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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 08:47

Humair--recto-cover.jpgTrompettiste véloce et virtuose, Nicolas Folmer aime prendre des risques, faire des rencontres inattendues. Co-leader avec Pierre Bertrand du Paris Jazz Big Band, il trempe ses phrases fiévreuses et bien sculptées dans le bop. Très à l’aise au sein du quintette de René Urtreger, on l’a entendu diversifier son art au Duc des Lombards auprès du saxophoniste Bob Mintzer, de la pianiste Junko Onishi. Dans ce même club s’est constitué le présent quartette que co-dirige Daniel Humair, association à priori surprenante, le batteur frayant depuis plusieurs années avec de jeunes musiciens aventureux qui jouent leurs propres compositions, ouvrent de nouvelles voies à l’improvisation, inventent un autre jazz. Auprès d’eux, Nicolas Folmer fait figure de musicien classique. Ses pièces structurées et mélodiques ont toutefois séduit Daniel qui y introduit des métriques souples et ouvertes, la musique, souvent modale et jamais figée, favorisant interaction et jeu collectif. Le trompettiste reste toutefois le principal soliste de ce groupe né sur scène, mais enregistré ici en studio. Soignée, la prise de son restitue fidèlement les timbres des instruments. Faite de peau, de bois, et de métal, la batterie donne relief et épaisseur à la musique, Daniel Humair, peintre de la mesure, ajoutant de la couleur à ses rythmes. Sans cesse à l’écoute, la contrebasse de Laurent Vernerey anticipe le discours musical, propose lignes de force et points d’appui. S’il ne prend que de rares chorus, Alfio Origlio structure et cadre le discours musical, l’ancre dans une harmonie élégante et subtile. Nicolas Folmer peut à loisir moduler de longues phrases lyriques. Une rythmique réactive, un piano prompteur assurent ses arrières, apportent un mouvement inattendu à un flux sonore toujours surprenant. Les compositions, de Nicolas pour la plupart, bénéficient toutes d’une approche originale. Daniel confie au quartette Gravenstein et Galinette. Alfio apporte River Calme, pièce lumineuse dans laquelle brille son propre piano. Un vrai groupe est né. Souhaitons lui d’autres disques et de nombreux concerts.  

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
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commentaires

Last Night in Orient 24/09/2012 14:35

très belle chronique musicale !

bruno 21/09/2012 07:42

Bien vu Pierre. Humair nous gâte cet automne...