Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 09:55
Yves ROUSSEAU / Christophe MARGUET Quintet : “Spirit Dance” (Cristal Records / Pias)

Depuis quinze ans batteur du quartette d’Yves Rousseau, contrebassiste et auteur de nombreux projets éclectiques, Christophe Marguet s’est beaucoup impliqué dans ce disque, le premier qu’ils codirigent ensemble, le premier enregistré avec une nouvelle formation dont les intervenants nous sont familiers : Fabrice Martinez à la trompette et au bugle, David Chevallier à la guitare, Bruno Ruder au piano et aux claviers. Rousseau et Marguet ont chacun composé six morceaux, de beaux thèmes soigneusement orchestrés mais surtout plus imprégnés de jazz que le répertoire de leur quatre albums précédents.

Un jazz relevant de la fusion lorsque les instruments se nappent de couleurs électriques ou arborent celles du rock. The Cat s’y rattache, la trompette répondant au grondement des instruments, à la guitare très présente de David Chevallier. Marcheur et Day Off doivent beaucoup à ses sonorités, à ses pédales d’effets. Auteur d’un chorus pour le moins agressif dans le sur-vitaminé Charlie Haden, morceau qui évoque la période fusion de Miles Davis, Chevallier donne à la musique son aspect énergique, mais aussi une texture, une épaisseur sonore qui contribue à sa richesse.

 

Mais “Spirit Dance” est aussi un opus profondément lyrique. Construit autour d’un lent ostinato rythmique et introduit par un court et judicieux solo de batterie, le seul de l’album, Fruit frais (on y croquerait !) favorise les échanges entre les instruments. Un peu triste dans Funambulo, la trompette se fait plus mélancolique encore dans Pénombre. On entre de plein pied dans le pays des songes avec Bleu Nuit et son thème envoûtant. Il contient un savant chorus de contrebasse, un des seuls qu’Yves Rousseau s’autorise avec l’introduction de Light and Shadow qu’il partage avec Bruno Ruder. Ce dernier y brille au piano acoustique, comme dans Spirit Dance, une joyeuse ritournelle dont il parvient à s’éloigner de la structure mélodique, à la faire exploser. Fabrice Martinez y est pour quelque chose. Tantôt agressive, tantôt lyrique, sa trompette souffle le chaud et le froid et unit les contraires. Lyrisme et énergie font bon ménage dans ses improvisations. Lisible et diversifié, le discours musical y gagne assurément.

 

La pochette de l’album, une photo de Jeff Humber intrigue et interpelle. Choisie par Yves Rousseau et Christophe Marguet, elle évoque bien les deux aspects complémentaires de leur musique, la puissance et la grâce. Le comédien et chanteur Olivier Martin-Salvan (120 kilos) porte sur ses épaules la danseuse et chorégraphe japonaise Kaori Ito (40 kilos). Ils s’opposent et s’affrontent mais dansent parfaitement ensemble. Leur spectacle s’intitule “Religieuse à la fraise”.

 

Yves Rousseau & Christophe Marguet © Photo X/D.R.  

Partager cet article

Repost 0
Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
commenter cet article

commentaires