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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 08:54

Sendecki, coverSideman dans une centaine d’albums studio (on trouve son nom associé à Jaco Pastorius, Joe Henderson, Miroslav Vitous, Michael et Randy Brecker, Tomasz Stanko, Peter Herbolzheimer, Michal Urbaniak et beaucoup d’autres), Vladyslav Sendecki reste pourtant à peu près inconnu des amateurs de jazz français. Né en Pologne en 1955, pianiste classique passé au jazz après une carrière de concertiste, Sendecki  a constitué plusieurs groupes importants dans son pays avant d’émigrer en Suisse et travailler aux Etats-Unis. Installé en Allemagne depuis 1995, il est aujourd’hui le pianiste du célèbre NDR Big Band basé à Hambourg, l’un des meilleurs orchestres de jazz européen. Après “Piano“, un premier disque en solo publié en 2007 sur un petit label indépendant, Provocateur Records, Vladyslav Sendecki en sort un second sur ACT. Enregistré au Schloss Elmau, magnifique château niché au cœur des Alpes bavaroises, l’album s’ouvre sur deux thèmes traditionnels. Brodant de nombreuses variations sur leurs éléments mélodiques, Sendecki les décline sur des tempos variés, modèle sans cesse de nouveaux paysages sonores. Formé au piano classique (il a étudié la composition avec Krzysztof Penderecki et Henryk Górecki), il sait faire sonner son instrument, donner de la dynamique à ses notes, et met son toucher élégant au service d’harmonies raffinées.  Sa virtuosité sert la fluidité de la phrase qu’il rythme sur différents tempos, introduisant de brefs passages fugués, des répétitions de fragments mélodiques. Tendres et romantiques, ces deux premières pièces, surtout la seconde, traduisent la sensibilité du pianiste qui, abandonné à la rêverie, fait chanter les notes enchanteresses de Wiegenlied. Le swing et le blues s’introduisent dans cet univers romantique avec Lily of the Valley, une pièce de son frère Stefan. A Kind of blues s’ouvre par une improvisation contrapuntique. Sendecki sollicite alors toute l’étendue de son clavier, fait puissamment sonner ses notes et leur donne un relief saisissant. Le feu d’artifice se poursuit avec Karpaten Blues, morceau au sein duquel le pianiste tricote des cascades d’arpèges, des gerbes de notes chatoyantes. Dans Obertas et Blackbird, les rythmes passent au premier plan, les phrases héritent de cadences soutenues. Blackbird débouche sur une longue et fascinante improvisation. La main gauche joue un ostinato envoûtant. La droite ornemente, attaque et articule les notes avec précision et vélocité. Jusqu’à la dernière plage de ces deux concerts (l’étonnant Evening Psalm dédié au violoniste Zbigniew Seifert), Vladyslav Sendecki subjugue et esbaudit par un piano magnifique.

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