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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 09:19

Enrico Pieranunzi est quasiment inconnu en France, lorsque le public de jazz le découvre en 1989 dans deux des titres de “A Sip of your Touch“, premier album de son compatriote Riccardo Del Fra pour IDA Records . Dans la foulée, Philippe Vincent, le fondateur du label, lui propose d’enregistrer plusieurs disques en 1990, « une année qui fut pour moi un tournant, tant dans ma vie privée que dans ma musique ». En juin, Marc Johnson l’invite à se produire en trio avec lui et Peter Erskine dans un festival de musique classique en Virginie. Marc et Enrico se piquent alors au jeu du dialogue. Pour le pianiste romain qui maîtrise tous les aspects du piano, un approfondissement harmonique et une autre manière de jouer le tempo s’offrent à lui. Quant à l’ancien contrebassiste de Bill Evans, il se complaît dans ce jeu intuitif dans lequel chacun peut à tout moment orienter le discours de l’autre, proposer autre chose, une mélodie nouvelle entrevue fugacement ou l’idée d’un thème travaillé plus tard à l’ombre des studios. Les 17 et 18 décembre, les deux hommes enregistrent pour IDA “The Dream Before Us“ après une série de concerts dont un donné à Lausanne le 13 décembre pour la Radio Suisse Romande aujourd’hui publié. « Je me souviens parfaitement que nous n’avions rien planifié. Nous avons juste commencé à jouer en complète interaction, à l’écoute de nos imaginations, de nos sensibilités respectives » écrit-il dans les notes du livret. Sans aucune préméditation, les deux hommes rencontrent en chemin une poignée de standards qu’ils développent. A l’époque de cet enregistrement, l’univers d’Enrico Pieranunzi reste encore marqué par l’héritage du bebop historique. Des années de piano classique ont développé son sens de la forme et de la rigueur. Sa main gauche, solide et puissante égrène des lignes dures, des accords énergiques. Avec Marc Johnson, il prend des risques, installe des dissonances obsédantes dans Singing All Times et Minding, deux des pièces d’une Blue Suite conséquemment abstraite. Influencé par le jeu modal de Bill Evans, il joue aussi un piano lyrique et romantique qui est toujours sa signature. Mélange de standards et de parties improvisées, la magnifique Yellow Suite en témoigne.

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