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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 09:18
J. Delli Fiori & D. Le BasLUNDI 8 mars
Conférence de presse du festival Jazz Sous les Pommiers au Sunset à 19 heures, Quest juste au-dessus au Sunside le même soir, on ne s’ennuie pas dans les clubs de la rue des Lombards. A Coutances, sous les pommiers, le festival s’annonce sous les auspices de la fête. Pour sa 29ème édition qui se tiendra du 8 au 15 mai, Denis Le Bas (en photo avec Julien Delli Fiori, désormais directeur de Fip) nous annonce un programme diversifié entre découvertes et artistes confirmés. Parmi ces derniers, Roy Hargrove, Eric Le Lann, Melody Gardot, André Ceccarelli, Christophe Leloil, John McLaughlin, Paolo Fresu et Uri Caine, Joshua Redman et Brad Mehldau. Programme détaillé sur le site du festival    http://www.jazzsouslespommiers.com
Dans la cave du Sunset, on se régale avec d’excellents fromages et des huîtres en quantité inépuisable. Le concert de Quest au Sunside me contraint d’écourter mon tour de buffet, les meilleurs mets ne pouvant m’écarter d’un groupe de légende qui, reformé en 2005 après une quinzaine d’années de cessation d’activité, est de retour Richie Beirach & J.J. Pussiauaussi bon que jamais. Jean-Jacques Pussiau (en photo avec Richie Beirach) qui reprend du service comme producteur, annonce un nouveau disque à la rentrée sur OutNote, le nouveau label dont il s’occupe, un live intitulé “Re-Dial“. Très active dans les années 80, la formation n’a presque jamais connu de changement de personnel. Ron McClure et Billy Hart ont très vite remplacé George Mraz et Al Foster après l'enregistrement du premier album, le groupe acquérant ainsi sa sonorité définitive. Car
Quest a réellement un son. Grâce à Dave Liebman bien sûr qui possède un timbre unique au soprano, mais aussi à Billy Hart dont la frappe et les ponctuations à la caisse claire, cette dernière très sonore, le rendent reconnaissable. Mais Quest reste surtout la rencontre réussie de deux grands talents dissemblables, l’alliance contre-nature d’un saxophoniste au tempérament de feu et d’un pianiste romantique dont la musique croise rythmes de jazz et Dave Liebmanharmonie classique européenne. Cette dernière tient une place importante dans un piano à l’esthétique raffiné qui tempère les longues improvisations aventureuses de Liebman. Les deux hommes se connaissent si bien que l’un semble toujours savoir ce que l’autre va faire. Richie Beirach joue une musique d’une grande liberté tonale et possède une science harmonique qui lui permet de toujours dialoguer, d’anticiper la phrase musicale. Assagi, Liebman souffle moins de phrases brûlantes, tord moins le cou à ses notes. Cette sérénité non exempte de force se retrouve dans les ballades parfois jouées au ténor. Dave en joue aujourd’hui beaucoup. Le son est volumineux, puissant, torride dans une version de Freedom Jazz Dance très enlevée, le saxophoniste modulant toujours des sons extrêmes, mais se plaisant aussi à décliner de beaux thèmes oniriques. La différence entre les deux hommes est ainsi moins marquée, le contraste entre leurs instruments moins affirmé. La musique gagne ainsi en fluidité. Quant au groupe - et l’ami Papy me le souffle à l’oreille - , s’il a depuis longtemps acquit sa pleine maturité, il gagne désormais en sagesse.
Photos © Pierre de Chocqueuse
 
