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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 09:44
F. Raulin coverLittle Nemo s’éveille évoque des images. Les notes émergent doucement, comme si, sortant d’un long sommeil, elles s’étiraient pour se mettre à parler, raconter. Les harmonies du morceau relèvent de l’enchantement. En solo, François Raulin prend son temps, joue les mêmes courtes phrases d’une musique onirique tout en y introduisant des variations délicates. Sa virtuosité est manifeste dans Arrabiata, Mahalia, Le mécano de la générale ou Roulé-boulé, compositions aux motifs rythmiques obsédants qui convoquent les graves du clavier et utilisent leurs résonances, la sonorité du piano se voyant magnifiée par l’enregistrement. La main gauche répète irrégulièrement un motif rythmique. Puissante et mobile, la droite improvise de nouvelles figures, tant rythmiques que mélodiques, François Raulin trouvant toujours des solutions pour donner chair aux ostinato qu’il imagine et développe. Comme le signale Ludovic Florin dans le dernier numéro de Jazz Magazine/Jazzman, sa musique évoque parfois les “Musica Ricercata“ de György Ligeti dont la septième pièce, Cantabile, molto legato, fait effectivement penser à certains morceaux de ce disque, ceux dans lesquels les rythmes, souvent asymétriques, occupent une place centrale. Le sens mélodique du pianiste prend toutefois le dessus, non seulement dans sa magnifique reprise de Lotus Blossom, mais encore dans une bonne moitié des compositions de cet album. C’est à certaines “Etudes“ de ce même Ligeti que l’on pense alors, Arc-en-ciel ou En suspens, deux andantes, se retrouvant dans L’appel de la forêt ou Images de décembre, des pièces tendres qui partant de figures simples, s’enrichissent progressivement de notes, bercées par le va-et-vient d’ostinato accompagnant le rêve. 

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
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