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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 14:54

Musicien inspiré, Ernst Reijseger tire des sons étonnants de son violoncelle. Il donne à entendre une voix, un double de lui-même qui rit, pleure, murmure, crie, proteste et chante des mélodies qui font bien sûr rêver. Né aux Pays-Bas en 1954 et récipiendaire du très convoité Boy Edgar Prize en 1985, il aime diversifier ses activités et joue des choses très différentes. Jazz moderne, musique improvisée ou contemporaine, difficile de mettre une étiquette sur les travaux d’un musicien inclassable, un maître qui multiplie rencontres et aventures. “Tell me Everything“ en est une. Recueil d’œuvres pour violoncelle solo, il contient des pièces aussi changeantes que la couleur du ciel. Toutes dégagent une impression de force et de plénitude. Ernst les a enregistrées en Toscane, en avril 2008. Installé dans le domaine vinicole de Castello di Volpaia dans le Chianti, il découvre que l’ancienne église du lieu, La Commenda di San Eufrosino de Volpaia est particulièrement propice à la création musicale. De vieux microphones à tubes ont ainsi recueilli des moments de grâce, de solitude, de tension et de paix. Pièces aux cadences envoûtantes, cordes caressées, frappées par l’archet ou jouées pizzicato, compositions limpides évoquant les heures douces d’un matin printanier, chacune conte une histoire. Le chant des oiseaux de Volpaia introduit l’album et les premières notes de Bidderosa - morceau écrit sur la côte sarde, un thème éclairé par la lumière de l’aube, les cordes du violoncelle pincées par les doigts sonnant un peu comme celles d’une guitare - , font fête au jour naissant. Chaque morceau est ici une surprise, Reijseger variant sans cesse de technique, ouvrant la porte au merveilleux. L’instrument émet le chant d’une baleine (Moby’s Night Out), sonne comme un shakuhachi (Falsetto), ou rythme les accords du blues (Dancing for D). Une musique d’un grand lyrisme laisse soudain place à de longues notes tenues, ondes sonores convulsives parcourues de fiévreux frissons rythmiques, glissandos porteurs de formes et de couleurs. Dans Tell me Everything, la dernière plage, la plus longue, Ernst Reijseger nous offre le meilleur de son art. Ses variations mélodiques jouées à l’archet, ses longues phrases répétitives nous plongent dans un monde onirique.

Photo: Ernst Reijseger devant La Commenda di San Eufrosino de Volpaia (Toscane) © Winter & Winter 

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
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