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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 11:30

Batteur émérite et incontournable dans le paysage du jazz, André Ceccarelli rend hommage à Claude Nougaro qu’il a souvent accompagné en reprenant son répertoire. Son trio comprend Diego Imbert à la contrebasse et Pierre-Alain Goualch au piano. Ce dernier surprend par les belles couleurs qu’il tire de son piano, l’élégance de voicings toujours chantants. La contrebasse tient souvent un rôle mélodique, et le batteur nous régale par son drive fin et puissant, par son tempo toujours musical, des rythmes souples qu’il fait parfaitement respirer. On goûtera les harmonies aériennes de Dansez sur moi, Cécile, Tu verras (adaptation de O Que Será, beau thème de Chico Buarque qui le chante en duo avec Milton Nascimento dans “Geraes“, un album, de ce dernier). Dans Je suis sous, Goualch introduit volontairement de nombreuses dissonances pour évoquer l’ivresse. L’arrangement de Nougayork, conserve la modernité initiale du morceau, le Fender Rhodes lui donnant d’autres timbres. L’instrument reste toutefois difficile à personnaliser. L’Américain Kevin Hays est un des très rares pianistes à en tirer un son original et Goualch s’en tire plus qu’honorablement. Dans plusieurs plages, le trio se pousse un peu et laisse chanter David Linx qui fait merveille ici. Avec lui, Il faut tourner la page, The Meeting Place of Water (une version anglaise d’Eau douce dont Aldo Romano a composé la musique) et Mademoiselle Maman acquièrent une vraie plénitude poétique. Chanteur très complet, Linx démontre sa grande technique du scat dans Une petite fille en pleurs et dans une très jolie reprise de Tendre, une composition de Toots Thielemans. Le DVD qui accompagne le CD audio est moins passionnant avec un solo de batterie de plus de treize minutes, brillant mais un peu long, donné dans le cadre d’une master class non chapitrée. Pas pratique pour retrouver les duos de Dédé avec Rémi Vignolo à la contrebasse, neuf minutes de bonheur à ne pas manquer.


André Ceccarelli, David Linx, Pierre-Alain Goualch et Diego Imbert donnent deux concerts ce jeudi 10 octobre (20h & 22h) au Duc des Lombards pour fêter la sortie de leur disque. 

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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 15:44

 Disco-Dingo.jpgUne pluie de disques jusqu’en novembre. Personne ne s’en plaindra. Reste à en espérer de bons, ceux qui possèdent quelque chose de plus que les autres, ne font pas entendre que de la technique. La liste que je vous communique est bien sûr partiale et incomplète. Certains attachés de presse oublient d’envoyer leurs informations. D’autres ne sont peut-être pas encore rentrés de vacances. Je fais volontairement silence sur les rééditions illégales des labels pirates. Dommage que les majors les laissent allégrement piller des catalogues qu’ils n’exploitent pas eux-mêmes. Enfin, bonne lecture.

 

 DEJA PARUS

-Dans son nouvel album “Double Booked“ (Blue Note/EMI), le pianiste Robert Glasper joue du hip-hop avec le Robert Glasper Experiment et du jazz acoustique en trio.

 

-Un nouveau quintette pour Joe Lovano  dans “Folk Art“, une nouveauté Blue Note.

 

-“N.Y. Project“ le nouvel opus de Raphaël Imbert sur Zig Zag Territoires fait entendre le saxophoniste en trio avec Joe Martin à la contrebasse et Gerald Cleaver à la batterie. 

 

 -“Big Band Emergence“ (Verve/Universal) de Roy Hargrove est le premier enregistrement du trompettiste en grand orchestre. Arrangements de Roy Hargrove, Chucho Valdes, Frank Lacy, Gerald Clayton. La chanteuse Roberta Gambarini participe à deux morceaux.

-Premier disque en trio pour Bee Jazz du pianiste hollandais Edwin Berg avec Eric Surmenian à la contrebasse et Frédéric Jeanne à la batterie. Son nom : “Perpetuum“.

