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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 09:30
Mellow SwallowMellow Swallow

Affichant un rare plaisir de jouer, proposant une musique fraîche, heureuse qui n’oublie jamais de swinguer, en un mot jubilatoire, le nouveau quintette de Steve Swallow (avec Carla Bley que l’on reconnaît sans peine sur cette photo) s’est produit au New Morning le 18 juillet devant un public clairsemé, les vacances, la vague de chaleur dans la capitale contribuant à la vider. Au programme : “Into the Woodwork”, le nouvel album du bassiste. Le concert fut meilleur que le disque. Ce dernier reste toutefois très attachant. Je ne peux mettre ce blog en sommeil sans vous en proposer la chronique. Bonne lecture et bonnes vacances à ceux qui en prennent.

Mellow Swallow

The SWALLOW Quintet : “Into the Woodwork” (XtraWATT / Universal)

Les disques qu’enregistre Steve Swallow sous son nom ne sont pas légion. Le bassiste consacre beaucoup de temps aux différents orchestres que dirige Carla Bley sa partenaire, moins à ses propres albums. Il apparait parfois sur ceux des autres. On peut ainsi l’entendre dans “Wisteria”, un enregistrement en trio de Steve Kuhn. Des concerts en ont résulté, puis Steve a retrouvé Carla et avec elle l’envie de se consacrer à nouveau à sa musique.

Pour la jouer et avant même de l’écrire, il a imaginé un nouvel orchestre avec cette dernière à l’orgue, Steve Cardenas à la guitare et Chris Cheek au saxophone. Steve joua souvent avec eux dans les groupes à géométrie variable mis sur pied par Paul Motian. Il n’avait pas prévu de batteur, mais Jorge Rossy sut le convaincre de l’intégrer à la formation. Guitare électrique, basse électrique, orgue, saxophone, batterie, une telle instrumentation pourrait être celle d’un groupe de fusion. Il n’en est rien. Riche sur le plan des couleurs, essentiellement mélodique, la musique déploie au contraire une grande variété de timbres. Reliés les uns aux autres, une douzaine de morceaux s’enchainent et constituent une suite orchestrale dans laquelle les musiciens improvisent avec simplicité et lyrisme. Unnatural Causes prolonge ainsi Grisly Business et The Butler Did It leur succède de manière parfaitement naturelle. Introduite par la guitare, Sad Old Candle, l’ouverture du disque, évoque Nino Rota. Orgue et saxophone assurent le riff de cette pièce très simple basée sur un ostinato. Relevant du bop comme la plupart des morceaux rapides de cet opus, Into the Woodwork qui vient ensuite est beaucoup plus rythmée. L’orgue apporte un riche contrepoint sonore aux instruments solistes, au saxophone de Chris Cheek qui prend le dernier chorus pour introduire From Whom It May Concern, une ballade sensuelle qui lui permet de faire chanter son instrument. Steve Swallow s’offre un long et élégant solo dans Small Comfort et Exit Stage Left qui conclut l’album met également en valeur les lignes de basses fluides et si personnelles de Swallow. Quant à Carla, son orgue caracole fièrement dans Still There. Plein de citations inattendues, son solo humoristique reflète bien l’humeur joyeuse de cet album dont la musique moelleuse et veloutée ne peut qu’accompagner vos soirées estivales.

Photos © Pierre de Chocqueuse

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commentaires

bruno 22/07/2013 09:36

Apprécié le CD. Entendu (en partie) le13/07 au NORTH SEA jazz festival de Rotterdam. Cheek éblouissant ! Swallow impérial. Bley s'amuse. On évolue manifestement dans le haut-de-gamme. Bonnes vacances Pierre.