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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 09:05
Giovanni GUIDI Trio : “This Is the Day” (ECM / Universal)

Publié en 2011, “Tribe”, un disque ECM d’Enrico Rava, révéla Giovanni Guidi, né à Foligno (Ombrie) en 1985. Séduit par sa riche palette harmonique, Manfred Eicher lui fit très vite enregistrer un premier album en décembre 2012. Malgré de belles couleurs “City of Broken Dreams” reste un peu trop évanescent et statique pour réellement accrocher. Avec “This Is the Day”, Guidi a corrigé le tir et s’il évite toujours de s’exprimer sur tempo rapide – The Debate, abstrait et dissonant, apparait comme une vigoureuse exception –, il nous livre un disque autrement convaincant. Fort capable de jouer vite – Choctaw et Cornettology, deux extraits de “Tribe”, en témoignent –, le pianiste préfère les pièces modales et lentes qui mettent en valeur son toucher. La dynamique, la résonance, la durée de chaque note lui importent beaucoup. Influencé par la musique romantique, il apprécie les arpèges, les cascades de trilles. Jouées avec finesse et sensibilité, ses mélodies évidentes interpellent. Trilly dont il nous offre deux versions, The Cobweb, Where They’d Lived et The Night It Rained Forever concluant l’album, sont ainsi de grandes réussites. Guidi garde avec lui les musiciens de “City of Broken Dreams”. Présent dans plusieurs disques ECM (“Wislaw” de Tomasz Stanko), Thomas Morgan affirme à la contrebasse un ample jeu mélodique, une sonorité profonde et expressive. Moins connu, diffractant le rythme par de subtils commentaires, ne l’enfermant jamais dans des barres de mesures, le batteur portugais João Lobo s’affirme comme un disciple de Paul Motian. Baiiia, sa seule composition, dévoile tardivement sa mélodie solaire, le morceau restant largement abstrait et onirique. Contrebasse et batterie y tiennent un rôle aussi important que le piano qui adopte un phrasé minimaliste. « J’écris en pensant à la personnalité de mes musiciens, aux caractéristiques de leur jeu, un mélange de liberté et de spontanéité allié à une vraie profondeur, une vraie force émotionnelle. » Giovanni Guidi n’oublie pas non plus les standards qui permettent de juger la valeur du musicien, d’estimer son enracinement dans le jazz. Sa version de Quizas quizas quizas immortalisée par Nat “King” Cole, celle émouvante de I’m Through With Love, confirment la valeur de son piano.

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
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