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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 10:49

Spark of Being b

 

Spark of Being, BoxCoverTrilogie vendue séparément et disponible en coffret, “Spark of Being” (“L’étincelle de vie”) rassemble “Soundtrack”, “Expand” et “Burst”, trois disques comprenant la musique d’un film expérimental réalisé par Bill Morrison sur le mythe de Frankenstein et les recherches sonores de Dave Douglas autour de ce projet. Partant des éléments visuels fournis par le cinéaste, documents d’archives et rushes inédits, le trompettiste et son groupe Keystone en ont imaginé la bande-son, les musiciens s’investissant beaucoup dans le processus créatif, apportant et donnant vie à leurs propres idées.  Film et musique furent démarrés en même temps. Disposant du studio d’enregistrement du Centre de Recherche Informatique de l’Université de Stanford, Douglas a d’abord longuement travaillé les effets sonores de l’album avec DJ Olive et Adam Benjamin (également membre du groupe Kneebody) qui assure les claviers. Ces  entrelacs de sonorités électriques très colorées se sont Sountrackmélangés à des instruments acoustiques, à la trompette de Dave Douglas, au saxophone ténor de Marcus Strickland, à la batterie de Gene Lake (le bassiste Brad Jones joue sur une Ampeg Baby Bass, un instrument électrique). Au terme de cinq jours d’enregistrement au cours desquels de nombreuses versions de chaque morceau ont été travaillées, des improvisations toujours nouvelles apportées, un énorme travail de post-production réalisé au mixage a parachevé l’aspect novateur du projet. L’ajout de séquences de musique concrète et électronique conçues sur ordinateur apporte une dimension onirique à une musique modale, influencée par le second quintette de Miles Davis et sa première période électrique (“Bitches Brew” et les séances de novembre 1969 et janvier 1970 qui voient naître Great Expectations et Lonely Fire). Les deux versions de ExpandPrologue sont d’une grande force poétique. Surtout celle que renferme “Soundtrack”. Confiées aux synthés, de longues plages planantes parsèment les trois albums. Dans Creature Discomfort (“Burst”), le thème de la créature joué à la trompette se fait entendre derrière une somptueuse tapisserie de sons enregistrés ou réalisés par synthèse. Dans Creature Theme, l’ouverture de “Soundtrack”, la section rythmique émerge progressivement d’une brume de sons électroacoustiques. Bien que bénéficiant d’une technologie de pointe, cette musique fabriquée à l’aide de machines n’en reste pas moins porteuse de groove et de rythmes entraînants. Contenant moins d’ajouts sonores, “Expand”  le second disque reste plus proche d’un jazz contemporain qui nous est familier. Les sonorités électriques proviennent essentiellement du Fender Rhodes de Benjamin. BurstLes thèmes sont confiés au saxophone ténor de Strickland et à la trompette de Douglas, parfois aux deux instruments jouant à l’unisson. Tous deux se parlent, se répondent, improvisent collectivement dans Observer. Des riffs funky encadrent leurs chorus dans Tree Ring Circus et Travelogue. “Burst” est un peu une synthèse des deux disques précédents. Il renferme des morceaux écartés du film, certains très travaillés sur le plan sonore, mais aussi d’autres versions du matériel rassemblé dans les autres albums.

Photo © Jason Chuang/Greenleaf Music 

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
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