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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 09:14
Edward PERRAUD SYNAESTHETIC TRIP 02 :           “Beyond the Predictable Touch” (Quark / l’autre distribution)

Je découvre le Synaesthetic Trip d’Edward Perraud avec cet album, le second d’une formation qui existe depuis 2011. Saupoudrant leur nouveau disque d’effets électroniques, Bart Maris (trompette, bugle), Benoît Delbecq (piano, claviers), Arnaud Cuisinier (contrebasse) et Edward Perraud (batterie, percussions) accueillent deux souffleurs amis – Daniel Erdmann (saxophone ténor) et Thomas de Pourquery (saxophone alto) – pour jouer une musique largement écrite. Étonnant pour un adepte de l’improvisation radicale dont les choix artistiques, par ailleurs respectables, sont loin d’être toujours partagés. Curieux, disposant d’un solide bagage technique, le batteur s’est essayé à toutes sortes d’aventures. Titulaire d’un DEA de musicologie, attiré par de nombreux genres, styles et écoles, cet admirateur de Mozart, de King Crimson, et bien sûr d’Hans Eisler (le trio Das Kapital dont il est membre lui a consacré un disque) tente de jeter des ponts entre les musiques, de décloisonner le jazz qu’il bouscule pour en élargir les règles. “Beyond the Predictable Touch” revisite son histoire. Fanfares et polyphonie néo-orléanaises, bop et free la cimentent mais d’autres influences musicales parcourent l’album, le tango dans Entrailles, le baroque dans Nun Komm, l’éclectisme de son répertoire rendant caduque toute notion de frontière. Le disque rassemble des ritournelles aux mélodies plaisantes que le batteur fit longtemps tourner dans sa tête. Edward Perraud aime brouiller les pistes avec des morceaux à tiroirs aux tempos point trop rigides, de longues introductions flottantes qui dévoilent tardivement leurs thèmes. Ses musiciens l’aident à solidifier le tissu musical de ses compositions ouvertes, à les rendre plus vivantes par les idées qu’ils y déposent. Reposant sur un ostinato, Suranné fait ainsi penser à une musique de film. Touch et son thème attachant semble sortir de “Porgy & Bess”. Proche de la soul, du gospel, Captain Universe met en valeur les cuivres et célèbre le rythme. Colorés par les claviers de Benoît Delbecq, Sad Time et Democrazy baignent dans le groove. Métissé, actualisé, le jazz qu’Edward Perraud invente avec ce groupe repose sur d’indéniables racines. Puisse-t-il fédérer un large public.

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
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