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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 09:52

Christian-Scott-CD-cover.jpgCinquième enregistrement de Christian Scott, sans nul doute son plus ambitieux, “Christian aTunde Adjuah” (2 CD) rassemble 23 compositions originales, soit près de 2 heures de musique. En costume traditionnel des indiens noirs de la Nouvelle-Orléans, les « mardi gras indians » de sa ville natale, le trompettiste explore de nouveaux territoires musicaux tout en exploitant son propre héritage culturel. Les noms « aTunde » et « Adjuah » qui complètent aujourd’hui son patronyme sont ceux de deux cités de l’ancienne nation ouest-africaine du Bénin. On retrouve Matthew Stevens à la guitare, Kris Funn à la contrebasse et Jamire Williams à la batterie déjà présents dans “Yesterday You Said Tomorrow”, son opus précédent. Lawrence Fields, remplace Milton Fletcher Jr. au piano et si l’album bénéficie de quelques invités, les couleurs de la musique en sont peu modifiées, la trompette occupant une large place au sein d’une instrumentation qui la met presque constamment en valeur. Insolent, tendre, fiévreux, Scott séduit par un jeu cuivré aussi puissant que lyrique. Influencé par le rock, le funk et le hip-hop, son jazz repose sur des inventions rythmiques, des métriques inattendues qui placent le groove au cœur de sa musique.

 

Guitare et piano participent à cette mise en rythme et prennent peu de chorus dans le premier disque occupé par une trompette omniprésente dans New New Orleans (King Adjuah Stomp), Of Fire (Les filles de la Nouvelle-Orléans) construit sur un rythme hypnotique, Dred Scott une pièce modale, et Kiel, superbe ballade mélancolique dédiée au réalisateur Kiel Scott le frère jumeau de Christian. L’instrument qu’utilise ce dernier, une Getzen Katrina, lui permet d’obtenir une sonorité d’une grande douceur, mais aussi de souffler des notes furieuses dans l’agressif Pyrrhic Victory of aTunde Adjuah scandé par une guitare électrique au son très travaillé. Matthew Stevens s’offre un vrai chorus dans vs. the Kleptocratic Union, morceau au sein duquel le piano improvise également. À Lawrence Fields se voient confier les trois interludes de l’album, brèves phrases répétitives d’un piano préparé que portent des rythmes sophistiqués.

 

Concord-Records.jpgLe CD 2 s’ouvre par les accords rageurs de guitare de The Berlin Patient, l’un des titres les plus rock de ce répertoire. Stevens improvise avec beaucoup d’effets dans Jihad Joe, Away – titre qui fait entendre Corey King au trombone – , Tray Von et Bartlett, une ballade dont l’instrument expose le thème, Scott se contentant de quelques tuttis. Le piano se fait aussi davantage entendre dans ce deuxième disque. Répondant aux questionnements de la trompette dans le funky Alkebu Lan, très présent dans Liar Liar et Bartlett, Fields égraine les notes subtiles de I Do, pièce lente et majestueuse composée par Scott à l’occasion de ses fiançailles dans laquelle le saxophone ténor de Kenneth Whalum III assure de magnifiques contre-chants. Le piano enfin pour conclure magnifiquement avec Cora, une pièce modale lente, limpide, lumineuse composée par Scott pour sa mère, la conversation pudique et tendre de deux instruments inspirés.

 

Christian Scott et son groupe se produiront à l’Olympia le dimanche 8 juillet (19h00) en première partie de George Benson, et au New Morning le samedi 21 juillet.

 

Photo © Kiel Adrian Scott / Concord Records        

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