Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 19:03

D’emblée, la contrebasse d’Arild Andersen chante des notes admirables avec un son énorme. Volumineux comme une montagne, le saxophone de Tommy Smith gronde avec une autorité que l’on n’a plus l’habitude d’entendre dans le jazz. Excellemment enregistrée, la batterie aux peaux très tendues de Paolo Vinaccia né en Italie, il réside en Norvège depuis 1979 - sonne comme si elle était accordée pour un concert de rock. Le nouveau trio d’Arild Anderson, l’un des meilleurs bassistes du nord de l’Europe, fait entendre une musique aussi explosive que lyrique. Dans les ballades, des morceaux d’une douceur hypnotique, le ténor charme par des phrases d’une suavité rare. L’absence de piano n’est pas un problème, Anderson élargissant la palette sonore de sa formation par les effets électroniques qu’il ajoute à sa contrebasse (emploi d’un octaveur, mise en boucle de certaines notes, de courtes phrases dont la répétition donne un certain mystère à la musique). Composée en 2005  pour fêter de centenaire de la libération de la Norvège de l’asservissement suédois, Independency, longue suite divisée en quatre parties approchant les 45 minutes, abrite des moments d’une grande  puissance. Un saxophone virtuose souffle des notes incandescentes (Independency Part 2), métal en fusion sur lequel coule du miel, de petites notes onctueuses qui plongent dans le rêve. Le groupe nous en entrouvre les portes, dessine les images sonores de paysages de neige dans le troisième mouvement d’Independency. Originaire d’Edimbourg, élève de la Berklee College of Music de Boston et auteur d’une bonne vingtaine d’albums sous son nom, Tommy Smith n’a jamais tant impressionné que dans cet enregistrement live réalisé en septembre 2007 au Belleville Club et au Drammen Théâtre d’Oslo. Prelude to a Kiss d’Ellington, la seule reprise de l’album, subit ainsi une profonde relecture, sa structure harmonique en sortant amplement transformée. Ce disque essentiel se clôt avec Dreamhorse, magnifique dialogue contrebasse/saxophone arbitré par la batterie sur une mélodie gardée longtemps par la mémoire.

Partager cet article
Repost0

commentaires

gilles 06/11/2008 10:32

tout à fait d'accord avec la critique du arild andersen. acheté au feeling total (un live ECM je me suis dit que ca pouvait être intéressant au niveau du son) j'ai pris un plaisir très frais de bout en bout. à ne pas bouder. très agréable surprise glacée et brûlante dans cet hiver qui pointe son nez. noël avant l'heure sûrement.