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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 09:46

Certains d’entre-vous ont lu ce texte, abrité 24 heures sur le blog de Jazzman. Deux papiers sur le même concert furent jugé excessifs. Celui de mon confrère et ami Lionel Eskenazi est donc toujours lisible sur http://www.Jazzman.fr/ Le mien trouve refuge ici, une place toute naturelle. Rendez-vous au Sunside le 9 décembre pour découvrir Mélanie De Biasio, la chanteuse qui étonne.

 

Rêver, partir doucement avec des morceaux lents… Les concerts de Melanie De Biasio nous plongent dans un autre espace temps, dans le swinging London des années 60, lorsque la musique s’inventait soir après soir à la Roundhouse, à l’UFO, hauts lieux enfumés d’un underground branché. On y goûte les arabesques sonores d’une flûte aux notes colorées qui résonnent à perdre haleine, les malices d’un clavinet, livrant avec gourmandise des sonorités électriques et planantes. Cette musique c’est aussi du jazz avec un pianiste aux accords evansiens, une belle et grosse contrebasse qui chante, avec surtout une voix, grave, charismatique qui trouble et emporte. Le second set fut plus rythmé que le premier, un peu avare de morceaux rapides, mais lunaire et onirique. Avec Pascal Mohy au piano, Pascal Paulus au clavinet, Axel Gilain à la contrebasse et Lieven Venken étonnant de douceur à la batterie, Mélanie fêtait mardi dernier au Sunside la sortie française de son album « A Stomach is Burning » (Igloo/Abeille Musique). C’était la toute première fois qu’elle se produisait à Paris. On l’applaudit des deux mains.

(Photo ©Pierre de Chocqueuse)                                                                                                                                            

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 15:30
Fumeur de cigares et musicien heureux, Glenn Ferris présentait samedi dernier au Sunset de la rue des Lombards son Ferris Wheel (une Grande Roue en anglais), un nouveau trio à l’instrumentation originale : trombone (le sien), voix, percussions (Ernie Odoom) et contrebasse (Bruno Rousselet).
 
Producteur de disques (un nouvel album du pianiste Donald Brown, « Fast Forward to the Past », sort à la mi-novembre sur Space Time Records, son label), noctambule invétéré et également amateur de cigares, Xavier Felgeyrolles programme et anime à Clermont-Ferrand Jazz en Tête, manifestation clermontoise depuis longtemps incontournable. Ravi Coltrane, Richard Galliano, Gonzalo Rubalcaba, Charlie Haden, Nicholas Payton, Miguel Zenon, Aldo Romano, Monty Alexander sont quelques-uns des musiciens de la 21ème édition de ce festival qui se déroulera cette année du 21 au 25 octobre. Pour tous renseignements : http://www.jazzentete.com/      
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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 09:20

Féru de musique contemporaine, parisien depuis bientôt vingt ans, le pianiste américain Ronnie Lynn Patterson est un homme d’une rare discrétion. Auteur de « Mississipi », album paru en 2003 sur le label Night Bird Music, mais aussi d’un disque consacré au compositeur Morton Feldman dont il admire les œuvres, Ronnie Lynn n’oublie qu’une chose, c’est de faire parler de lui. La parution récente d’un nouvel album aussi bon qu’inattendu, et un concert au New Morning le 21 octobre prochain font ainsi figure d’évènements. « Freedom Fighters » confirme l’excellence d’un pianiste réservé qui loin de faire étalage d’un trop plein de savoir-faire, de notes savantes pleines de poudre aux yeux, construit un discours poétique et exigeant qui lui est infiniment personnel. Il contient deux pièces de ou arrangées par Keith Jarrett (l’un de ses principaux modèles), et la variation d’un thème  de Rachmaninov, mais surtout des compositions originales rigoureuses et diversifiées. Le pianiste possède un jeu aussi subtil que délicat et d’une grande richesse harmonique. Le suivre demande une écoute attentive et constante. La main gauche assure un parfait contrepoint à la droite, souvent proche des lignes du blues, et donne à la musique un très grand équilibre rythmique. Ronnie Lynn Patterson n’est pas le seul à fasciner : Stéphane Kerecki et Louis Moutin interpellent par leur pertinence. La contrebasse du premier trouv les notes justes pour répondre à celles, parfois abstraites, d’un piano fragile qui prend son temps pour révéler sa profondeur, un piano qui suggère, entrouvre pudiquement la porte de ses rêves.
Meilleurs morceaux : Freedom Fighters Adagio, Camariñas, Santa Fe.

