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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 12:05
Neige & BrouillardJanvier : tous mes vœux aux fidèles lecteurs et lectrices de ce blogdechoc qui en septembre dernier a fêté sa première année d’activité. Concerts, chroniques de disques, de films, comptes-rendus de lectures, d’expositions, le blogueur en 2009 n’a pas chômé, vous conduisant même au théâtre lorsqu’une pièce le méritait. Et pourtant il y a tant à voir, à lire, à écouter ! Comment l’amateur de jazz peut-il ne pas se perdre sous une telle quantité de disques et de concerts qui lui sont proposés ? Le jazz moderne est aujourd’hui si sophistiqué que sans connaissances musicales – enseignement que l’école devrait offrir à tous dès le plus jeune âge – le grand public n’y entend que bruits. Le jazz n’est pas une musique improvisée Cover T.Gustavsen Ensemble ECMcomme une autre. Outre une histoire qu’il faut connaître, il nécessite un vocabulaire harmonique spécifique, une organisation du son tant mélodique que rythmique qui lui permet, malgré des métissages successifs, de rester du jazz. Les thèmes que l’on invente aujourd’hui reposent trop souvent à des puzzles sonores hermétiques derrière lesquels on peine à trouver la moindre mélodie. Sans elle, un morceau manque d’âme, de rayonnement, devient technique pure, froide application mathématique que son auteur est seul à apprécier. Par son jeu de pédales et ses irisations polytonales, Marc Copland innove tout autant que Vijay Iyer qui envisage une nouvelle approche du piano. Rares sont les musiciens qui Cover P. Favreproposent aujourd’hui une autre manière de jouer le jazz au sein d’un système cohérent et novateur. Sa modernité s’affirme tout autant dans de bonnes mélodies sur lesquelles improviser, des racines sur lesquelles s’appuyer. Le blues apporte beaucoup de chaleur au vieux chants protestants que jazzifie le pianiste norvégien Tord Gustavsen. Quant à l’avignonnais Patrick Favre, il invente des mélodies délicieuses et joue un jazz modal qui lui permet de constamment inventer en trio. Tous deux sortent bientôt de nouveaux albums. Ils témoignent de la vitalité du jazz, de sa capacité à se renouveler entre des mains réellement talentueuses. Bonne année jazzistique à tous et à toutes !

M. Collignon

LES CONCERTS DE JANVIER

-Du 6 au 9, carte blanche à Médéric Collignon au Sunset. Trompettiste, poète, bruiteur (il imite parfaitement nombre d’instruments), Médéric est un véritable orchestre à lui seul. Il en possède un, Jus De Bocse, travaille avec le MegaOctette d’Andy Emler et possède de nombreux amis. Parmi eux, le saxophoniste Emile Parisien, les guitaristes Manu Codjia et Claude Barthélemy invités à partager sa musique.

-En trio avec Yoni Zelnik à la contrebasse et Karl Jannuska à la batterie, Jérôme Sabbagh saxophoniste émérite, se produit le 6 au Duc des Lombards. Harmonisant des grands standards, confiant à son instrument de belles compositions originales, il dessine une belle musique à l’état brut, un exercice difficile, sans piano pour asseoir la tonalité et aider l’improvisateur dans une quête musicale toujours ouverte sur l’aventure.

Folmer, Mintzer-Le 8 et le 9, Nicolas Folmer et son quartette – Antonio Faraò au piano, Jérôme Regard à la contrebasse et Benjamin Henocq à la batterie – retrouvent le saxophoniste Bob Mintzer pour fêter au Duc des Lombards la sortie prochaine de “Off the Beaten Tracks Vol.1“, disque enregistré au même endroit en juillet dernier avec la même équipe sauf deux plages dans lesquelles Mintzer et son groupe accueillent la belle trompette de Nicolas.

-Toujours le 9, ne manquez pas le quartette de Diego Imbert au Sunside. Avec David El-Malek au saxophone ténor, Alexandre Tassel au bugle et Franck Agulhon à la batterie, le contrebassiste a publié un disque poétique aux arrangements soignés en 2009, “A l’ombre du saule pleureur“ distillant un jazz moderne souvent lyrique dont on goûtera l’invention constante et les choix harmoniques.

