groupes ou à des musiciens qu’il apprécie. Where’s AJ, c’est bien sûr Ahmad Jamal et Dominique ne se prive pas de tremper son morceau dans le groove, de lui donner une tenue rythmique que son aîné n’aurait pas à désavouer. Car “Born in 68” déménage question tempos. Laurent Vernerey à la basse électrique, Jean-Marc Robin à la batterie et Fred Soul aux percussions assurent le swing. Au risque de tourner à vide, de devenir monotone, les compositions privilégient les thèmes riffs. Enrichies de motifs mélodiques, elles bénéficient surtout d’une large palette de couleurs. Claviers électriques, synthés, un piano acoustique tenant une place non négligeable, Dominique habille soigneusement ses morceaux, leur donne souffle et épaisseur. Il n’est d’ailleurs pas le seul soliste. Sylvain Gontard fait mouche à la trompette et au bugle, ornemente avec bonheur My Way to CA, une pièce lente et sensuelle, une des rares ballades de l’album. La présence du guitariste Yuji Toriyama dans deux morceaux apporte aussi beaucoup au disque. Omote-sando n’est pas sans évoquer certaines pièces de Pat Metheny, mais c’est Friends and More, la dernière plage, qui est la plus inoubliable avec sa guitare ancrée dans le blues et ses chorus de piano acoustique mémorables. On pense au Pink Floyd, à Santana, on savoure de plein fouet une musique heureuse qui fait toujours rêver.

Crédit Photo : Stéphane Kerecki Quartet © Philippe Marchin

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 08:21
Un blog qui cartonne

Le blogueur emménage et se voit contraint de délaisser son blog, au grand dam de ses lecteurs impatients. Cette photo montre bien l’ampleur du problème : des caisses à profusion dans lesquelles s’amoncèlent livres et disques. Parmi ces derniers, quelques-uns méritent des papiers et ont échappé à l’enfouissement : le nouvel album d’Enrico Pieranunzi, un double solo de Chick Corea et les nouveaux disques de Denis Colin, Stéphane Kerecki et Dominique Fillon dont je vous promets sous peu des chroniques. Chick et Enrico patienteront un peu. Quant au récent opus de l'ONJ, un soit disant chef d’œuvre qu'une attachée de presse, prudente, a préféré ne pas m’envoyer, je ne suis pas parvenu à l’écouter jusqu’au bout. Juillet, le temps des vacances pour beaucoup d’entre vous. Gare aux festivals en berne, aux orages, aux tempêtes tropicales, aux nages intempestives, à l’escalade de montagnes trop verticales. Loin de son bureau et de ses habitudes, l’homme prend des risques, s’expose à des dangers dont il n’a pas idée. L’écoute de certaines musiques, paralyse, ramollit le cerveau, provoque suicides et infarctus. Monsieur Michu en sait quelque chose. Moins exposés que les festivals chahutés par intermittence par des intermittents, les clubs parisiens proposent en juillet nombre de concerts qui interpellent. En bordure du bois de Vincennes, le Parc Floral abrite toujours tous les week-ends et jusqu’au 27 juillet le Paris Jazz Festival. Les concerts fleurissent. Il y en a pour tous les goûts. Reste à choisir les bons, ceux qui donnent la pêche et rendent heureux. Ouvrez grandes vos oreilles, faites les bons choix et passez un été mémorable.  

 

QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

-Ahmad Jamal s’est produit au théâtre de l’Odéon le 2 avec ses musiciens habituels. Buddy Guy s’est offert l’Olympia le 3. Le 4, en solo, Keith Jarrett a donné son seul (demi) concert de l’été Salle Pleyel. Vous n’avez pas eu besoin de moi pour vous prévenir. Vous lisez les journaux de jazz, du moins celui qui reste, Jazz Magazine / Jazzman qui a changé de directeur de la publication mais conserve la même équipe.

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-Le 7, Gerald Clayton retrouve le Duc des Lombards avec Joe Sanders à la contrebasse et Kendrick Scott à la batterie. Une section rythmique qui permet au pianiste d’innover, d’apporter un groove plus sensuel à un jazz qui bouge, se transforme et se fera demain. “Life Forum”, son dernier disque, en contient les prémices.

