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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 09:48

Junko Onishi, coverSes admirateurs attendaient ce CD depuis très longtemps. Célèbre au Japon et reconnue aux Etats-Unis, Junko Onishi n’avait plus rien enregistré sous son nom depuis “Fragile“, un opus complaisant de 1998, très différent des autres albums de sa discographie. Sa prestation en mai dernier au Duc des Lombards au côté de Nicolas Folmer nous rassura. La pianiste tenait une forme éblouissante. Enregistré en 2009 à New York avec Yosuke Inoue à la contrebasse et Gene Jackson à la batterie, “Musical Moments“ confirme son retour. Outre trois compositions originales, il contient trois compositions d’Eric Dolphy et quelques standards. Le contrebassiste Reginald Veal et le batteur Herlin Riley entourent la pianiste dans un pot-pourri de plus de seize minutes enregistré live au Blue Note de Tokyo en septembre 2008. Dans Hat and Beard dédié à Thelonious Monk et premier titre d’“Out to Lunch“ disque enregistré par Dolphy en 1964, Onishi improvise librement sur une étrange ritournelle, ses doigts souples et mobiles jouant de longues phrases dissonantes. Gene Jackson frappe puissamment ses tambours, entretient un énergique flux rythmique par une polyrythmie agressive. Toujours de Dolphy et seconde plage d’“Out to Lunch“, Something Sweet, Something Tender convient bien au piano de Junko qui imprime au thème un léger balancement, la longueur de ses phrases aux harmonies travaillées permettant à ses complices d’intervenir tant sur un plan mélodique que rythmique. Extrait d’“Outward Bound“, un album Prestige du saxophoniste, et feu d‘artifice pyrotechnique aux notes étincelantes tiré sur tempo très rapide, G.W. contraste vivement avec les trois standards enregistrés en solo. Ils mettent en lumière une autre facette de Junko Onishi, celle d’une pianiste virtuose profondément attachée au blues et à la tradition. Junko apprécie autant le bop moderne, cohérent malgré ses audaces, de Dolphy que la musique de Duke Ellington dont elle reprend magnifiquement Mood Indigo et Do Nothin’ Till You Hear From Me avec une rythmique qu’elle connaît bien, celle de ses fameux enregistrements au Village Vanguard de 1994. Ses propres compositions ne manquent pas d’intérêt. Abordé sur un tempo très rapide, Back in the Days révèle la technique éblouissante de la pianiste. Mitraillant et fouettant caisses et cymbales, le batteur cogne malheureusement un peu fort. On peut préférer Bittersweet. Reposant sur les notes que joue la contrebasse, Onishi adopte un jeu en accords et fugue quelques mesures avant de changer de direction harmonique, remplacer sa pluie de notes par des accords en mineur qui ne manquent pas d’intriguer. Musical Moments étonne également par l’originalité de ses longues lignes mélodiques. Les mains virevoltantes de la pianiste y ajoutent de petites notes inattendues puisées dans une imagination fertile que l’on retrouve intacte après de longues années.

Accompagnée par Yosuke Inoue à la contrebasse et Eric McPherson à la batterie, Junko Onishi donnera un concert le 25 février à la Maison de la Culture du Japon, 101 bis quai Branly 75015 Paris.

 

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
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commentaires

bruno 18/02/2010 10:07


Oh puréeque de compliments: ça donne envie de sauter sur cet artiste !