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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 09:04

Que font donc Zool Fleischer et Pierre de Bethmann ? Leurs doigts se communiquent-ils "de mano a mano" des secrets jazzistiques ? Tous deux en ont cinq à chaque main ce qui leur est fort utile pour jouer du piano. Zool enregistre rarement et fait peu parler de lui. Dommage. On aimerait l’écouter plus souvent.
Pierre joue davantage. Publié chez Nocturne en 2007, « Oui » a récemment été récompensé par une Victoire du Jazz. On ne peut qu’approuver.

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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 18:53

Publié dans les premiers jours de juillet, ce disque de Bill Frisell m’a suivi en vacances, sa folie douce, sa diversité étonnante le rendant très attachant. Les cordes y occupent une place importante, celles de la guitare de Frisell, mais aussi celles qui se jouent avec un archet, le violon se faisant beaucoup entendre dans ce double album aux musiques très variées. Frisell n’est pas seulement un jazzman. Sa culture s’élargit au blues, à la soul, au folk, à une country music purement américaine, mais aussi à l’image. Après avoir improvisé sur des films de Buster Keaton, le guitariste met en musique le travail du dessinateur de BD Jim Woodring, d’où cette succession de pièces souvent concises, véritables morceaux d’un puzzle qui révèle progressivement son unité, Frisell ayant choisi de les découper pour en répéter les thèmes, les rendre récurrents. « History, Mystery » rassemble deux CD. Le premier contient dix-sept morceaux ; le second treize. La plage la plus courte dure 37 secondes et la plus longue près de 9 minutes. Il s’agit d’une reprise instrumentale de A Change is Gonna Come immortalisé par Sam Cooke en 1964, une plage enregistrée live. Ces deux disques en contiennent d’autres. Parmi elles, une reprise déjantée de Jackie-ing de Monk et le Sub-Conscious Lee de Konitz joué sur un tempo fiévreux , deux vrais morceaux de jazz dans un album fourre-tout abritant toutes sortes de musiques. Outre un trio de cordes, « History, Mystery » accueille le cornet de Ron Miles et les saxophones de Greg Tardy. Le bassiste (Tony Scherr) et le batteur (le fidèle Kenny Wollesen) jouent surtout des rythmes binaires. Rassurez-vous, Bill Frisell soigne les moindres détails de ses miniatures, de petites pièces lyriques et pleines d’humour qui bénéficient d’arrangements délicats et subtils. Une fois écouté, ce disque vous trotte dans la tête et vous accompagnera longtemps.
Meilleurs Morceaux : Struggle (parts 1 & 2), A Change is Gonna Come, Heal, Lazy Robinson (Parts 1 & 2), Monroe (parts 1 & 2), Waltz for Baltimore.

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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 15:43

Les amateurs de jazz connaissent tous cet album de Bill Evans, enregistré en 1962 avec Chuck Israels à la contrebasse et Paul Motian à la batterie. Par contre (presque) personne ne connaît l’identité de la superbe blonde qui fait les honneurs de la pochette. Cette jeune Allemande rêve alors de devenir chanteuse. Mannequin, elle a travaillé à Berlin, à Paris pour Coco Chanel et à New York. Séduit par sa beauté, Federico Fellini lui offre un petit rôle dans « La Dolce Vita » (1960). C’est de cette époque que date cette photo de Christa Päffgen, plus connue sous le nom de Nico. Amie de Salvador Dali, de Brian Jones et d’Andy Warhol, elle tourne pour ce dernier « Chelsea Girl », un film expérimental, avant d’intégrer le Velvet Underground de Lou Reed, le groupe de la « Factory » de Warhol. Sa voix grave fait merveille dans « The Velvet Underground & Nico », un disque de 1967 aux chansons aussi douces que perverses. Les photos en noir et blanc proviennent du livret de « The Marble Index » enregistré en 1969.

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 17:55

Consacré à la musique de G.I. Gurdjieff et complété par quelques pièces de Vassilis Tsabropoulos, « Chants, Hymns and Dances » pour violoncelle et piano fit sensation lors de sa parution en 2004. Dans « Melos », les œuvres du pianiste grec prédominent, celles de Gurdjieff n’ étant plus que trois, comme le nombre de musiciens en présence. Anja Lechner et Vassilis Tsabropoulos ont en effet enregistré ce nouvel album en trio. Bien que discret dans son approche rythmique, le batteur italien U.T. Gandi permet aux musiciens d’improviser davantage, Gift of Dreams et Vocalise se déployant en de splendides variations modales. Les belles mélodies greco-byzantines du pianiste se rapprochent ainsi du jazz, domaine que ces trois musiciens connaissent bien. Tsabropoulos est membre du trio d’Arild Andersen et Anja Lechner joue sur « Nostalghia – Song for Tarkovsky », magnifique album que François Couturier, fasciné par les films du célèbre metteur en scène, a enregistré. « Melos » n’est sans doute pas un disque de jazz. Il se situe au-delà d’une catégorie musicale précise et n’a point de frontières. L’Orient y rejoint l’Occident ; des danses s’y font entendre, rythmées et colorées, mais aussi une harmonie savante demandant une maîtrise instrumentale irréprochable, le jeu des musiciens s’inscrivant dans une approche classique de la musique.
Meilleurs morceaux : Melos, Gift of Dreams, Sayyid Dance, Promenade, Vocalise.