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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 09:45
MERCREDI 3 mars
MEHLDAU-2NBBrad Mehldau
, on aime l’entendre improviser au piano. Il possède un rare sens de la forme et construit ses chorus avec une logique qui leur donne un aspect achevé. Le concert qu’il donna en solo au théâtre du Châtelet le 3 mars prêta pourtant à polémique. Martelant les accords d’un ostinato, le pianiste se lança d’emblée dans un maelström de notes qu’il fit tourner jusqu’à épuisement, le sien et celui du public. Mehldau exposa ensuite une jolie mélodie bluesy vite abandonnée pour un épais tourbillon de notes gonflées aux hormones orchestrales. Ce n’est qu’avec The Needle and the Damage Done qu’il revint à une certaine simplicité, la mélodie de Neil Young se voyant magnifiée par des tours de passe-passe harmoniques, notes dansantes et féeriques posées par des doigts au toucher délicat. Brad fit de même avec I’m Old Fashioned et My Favorite Things, s’attachant à mettre en valeur les notes des thèmes par de longues phrases ressemblant à des vagues. Inspiré par la beauté de leurs lignes mélodiques, il leur invente de nouvelles harmonies, entrouvre en temps réel les portes d’un monde sonore inexploré, dans une éternité de l’instant qui semble indéfiniment durer. Il en va tout autrement lorsque le choix de son répertoire le conduit à une surenchère harmonique, aussi vaine qu’étouffante. Ses reprises apparaissent alors comme de véritables tours de Babel sonores dont les architectures massives ne semblent plus reposer sur un sol mélodique (si toutefois un tel amoncellement de notes permet de reconnaître les mélodies qu'il reprend). Gêné dans sa concentration par les palabres d’un premier rang bavard, Brad Mehldau écourta sa prestation, offrit un seul rappel à un public divisé, les enthousiastes et les déçus héritant d’un concert un peu court.
 Photo © Philippe Etheldrède
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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 10:41
BRAD MEHLDAU Highway RiderSurprenant le nouveau disque de Brad Mehldau, un mélange d’enthousiasme et de déception, ses bons moments, les plus nombreux, faisant passer les estouffades indigestes qui le parsèment, des pages symphoniques qui alourdissent la musique au lieu de l’éclairer. Brad retrouve ici Jon Brion avec lequel il a travaillé sur “Largo“. S’il est difficile de savoir ce que l’auteur des musiques de “Magnolia“ et de “Punch-Drunk Love“, deux films de P.T. Anderson, apporte exactement aux travaux du pianiste, on retrouve ici certaines recettes qui font le charme de “Largo“ : une production soignée, un travail de studio qui met en valeur les mélodies de Brad, de vraies chansons dont on sifflote les mélodies et qui vous trottent dans la tête. “Highway Rider“ en contient de superbes, chacune d’elles bénéficiant d’une instrumentation propre, de couleurs singulières. Utilisant deux batteurs (Jeff Ballard et Matt Chamberlain) et la contrebasse de Larry Grenadier, Mehldau improvise relativement peu, décline longuement les airs qu’il façonne et laisse beaucoup de place à Joshua Redman, au ténor bien sûr, mais aussi au saxophone soprano, instrument qui lui est moins habituel. Portés par des rythmes binaires, John Boy, Don’t Be Sad, Sky Turning Grey font penser à des morceaux des Beatles. Le pianiste ajoute un orgue à pompe (pump organ) aux deux derniers, une touche sonore un peu vieillotte à sa musique. Portée par des claquements de mains, la petite mélodie entraînante de Capriccio se double d’un beau chorus de soprano. Dans John Boy, les cuivres interviennent de manière fort judicieuse. Avec ses deux parties collées l’une à l’autre (le thème est superbement décliné par des voix dans la seconde), The Falcon Will Fly Again est une grande réussite. Malheureusement Brad Mehldau a des velléités de compositeur classique, n’en possède pas le métier, et les orchestrations redondantes de certains morceaux nous ramènent cent ans en arrière. Utilisées à bon escient et simplement, les cordes colorent joliment la ligne mélodique de Don’t Be Sad, mais Now You Must Climb Alone suivi de Walking The Peak sonnent au mieux comme de passables illustrations sonores. Redman a beau se fendre d’un superbe chorus de ténor et Brad multiplier les variations au piano, la masse orchestrale écrase les solistes. On nage en plein concerto néo-classique dans la première partie de Well’Cross the River Together. La seconde passe mieux, les cordes frémissantes se joignant au ténor pour sauver le morceau du naufrage. Pages d’écriture académique, les deux dernières plages symphoniques du second disque sont tout aussi boursouflées. Les deux derniers titres de chaque CD sont d’ailleurs ceux qui prêtent le plus à polémique, comme si Brad Mehldau, pas sûr de lui, nous autorisait à les zapper. Aussi inégal que diversifié, ce nouvel opus témoigne toutefois d’une véritable inspiration mélodique, denrée rare au sein d’un jazz moderne qui sacrifie trop souvent la beauté à la technique.
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 10:01
Alexandra Grimal, coverTrente ans à peine et quinze ans de pratique du saxophone, Alexandra Grimal promène ses instruments (ténor et soprano) en Europe et possède plusieurs formations dont un quartette avec le guitariste brésilien  Nelson Véras. On l’a récemment remarquée dans “Filigrane“, le dernier disque du pianiste Edouard Ferlet, ajoutant du mystère à un opus qui en irradie beaucoup. Mais c’est avec une section rythmique bien connue de la scène jazz bruxelloise qu’elle nous offre ce disque, enregistré en août 2009 au studio La Buissonne. Elle souffle des notes longues et féeriques qui s’étalent comme une tapisserie brodée au petit point. Avec elle, Giovanni di Domenico, pianiste fin et sensible, joue des harmonies sophistiquées et propose des compositions oniriques au charme puissant (Aranda, Mitote), aux notes un peu étranges qu’il fait délicieusement respirer. A la contrebasse, Manolo Cabras improvise de belles lignes mélodiques. Joao Lobo, le batteur, les commente et les colore par le métal de ses cymbales, les peaux accordées de ses tambours. Ce dernier apporte Crista, un joli morceau qu’aurait pu écrire Paul Motian, un thème simple et chantant autour duquel s’enroule délicatement un saxophone au timbre diaphane jouant une musique d’une pureté minérale cristalline. L’impression de fragilité qu’elle donne nous la rend précieuse. Une vibration sonore un peu forte pourrait presque faire disparaître ces notes rares parsemant des mélodies aérées et d’une simplicité extrême (Saudades Correspondidas), des thèmes ouverts sur un jazz souvent abstrait et riche en ambiguïtés harmoniques. Sans Raison évoque celles qu’affectionne Wayne Shorter. Une longue improvisation du pianiste révèle la singularité de son phrasé. Eh !, un thème riff, proche du bop par son aspect anguleux, permet à Alexandra Grimal d’affirmer sa grande maîtrise technique, son jeu sensible. Presque un murmure, les rares notes de Passage sont comme des voiles que tend un vent de plus en plus fort. On aime ce saxophone qui semble souffler de la lumière dans Marcher, éclaire de ses sons Ellipse, et invente nonchalamment des paysages sonores aux frontières du réel.
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 09:28

