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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 10:07
Confinement, acte II

Le 13 octobre, le président de la République annonçait un couvre-feu applicable dès le 16 à minuit en Ile-de-France et dans huit métropoles particulièrement touchées par la covid 19. Dès le lendemain, contraints de fermer leurs portes à 21h00, les clubs de jazz aménageaient leurs horaires en conséquence et annulaient une partie de leurs concerts. Le Duc des Lombards optait pour une fermeture provisoire et après avoir organisé quelques concerts à 18h30, le Sunset-Sunside décidait de limiter sa programmation aux week-ends. Le 23 octobre à minuit le couvre-feu était élargi à trente-huit autres départements et le mercredi 28, le président de la République décrétait un confinement général à partir de minuit le lendemain pour une durée minimum d’un mois. Aurait-il pu faire autrement ? Pas sûr face à une épidémie galopante et des hôpitaux très bientôt surchargés. Je n’aurais vraiment pas aimé être à sa place, mais entre perdre des vies et des emplois, la seconde option s’imposait. Rien n’est plus précieux qu’une vie humaine et il devenait urgent d’en sauver.

 

Malheureusement, la culture se voit une nouvelle fois sacrifiée. On aurait certes pu laisser les librairies ouvertes, les disquaires indépendants travailler. Beaucoup ne s’en relèveront pas. Les clubs de jazz à nouveau fermés, ma rubrique “Quelques concerts qui interpellent” réactivée le mois dernier n’a donc plus de raison d’être. Quant aux disques qui devaient être commercialisés en novembre et en décembre, leur sortie sera probablement repoussée. Mes prochaines chroniques porteront donc sur des albums qui étaient disponibles à la vente jusqu’au 29 octobre, dernier jour de liberté avant le confinement. Ce jour-là, les magasins purent exceptionnellement mettre en rayon les disques qui devaient paraître le lendemain.

C’est ce que fit Gibert Joseph, qui dès le 29 proposait à ses clients le “Budapest Concert” de Keith Jarrett, un double CD ECM qui contient des moments inoubliables, les deux standards joués en rappel, It’s a Lonesome Old Town et Answer Me, My Love, justifiant à eux seuls son achat. Ces deux morceaux, Jarrett les interpréta quelques jours plus tard, le 16 juillet 2016, au Philharmonic Hall de Munich. Ce sont les enregistrements les plus récents de sa discographie. Le 21 octobre, le New York Times révélait que, victime de deux attaques cérébrales en février et mai 2018,  le pianiste, la partie gauche de son corps paralysée, ne pourrait plus jamais donner de concerts.  

Depuis qu’un anévrisme au cerveau faillit lui coûter la vie en 2015, Joni Mitchell n’est plus remontée sur scène. Il est également très improbable qu’elle enregistre à nouveau, mais elle nous révèle aujourd’hui une partie de ses archives, cinq CD(s) de démos, broadcasts radio et enregistrements live couvrant les années 1963-1967 qui témoignent de l'importance de la jeune folk singer qui a donné tant de standards au jazz (“Archives Vol.1 : The Early Years” - Rhino / Warner). D’autres volumes sont prévus. On ose espérer des faces inédites avec Jaco Pastorius, Herbie Hancock, Pat Metheny, Michael Brecker avec lesquels elle travailla dans les années 70.

 

En attendant, je me confine, des films, des disques et des livres ensoleillant mon lazaret. Dépassant le millier de pages, la récente publication en français de l’autobiographie de Ramón Gómez de la Serna, “Automoribundia” (Éditions Quai Voltaire), devrait m’y aider. Le confinement me laissera également le temps de poursuivre mon étude sur le jazz et le cinéma commencée le 11 mai dernier. En décembre, je vous révélerai mes Chocs de l’année avant de remettre mon blog en sommeil pour des fêtes qui s’annoncent bien compromises. Mais nous n’en sommes pas encore là.

 

P/S : J’écris ces lignes dans l’attente du résultat des élections américaines. Puissent les États-Désunis d’Amérique en finir avec le pire président de son histoire.

 

Crédits Photos : Confinement © Nicolas Tucat / AFP – Keith Jarrett © Daniela Yohannes / ECM Records – Joni Mitchell © Photo X/D.R.

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