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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 09:00

Collage-ViancPdC.jpgExposition Boris Vian à la Bibliothèque Nationale de France (Galerie François 1er) du 18 octobre au 15 janvier 2012). Peu connu de son vivant, sauf par les amateurs de jazz et les lecteurs de Jazz Hot qui suivaient attentivement sa « revue de presse », Boris Vian (1920-1959) se fit connaître du grand public lorsque l’éditeur Jean-Jacques Pauvert réédita son “Écume des jours” en 1963. Diplômé de l’École Centrale, Boris préféra se consacrer à l’écriture, à l’invention d’un langage poétique dont bénéficièrent ses romans. Le scandale que provoqua la parution de “J’irai cracher sur vos tombes” publié sous le pseudonyme de Vernon Boris Vian D.RSullivan fut nuisible à sa carrière d’écrivain. L’échec de son roman “L’Arrache-cœur” en 1953 la lui fit interrompre au profit de la chanson. Directeur artistique chez Philips à partir de 1955, il y créa « Jazz pour tous » (collection de 30cm) et « Petits jazz pour tous », série de 45 tours. Car le jazz fut la grande passion de Boris. S’il cessa de jouer de la trompette en 1955, il écrivit de nombreux textes et articles sur le sujet. Outre Jazz Hot dont il tint la revue de presse de décembre 1947 à juillet 1958, il collabora à Combat, Arts, Spectacles, Les Cahiers du Disque. Rédacteur en chef de Jazz News à partir de son numéro 3 (mars 1949), B. Vian, Chansons possibles, coveril rédige presque entièrement le huitième numéro sous les pseudonymes de Michel Delaroche, Docteur Gédéon Molle, Andy Blackshick, S. Culape. La revue cessera de paraître en juin 1950 après une onzième et ultime livraison.

 

Manuscrits - ceux de “J’irai cracher sur vos tombes”, du “Conte de fées à l’usage des moyennes personnes”, de “Trouble dans les Andains”, de la traduction du “Jeune homme à la trompette” de Dorothy Baker (“Young Man with a Horn”) - , éditions originales, peintures, revues, affiches et photographies nourrissent cette exposition dont la scénographie par son implantation en forme de fleurs de nénuphars fait COUV-VIAN.jpgréférence à “L’Écume des jours”. Son parcours audiovisuel est également d’une grande diversité. On peut y voir sur grand écran des extraits d’émissions de radio et de télévision provenant des archives de l’Ina, “La vie jazz, film documentaire de Philippe Kohly, “L’Écume des jours” de Charles Belmont ou “L’Herbe rouge” de Pierre Kast.

 

Richement illustré, le catalogue de l’exposition supervisé par Anne Mary, conservateur du département des Manuscrits de la BnF (une coédition BnF - Gallimard, 192 pages, 39 euros) comprend un long texte d’Alain Tercinet que les amis du jazz connaissent bien.

 

Ouverture du mardi au samedi de 10h à 19h, et le dimanche de 13h à 19h. Fermée lundi et jours fériés.

 

Logo-Vogue--b-.jpgL’exposition « Vogue » se poursuit jusqu’au 13 novembre à la BnF. Fondée en 1947 par trois amateurs de jazz, Charles Delaunay, directeur de la revue Jazz Hot, Léon Cabat et Albert Ferreri, la maison de disque connut son premier succès avec Les oignons de Sidney Bechet, plus d’un million d'exemplaires vendus. Vogue diffusa en France les premiers disques microsillons et s'illustra dans tous les genres musicaux. Jazz (Claude Luter, Martial Solal, Henri Renaud), musiques ethniques (les trésors ethnomusicologiques du Musée de l'Homme), chanson française (premiers disques de Johnny Hallyday, Françoise Hardy, Jacques Dutronc et Antoine), musique classique et musique pop. Cette saga prendra fin au milieu des années 80 avec l’arrivée du CD, support optique dont le succès contraindra la maison de disques à fermer son usine de pressage de Villetaneuse.

 

Mezz-Mezzrow--cover-P.-Merlin.jpgSeize panneaux dont quatre consacrés au jazz racontent cette histoire. Pochettes de disques (Pierre Merlin en signa de magnifiques), affiches, catalogues, photographies rares ou inédites (l'orchestre de Duke Ellington enregistrant salle Wagram avec un orchestre symphonique, des clichés d'André Berg) en constituent l’essentiel. S’y ajoutent des archives sonores et audiovisuelles : interviews d’artistes et du personnel de Vogue et images de scopitones, petits films diffusés dans les années 60 sur des juke-boxes associant l'image au son.

 

Allée Julien Cain. Du mardi au samedi de 10h à 20h, dimanche de 13h à 19h, et le lundi de 14h à 20h. Exposition fermée le lundi matin et jours fériés. Entrée libre.

 

Photos : Hommage à Boris Vian (collage), Pierre de Chocqueuse - Photo en largeur de B. Vian © D.R. / Archives Cohérie Boris Vian, Paris 2011.

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commentaires

joel Pailhé 21/10/2011 09:40


Excellente introduction pour l'expo. Une petite rectification : la collection Jazz pour tous, qui diffusa surtout du jazz classique (King Oliver, Armstrong Hot Five et Hot Seven, Johnny Dodds,
Basie Young, les ellingtoniens, Errol Garner, était une série en 25 cm (10 inch) comme il était d'usage en France à l'époque RCA livrait au public une série concurrente, Jazz Classics, avec les
textes de présentation d'Hugues Panassié, toujours en25 cm. Le 45 tour EP (quatre titres) permettait à l'occasion de compléterl'édition américaine en 30 cm. Mais tout cela relève de l'histoire
ancienne.