Livres diversRien de tel que de se promener dans Paris pour y trouver des livres auxquels on ne s’attend pas. On flâne, on musarde, on arpente les quais ou les rues du Quartier Latin qui abritent encore des librairies, petites ou grandes, provisoirement amelia B. Edwards, coverrescapées, les boutiques de mode rongeant peu à peu le paysage culturel. En longeant le jardin du Luxembourg en décembre dernier, je tombai rue de Médicis sur la librairie José Corti (l’éditeur de Julien Gracq), pour y trouver soldés plusieurs volumes de leur collection Domaine Romantique. Un certain nombre d’entre eux relèvent du fantastique, genre littéraire qui m’a toujours titillé l’imagination. Parmi les ouvrages achetés ce jour-là, je découvris un recueil de nouvelles d’Amelia B. Edwards (1831-1892), romancière à succès tombée dans l’oubli. “Dans le confessionnal et autres nouvelles“ contient sept des dix-sept récits fantastiques qu’elle nous a laissés, tous très bien écrits (le plus remarquable s’intitule Les îles au trésor) et une longue postface érudite de Jacques Finné, l’excellent traducteur de ce livre publié en 2002. Dans la même collection (je n’en ai pas acheté qu’un seul), “Les Fantômes des Victoriens“ fut rapidement dévoré. Fantômes des victoriens, coverFlorilège d’histoires de revenants, il contient des nouvelles de Wilkie Collins, Charles Dickens, Arthur Conan Doyle, Joseph Sheridan Le Fanu, E.M. Forster, mais aussi des auteurs moins connus, mais tout aussi capables de vous faire violemment frissonner. Il existe bien d’autres ouvrages dans cette excellente collection dont “Les fantômes des Victoriennes“ et plusieurs recueils de Sheridan Le Fanu, l’auteur inspiré d’“Oncle Silas“ et de “Carmilla“, la vampire lesbienne, livre écrit en 1871, vingt-six ans avant “Dracula“ le chef-d’œuvre de Bram Stoker. La librairie José Corti peut s’attendre à ma visite lorsque la pile de livres qui me reste à lire aura diminué.


Profitant en janvier d’un tiède rayon de soleil, je me suis laissé tenter rue des Ecoles (une occasion trouvée dans une de ces boîtes que le libraire installe à même le trottoir) par les mémoires de Pierre Belfond, grand monsieur de l’édition P.-Belfond--les-pendus--jpgaujourd’hui à la retraite. Jean-Paul m’accompagnait. Il possède peu de livres, mais consulte presque tous les jours le “Goldmine’s Price Guide to Collectible Jazz Albums“ et le “Penguin Guide to Jazz“, dont il conserve précieusement les anciennes éditions. Dans “Les pendus de Victor Hugo“ (publié chez Fayard en 1994), Pierre Belfond ne parle pas de jazz, mais ce grand amateur de musique classique, ami d’Antoine Goléa, édita ou réédita les souvenirs de nombreux musiciens et pendant quatre ans maintint la revue Harmonie à flot. D’une plume vive et alerte, il nous raconte le « mystère Aguéev » (l’auteur sans visage de “Roman avec cocaïne“), brosse des portraits désopilants de Salvador Dali, Anthony Burgess, Klaus Kinski. Ne partageant pas toujours ses choix éditoriaux, j’ai peu de livres des éditions Belfond dans ma bibliothèque, mais sa collection de littérature étrangère renferme de véritables trésors. “Le monde d’hier“ de Stefan Zweig, “Tendre est la nuit“ de Scott Fitzgerald, “Les sept fous“ et “Les lance-flammes“ de Roberto Arlt, en sont quelques fleurons.


Equilibre du monde, coverContrairement à Jean-Paul, Phil Costing lit beaucoup. Il m’a offert à Noël “L’équilibre du monde“ (Albin Michel également publié en poche), un gros roman écrit en anglais par Rohinton Mistry un écrivain indien. On y suit les pérégrinations d’Ishvar et Omprakash, des intouchables au sein d’une société corrompue et violente. Appartenant à la caste des tanneurs et des travailleurs du cuir, ils ont quitté leur village pour la grande ville et y exercent le métier de tailleurs. Une multitude de personnages pittoresques défilent dans ce récit largement consacré à la misère quotidienne de l’immense peuple des bidonvilles. L’auteur porte un regard désabusé sur les institutions de son pays dans lequel, il n’y a pas si longtemps, des hommes nés sur le même sol mais de religion différente s’entretuaient. Il donne du poids et de l’épaisseur à ses personnages dont on suit leurs aventures, parfois drôles, mais le plus souvent pathétiques, lutte permanente pour survivre dans un environnement hostile, un pays dans lequel on n’a guère envie de se rendre une fois refermé ce roman-fleuve dont la lecture et les péripéties fascinent.