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-On reste au Duc pour Kris Bowers qui l’occupe du 11 au 13 juillet. Vous trouverez la chronique de son disque dans ce blog. Mélange de jazz, de soul et de hip hop, renfermant des mélodies attachantes, “Heroes + Misfits” est une des bonnes surprises de l'année. Pianiste émérite, Bowers a remporté la Thelonious Monk Jazz Piano Competition en 2011 et sa palette harmonique combine bien des couleurs. Julia Easterlin (chant), Adam Agati (guitare), Burniss Earl Travis II (basse électrique) et Jamire Williams (batterie) l'accompagnent pour ce concert.

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-Le 16, le New Morning accueille le quintette d’Ambrose Akinmusire dans le cadre de son festival “All Stars”. Walter Smith III (saxophone ténor), Sam Harris (piano), Harish Raghavan (contrebasse) et Justin Brown (batterie) entourent le trompettiste. Improviser ne leur fait pas peur. Ils empruntent ainsi des chemins de traverse, brouillent les pistes et surprennent par la richesse de leurs échanges.

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-La pianiste Leila Olivesi au Sunside le 19 avec Manu Codjia à la guitare, Matyas Szandaï à la contrebasse et Donald Kontomanou à la batterie. Baptisé “Révolutions”, ce nouveau quartette jouera les morceaux du prochain disque de Leila qui, dans la foulée, l’enregistrera en studio.

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-Eric Reed au Sunside les 21 et 22 juillet. “Reflections of a Grateful Heart Heart”, son dernier disque est un opus en solo consacré aux spirituals qui marquèrent son enfance. Mais c’est en trio et avec une chanteuse que l’accueille le Sunside. Avec Darryl Hall à la contrebasse et Mario Gonzi à la batterie, son piano accompagnera la voix chaude de Mary Stallings qui n'est pas sans rappeler celles de Carmen McRae et de Dinah Washington.

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-Tom Harrell au Duc des Lombards les 25, 26 et 27. Wayne Escoffery (saxophone ténor), Danny Grissett (piano), Ugonna Okegwo (contrebasse) et Johnathan Blake (batterie) jouent avec lui depuis longtemps. Au service de la sonorité moelleuse, du phrasé mélodique de sa trompette, ils forment un orchestre d’une rare cohérence.

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-Jacky Terrasson au Sunside le 25 et le 26 avec Burniss Earl Travis II à la contrebasse et Lukmil Perez à la batterie. Le pianiste retrouve un club qu’il apprécie et rôde de nouvelles compositions qu’il devrait prochainement enregistrer. Attendre son album n’empêche nullement d’aller écouter ces concerts évènements.

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-Nicholas Payton (trompette et piano), Vincente Archer (contrebasse) et Bill Stewart (batterie), au Sunside les 29, 30 et 31 pour fêter la sortie de “Numbers”, nouvel album d’un trompettiste qui passe allègrement du hard bop à la soul tout en n’oubliant jamais le swing. Normal, ses racines sont profondes. A travers elles, s’expriment le jazz et son histoire. Sans abuser de sa technique, Payton y trempe allègrement son instrument, rend intemporelle une musique qui lui est parfaitement naturelle.

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-Joe Lovano au saxophone ténor, Henri Texier à la contrebasse et Aldo Romano à la batterie au Duc des Lombards le 30 et le 31. Leur groupe s’intitule le Paris Réunion Trio. Ils ont naguère joué ensemble dans le Transatlantik Quartet de Texier, se connaissent, s’estiment et s’apprécient. En fanfare, avec tambours mais sans trompette, ils fêtent ainsi leurs retrouvailles.

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-Christian Scott au New Morning le 31 avec Braxton Cook (saxophones), Lawrence Fields (piano), Kris Funn (contrebasse), Corey Fonville (batterie) et une chanteuse, Isadora Mendez Scott, pour remplacer son guitariste. Scott joue un jazz influencé par le rock, le funk, le hip-hop, une musique forte, puissante, plus tonique que celle qu’il enregistre en studio. Tendre, fiévreuse, insolente, sa trompette séduit par un chant aussi puissant que lyrique et place le groove au cœur de la musique.