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 17:36

Magnifique concert donné par le nouveau quartette de Joshua Redman dans la Grande Halle de la Villette, dimanche 14 septembre, concert clôturant un festival que les Parisiens connaissent bien. Le saxophoniste avait déjà joué avec les membres de ce nouveau groupe, le pianiste Sam Yahel, le contrebassiste Larry Grenadier et le batteur Jeff Ballard, ces deux derniers constituant l’actuelle section rythmique de Brad Mehldau, mais séparément, raison pour laquelle on attendait avec curiosité comment le groupe allait sonner. Magnifiquement !  La paire rythmique Grenadier / Ballard se montrant éblouissante. Poussé en avant par un batteur au drive subtil, s’appuyant sur une contrebasse aux lignes mélodiques chantantes et un pianiste aux doigts très mobiles, le saxophoniste n’eut aucun mal à séduire le très nombreux public venu l’écouter. Compositions personnelles et standards (Body and Soul, Just in Time) se succédèrent, Redman conviant le saxophoniste Mark Turner à partager avec lui ses rappels. 

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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 17:27

Le disque vocal de la rentrée ? Certainement le plus original. Enregistré en 2006, produit par ses soins sous la direction artistique de Philippe Ghielmetti (Sketch, Minium, Illusions), « Chronos in USA » a enfin trouvé un distributeur, une maison de disque plus courageuse que les autres pour héberger un ovni, un album confié à un petit groupe de musiciens de jazz dans lequel, entre de courtes séquences instrumentales presque classiques, se déploient des airs d’opéras saupoudrés d ‘effets électroniques. Jazz ? Musique contemporaine ? Marjolaine Reymond mêle habilement les deux genres. Elle s’est produite à Darmstadt, a chanté Berio, Ohana, Messiaen et Stockhausen avant d’apprendre à interpréter des standards du jazz, à se familiariser à une autre technique. Opéra en trois actes sur des textes empruntés à des poètes anglais et américains, « Chronos in USA » reflète parfaitement son désir d’improviser librement et innove ainsi sur le plan de la forme. Le sprechgesang des compositeurs viennois y croise des airs de bel canto. Une voix de tête jongle sur trois octaves, éructe, dérange ou se fait miel. C’est selon, chaque plage de cet album étant une aventure dont on sort difficilement indemne.

Meilleurs morceaux : On écoutera à la suite les trois actes de cet opéra. Sa durée (55 minutes environ) le permet aisément.

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 15:02

Un excellent disque que l’on n’attendait pas ! Il nous vient d’Argentine, d’un trio de jazzmen jouant des compositions de Lee Konitz, Warne Marsh, Billy Bauer et Lennie Tristano, pianiste virtuose et aveugle pour qui le jazz était avant tout une façon de sentir. Né en 1973, Ernesto Jodos ne cache nullement ce qu’il doit à ce dernier. Adoptant une esthétique linéaire, jouant de longues lignes mélodiques, le pianiste nous tient toujours en haleine par la construction savante de ses phrases qui, telles des histoires policières, conduisent à des dénouements surprenants ou abrupts. Le morceau d’ouverture, Subconscious-lee, certainement le plus abstrait du recueil, ne reflète pas vraiment ce que contient ce disque. Naguère d’avant-garde, la musique de Tristano et de ses élèves – Konitz et Marsh en furent les plus brillants – ne pose plus guère de difficultés d’écoute. De conception presque classique, elle s’inscrit dans l’évolution du bop, s’organise autour d’une contrebasse et d’une batterie (Hernan Merlo et Eloy Michelini) qui n’oublient jamais de marquer la cadence. Disposant d’une section rythmique confortable et par ailleurs étonnamment réactive (Subconscious-lee), Ernesto Jodos prend tout son temps pour choisir ses couleurs, organiser méthodiquement un discours aussi chaleureux que logique. Il  va jusqu’au bout de ses idées, économise ses notes (la main gauche, parcimonieuse, est souvent en attente) et parvient à les rendre essentielles.
Meilleurs morceaux : Dreams, Kary’s Trance, mais tous méritent une écoute attentive.

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