Fu Manchu, coverLes éditions Zulma poursuivent la réédition de la saga du docteur Fu Manchu. On avait quitté ce dernier une balle dans la tête, le corps enseveli sous les pierres de son repaire. On le retrouve vivant et plus dangereux que jamais dans “Les mystères du Si-Fan“, marchant péniblement avec des cannes, le crâne recouvert d’un épais bandage, hémiplégique du côté droit. Pas pour longtemps. Sir Baldwin Frazer, le meilleur chirurgien de Londres qui est à sa merci, lui extrait le projectile qui « ayant traversé le tiers gauche du lobe frontal au niveau de la convolution postéro pariétale » s’y trouve encore. A nouveau en pleine possession de ses moyens, le sinistre docteur peut reprendre ses activités criminelles et son principal adversaire, l’agent spécial Nayland Smith, lui redonner la chasse. Sax Rohmer (de son vrai nom Arthur Henry Sarsfield Ward) introduit dans le récit de nouveaux personnages parmi lesquels Zarmi, une Eurasienne belle et féline à la chevelure de jais et le mandarin Ki-Ming, chinois de belle prestance au puissant pouvoir hypnotique. Le livre s’achève par la disparition provisoire de Fu Manchu, noyé lors d’une terrible tempête. A moins que Zulma décide d’interrompre la publication de la série. L’éditeur n’annonce pas d’autres volumes et si la typographie de celui-ci reste tout aussi soignée, le papier moins épais, moins volumineux pour un même nombre de pages, ne présage rien de bon.
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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 11:07

Elise & Laurent on stageDIMANCHE 21 février

Laurent de Wilde invite Elise Caron à rejoindre son trio. C’est au Sunside que se déroule cette rencontre qu’il m’est impossible de manquer. Avec Elise, l’hiver se fait moins rigoureux. On se réchauffe à l’écoute de sa voix. Et puis, jolie comme elle est, on ne la quitte pas des yeux. Je dis on, car ceux des courageux noctambules qui n’ont pas peur de sortir le dimanche soir sont tous fixés sur elle comme pour mieux l’éclairer. Laurent l’accompagne de son meilleur piano. Bruno Rousselet Elise Caron(contrebasse) et Laurent Robin (batterie) assurent le rythme. Elise donne des ailes à sa voix pour nous chanter des « oizos lésés » que l’on aime déjà très fort, de nouvelles chansons qui se mêlent à d’autres plus anciennes, toutes choisies pour mettre du baume au cœur et penser les blessures de la morte saison. Rien de tel qu’un reggae pour ensoleiller, faire monter de quelques degrés la température ambiante. Pastime Paradise de Stevie Wonder, un des thèmes splendides de “Songs in the Key of Life‘, en fait un tout à fait acceptable. La ligne mélodique est confiée à la contrebasse qui exécute des petits riffs. En phase avec la batterie syncopée, le piano marque le rythme, Laurent poussant la ressemblance jusqu’à répéter certaines notes, comme une chambre d’écho le fait dans ce genre de morceaux. Elise invente ses propres onomatopées. Elise Caron & Laurent de WildeSa voix monte en puissance, envoûte et magnétise. De son dernier disque “A Thin Sea of Flesh“, des poèmes de Dylan Thomas sur des musiques de Lucas Gillet, elle reprend And Death Shall Have No Dominion et I Have Longed to Move Away, morceaux retravaillés, repensés pour le jazz. I Want You (un extrait d’“Abbey Road“, faut-il le préciser ?) est pour elle plus difficile à chanter, mais Laurent joue un piano funky dans lequel le swing tend la main à l’humour, le riff de Sex Machine (James Brown) se mariant au rythme trouvé par le batteur. Pauvre Rutebeuf : Elise célèbre Léo Ferré dont les musiques sont aussi belles que les paroles de ses chansons. Le blues dans les doigts, Laurent de Wilde improvise, greffe de nouvelles harmonies sur un air inoubliable. Louise Labé ensuite, son dix-huitième sonnet, un poème tendre et érotique qu’Elise chante d’une voix douce et envoûtante. Le piano joue les accords du rêve, une mélodie attachante diffusant une chaleur palpable et ondulante dans laquelle il fait bon s’immerger. Attentif et silencieux, le public anesthésié, presque en état d’hypnose, en écoute les mots d’amour :

Baise m’encor, rebaise-moi et baise :

Donne m’en un de tes plus savoureux,

Donne m’en un de tes plus amoureux :

Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise.