-Et aussi, le festival Pianissimo en août au Sunside, avec entre autres : le Dan Tepfer Trio le 12, Thomas Enhco Trio le 21, René Urtreger Trio les 22 et 23, Pierre Christophe Quartet le 28, Jean-Michel Pilc / Thomas Bramerie / André Ceccarelli les 29 et 30 … Bonnes vacances à tous et à toutes.

 

-Paris Jazz Festival : www.parisjazzfestival.fr

-Duc des Lombards : www.ducdeslombards.com

-New Morning : www.newmorning.com

-Sunset-Sunside : www.sunset-sunside.com

 

Crédits photos : Gérald Clayton © Devin DeHaven – Kris Bowers © Janette Beckman – Ambrose Akinmusire © Emra Islek – Tom Harrell © Angela Harrell – Jacky Terrasson © Pierre de Chocqueuse – Nicholas Payton © Michael Wilson – Leila Olivesi, Eric Reed, Joe Lovano, Christian Scott : photos X / D.R.

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 08:36
En juin, le jazz se porte plutôt bien

L’état préoccupant de Monsieur Michu semble avoir provoqué un certain émoi dans le monde du jazz. Accusant réception des nombreux courriels de sympathie et des vœux de rétablissement qui lui étaient adressés, j’ai été étonné de découvrir que pour quelques uns d’entre vous j’étais Michu en personne, comme si le pauvre bonhomme désormais édenté, chauve, presque muet et condamné à une chaise roulante, était encore capable de tenir un blog et de courir gaillardement les concerts. N'ayez point d'inquiétude, Monsieur Michu est une figure romanesque et composite, un personnage devrais-je dire puisqu’il est capable d’endosser les habits des autres, de s’affubler de leurs traits de caractère et d'en changer à volonté. Je le rencontre presque tous les jours, mais garde une meilleure santé que la sienne. Mes dents sont toujours en place ainsi que mes cheveux. Certes, je consacre moins de temps à mon blog car, m’apprêtant à déménager, je remplis des cartons. Encore ! Me direz-vous. Oui amis lecteurs, et cette fois pour de bon. Comme je vous le confiais il y a quelques mois, les disques pèsent, surtout lorsqu’il faut les porter à bout de bras, les transporter avec précaution d'un domicile à un autre. Ils renferment l'une des plus belles créations de l’homme : la musique. Cet édito de juin, mois de la fête des pères (le 15) et de Jean le Baptiste (le 24), se veut donc rassurant, malgré tous ces pigeons qui batifolent et font caca partout. Car juin est le mois des jardins. A partir du 7 et jusqu’au 27 juillet, au Parc Floral de Paris, le parfum enivrant des fleurs se mêle tous les week-ends à la musique. Le Paris Jazz Festival y fête son vingtième anniversaire avec une programmation pour le moins éclectique. Les clubs parisiens parlent davantage à mes oreilles. Le bon jazz n’y manque pas. Il n’a même jamais été aussi présent.

 

QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

En juin, le jazz se porte plutôt bien

-Vous n’avez pas attendu la mise en ligne de ce blog pour vous précipiter le 2 au New Morning. Kurt Rosenwinkel s'y produisait avec d’excellents musiciens : Taylor Eigsti (piano), Orlando Le Fleming (contrebasse) et Kendrick Scott (batterie). Le guitariste affectionne un jeu sinueux, cisèle des thèmes riffs qui s’inscrivent dans la tradition du bop et possèdent une grande complexité harmonique.

En juin, le jazz se porte plutôt bien

-Le 3 à 20h00, l’Olympia accueille le Pat Metheny Unity Group, une aubaine pour tous les fans du guitariste. Sa formation comprend Chris Potter aux saxophones, Giulio Carmassi aux claviers, Ben Williams à la basse et Antonio Sanchez à la batterie. “Kin”, leur dernier album, donne bien sûr envie d'écouter sur scène leur musique électrique.

En juin, le jazz se porte plutôt bien

-On s’accordera quelques heures de sommeil afin d’être frais et dispos le 4 pour Olivier Ker Ourio (harmonica) qui se produit au Café de la Danse. Avec lui, Emmanuel Bex (orgue Hammond), Matthieu Chazarenc (batterie) et Nicolas Moucazambo (percussions). Ces musiciens font merveille dans “Perfect Match” (Bonsaï records), un beau disque qu’Olivier a entièrement composé à la guitare.