 

-“Le Coq et la pendule“ (Plus Loin Music), hommage à Claude Nougaro réunit André Ceccarelli, Diego Imbert, Pierre-Alain Goualch et David Linx. 


-(“Dedicated to You“), le nouveau disque de Kurt Elling pour Concord a été enregistré Live au Lincoln Center de New York avec le saxophoniste Ernie Watts.

 

-Le saxophoniste Joe Lovano et Brian Blade à la batterie entourent le contrebassiste John Patitucci dans “Remembrance“, son nouvel opus pour (Concord/Universal).

 

-“Plastic Temptation“ est le titre du nouvel enregistrement de l’Uri Caine Bedrock Trio sur Winter & Winter.

 

-Réédition en coffret (4 CD) des  trois albums ECM du duo Chick Corea/Gary Burton : “Crystal Silence“, “Duet“ et “In Concert, Zürich, October 28, 1973“.


-Edité sur le label italien Jazzeyes, “You’ve Got a Friend“, le nouvel opus du pianiste Kevin Hays avec Doug Weiss à la contrebasse et Bill Stewart à la batterie est disponible en import dans certaines FNAC de la capitale.

 

- Tout comme les nouveaux disques de Fred Hersch (“Live at Jazz Standard“ avec son Pocket Orchestra dont fait partie le trompettiste Ralph Alessi) et du John Hollenbeck Large Ensemble (“Eternal Interlude“), des disques édités par le label Sunnyside que devrait prochainement commercialiser Naïve.


-Le nouveau disque du René Urtreger Quintet, avec Nicolas Folmer à la trompette, Hervé Meschinet au saxophone alto et à la flûte, Mauro Gargano à la contrebasse, Eric Dervieu à la batterie et René au piano, est disponible chez Carlyne Music au prix de 13€ (frais d’expédition sur l’Europe inclus). Envoi sous 48 heures dès réception de cette somme. Le commander à Jeanne de Mirbeck, La Prairie, 92410 Ville d’Avray. jdemirbeck@numericable.fr Hâtez-vous, mille exemplaires seulement de ce collector ont été fabriqués.


LES SORTIES DE SEPTEMBRE

-Attendu le 7 septembre : “The Monterey Quartet : Live at the 2007 Jazz Festival“ (MJF Records/Universal) réunit Chris Potter, Gonzalo Rubalcaba, Dave Holland et Eric Harland. - “Choices“ le premier disque de Terence Blanchard sur le label Concord, doit sortir le même jour.

 

-Pas vraiment de titre pour le nouveau CD d’Eric Le Lann enregistré en quartette à New York avec David Kikoski, Douglas Weiss et Al Foster. Sortie le 10 sur Plus Loin Music.


-“Sylvain Luc Standards“ (Dreyfus Jazz), double CD en solo du guitariste (qui joue plusieurs instruments en re-recording), sera en vente le 14. - “Dresden“, double CD ECM du Jan Garbarek Group, un enregistrement en public avec Rainer Brüninghaus aux claviers, Yuri Daniel à la basse électrique et Manu Katché à la batterie, sort aussi le 14. 




-ECM annonce la parution le 21 de “Stone in the Water“, opus en trio du pianiste Stefano Bollani avec Jesper Bodilsen à la contrebasse et Morten Lund à la batterie, des musiciens danois avec lesquels il joue depuis six ans. 



-Le nouvel album du duo Gary Peacock/Marc Copland, “Insight“ sort le 24 septembre sur Pirouet/Abeille Musique.

 

- Le même jour paraît sur ACT “Historicity“, premier disque entièrement en trio du pianiste Vijay Iyer avec Marcus Gilmore et Stephan Crump, ses musiciens habituels.  

 

-“Solo Session, Vol 1“, premier album solo du guitariste brésilien Nelson Veras sur Bee Jazz sort aussi le 24. De même qu’“A l’ombre du saule pleureur“ (Such Prod) du Diego Imbert Quartet et “Bleu“ (Zig Zag Territoires) du batteur Thomas Grimmonprez avec Jérémie Ternoy au Fender Rhodes et Christophe Hache à la contrebasse, deux disques distribués par Harmonia Mundi .

