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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 09:19

Heterotopos.jpgEvrim Evci m’était parfaitement inconnu avant qu’il ne me fasse parvenir son disque, une autoproduction réunissant quelques musiciens que j’apprécie. Séduit par sa musique et non par le texte de pochette pour le moins rebutant qui l’accompagne, je me suis penché sur sa biographie et appris qu’Evrim, ingénieur de formation et autodidacte touche à tout, avait été rédacteur en chef du site Citizen Jazz. J’ai surtout découvert un talentueux saxophoniste dont les compositions traduisent un réel sens des couleurs et un intérêt pour la forme. On est d’emblée séduit par l’heureux mélange de sonorités qu’apportent le trombone de Sébastien Llado, le soprano d’Evrim et le ténor de Max Pinto, trois vents qui chantent de vraies mélodies, pratiquent l’improvisation collective, soufflent de beaux riffs et prennent de très inventifs chorus individuels. Derrière eux, Marc Buronfosse à la contrebasse et Antoine Banville fournissent des rythmes souples et solides. Ils ont l’habitude de jouer ensemble et assurent de parfaits tempos. Marc joue de bien belles notes dans Albissong, un thème confié au piano de Nico Morelli qui introduit joliment le morceau. Les improvisations de ce dernier sont parfois plus banales, mais au sein de la section rythmique, Nico place des accords judicieux pour en renforcer le groove. Dans la nuit du 11 au 13, un blues au feeling généreux, la guitare de Frédéric Favarel se substitue à son piano pour dialoguer avec les vents et électrifier la musique. J’apprécie moins Whimsical, une pièce dure et abstraite, mais m’enthousiasme pour la pièce suivante, Ne m’aime pas, dont le thème évoque Útviklingssang de Carla Bley (“Social Studies”). Sébastien Llado en est l’homme clef. Son chorus de trombone lui confère sa chaleur. Llado souffle aussi dans des conques pour poétiser Endeka, autre composition mélodieuse de l’album. Entre-elles, Evrim Evci place des morceaux plus funky. Son soprano commente avec éclat Dans la nuit du 11 au 13 et dialogue avec le ténor de Max Pinto dans Heckyll & Jyde. La dernière plage du disque, la plus longue, Zacatin, accueille le chanteur kurde Issa Hassan. Son bouzouki double les notes du thème, improvise et donne un aspect oriental à la musique. “Hétérotopos” : du grec topos (lieu) et hétéro (autre), un lieu autre, un disque à l’alchimie capiteuse dont il émane une belle lumière.

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commentaires

bruno 09/02/2011 10:02


J'aime la formule :
"un disque à l’alchimie capiteuse" !
Mise en bouche prometteuse...
MERCI PIERRE