Une gomme invisible a effacé le temps. On quitte le Sunside le cœur chaud, des mélodies plein les oreilles, le sourire plein les prunelles. Merci Laurent, merci Elise.
Photos © Pierre de Chocqueuse
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 15:40
Mulgrew Miller, coverLes pianistes enracinés dans la tradition et l’histoire du jazz ne sont plus guère nombreux. Hank Jones, 91 ans, mais aussi Kenny Barron, Marcus Roberts et Cyrus Chestnut me viennent à l’esprit. Mulgrew Miller joue lui aussi un piano en voie de disparition. Ses harmonies très travaillées préservent les qualités intrinsèques du jazz : le swing et le blues omniprésents dans sa musique . Très demandé en studio, il fait peu de disques sous son nom, préfère se mettre au service des autres, se montre aussi capable de briller auprès des musiciens de jazz moderne (Dave Holland) qu’au sein de formations plus classiques. L’histoire du piano jazz se révèle dans son jeu. On y entend le raffinement harmonique d’Art Tatum, l’élégance mélodique de Teddy Wilson, la précision dans l’attaque et l’articulation d’Oscar Peterson. En outre, Miller connaît parfaitement le vocabulaire du bop, le langage de Bud Powell qu’il admire et que traduit son phrasé souvent acrobatique. Musicien virtuose, il ne dédaigne pas les prouesses techniques, mais loin d’être tape à l’œil, son adresse s’affirme parfaitement naturelle, tout comme sonne vrai et authentique son piano dont la chaleur est celle d’un feu de bois dans un monde de radiateurs électriques, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Enregistré il y a dix ans au cours du festival Jazz en Tête de Clermont-Ferrand, ce disque constitue son unique disque en solo. Les morceaux de ce concert nous sont restitués dans l’ordre exact dans lequel ils ont été joués. Le pianiste n’a peur de rien. Il impressionne par sa carrure massive et athlétique, mais plus encore par l’impression de force tranquille que dégage son instrument. Il n’hésite pas, et choisit d’emblée la difficulté avec Jordu qu’il attaque avec fermeté et brio. Ses mains (on a parfois l’impression qu’il en possède quatre) dialoguent, articulent des phrases musicales possédées par le rythme. Après une longue tresse de notes perlées et une citation de So What (Jordu est un thème qui lui ressemble beaucoup), Mulgrew Miller poursuit avec Con Alma, saut d’obstacles tout aussi périlleux (comme l’écrit si bien Laurent de Wilde dans les notes du livret), mais que le pianiste surmonte avec facilité, s’autorisant même d’étonnantes variations avant la coda. Rassuré sur la souplesse de ses doigts, sur sa capacité à dominer son piano, Mulgrew se fait tendre, esquisse les pas d’une valse un peu triste (le merveilleux et délicat Carousel qu’il achève sur une comptine). Il nous emporte dans des relectures puissantes et raffinées de standards dont il préserve la mémoire, My Old Flame, Dreamsville, Body & Soul (dont il joue quelques mesures en stride), mais aussi la Yardbird Suite, raccourci de son immense technique, feu d’artifice « de block chords, trilles, arpèges, syncopes » (Laurent de Wilde). Véritable tourbillon de notes enivrantes qui font perdre la tête, Giant Steps, son dernier coup d’archet pianistique, complète et achève cette leçon de piano.
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 10:25

Laurent Mignard (b)                                                                                                                                           Laurent Mignard

JEUDI 18 février

Espace artistique et culturel (films, concerts, débats, conférences) et lieu de rencontres, l’Entrepôt (7/9 rue Francis de Pressensé 75014 Paris) abrite depuis quelques mois La Maison du Duke, association fondée en septembre 2009, dont le but est de fédérer les amateurs de jazz autour de l’œuvre de Duke Ellington.

Un samedi matin par mois (de 10h30 à 12h30), y est organisé un cycle de conférences thématiques autour de Duke Ellington. Les prochaines auront lieu le 13 mars (Mélodie et contrepoint par François Théberge), le 10 avril (les trompettistes chez Ellington par François Biensan) et le 29 mai (Le Duke et ses Suites par Claude Carrière, président d’honneur de l’association).

Un soir par trimestre, le Duke Orchestra sous la direction de Laurent Mignard y donne une répétition publique suivie d’un concert commenté (le prochain, le 15 avril aura pour thème les « Duke Ladies »). Reconnu comme le meilleur orchestre “ellingtonien“ en activité par les responsables de la Duke Ellington Music Society, le Duke Orchestra vient d’obtenir le grand prix du Hot Club de France pour “Duke Ellington is Alive“, son premier enregistrement. 

Fred CoudercAntonin-Tri Hoang








 Fred Couderc                                                               Antonin-Tri Hoang

Venu nombreux, le public s’y presse le 18 février pour écouter la “Far East Suite“, une des dernières œuvres importantes du Duke. Devant son pupitre encombré de partitions, Laurent Mignard fait répéter les quinze membres de l’orchestre afin de revoir une dernière fois en détail les difficultés que posent les morceaux, d’en Ph; Milanta & P-Y Sorinreprendre les passages délicats, de choisir les bons tempos et de donner une meilleure fluidité aux sections. Julie Saury indisponible, François Laudet tient à la batterie. Au saxophone alto et à la clarinette (l’instrument occupe une position centrale dans Bluebird of Delhi), Antonin-Tri Hoang, l’un des jeunes musiciens de l’ONJ de Daniel Yvinec, remplace provisoirement Aurélie Tropez.

