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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 09:56

Sylvain Beuf SextetUne rencontre amoureuse et Sylvain Beuf joue une musique différente que celle qu’il nous offre avec son trio habituel. Il y ajoute des couleurs, écrit des arrangements pour une formation étoffée. Denis Leloup au trombone, Pierrick S. Beuf coverPedron au saxophone alto et Jean-Yves Jung au piano rejoignent ainsi Diego Imbert et Franck Agulhon, le trio du saxophoniste se transformant en sextette. Reste à trouver des morceaux. Inspiré, Beuf compose un répertoire tout neuf. « J’ai écrit nuit et jour, (…) tout orchestré dans un état d’euphorie créatrice que je n’avais jamais connu auparavant. Je n’avais pas à chercher. Je trouvais naturellement. » confie-t-il à Pascal Anquetil. Jouée dans le Jazz Club de Dunkerke, la musique y est enregistrée live au cours de quatre nuits de concerts. Les instruments à vent s’assemblent pour exposer les thèmes à l’unisson, les reprendre entre les improvisations des solistes. Ces derniers travaillent sur des grilles harmoniques linéaires favorisant le swing. Sushi, Smile et Trouble in my Glass, morceau dans lequel le piano répond aux souffleurs, héritent d’un balancement funky. Dans Suspect Noise, le ténor et le trombone jouent un riff avant de révéler le thème en compagnie de l’alto. Sylvain Beuf introduit magnifiquement Ballade pour Rapha (son fils Raphaël) et Pierrick Pedron fait de même dans Les notes bleues, le titre le plus mingusien du disque. On pense à Goodbye Pork Pie Hat, tant au niveau du thème, que des couleurs qui Pierrick Pedron & Sylvain Beufl’habillent. Particulièrement inspiré, l’alto y chante avec un grand lyrisme. Denis Leloup affirme sa très grande maîtrise instrumentale et prend un chorus mémorable dans Suspect Noise. Les interventions en solo de Jean-Yves Jung sont moins convaincantes, mais l’intro de Baïkal Lake ne manque pas d’idées et le pianiste accomplit un formidable travail d’accompagnateur, en phase avec une section rythmique fluide et souple et de tout premier ordre. La prise de son de l’album manque toutefois de relief et ne rend pas toujours justice aux ensembles. Il faut donc écouter le groupe sur scène d’autant plus que les arrangements ne brident jamais l’imagination des solistes. De nouvelles couleurs, de nouvelles combinaisons instrumentales restent possibles. Denis Leloup jouait ainsi de la trompette basse dans Ballade pour Rapha et Les notes bleues lors du concert du groupe au New Morning le 31 mars dernier. S’offrant des improvisations beaucoup plus longues (le chorus d’alto de Pierrick Pedron dans Baïkal Lake fut un des grands moments de la soirée), Sylvain Beuf et ses musiciens reprirent dans l’ordre de l’album tous les morceaux de “Joy“, l’excellence de ce sextette se voyant en tous points confirmé.

Photos © Pierre de Chocqueuse

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