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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 10:18

W.-Blanding-c-Ph.-Marchin.JPGLUNDI 24 mai

Originaire de Cleveland et saxophoniste de Wynton Marsalis depuis “From the Plantation to the Penitentiary”, un disque Blue Note de 2006, Walter Blanding s’est produit deux soirs de suite au Duc des Lombards (23 et 24 mai) avec les autres membres du quintette de Wynton. Dan Nimmer au piano, Carlos Henriquez à Walter-Blanding-c-Ph.-Marchin.JPGla contrebasse et Ali Jackson à la batterie. Tout dévoué au trompettiste qui fit une courte apparition sur la scène du club le premier soir, Blanding a fait peu de disques sous son nom. Son plus récent, “The Olive Tree” date de décembre 1999. Sans la trompette de Wynton, il manque au groupe une troisième voix mélodique que le savoir faire des musiciens ne parvient pas complètement à pallier. Au ténor, son principal instrument, Blanding alterne de courtes phrases et de longs jets de notes construites autour du blues (Never Too Late). Le vocabulaire du bop est abondamment utilisé. Le quartette reprend des standards, donne une belle version de Inner Urge, un thème de Joe Henderson. On remarque très vite le piano de Dan Nimmer. Les yeux clos, ce dernier ressemble un peu à Mister Bean. Il phrase comme un guitariste, assure les chorus les plus nombreux, les plus intéressants et apparaît comme le vrai leader du groupe. Après ses chorus, Blanding quitte la scène et laisse la musique se construire en trio. Nimmer improvise de magnifiques lignes de blues, trempe son instrument dans le swing, Dan-Nimmer-c-Ph.-Marchin.JPGmais peut tout aussi bien jouer un piano modal que ne désavouerait pas McCoy Tyner. Dan s’entend bien avec Carlos Henriquez qui apporte de bonnes compositions. Le bassiste a joué avec des pointures de la musique afro-cubaine, Eddie Palmieri, Tito Puente, Celia Cruz, et ses morceaux chaloupés possèdent de chaudes couleurs latines. Quant au drumming d’Ali Jackson, il reste toujours très musical. Ali qui joue également du piano a étudié la batterie avec Elvin Jones et Max Roach. Il sait mettre le feu à la musique, la cadrer, lui donner une tension appréciable.

 

DIMANCHE 29 mai

Craig-Taborn--b-.jpgCraig Taborn en solo au Sunside devant un public clairsemé. On a tendance à oublier qu’il fut le pianiste des débuts fracassants de James Carter et de ses meilleurs albums (“JC on the Set”, “The Real Quietstorm”) avant de travailler avec Tim Berne, Mat Maneri, Roscoe Mitchell et Drew Gress. Craig a peu enregistré sous son nom : une première séance pour DIW records en 1994, puis deux disques en trio et quartette pour le label Thirsty Ear et récemment un solo pour ECM, la sortie d’“Avenging Angel” (une réussite) étant le prétexte de ce concert promotionnel. Plutôt que d’en reprendre les compositions (qualifions-les d’improvisations « compositionnelles »), Taborn préféra travailler sur un nouveau matériel totalement improvisé, exercice délicat qu’il pratique depuis plusieurs années. L’homme a indubitablement un univers et les possibilités sonores de son instrument y sont étroitement associées. Il attache beaucoup d’attention aux timbres, aux harmoniques, à la résonance de son piano. Les pièces qu’il invente Craig-Taborn--c-.jpgsont courtes, structurées, ramassées sur elles-mêmes. La main gauche effleure les basses ; la droite, puissante, martèle souvent le même accord. Répétitif, le premier morceau progresse crescendo, renferme des passages intenses et violents qui s‘apaisent comme la vague après la tempête. La seconde pièce fourmille de dissonances. Un thème s’y dessine, mais Craig ne s’y attarde pas. Il préfère jouer à vive allure un piano heurté, mêler des clusters à des myriades de notes scintillantes et les faire puissamment sonner. A des cadences enflammées succède le tempo lent d’une ballade dont la mélodie brumeuse, légère comme si le vent l’avait sculptée dans un nuage, est exposée obstinément. Associées à des ostinato envoûtants, les esquisses mélodiques se firent plus nombreuses dans le second set, la musique rêveuse, chargée de délicates attentions harmoniques, s’approchant davantage de celle de son disque. Craig Taborn mit aussi davantage de blues dans ses improvisations inspirées et d’un jour ordinaire en fit un dimanche pas comme les autres.

 

PHOTOS : Walter Blanding, Dan Nimmer © Philippe Marchin - Craig Taborn © Pierre de Chocqueuse

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commentaires

philippe Coutant 13/06/2011 17:38


Bravo ! Mais à partir du 16 tout se passe à San Agustin ! En plus j'aime bien Paul Abirached !