En juin, le jazz se porte plutôt bien

-Deux soirs de suite, le 6 et le 7, Enrico Rava retrouvera au Sunside quelques amis musiciens. Baptiste Trotignon au piano, Darryl Hall, le plus « français » des américains de Paris à la contrebasse, et son vieux complice, le batteur Aldo Romano qui, comme lui, compose des mélodies solaires et raffinées. Le trompettiste fait chanter des notes tendres et délicates à son instrument, cisèle des pièces modales et lentes, paysages sonores dans lesquels il fait bon se trouver.

En juin, le jazz se porte plutôt bien

-Dominique Fillon au Duc des Lombards le 8 et le 10 pour fêter la sortie d’un disque électro acoustique particulièrement réussi. Autour du pianiste, Sylvain Gontard, trompettiste de ce nouvel opus, et une section rythmique réunissant Antoine Reininger à la basse et Francis Arnaud à la batterie. Influencé par Weather Report, le Pink Floyd et Ahmad Jamal, “Born in 68” (Cristal Records, sortie le 3 juin) contient des compositions originales et personnelles, possède de belles couleurs et des rythmes ancrés dans le groove. Je ne me lasse pas d’écouter sa dernière plage, Friends and More, une réjouissante merveille. Une des bonnes surprises de cette fin de printemps.

En juin, le jazz se porte plutôt bien

-Le premier album de Lucky Dog sur Fresh Sound New Talent en est une autre. On écoutera le groupe au Sunside le 10. Frédéric Borey (saxophone ténor), Yoann Loustalot (trompette et bugle), Yoni Zelnik (contrebasse) et Frédéric Pasqua constituent un quartet sans piano aux échanges particulièrement convaincants.

En juin, le jazz se porte plutôt bien

-On connaît mal Simona Severini, jeune chanteuse italienne originaire de Milan qui a étudié avec Tiziana Ghiglioni (une grande !) et donné ses premiers concerts avec le pianiste Giorgio Gaslini. Elle sera au Sunside le 14 pour mettre des mots sur les musiques d’Enrico Pieranunzi, le maestro en personne l’accompagnant au piano.

En juin, le jazz se porte plutôt bien

-Au Café de la Danse le 24, le contrebassiste et compositeur Stéphane Kerecki retrouve le pianiste John Taylor pour une relecture originale des musiques de films de la Nouvelle Vague. Emile Parisien (saxophone soprano) Fabrice Moreau (batterie) et la chanteuse Jeanne Added complètent la formation.

En juin, le jazz se porte plutôt bien

-Finaliste de la Thelonious Monk Competition l’année qui vit Cécile McLorin Salvant en triompher, Cyrille Aimée mérite d’être mieux connue. Née à Fontainebleau d’un père français et d’une mère détentrice d’un passeport de la République Dominicaine, la chanteuse passa son enfance à Samois-sur-Seine, l’île qu’habitait Django Reinhardt. Enregistré avec une contrebasse, une batterie et trois guitares, “It’s a Good Day”, son premier disque pour une major sort en France le 1er juillet. On pourra l’écouter au Duc des Lombards le 24 juin avec Adrien Moignard et Michaël Valeanu (guitares), Sam Anning (contrebasse) et Rajiv Jayaweera (batterie).

En juin, le jazz se porte plutôt bien

-Deux concerts pour le pianiste Tord Gustavsen au Sunside le 27 (20h00 et 22h00). Enregistré avec Tore Brunborg (saxophone ténor), Mats Eilertsen (contrebasse) et Jarle Vespestad (batterie), quartette que vous découvrirez à Paris, “Extended Circle” achève une trilogie inspirée par de vieilles chansons populaires de Norvège et des hymnes protestants, la musique d’église restant la principale source d’inspiration d’un pianiste qui privilégie la mélodie, les moments tranquilles et intimistes. Avec peu de notes et un immense lyrisme, le pianiste norvégien exprime l’essentiel. Un des évènements incontournables de ce début d’été.

En juin, le jazz se porte plutôt bien

-Le même soir (malheureusement), Zool Fleischer, pianiste rare qui ne fait guère parler de lui, se produit sur l’Improviste, péniche toujours amarrée quai d’Austerlitz. Frédéric Borey (ténor et soprano) et Denis Leloup (trombone) offrent à sa musique une instrumentation originale. Les rythmes proviennent du piano, instrument percussif autant que mélodique que Zool, coutumier des miracles, dompte et manipule comme s’il avait mille doigts.