 

- “Open Gate“ le nouveau disque d’Emmanuel Bex en trio avec Francesco Bearzatti et Simon Goubert sur Plus Loin Music, et “Paris Concert“, disque solo de Richard Galliano pour Camjazz enregistré en mars au théâtre du Châtelet, sont aussi attendus le 24.


EN OCTOBRE

-"Wait Till you See Her", nouveau disque du guitariste John Abercrombie sur ECM avec Mark Feldman au violon, Thomas Morgan à la contrebasse et Joey Baron à la batterie, doit paraître le 5 octobre. Tout comme "Testament" de Keith Jarrett, trois CD ECM qui rassemblent des concerts en solo de novembre et décembre 2008 (Londres et Paris).


-Sur “Free for DAG“ (Cristal Records/Harmonia Mundi), la pianiste Sophia Domanich, le contrebassiste Jean-Jacques Avenel et le batteur Simon Goubert invitent le saxophoniste Dave Liebman. Mis en vente le 8 - A cette date, sort “Siren Song“, nouveau disque d’Elisabeth Kontomanou sur Plus Loin Music (dist. Harmonia Mundi) avec Laurent Courthaliac au piano, Thomas Bramerie à la contrebasse, Donald Kontomanou à la batterie et l’Orchestre National de Lorraine sous la direction de Jacques Mercier.  


-Parution le 12 de “Live Forms“ (Yolk/Anticraft) du Matthieu Donarier Trio avec Manu Codjia à la guitare et Joe Quitzke à la batterie.

 

-“Rising“ (Cristal Records/Abeille Musique) de Laurent Larcher sort le 15. Le contrebassiste a enregistré son disque avec le pianiste Mario Canonge et le batteur Tony Rabeson.

 

-Dreyfus Jazz met en vente le 19 “A Quiet Time“, nouvel opus en quartette du pianiste Ahmad Jamal.

 

-Intitulé “Stéréoscope“, le nouvel enregistrement en trio de Stephan Oliva avec Claude Tchamitchian et Jean-Pierre Jullian à la batterie sort sur le label La Buissonne le 22.  

 

- Toujours le 22, le Chant du Monde (distribution Harmonia Mundi) fait paraître “Latinidades, album en big band de Patrice Caratini, et sous le titre de “Seul au petit Opportun“ des enregistrements inédits du regretté pianiste Michel Graillier réalisés dans le club parisien en septembre et décembre 1996 et en mars et Juillet 1999. Un coffret de 6 CD ou une compilation des meilleurs titres sur 2 CD seront proposés à la vente.


- Le Chant du Monde commercialise le même jour la B.O. du film de Jean Achache “Un soir au club“ avec Elise Caron, Michel Benita et Antoine Hervé. Sortie du film fin novembre. -


-Un nouvel album de la chanteuse Gretchen Parlato le 26 sur ObliqSound. Son titre : “In a Dream“. Autour de la chanteuse, Lionel Loueke à la guitare, Aaron Parks au piano et une section rythmique.    

 

-“Think Free“ (Palmetto/Codaex) nouveau disque du Ben Allison Band comprenant Jenny Scheinman au violon, Shane Endsley de Kneebody à la trompette, Steve Cardenas à la guitare, Rudy Royston à la batterie et Ben Allison à la contrebasse doit paraître en France le 30.

 

-CAMJazz annonce la sortie, fin octobre, début novembre, de “Wandering“ enregistrement solo du pianiste Enrico Pieranunzi.

 

ET AUSSI…
Un nouveau disque de Tomasz Stanko le 2 novembre. “Dark Eyes“ réunit autour du trompettiste Alexi Tuomarila au piano, Jakob Bro à la guitare, Andres Christensen à la basse électrique et Olavi Louhivuori à la batterie. - Pas encore de date de sortie pour “Winter Fruits“ de Lauren Stillman (Pirouet/Abeille Musique). L’altiste y est accompagné par Nate Radley à la guitare, Gary Versace à l’orgue et Ted Poor à la batterie. - Pas non plus de date de sortie pour “Disfarmer“, le nouveau Bill Frisell sur Nonesuch, plus proche de la country music que du jazz avec une instrumentation réunissant guitares acoustiques et électriques, violon, pedal steel guitare, mandoline et contrebasse et des reprises de That’s Alright, Mama d’Arthur Crudup et de I Can’t Help It (If I’m Still in Love With You) d’Hank Williams. Certaines FNAC l’importent déjà.