Comprenant neuf morceaux, la “Far East Suite“ fut crée en 1966, à la suite d’une tournée de l’orchestre d’Ellington au Moyen-Orient en 1963 et d’une autre au Japon en 1964, cette dernière donnant lieu au fameux Ad Lib on Nippon que le Duke orchestra reprend dans son album. Impressions de voyage,

Philippe Milanta & Pierre-Yves Sorin

la musique subit l’influence d’autres cultures, se teinte de nouvelles couleurs harmoniques, notamment dans Tourist Point of View grâce à l’emploi d’un mode mineur, et surtout dans Blue Pepper, un blues, la pièce la plus orientale de cette suite, la contrebasse de Pierre-Yves Sorin assurant un bourdon sur le premier temps de chaque mesure.

Didier DesboisClaude CarrièreAvant d’interpréter cette “Far East Suite“ savamment commentée par Claude Carrière, le Duke Orchestra attaque Rockin’ in Rhythm, morceau de bravoure flamboyant introduit en trio par la section rythmique. Les solistes de l’orchestre ont maintes occasions de déployer leur verve et de le faire avec brio. Fred

 

  Didier Desbois                                  Claude Carrière

Couderc improvise brillamment au ténor dans Tourist Point of View et Mount Harissa, morceau dédié à notre Dame du Liban dans lequel Philippe Milanta au piano émerveille. Ajoutons les chorus d’alto de Didier Desbois  dans Isfahan et Blue Pepper, celui de Philippe Chagne au baryton dans Agra, courte pièce écrite pour l’instrument d’Harry Carney, et l’appel à la prière d’Amad confié au trombone de Jean-Louis Damant.

Nicolas MontierFrançois LaudetNicolas Montier                                                               François Laudet

Au service de la musique pendant tout le concert, Nicolas Montier s’est réservé pour le rappel, une longue et magnifique version de Diminuendo And Crescendo in Blue, variations sur le blues écrites en 1937 qui permettent d’apprécier son immense talent au ténor. Introduit par le piano de Philippe Milanta, la composition réserve bien des surprises. On y goûte la très belle ligne mélodique que dessinent les anches, les effets de growl que François Biensan tire de sa trompette et la magnifique reprise du thème par les quatre clarinettes. De la musique de répertoire, certes (une des seules a véritablement s’y prêter), mais du jazz, du grand, joué par de talentueux musiciens qui vous transportent au septième ciel.

Pour adhérer à l’association, soutenir ses activités et bénéficier de ses avantages : http://www.maisonduduke.com
Photos © Pierre de Chocqueuse  
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 12:04

The Queen & the Duke

Mars : Jean-Paul a enfin trouvé le Tony Williams qu’il recherchait, 3€ dans un dépôt vente d’Albertville, le CD coincé entre George Moustaki et André Rieu dans une boîte à chaussures poussiéreuse. Il est actuellement sur la piste d’un des très rares exemplaires de l’édition originale de la “Queen Suite“ enregistrée à titre privé par Duke Ellington et son orchestre en 1959 et édité sur Pablo dans les années 70. On a longtemps cru que seule la Reine d’Angleterre en détenait une copie. Jean-Paul prétend que le Duke et Norman Granz en possédaient également une et qu’il en existe un quatrième exemplaire. Plusieurs voyages en Suisse et en Amérique l’ont conforté dans cette certitude. Il est donc prêt à mettre plusieurs milliers d’euros dans une rareté qui intéresse pas mal de monde. Les marchands japonais sont sur le coup. Jean-Paul se croit suivi, surveillé. Je pense qu’il affabule. Il m’a présenté Bernard, un informaticien et pianiste de jazz de passage à Paris. Chauve, le regard chafouin, un triple menton reposant sur un tronc massif, de courtes jambes boudinées et des pieds minuscules, Bernard prétend travailler pour une des plus importantes sociétés d’électronique de la planète. Il s’est récemment rendu à l’Olympia écouter Pat Metheny jouer de ses guitares et des instruments qu’il pilote par ordinateur. Bernard me dit en posséder de plus sophistiqués. Son employeur (il m’a demandé d’en taire le nom) en fabrique. L’Orchestrion : de la roupie de sansonnet, affirme-t-il. Bernard expérimente depuis peu un orchestre d’une quinzaine de robots musiciens qu’il anime avec ses boutons. Les débuts furent difficiles. Sa musique n’attirait pas grand monde (mauvaise langue, Jean-Paul prétend que Bernard manque totalement d’inspiration) jusqu’au jour où, lors d’un concert privé donné à Londres, ses machines, détraquées, jouèrent librement une musique « neuve, totalement livrée à elle-même, cacophonique, violente et sans structures » (ce sont ses propres mots). Un célèbre critique parisien en vacances cria au génie. Persuadé d’en être un, Bernard pense faire carrière à Paris, sponsorisé par son employeur qui mise sur de l’argent à gagner. Il voit grand Bernard. Il imagine déjà un orchestre de taille symphonique entièrement robotisé jouant de la musique aléatoire. « De toute manière, les gens sont sourds » prétend-il « On peut leur donner à entendre n’importe quoi. Free jazz, musique contemporaine, où se trouve la différence ? ». Bernard est heureux. « Terminés les conflits d’ego avec d’autres musiciens, les cachets à répartir entre les membres de l’orchestre, les grèves des intermittents du spectacle » affirme-t-il en ricanant. Des orchestres sans musiciens : on n’arrête pas le progrès.