En juin, le jazz se porte plutôt bien

-À l’Olympia le 28, George Benson interprétera ses plus grands succès. À la Cigale le 30, le guitariste (et chanteur) centrera son répertoire autour de l’album “Guitar Man”, un disque de 2011 dans lequel il pratique un subtil mélange des genres, reprend des thèmes des Beatles (I Want to Hold Your Hand) et de Stevie Wonder (My Cherie Amour) et des standards de l’histoire du jazz (Tenderly, Danny Boy).

-Paris Jazz Festival : www.parisjazzfestival.fr/

-New Morning : www.newmorning.com

-Olympia : www.olympiahall.com

-Café de la Danse : www.cafedeladanse.com

-Sunset-Sunside : www.sunset-sunside.com

-Duc des Lombards : www.ducdeslombards.com

-L’Improviste : www.improviste.fr

-La Cigale : www.lacigale.fr

 

Crédits photos : Kurt Rosenwinkell, Olivier Ker Ourio, Enrico Rava, Dominique Fillon, John Taylor & Stéphane Kerecki © Philippe Marchin – Pat Metheny Unity Group © Jimmy Katz – Simona Severini © Eco di Biella – Tord Gustavsen Quartet © Hans Fredrik Asbjornsen – George Benson © Greg Allen – Cyrille Aimée, Zool Fleischer : photos X/D.R.

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Pierre de Chocqueuse - dans Edito tout beau
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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 09:06
Lucky Dog et autres disques heureux

Quatre disques à ne pas laisser passer dans un grand pandémonium d’enregistrements médiocres et souvent chaotiques. Si le jazz conserve une place essentielle dans les musiques que ces albums proposent, leur part de métissage peut ne pas plaire à tout le monde. Elle reste acceptable, voire souhaitable si elle fait avancer les choses, apporte de nouvelles perspectives au champ musical. Question de dosage, de culture, de talent. Les auteurs de ces disques en ont à revendre, Sonny Rollins bien sûr, mais aussi les autres musiciens de cette sélection. Tous pratiquent un jazz ouvert dont ils connaissent les règles, l’histoire et le vocabulaire. J’ai définitivement adopté leur album et les écoute les yeux fermés. Peu me chaut les râleurs et les mécontents. D’autres musiques s’offrent à leurs oreilles. Du moment que je garde les miennes…

Lucky Dog et autres disques heureux

LUCKY DOG (Fresh Sound New Talent / Socadisc)

Ce groupe réunit quatre musiciens que l’amateur de jazz se doit de connaître. Parisien depuis septembre 2012 après quatre années passées à Bordeaux où il enseignait le saxophone, Frédéric Borey s’est depuis fait un nom dans la capitale. On a pu l’écouter dans les clubs au sein de diverses formations défendant plusieurs projets parmi lesquels des concerts autour de “The Option”, album dont vous trouverez la chronique dans ce blog. Sur deux plages, le saxophoniste y invite Yoann Loustalot au bugle, musicien cultivé qui joue surtout ici de la trompette. Yoni Zelnik (contrebasse) et Frédéric Pasqua (batterie) complètent un quartette sans piano qui parvient toujours à capter l’attention. Grâce aux compositions originales des deux souffleurs dont les thèmes n’oublient jamais de swinguer. Jacky’s Method, Interférence et Involved sont les plages rythmées d’un enregistrement qui abrite aussi des moments plus intimes. Bugle et saxophone ténor dans le mélancolique Sinless, trompette et ténor dans Peaceful Time et The Real all of Me qui ouvre le disque, ces pièces chorales favorisent des dialogues, des combinaisons de timbres subtils et appréciables. Les quelques thèmes-riffs évoquent parfois le quartette d’Ornette Coleman. Toujours à l’écoute, la section rythmique fait jeu égal avec les vents, participe à une aventure réellement collective.