 

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 10:04
SEPTEMBRE, les maisons de disques font leur rentrée, mettent en place leurs nouveautés chez les disquaires. Ceux qui restent. Il y a toujours pléthore de disques, mais il s’en vend de moins en moins. Une simple clé USB peut contenir des centaines de morceaux et les sites de téléchargement gratuits pullulent sur le net. Gratuite la musique ? Une génération entière n’a jamais fait la démarche d’acheter un disque et, à l’exemple de leur progéniture, de nombreux adultes téléchargent gratuitement la musique sur leurs ordinateurs. Comment fermer la boîte de Pandore de la gratuité sans s’attaquer aux fournisseurs d’accès illégaux ?  Avouons que la politique commerciale des majors est pour le moins incohérente. Leurs CD ne cessent de changer de prix ce qui, pour de nombreux mélomanes, leur enlève toute valeur réelle. 20€ les 4 CD, dans certains magasins avant l’été. La grande braderie ne fait que commencer !


Jazzman fusionne avec Jazz Magazine. J’en rejoint l’équipe. Après la quasi-disparition de Jazz Hot, la presse de jazz est mal en point. Dommage pour la musique que nous défendons. Elle ne s’en portera que plus mal. Faire aimer le jazz, l’expliquer à de jeunes mélomanes, l’informer, telle est la principale mission de ces journaux. Musique difficile, aux rythmes et aux harmonies complexes, le jazz n’est guère abordable sans des connaissances préalables. En 2009, le bop des années 40 pose encore de grandes difficultés d‘écoute pour des oreilles non averties. A l’heure où le jazz s’enseigne dans des écoles très officielles, ne faudrait-il pas lui trouver un public plus large, et pour se faire lui donner les moyens de le comprendre et l’apprécier ? Seule l’espérance resta au fond de la boîte qu’ouvrit jadis Pandore. Puisse-t-elle aider ce vœu à se réaliser.

 

LES CONCERTS DE SEPTEMBRE

- Dans le cadre du festival Jazz à la Villette, la Cité de la musique accueille ce soir (le 3) le Ron Carter Foursight plus One. Contrebasse, piano, batterie et percussions proposent une musique raffinée et intimiste. Mais cette vaste salle convient-elle à ce jazz de chambre ? Alain Jean-Marie et Mario Canonge assureront la première partie. Un duo de pianistes à ne pas manquer.


- Le 4, accompagnée par Eric Legnini au piano, Stéphane Belmondo au bugle et Dré Pallemaerts à la batterie, la chanteuse Yael Naim rend hommage à la grande Joni Mitchell à la Cité de la musique. Les amateurs de bonne guitare pourront écouter le même soir au Sunset le Trio Gitan de Christian Escoudé (avec les guitaristes David Reinhardt et Jean-Baptiste Laya). Toujours le 4, les fans de Manu Le Prince iront l'écouter en quintette au Petit Journal Montparnasse avec le grand Alain Jean-Marie. Egalement le 4, le pianiste Alexis Tcholakian joue en trio au Swan Bar. A vous de choisir

- Le 5, Christian Escoudé récidive au Sunset, mais en quartette avec Geraldine Laurent au saxophone alto, Benoît Sourisse à l’orgue et Anne Paceo à la batterie.


- Le 9, au Sunset, le batteur Laurent Robin présente un nouveau projet en trio avec deux pianistes, Vincent Laffont et Benjamin Moussay. Du jazz électro-acoustique à découvrir en avant-première.