QUELQUES CONCERTS EN MARS

B.Mehldau Suntory Hall-S’il compose une bonne partie de son répertoire, Brad Mehldau est d’abord un improvisateur, d’où l’intérêt des concerts qu’il donne en solo, aventures qu’il fait partager en temps réel avec son public. C’est justement au piano que le théâtre du Châtelet l’accueille le 3 mars, quelques jours avant la sortie de son nouveau disque. Produit par Jon Brion (“Largo“) et intitulé “Highway Rider“, ce double CD rassemble quinze pièces très diverses dont certaines enregistrées avec les cordes d’un orchestre de chambre. Outre Larry Grenadier, Jeff Ballard et Joshua Redman le plus souvent au soprano ce qui est inhabituel, un second batteur, Matt Chamberlain, officie dans quelques morceaux.

-
Quest
au Sunside le 7 et le 8. Deux soirées pour écouter un saxophone incandescent répondre à un piano romantique et rêveur, découvrir une musique à la fois puissante et tendre arbitrée par une section rythmique mobile et inventive. Dave Liebman aux saxophones (soprano et ténor), Richie Beirach au piano, Ron McClure à la contrebasse et Billy Hart à la batterie ont leurs propres engagements et donnent peu de concerts ensemble. Constitué au début des années 80 (avec Al Foster à la batterie) et reformé en 2005, le groupe est une véritable légende. On se précipitera.


Chassy + images-Guillaume de Chassy au cinéma Le Balzac (1, rue Balzac, 75008 Paris) le 9. La première partie du concert sera consacrée à “Pictorial Music“, nouveau disque en solo de Guillaume inspiré par les images du réalisateur et plasticien Antoine Carlier. (sortie le 26 mars sur Bee Jazz). Avec "Shift", le pianiste dialoguera ensuite en temps réel sur des séquences cinématographiques proposées par Carlier qui, présent sur scène avec sa banque d’images animées, improvise lui aussi en fonction de la musique.


SF Collective group-On ne manquera pas le 15 la visite au New Morning du SF Jazz Collective. Fondé en 2004 par le saxophoniste Joshua Redman, le groupe rassemble chaque année pour quelques concerts des musiciens de jazz pour le moins célèbres. Après Redman et Joe Lovano, Mark Turner officie au ténor. Le trompettiste Avishai Cohen remplace Dave Douglas (et avant lui Nicholas Payton). Les autres membres de la formation sont Miguel Zenon au saxophone alto, Robin Eubanks au trombone, Edward Simon au piano, Matt Penman à la contrebasse et Eric Harland à la batterie. Le SF Jazz Collective propose un répertoire de compositions originales autour de l’œuvre d’un musicien. Après Ornette Coleman, John Coltrane, Herbie Hancock, Thelonious Monk, Wayne Shorter et McCoy Tyner, c’est la musique d’Horace Silver qui est aujourd’hui à l’honneur.


-L’incontournable leçon de jazz de l’Oncle Antoine (Hervé) à l’Auditorium St Germain (19h30) le 16. Ce mois-ci : le blues vu du piano.


J. Terrasson New trio-Jacky Terrasson au Sunside du 16 au 18 avec les musiciens de son nouveau trio. Ben Williams à la contrebasse et Jamire Williams à la batterie n’ont aucun lien de parenté, mais se complètent et poussent Jacky à jouer son meilleur piano. Les trois hommes donnèrent un concert mémorable l’été dernier à Marciac. On attend beaucoup de ces trois soirées parisiennes, prélude à la sortie du nouveau disque de Jacky, “Push“ , parution fin A. Andersen trio (b)avril sur le label Concord.


-Le contrebassiste Arild Andersen au Duc des Lombards le 18 avec Tommy Smith au saxophone ténor et Paolo Vinaccia à la batterie, musiciens qui l’entourent dans “Live at Belleville“, magnifique album de 2008 enregistré pour ECM, musique forte, intense saupoudrée d’effets électroniques. Le trio alterne morceaux de bravoure fiévreux (Smith soufflant des phrases brûlantes) et compositions oniriques, la belle contrebasse mélodique d’Andersen plongeant la musique dans un bain de lyrisme.


Herb Geller, color-Nul doute que les quatre concerts que s’apprête à donner Herb Geller au Duc des Lombards les 19 et 20 mars constituent des événements. Légende de la West Coast (il fut membre des orchestres d’Howard Rumsey, Shorty Rogers, Bill Holman, Shelly Manne dans les années 50), le saxophoniste ne s’était plus produit à Paris depuis des années. En quartette, l’altiste peut encore nous surprendre.


-Beaucoup de concerts alléchants le 20. A 17h30, le sextette de Sylvain Beuf en donne un (gratuit, mais dans la limite des places disponibles) dans le studio Charles Trenet de la Maison de Radio France.

Mike Mainieri

- Le vibraphoniste Mike Mainieri est attendu le même soir au New Morning avec Northern Lights, groupe au sein duquel le norvégien Bugge Wesseltoft tient le piano. Au saxophone, Bendik Hofseth, lui aussi norvégien remplaça en 1987 Michael Brecker au sein de Steps. Le Suédois Lars Danielsson est également célèbre. Ses disques en quartette avec Dave Liebman, Bobo Stenson et Jon Christensen, sa contribution à des enregistrements de John Scofield, Jack DeJohnette, Mike Stern, Charles Lloyd, l’ont fait connaître à un large public. Le batteur Audun Kleive complète ce super groupe Visuel Beejazz festscandinave.


