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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 08:15

Laika--cover.jpgLaïka Fatien chante l’amour, évoque son trouble amoureux à travers des chansons qui épousent intimement ses battements de cœur, des mélodies que rendirent célèbres Abbey Lincoln (When Love Was You and Me), Carole King (Go Away Little Boy), Nina Simone (Wild is the Wind), ou Bing Crosby (It’s Easy to Remember). Laïka n’avait pas prévu d'enregistrer ce disque aussi vite. Les méandres de sa vie sentimentale en ont décidé autrement, la chanteuse éprouvant un besoin urgent de raconter, de traduire par des mots ses propres états d’âme. Les mots des autres, mais aussi les siens, ceux de Divine que Roy Hargrove a mis en musique. Juste un piano pour accompagner, souligner le velours de la voix. Les morceaux ne sont pas tous aussi dépouillés. Laïka souhaitait un orchestre de chambre pour exprimer ses sentiments, un violoncelle, une clarinette basse pour donner de la profondeur, du poids au discours amoureux. Gil Goldstein auquel elle a confié les arrangements de l’album a ajouté violon, trombone basse, et flûte alto. Pas de batterie, de rythme trop marqué, mais la contrebasse de Rufus Reid, la musique étant parfois réduite à la seule plainte d’un violoncelle. Amoureuse, Laïka s’adresse à l’autre, aux autres incarnés à tour de rôle par trois trompettes amies. Roy Hargrove s’exprime surtout au bugle. Comme lui, Ambrose Akinmusire à la trompette et Graham Haynes au cornet assurent des commentaires mélodiques improvisés – obbligatos dont Lester Young fut coutumier auprès de Billie Holiday – , répondent par des notes très pures à une voix qui chante, pleure et tremble d’émotion (Loving You). Laïka n’a probablement jamais aussi bien chanté. Elle s’approprie ces textes, ces mélodies, les interprète avec passion comme si elle les avait écrits elle-même, comme s’ils lui appartenaient. Ce disque n’est toutefois pas facile. Il se mérite, se révèle après des écoutes attentives que le silence, l’obscurité favorisent. Les morceaux ont souvent des tonalités très proches. Les tempos uniformément lents semblent ralentir l’horloge céleste. Ici la voix est murmure, chuchotements. Elle se love au creux de l’oreille, parle le langage du cœur, s’accueille et s’abandonne au cœur même de la nuit.

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
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commentaires

Gisèle Dalla Longa 26/10/2012 09:58

Intime....!!!!Succès!