- Au Duc des Lombards, le 10, André Ceccarelli, Pierre-Alain Goualch, Diego Imbert & David Linx fêtent la sortie de leur album “Le Coq et la Pendule“ (Plus Loin Music) consacré aux chansons de Claude Nougaro. Egalement le 10, mais aussi le 11 et le 13, Eric Legnini occupe le Sunside avec son trio (Mathias Allamane à la contrebasse et Franck Agulhon à la batterie). Le groupe reprend des grands classiques du hard bop et joue une musique funky et énergique qui passe très bien sur scène.

 

- Amateurs de piano, ne manquez pas Hank Jones (91 ans) et Jacky Terrasson, tous deux en solo le 11 à la Cité de la musique. Un concert événement !

 

- Le chanteur Freddie Cole, le jeune frère de Nat, est attendu en quartette les 12 et 13 septembre au Duc des Lombards. Une douce voix de velours, une légende ! Le 13, à la Grande Halle de la Villette, Ahmad Jamal et son groupe habituel rencontrent Yusef Lateef et Archie Shepp. Faisons leur confiance pour colorer l’univers orchestral d’un pianiste qui, au meilleur de sa forme, a donné un fantastique concert cet été à Marciac.

 

- Le 14 et le 15, Benny Golson retrouve le Duc des Lombards et le quintette de Pierre-Yves Sorin avec François Biensan à la trompette, Alain Jean-Marie au piano et John Betsch à la batterie.


-Egalement le 15, et jusqu’au 17, le trio Fly (Mark Turner, Larry Grenadier, Jeff Ballard) occupe à nouveau le Sunside. Frissons garantis ! Trop commercial, le dernier disque de Diana Krall n’est pas passionnant. Elle possède toutefois une grande habitude de la scène et se produit à l’Olympia du 15 au 17. On peut donc se laisser tenter. 

 

- Après plusieurs concerts donnés au Sunside fin juillet, Eric Le Lann remet la pression au Duc des Lombards le 16 et le 17, avec toujours David Kikoski au piano et Billy Hart à la batterie.

 

- Du 17 au 19, le groupe Palatino (Aldo Romano, Michel Benita, Glenn Ferris, Flavio Boltro) ressuscite au Sunset. Le dernier enregistrement du quartette date de 2001. Paolo Fresu en était le trompettiste. Vous aimez le piano stride ? Louis Mazetier, son plus grand spécialiste, mais aussi Ahmet Gulbay et Philippe Souplet, tous pianistes, vous attendent au Duc des Lombards le 18.

 

- L’association Paris Jazz Club organise le 22 la nuit du jazz turc (une seule entrée payante pour quatre clubs). Si la prestation en trio du pianiste Murat Öztürk interpelle (excellent pianiste, il est programmé au Duc), on ne manquera pas Aydin Esen également en trio au Sunside. Le vainqueur de la première édition du Concours International de piano jazz Martial Solal (1989) nous rend rarement visite. Il reste l’auteur d’un disque fascinant chez Columbia, “Anadolu“, un enregistrement new-yorkais de 1992 dans lequel son piano répond à la trompette de Jon Faddis, au trombone de Dave Bargeron, au saxophone ténor de Bob Mintzer, au soprano de Dave Liebman, à la contrebasse de Dave Holland et à la batterie de Peter Erskine. Le pianiste a enregistré d’autres albums. Le plus récent que je possède, "Living", date de 2001. Miroslav Vitous y tient la contrebasse et Vinnie Colaiuta la batterie. Aydin Esen joue aussi des claviers électriques et des synthétiseurs, possède son propre univers musical et ne manquera pas de nous surprendre.

 

- Le 23 et le 24, le Jean ToussaintSangoma Everett Quartet s’installe au Duc des Lombards. Le premier fut le ténor des Jazz Messengers de 1982 à 1987. Le second a joué de la batterie avec Dizzy Gillespie, Johnny Griffin et bien d’autres. Kirk Lightsey au piano et Riccardo Del Fra à la contrebasse complètent le groupe. Egalement le 24, mais au Sunside, le pianiste Laurent Coq présente les musiques de son dernier album “Eight Fragments of Summer“ avec un quartette d’excellents musiciens : Olivier Zanot à l’alto, Yoni Zelnik à la contrebasse et Donald Kontomanou à la batterie.