- Toujours le 20, Daniel Yvinec et Guillaume de Chassy donnent en quartette un concert au Sunside (avec Antonin Tri Hoang au saxophone alto et Fabrice Moreau à la batterie) dans le cadre de la seconde édition du festival Bee Jazz, du 19 au 23 mars, au Sunside et au Sunset. Consultez les programmes des deux clubs.        


James Moody N&B-La carrière de James Moody donne envie de l’écouter. Sa présence dans les formations de Dizzy Gillespie, Max Roach, Kenny Barron et le groupe qu’il constitua en 1953 avec Eddie Jefferson suffisent à nous convaincre que le saxophoniste (et flûtiste) est un grand musicien. Il se produit au Duc les 22 et 23 avec Kirk Lightsey au piano, Wayne Dockery à la contrebasse et François Laudet à la batterie. On ne peut que se laisser tenter.

K. Mahogany

-Kevin Mahogany et Cyrus Chestnut au Duc des Lombards les 24 et 25. Le premier est un grand chanteur, auteur en 1997 d’un album exceptionnel, “Another Time, Another Place“. Le second fut le pianiste de Wynton Marsalis, Freddie Hubbard et James Carter. Il a également travaillé avec Jon Hendricks et sait parfaitement adapter son jeu de piano aux voix qu’il accompagne. Une rencontre pour le moins prometteuse.

sylvainBeuf 3

-On retrouve le sextette de Sylvain Beuf le 31 au New Morning pour fêter la sortie le 23 mars de “Joy“ (Such Prod/Harmonia Mundi), nouvel album (excellent) du saxophoniste enregistré live au Jazz Club de Dunkerke. Avec lui, Denis Leloup au trombone, Pierrick Pedron au saxophone alto, Jean-Yves Jung au piano, Diego Imbert à la contrebasse et Franck Agulhon à la batterie.


Théâtre du Châtelet : http://www.chatelet-theatre.com

                                       Sunset - Sunside : http://www.sunset-sunside.com

                       Cinéma Le Balzac : http://www.cinemabalzac.com

                                                            New Morning : http://www.newmorning.com

               Auditorium St Germain : http://www.mpaa.fr

                                        Duc des Lombards : http://www.ducdeslombards.com

Maison de Radio France : http://www.radiofrance.fr/

CREDITS PHOTOS : Duke Ellington & Elisabeth II, Brad Mehldau, SF Jazz Collective, Herb Geller, James Moody, Sylvain Beuf  © photos X/DR - Guillaume de Chassy & Antoine Carlier © Paul Briault - Jacky Terrasson New Trio, Arild Andersen Trio © Pierre de Chocqueuse.
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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 09:57

C. Scott BandMardi 16 février

Le Christian Scott Band au New Morning. Deux petits sets, mais une musique forte, puissante, beaucoup plus tonique que celle que le trompettiste propose dans “Yesterday You Said Tomorrow“, son dernier disque, son meilleur à ce jour. Moins raffinées sur le plan sonore, les compositions qu’il contient gagnent en dynamique Christian Scott NMet intensité, le concert favorisant les échanges et les morceaux de bravoure, malgré une mise en place parfois approximative et quelques fausses notes. The Eraser de Radiohead l’introduit. Milton Fletcher a “préparé“ son piano et Scott posé une sourdine sur le pavillon de son instrument coudé afin d’en tirer une sonorité feutrée plus proche du souffle et de la voix humaine. Angola, LA & The 13th Amendment place au premier plan la section rythmique, la batterie de Jamire Williams ponctuant avec énergie un long solo de guitare fiévreux. Le tempo de The Eye of the Hurricane, une composition d’Herbie Hancock, est plus rapide. A un chorus acrobatique de trompette succède une longue improvisation du pianiste dont le jeu en accords (blockchords fréquemment dissonants), ajoute du mystère à la musique. Christian Scott prend Matthew Stevens (C. Scott Band)son temps pour présenter avec humour ses musiciens. Il enchaîne avec Rumor, un extrait de “Live at Newport“, un thème conjointement exposé par la guitare et le chant délicat de la trompette. Introduit longuement par la batterie, il contient de nombreux changements de rythmes, un chorus de piano construit sur une répétition d’accords. Les musiciens attaquent le deuxième set avec K.K.P.D. (Klux Klux Police Department), une charge violente contre le racisme ordinaire que professe la police des états du sud de l’Amérique. Williams martèle puissamment ses tambours ; la contrebasse de Kris Funn gronde comme un volcan réveillé après un long sommeil ; la guitare joue des accords hendrixiens. Dans The Last Broken Heart, une des ballades du nouvel opus, la trompette se fait tendre, sensuelle. Scott s’accorde une pause, puise des forces pour nous offrir en rappel une version brûlante de Rewind That, son morceau fétiche, très marqué par le rock.
Photos © Pierre de Chocqueuse
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