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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 10:14

Après un premier enregistrement pour ECM en solo en 2005 et plusieurs disques avec Enrico Rava, notamment le très beau “New York Days“ publié cette année sous le nom du trompettiste, Stefano Bollani sort un premier disque en trio pour la firme munichoise avec une section rythmique pour le moins inattendue : deux jeunes musiciens danois avec lesquels le pianiste italien a tourné au Danemark et en Scandinavie en 2002, année où il les a rencontrés. Le contrebassiste Jesper Bodilsen et le batteur Morten Lund ont à peu près son âge. Ils ont écouté les mêmes disques et partagent les mêmes options esthétiques, d’où la grande cohésion de leur trio. “Stone in the Water“ s’ouvre sur une délicieuse mélodie de Caetano Veloso. Les trois hommes prennent tout leur temps pour la faire scintiller. Ici point de musique énergique et sauvage. Tout est calme, volupté, silence entre les notes. Stefano et ses complices laissent respirer la phrase musicale, la développent et la transcendent en complète interaction. Jesper Bodilsen signe les deux thèmes suivants. Le premier, Orvieto, contient de bien belles notes. Un piano chante avec feeling et improvise avec brio. Une contrebasse ronde et mélodique l’écoute et lui répond. Une batterie marque discrètement le tempo. Edith n’est pas plus rapide. Le piano se greffe sur l’ostinato que joue la contrebasse. La main gauche se fait pesante et grave puis s’efface pour faire parler la basse. Stefano Bollani organise ses chorus avec un grand sens de la forme dans une perspective constamment mélodique. Ses doigts dansent et font rêver. Son touché délicat se fait miel dans Brigas nunca mais, un thème d’Antonio Carlos Jobim entièrement repensé. Ses propres compositions possèdent un léger parfum latin : Il cervello del pavone résonne de notes tintinnabulantes ; Un sasso nello stagno, une mélodie superbe, presque fragile dans sa simplicité, frappe l’oreille. Le pianiste use à bon escient de sa virtuosité, joue Francis Poulenc (Improvisation 13 en la mineur) avec intelligence, respect et gravité. Ses voicings assemblent les plus belles notes possibles. Un grand musicien assurément.

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
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commentaires

bruno 21/09/2009 21:53

Bollani m'épate aussi. Etonnante osmose avec le thème de Jobim...