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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 15:22
Robin Verheyen : un musicien du plat pays

C’est le 5 novembre 2009, un jeudi, à l’occasion d’un concert qu’il donnait au Duc des Lombards, que j’ai rencontré le saxophoniste belge Robin Verheyen. Le label Pirouet m’avait envoyé un de ses disques, “Starbound”, enregistré avec Bill Carrothers, Nicholas Thys et Dré Pallemaerts qui l’accompagnaient ce soir-là. Né à Turnhout, une ville de Flandre dans la province d’Anvers, Robin Verheyen connaissait Paris. Il y avait vécu une année entière après un studieux séjour en Hollande, remportant en 2006 avec le Belfin Quartet, un groupe de musiciens finlandais et belges, le prix de la meilleure composition au Festival de la Défense. Installé à New York l’année suivante, il n’y perd pas son temps, joue avec des célébrités et des musiciens qui me sont inconnus avant d’enregistrer un album pour W.E.R.F. Records avec le groupe que je découvris avec lui au Duc. Je connaissais Bill Carrothers, son pianiste (et quel pianiste !) et c’est peut-être lui qui me le présenta. Je pense lui avoir parlé de sa musique, de son disque. Nous sympathisâmes. Mon blog était encore dans sa prime jeunesse, mais il insista pour être intégré à ma mailing list et la reçoit encore.

De lui, je n’avais plus de nouvelles. Jusqu’à ce que Universal Belgique me fasse récemment parvenir “When the Birds Leave, un album enregistré à Brooklyn (N.Y.) avec Marc Copland au piano. Je l’ai bien sûr vite écouté, constatant que nous aimions les mêmes pianistes. Avec Drew Gress à la contrebasse et Billy Hart à la batterie, pour compléter la formation, son disque ne pouvait que me séduire. La plupart des thèmes sont de Verheyen qui apprécie les harmonies flottantes, les morceaux joués rubato. Des thèmes qui  conviennent très bien au jeu aéré du batteur. Loin d’enfermer la musique dans des barres de mesure, Hart fouette et caresse toms et cymbales et la laisse librement respirer. Drew Gress prend lui aussi des libertés avec le tempo, impose un jeu mélodique d’une grande souplesse, laisse l’air circuler entre ses notes. Il apporte Vesper, une de ses compositions. Le tempo en est lent, ondoyant. Il y prend un solo de contrebasse, Robin Verheyen soufflant dans un ténor. Le saxophoniste l’utilise aussi dans Jabali’s Way et dans Melody for Paul, un morceau tendre et lyrique, une plage modale et aérée dans laquelle chante le piano de Marc. Ce dernier donne une dimension onirique à Rest Mode et à Operator, des morceaux construits sur de courtes cellules mélodiques répétitives. Robin y improvise au soprano, en tire des sons suaves et veloutés. L’instrument colore de bleu When the Bird Leave, une ballade au tempo medium lent, et plane entre ciel et terre dans Stykkishólmur, un des temps forts d’un album fourmillant d’idées mélodiques et de moments inattendus.

 

Le groupe joue au Duc des Lombards jeudi et vendredi prochain, les 1er et 2 mars (deux concerts par soir à 19h30 et à 21h30). Sans Billy Hart remplacé par Eric McPherson, le batteur attitré de Fred Hersch (encore un grand pianiste !). Avec lui, ce sont d’autres couleurs, d’autres rythmes, une autre approche de la musique, des improvisations individuelles et collectives différentes. Toujours inventer et réinventer, n’est-ce pas cela le propre du jazz ?

 

Site de Robin Verheyen : www.robinverheyen.be

 

Photo © John Rogers

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