Affiche concert S. Guillaume-Le 11 au Café de la danse, Stéphane Guillaume réunit les musiciens de “Windmills Chronicles“, album récemment chroniqué dans ce blog, pour nous en offrir une version concert. Claude Egéa et Pierre Drevet, (trompette ou bugle), Eric Karcher et François Bonhomme (cor), Phil Abraham et Denis Leloup (trombone) et Bastien Still au tuba) rejoignent ainsi ses musiciens habituels - Marc Buronfosse (contrebasse), Antoine Banville (batterie) et Fréderic Favarel (guitare) – , et jouent un jazz attachant et soigné sur le plan de la forme. Soliste inspiré, Stéphane Guillaume se révèle un arrangeur talentueux avec lequel il va falloir compter.

-Discrète, Sarah Lazarus nous offre de trop rares concerts. Celui qu’elle s’apprête à donner le 13 au Sunside est donc un évènement. Fidèle au même quartette – Alain Jean-Marie au piano, Gilles Naturel à la contrebasse, et Steve Williams à la batterie, cette vraie chanteuse de jazz étonne toujours par la perfection de son chant. On oublie la technique pour n’écouter que la musique, de magnifiques standards que, fidèle à la tradition, Sarah n’oublie jamais de célébrer.

-Egalement le 13, à 1’auditorium St Germain (19h30), Antoine Hervé consacre sa leçon de jazz à Antonio Carlos Jobim et la bossa nova.

-Dans la lignée d’un Horace Silver, Junior Mance n’a rien d’un pianiste négligeable. Ce « second couteau » possède du style, du panache. Sa longue carrière l’a vu accompagner Dinah Washington, Art Blakey et Dizzy Gillespie. Agé de 81 ans, on le dit en grande forme. On pourra en juger au Duc des Lombards qui, les 14 et 15, accueille un pianiste que l’on n’a pas souvent l’occasion de voir dans un club parisien.

Amy Gamlen-Toujours le 15 on ne manquera pas au Sunset le quintette de la saxophoniste Amy Gamlen. Installée à Paris depuis 8 ans, elle a récemment fait paraître un enregistrement dont la musique, moderne et inventive, interpelle. Thomas Savy à la clarinette basse, Michael Felberbaum à la guitare, Stéphane Kerecki à la contrebasse et Karl Jannuska à la batterie l’accompagnent dans “Cold Light“. Ils seront avec elle sur la scène du Sunset.

-On connaît encore assez mal John Escreet, pianiste anglais vivant à New York depuis 2006 et auteur d’un premier disque très remarqué en 2008. Normal, cet élève de Kenny Barron et de Jason Moran s’entoure de pointures avec lesquelles il peut exprimer une musique novatrice. Ambrose Akinmusire (trompette), David Binney (saxophone alto), Matt Brewer (contrebasse) et Nasheet Waits (batterie) entoureront son piano le 16 au Duc des Lombards.

-Toujours au Duc, mais le 20, le pianiste Vincent Bourgeyx, auteur d’un bien beau disque sur Fresh Sound New Talent en 2009 (“Again“), invite le saxophoniste Rick Margitza (il a joué avec McCoy Tyner, enregistré pour Blue Note et fait partie du groupe de Miles Davis) à rejoindre Simon Talleu (contrebasse) et Donald Kontomanou (batterie), les musiciens de son trio.

Eli Degibri-Le Sunside accueille le 20 et le 21Eli Debrigi, saxophoniste israélien vivant à New York dont on a découvert les disques sur le label Fresh Sound New Talent. Une solide équipe l’entoure pour son premier concert parisien : Aaron Goldberg au piano, Ben Street à la contrebasse et Jonathan Blake à la batterie.

-Thomas Enhco au Sunside le 22 en trio avec Hein Van de Gheyn à la contrebasse et Matthieu Chazarenc à la batterie. Le jeune espoir du violon jazz français s’entoure d’un des bassistes européens les plus créatifs, un mélodiste de l’instrument à double casquette, accompagnateur et soliste. On attend beaucoup de leurs échanges.

Angelini-Falzone-Giovanni Falzone (trompette) et Bruno Angelini (piano) en duo à la Maison de Radio France (Studio Charles Trenet) le 23 à 17h30. Les deux hommes ont enregistré un superbe album en 2007 (publié l’année suivante sur le label Syntonie), un “Songs Volume 1“ dont on espère toujours la suite.