 

- Le nouveau sextette de Sylvain Beuf réunit Denis Leloup au trombone, Pierrick Pedron au saxophone alto, Jean-Yves Jung au piano, Manuel Marches à la contrebasse et Franck Agulhon à la batterie. Nul doute qu’avec avec une telle équipe, le 25, Sylvain Beuf au ténor ne soulève le Sunside.

 - Dans la même salle le 26, avec Dave Ballou à la trompette, Wibert de Joode à la contrebasse et Tom Rainey à la batterie, le trompettiste Herb Robertson joue ses compositions recherchées et aventureuses.

 

- On dit grand bien du saxophoniste ténor Ohad Talmor, un fidèle de Lee Konitz avec lequel il dirige un nonet. Il sera au Sunside le 30. Le même soir, à l’occasion de la sortie de “Perpetuum“, son premier disque sur Bee Jazz, le pianiste hollandais Edwin Berg donne un concert au Duc des Lombards avec Eric Surmenian à la contrebasse et Fred Jeanne à la batterie, tous deux présents sur ce nouvel opus. Toujours le 30, le quartette du contrebassiste Diego Imbert ( David El-Malek, Alexandre Tassel et Franck Agulhon) se produit au New Morning avec de nouvelles compositions et un nouvel album.


Festival Jazz à la Villette (Cité de la musique, Grande Halle) : http://www.jazzalavillette.com

Sunset – Sunside : http://www.sunset-sunside.com

Le Petit Journal Montparnasse : http://www.petitjournal-montparnasse.com

Le Swan Bar: http://www.swanbar.fr

Le Duc des Lombards : http://www.ducdeslombards.com

Olympia : http://www.olympiahall.com

New Morning : http://www.newmorning.com

 

Ce week-end dans le blogdechoc, les disques de la rentrée. Merci de suivre le blogueur de Choc.

Crédits photographiques: Christian Escoudé, Ahmad Jamal, Glenn Ferris © Pierre de Chocqueuse - Fly © Robert Lewis ECM - Aydin Esen © Erich Reismann - Jean Toussaint © Philippe Etheldrède - The Edwin Berg Trio © Jean-Claude Francolon - Eric Legnini, Hank Jones , photos X/DR.
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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 09:07
Le blogueur botte en touche et vous donne rendez-vous en septembre. Bonnes vacances à tous et à toutes.

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 11:50
Paris au mois d’août. Le piano fait la fête au Sunside. Seize pianistes se relayeront sur ce noble instrument, chacun d’eux avec son style et ses tics pianistiques. Certains sont des boppers convaincus ; d’autres pratiquent un piano modal ou mélangent hardiment les spécificités harmoniques du bop à des recherches modales sur la couleur sonore, variations sur un ou deux accords qui apportent une grande liberté au soliste.

Nos pianistes s’exprimeront en trio ou en quartette. Des Jam Sessions sont prévues certains soirs. En quartette, piano et saxophone se partageront des chorus que l’on espère créatifs et plein de surprises. Alain Jean-Marie convie ainsi successivement Alexandra Grimal (le 10), Sylvain Beuf (le 11) et Guillaume Naturel (le 12) à répondre à son piano. S’il choisit la formule du trio, le pianiste n’est pas non plus seul à conduire l’improvisation. La contrebasse ne tient pas qu’un rôle rythmique, elle s’affirme comme une véritable voix mélodique.

Deux musiciens dominent cette programmation. Non qu’ils soient meilleurs que leurs collègues, mais ils recueillent tous les suffrages. On ne présente plus Enrico Pieranunzi, auteur d’une discographie aussi abondante que passionnante, l’un des plus grands pianistes transalpins, voire européens, un maître aussi à l’aise dans Scarlatti que dans le jazz et qui, les 3 et 4 août, portera le bel été au Sunside. Avec son trio « américain » - Matt Brewer à la contrebasse et Gerald Cleaver à la batterie - , Yaron Herman affole le monde du jazz par ses improvisations marathoniennes, véritables feux d’artifice de notes transformant les nuits en jours. Pas moins de quatre dates (du 13 au 16) lui sont réservées.

