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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 09:00
Diego IMBERT Quartet : “Colors” (Such Prod / Harmonia Mundi)

Troisième album de ce quartet qui existe depuis 2007 et au sein duquel existe une réelle interaction musicale, “Colors” a été composé au cours de l’année 2013, période au cours de laquelle David El-Malek (saxophone ténor), Alex Tassel (bugle), Diego Imbert (contrebasse) et Franck Agulhon (batterie) jouaient souvent ensemble, retrouvant leurs sensations, leurs marques, la complicité qu’apporte l’habitude. La musique ne souffre nullement de l’absence d’un piano, mais hérite de la sonorité si particulière des quatre instruments, des mêmes couleurs qui irisent “A l’ombre du saule pleureur” (2009) et “Next Move”, un des treize Choc 2011 du blogdeChoc qui n’a pas oublié d’en parler. Si les compositions ouvertes de Diego Imbert offrent de grands espaces de liberté aux solistes, ces derniers n’en abusent pas. Concis et structurés, les chorus se construisent sur la structure mélodique des thèmes que les deux souffleurs exposent souvent à l’unisson. Ici point de cris sauvages, de notes hurlées et brûlantes, mais des thèmes riffs malins, des comptines qu’irrigue constamment le groove. Les parties écrites se confondent aux improvisations qui les prolongent, comme dans Valse Payne, Aigue Marine ou Nankin, des pièces lentes, mélancoliques et de forme chorale. Saxophone ténor et bugle ont tour à tour mission d'improviser, apportent d’habiles contrechants mélodiques ou se rejoignent pour bavarder avec une remarquable fluidité. Car si la contrebasse s’attache à rendre aussi lisible que possible la ligne mélodique de chaque morceau, elle est aussi la garante du tempo. Étroitement liée à la batterie de Franck Agulhon, à son drumming foisonnant et puissant, elle reste la clé de voûte rythmique d’un groupe qui fait danser de très nombreux morceaux, les plongent dans un grand bain de funk (le très binaire Red Alert), de soul et de rythmes afro-cubains (Blugaloo). Si Interlude, met plus particulièrement en valeur l’excellence de la section rythmique, Diego Imbert se montre d’une grande discrétion. Se mêlant au dialogue du bugle et du ténor dans Aigue Marine, il réserve Ombre Chinoise, la dernière pièce de l’album, à son instrument, mais préfère arbitrer les conversations des solistes, participer à la création d’une musique généreuse que l’on prend grand plaisir à entendre.

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
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commentaires

Joel Pailhe 15/04/2015 16:35

Le jazz mainstream n'a pas épuisé ses possibilités, et c'est réjouissant. Ce quartet, bien con u de nos services, poursuit son travail en interaction, pour un plaisir d'écoute qu'on souhaite dans un public élargi