-Curtis Fuller au Duc des Lombards les 22 et 23, difficile de faire l’impasse. Agé de 75 ans, le tromboniste reste avec Jay Jay Johnson, l’un des grands trombonistes d’une histoire du jazz parcourue avec John Coltrane (l’album “Blue Train“ enregistré en 1957) et Art Blakey (6 albums avec les Jazz Messengers) pour ne citer que deux des célèbres musiciens avec lesquels il a joué. Ceux qui l’accompagnent au Duc ne sont pas non plus manchots. Le saxophoniste Teodross Avery est une vieille connaissance. La chanteuse Jacey Falk vient de la soul. Sharp Radway à l’orgue, Jerome Marc CoplandJennings à la batterie complètent la  formation.

-Marc Copland et Riccardo Del Fra au Sunside le 25. Le premier joue un piano qui ne ressemble à aucun autre, utilise les pédales de son instrument pour modifier la couleur de ses notes, créer des irisations dignes des plus beaux arcs-en-ciel. Le second, rythmicien amoureux des belles mélodies, des phrases chantantes et fraîches comme la rosée, surprend toujours. Leur duo promet monts et merveilles !  

-André Ceccarelli au Duc les 25 et 26. Le batteur, un habitué du club – il s’y produit souvent et c’est tant mieux - invite le pianiste Baptiste Trotignon, l’auteur de “Share“ est un des meilleurs disques de jazz de 2009, et Darryl Hall, contrebassiste solide, subtil et recherché. Attendons-nous à un merveilleux trio interactif, à un jazz dont le swing affiche une belle élégance.

AfficheLongnon-Jean-Loup Longnon en big band (18 musiciens !) au Sunset le 28. La scène du club risque d’être trop petite. Qu’importe, les musiciens seront dans la salle avec le public, et souhaitons le nombreux pour applaudir la musique de “Encore du Bop“ (Integral Jazz), nouvel opus de notre trompettiste facétieux, un roi du scat irremplaçable et unique. La fête tout simplement.

-Saxophoniste impétueux et lyrique, Jacques Schwarz-Bart invite Anne Ducros à rejoindre le quartette qu’il co-dirige avec le batteur Sangoma Everett. Cela se passe au Duc le 29 et le 30. L’irremplaçable Pierre de Bethmann se charge du piano et Reggie Washington de la contrebasse. L’inverse serait sans doute exercice périlleux, bien que tout reste possible avec des musiciens de cette trempe.

Cécilia Bertolini-Compositions originales, standards, Cécilia Bertolini les chante le cœur grand ouvert. Nico Morelli au piano, Gildas Boclé à la contrebasse et Thierry Tardieu à la batterie accompagne au Sunside sa jolie voix le 31. Ne disposant d’aucune subvention pour produire son prochain album, Cécilia lance une souscription. La contribution est de 15 euros par exemplaire. Ecrire à Cécilia Bertolini, 10, rue Victor Hugo 92270 Bois Colombes. Vous pouvez également lui remettre la somme en mains propres lors de son concert.

Sunset - Sunside : http://www.sunset-sunside.com Duc des Lombards : http://www.ducdeslombards.com 
Café de la Danse : http://www.cafedeladanse.com   Auditorium St Germain : http://www.mpaa.fr

CREDITS PHOTOS: Neige et Brouillard, Médéric Collignon, Nicolas Folmer & Bob Mintzer
, Marc Copland © Pierre de Chocqueuse - Amy Gamlen © Amy Gamlen - Photo affiche Jean-Loup Longnon © Philippe Cibille - Eli Debrigi, photo X/D.R. - Cécilia Bertolini © Vincent Ballais.        

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Edito tout beau
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commentaires

joel 04/01/2010


Et bonne année 2010 !
Effectivement, le jazz n'est pas une musique improvisée comme une autre. Il s'enrichit d'emprunts, qu'il rembourse aux plus hauts taux d'intérêts, mais possède ses propres catégories musicales qui
constituent son unité depuis plus d'un siècle d'existence. D'où la nécessité de la connaissance de son histoire, pour que l'actuel soit intelligible.


bruno 08/01/2010


Mais oui bon sang, c'est vrai : Curtis Fuller joue sur Blue train !!! merci BDC pour le tuyau, j'y cours... Pour l'Histoire, avec un grand Ache.