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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 17:36

Magnifique concert donné par le nouveau quartette de Joshua Redman dans la Grande Halle de la Villette, dimanche 14 septembre, concert clôturant un festival que les Parisiens connaissent bien. Le saxophoniste avait déjà joué avec les membres de ce nouveau groupe, le pianiste Sam Yahel, le contrebassiste Larry Grenadier et le batteur Jeff Ballard, ces deux derniers constituant l’actuelle section rythmique de Brad Mehldau, mais séparément, raison pour laquelle on attendait avec curiosité comment le groupe allait sonner. Magnifiquement !  La paire rythmique Grenadier / Ballard se montrant éblouissante. Poussé en avant par un batteur au drive subtil, s’appuyant sur une contrebasse aux lignes mélodiques chantantes et un pianiste aux doigts très mobiles, le saxophoniste n’eut aucun mal à séduire le très nombreux public venu l’écouter. Compositions personnelles et standards (Body and Soul, Just in Time) se succédèrent, Redman conviant le saxophoniste Mark Turner à partager avec lui ses rappels. 

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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 17:27

Le disque vocal de la rentrée ? Certainement le plus original. Enregistré en 2006, produit par ses soins sous la direction artistique de Philippe Ghielmetti (Sketch, Minium, Illusions), « Chronos in USA » a enfin trouvé un distributeur, une maison de disque plus courageuse que les autres pour héberger un ovni, un album confié à un petit groupe de musiciens de jazz dans lequel, entre de courtes séquences instrumentales presque classiques, se déploient des airs d’opéras saupoudrés d ‘effets électroniques. Jazz ? Musique contemporaine ? Marjolaine Reymond mêle habilement les deux genres. Elle s’est produite à Darmstadt, a chanté Berio, Ohana, Messiaen et Stockhausen avant d’apprendre à interpréter des standards du jazz, à se familiariser à une autre technique. Opéra en trois actes sur des textes empruntés à des poètes anglais et américains, « Chronos in USA » reflète parfaitement son désir d’improviser librement et innove ainsi sur le plan de la forme. Le sprechgesang des compositeurs viennois y croise des airs de bel canto. Une voix de tête jongle sur trois octaves, éructe, dérange ou se fait miel. C’est selon, chaque plage de cet album étant une aventure dont on sort difficilement indemne.

Meilleurs morceaux : On écoutera à la suite les trois actes de cet opéra. Sa durée (55 minutes environ) le permet aisément.

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 15:02

Un excellent disque que l’on n’attendait pas ! Il nous vient d’Argentine, d’un trio de jazzmen jouant des compositions de Lee Konitz, Warne Marsh, Billy Bauer et Lennie Tristano, pianiste virtuose et aveugle pour qui le jazz était avant tout une façon de sentir. Né en 1973, Ernesto Jodos ne cache nullement ce qu’il doit à ce dernier. Adoptant une esthétique linéaire, jouant de longues lignes mélodiques, le pianiste nous tient toujours en haleine par la construction savante de ses phrases qui, telles des histoires policières, conduisent à des dénouements surprenants ou abrupts. Le morceau d’ouverture, Subconscious-lee, certainement le plus abstrait du recueil, ne reflète pas vraiment ce que contient ce disque. Naguère d’avant-garde, la musique de Tristano et de ses élèves – Konitz et Marsh en furent les plus brillants – ne pose plus guère de difficultés d’écoute. De conception presque classique, elle s’inscrit dans l’évolution du bop, s’organise autour d’une contrebasse et d’une batterie (Hernan Merlo et Eloy Michelini) qui n’oublient jamais de marquer la cadence. Disposant d’une section rythmique confortable et par ailleurs étonnamment réactive (Subconscious-lee), Ernesto Jodos prend tout son temps pour choisir ses couleurs, organiser méthodiquement un discours aussi chaleureux que logique. Il  va jusqu’au bout de ses idées, économise ses notes (la main gauche, parcimonieuse, est souvent en attente) et parvient à les rendre essentielles.
Meilleurs morceaux : Dreams, Kary’s Trance, mais tous méritent une écoute attentive.

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 16:22

On peut l’écouter en simple fond sonore, mais il serait dommage de ne pas y prêter des oreilles attentives. Arrangeur de Diana Krall (« The Look of Love »), mais aussi des plus beaux albums d’Antonio Carlos Jobim, Claus Ogerman fait ici du bon boulot. Ses violons posent de douces couleurs sur des thèmes de Massenet, Sibelius, Rachmaninov, De Falla. Entouré d’une section rythmique superlative – Christian McBride à la contrebasse, Lewis Nash à la batterie et Luis Quintero (enthousiasmant) aux percussions - , Danilo Perez n’a plus qu’à poser ses doigts sur son magnifique piano. Les notes coulent comme une eau de source désaltérante, Perez improvisant des variations mélodiques autour des thèmes dont il s’écarte peu. Quelques passages sont un peu sucrés (Lazy afternoon ; l’intro de If I Forget You) et l’album un peu monochrome, le pianiste étant le seul soliste de ce beau disque accessible à un large public. Il accueille pour deux morceaux la voix de Cassandra Wilson, cette dernière magnifique dans (All of Sudden) My Heart Sings.
Meilleurs instrumentaux : Across the Crystal Sea, Rays and Shadows, The Purple Condor et The Saga of Rita Joe.

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 19:36

Septembre : après l’accalmie estivale, les disques poussent à nouveau comme des champignons. Sortez cueillir les bons dans les bacs des disquaires, une véritable jungle, une pléthore de prix verts, et écartez les indigestes de loin les plus nombreux. Les meilleurs méritent commentaires. Vous en trouverez dans Jazzman qui publie mes chroniques. D’autres, semaine après semaine, vous seront proposés ici, mais aussi des interviews, des comptes-rendus de concerts, le blog de Jazzman sur son site internet (www.jazzman.fr) accueillant également ces derniers. Prenez surtout le temps d’écouter soigneusement les CD qui paraissent, sortez! Le jazz se vit dans les clubs avant d’être gravé et de finir trop vite sur une étagère.

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 19:27

Ce premier album d’une jeune chanteuse Belge mérite toute votre attention. Sorti l’an passé en Belgique, il fut salué par une critique unanime et obtint la même année l’Octave de la Musique catégorie jazz. Une voix grave, sensuelle - on pense à Billie Holiday bien que le timbre soit quelque peu différent - chuchote des mélodies tendres, des textes mélancoliques, nous plonge dans de fascinantes ambiances nocturnes. Le disque bénéficie de compositions originales et d’arrangements inventifs. Piano acoustique et électrique (Pascal Mohy et Pascal Paulus, également responsables de la plupart des musiques), flûte ou saxophone confiés à Steve Houben, installent de mystérieux climats, brodent d’étonnantes variations sonores. Les tempos sont lents et la voix hypnotise, les plages les plus longues attachant davantage. Les Parisiens n’oublieront pas d’aller l’écouter au Sunset le 23 septembre.
Meilleurs morceaux : A Stomach is Burning, My Man’s Gone Now, Let Me Love You, Convictions.

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