Lucky Dog et autres disques heureux

Brian BLADE & THE FELLOWSHIP BAND : “Landmarks” (Blue Note / Universal)

Quatrième album d’un groupe qui prend son temps pour enregistrer. Accaparé par sa propre carrière, ses tournées avec Wayne Shorter et Chick Corea pour ne pas les citer, Brian Blade peine à réunir une formation dont il assure le leadership depuis sa création en 1997. Musicien de studio demandé, le batteur a accompagné Bob Dylan, Joni Mitchell (qui chante un des titres de “Perceptual”, le second opus du groupe), et affectionne de nombreux styles musicaux. Mélangeant le blues, le gospel, le folk, la soul et le jazz, The Fellowship Band en réalise brillamment la synthèse. Jon Cowherd (piano, claviers électriques, orgue à pompe), Myron Walden (saxophone alto, clarinette basse), Melvin Butler (saxophone ténor), Chris Thomas (contrebasse) et bien sûr Brian Blade accueillent ici les guitaristes Jeff Parker et Marvin Sewell. Une pâte sonore colorée et riche en résulte. Le groupe improvise avec lyrisme sur des chansons, de vraies mélodies. Blade a composé la plupart d’entre-elles. Il a déjà surpris l’amateur de jazz en 2009 avec “Mama Rosa“, un étonnant recueil de chansons que l’on croirait surgir de la Californie des années 70, et confirme ici un talent éclectique.

Lucky Dog et autres disques heureux

Gildas BOCLÉ : “Country Roads” (G. Boclé Production / Absilone / Socadisc)

Un hommage à Gary Burton dont l’album “Country Roads And Other Places” (1969) est un des disques préférés de Gildas Boclé. Contrebassiste, il a souvent eu l’occasion d’accompagner le vibraphoniste lorsqu’il séjournait en Amérique. Burton joue dans “Or Else”, un disque de 2006 que Gildas a enregistré sous son nom. Adolescent, il pratiquait la guitare folk, aimait Doc Watson, Leo Kottke et Chet Atkins. Confié selon les plages à Taofik Farah, Jérôme Barde et Nelson Veras, l’instrument occupe ici une place spéciale auprès de nombreux autres, Gildas Boclé s’étant aussi donné pour tâche d’habiller ses compositions chantantes, d’en soigner les arrangements. On retrouve ainsi son frère Jean-Baptiste Boclé à l’orgue et souvent au vibraphone. Sur plusieurs titres, Florent Gac assure les parties de piano. Sur d’autres, Walt Weiskopf joue du saxophone ténor. Un riche tapis orchestral en résulte. L’orgue fournit une ligne de basse constante et enveloppe parfaitement le son de la contrebasse jouée à l’archet, pratique que Gildas affectionne. Bien que le folk imprègne la structure de certains morceaux, “Country Roads” reste un disque de jazz. Les sections rythmiques (deux batteurs, Simon Bernier et Marcello Pellitteri) apportent souplesse et swing à la musique, des compositions lyriques que l’on ne se lasse pas d’écouter.

Lucky Dog et autres disques heureux

Sonny ROLLINS : “Road Shows Volume 3” (Okeh / Doxy / Sony Music)

Patriarche barbu, légende vivante du jazz, Sonny Rollins bientôt 84 ans donne moins de concerts, se réserve pour de grands festivals. Il faut bien sûr l’écouter sur scène, le voir souffler dans son saxophone ténor pour constater sa puissance, son jeu aussi brûlant que lyrique. En l’absence d’enregistrements studios, on se console avec une série d’albums réunissant des extraits de ses concerts. Enregistré au Etats-Unis, au Japon et en France entre 2001 et 2012, ce troisième volume reste plus conséquent que les deux précédents. Grâce aux titres qui font entendre le saxophoniste au sein d’une formation comprenant Peter Bernstein à la guitare et l’excellent batteur Kobie Watkins. On connaît les autres musiciens qui l’entourent, le fidèle Clifton Anderson au trombone et Bob Cranshaw son bassiste. Au Japon en 2001, Stephen Scott assure le piano, mais Rollins préfère avoir une guitare près de lui. Celle de Bobby Broom lui tient souvent compagnie. Il aime aussi jouer seul, en solo, comme en témoigne Solo Sonny, un stupéfiant morceau de 2009. Un concert de Rollins ne se conçoit pas sans un calypso et une courte version de Don’t Stop the Carnival conclut magnifiquement le disque.

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Pierre de Chocqueuse
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