Seize pianistes donc pour une pluie de notes lumineuses, des variations rythmiques aussi subtiles qu’inattendues. On consultera le site du club pour ne manquer personne.

Loin de Paris en août, le blogueur de Choc ne pourra pas vous rendre compte des prestations de Pierre Christophe (le 1er), Jobic Le Masson (le 5), Antonio Faraò (les 17 et 18), Vincent Bourgeyx (le 24), ou d’Alexandre Saada (le 30) qui consacre son programme à Herbie Hancock. Bons concerts aux heureux possesseurs de billets et bonnes vacances à tous les autres.
Pianissimo, du 1er au 30 août au Sunside, 60 rue des Lombards 75001 Paris. http://www.sunset-sunside.com/


Photos © Pierre de Chocqueuse
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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 09:33

VENDREDI 17 juillet
Nicolas Folmer invite Bob Mintzer à rejoindre les musiciens de son quartette au Duc des Lombards. Au piano, Antonio Faraò ; à la contrebasse, Jérôme Regard ; à la batterie, Benjamin Henocq. Le saxophoniste se produisit à deux reprises avec le Paris Jazz Big Band en 2007 et découvrit alors une formation exceptionnelle animée par Nicolas et le saxophoniste Pierre Bertrand. Trompettiste émérite, Nicolas est aussi un excellent arrangeur qui soigne la forme de ses compositions, leur apporte des couleurs et les met en valeur. Au Duc, il enregistre live son prochain disque et nous fait découvrir de nouveaux morceaux. Cinq d’entre eux apparaîtront sur “Out off the Beaten Tracks“, titre du futur album. Le second concert (je n’étais pas au premier) frôla la perfection. La musique, du bop moderne, offrit de nombreux moments de grande virtuosité. Thèmes souvent exposés à l’unisson par les deux souffleurs, chorus acrobatiques portés par une section rythmique solide, Jérôme Regard et Benjamin Henocq la trempant dans un swing de tous les instants. Le groupe nous gratifia de ballades superbes, Mintzer, ravi de jouer ce répertoire, nous comblant de chorus lyriques peuplés de notes bleues.

MERCREDI 22 juillet
La fête au Duc avec une vraie légende du jazz, Harold Mabern, que l’on n’a pas vu sur une scène parisienne depuis plus de quinze ans. Né en 1936, le pianiste en a soixante-neuf. Influencé par Phineas Newborn à qui il dédie Blues for Phineas, une de ses compositions, Harold joue un bop puissant et mélodique et lui donne beaucoup de rythme. Sa main gauche percussive et puissante sert une droite qui arpège, plaque de nombreuses notes perlées. Mabern ne dédaigne pas les improvisations en accords et tire une grande dynamique de l’instrument . « Ce Mabern est un meuble », entends-je dire mon voisin. Il ne croit pas si bien dire : le pianiste est un roc qui résiste à toutes les attaques de ses partenaires, en particulier Eric Alexander qui croise le fer avec lui et le pousse à se surpasser. Harold Mabern reste bien le patron et conduit le bal. Il contraint Alexander à jouer son meilleur saxophone, à tenir de longs chorus de ténor qu’il construit avec finesse et à-propos, sa sonorité un tantinet nasillarde évoquant un alto, Darryl Hall à la contrebasse et Joe Farnsworth à la batterie, tous deux excellents, arbitrant cette rencontre au sommet.

JEUDI 23 juillet
C'est au tour de Nicolas Folmer de rejoindre au Duc le groupe de Bob Mintzer. Pour deux concerts enregistrés, Nicolas souhaitant inclure deux morceaux  dans son disque. A la tête de son groupe, le saxophoniste reprit donc plusieurs compositions de Nicolas – Fun Blues, Iona, Le Château de Guillaumes – , ses musiciens leur apportant une couleur, une dynamique particulière, le bop restant à l’honneur dans ce répertoire de compositions originales. Phil Markowitz ne le joue pas comme les autres. Il y a du Monk chez ce pianiste qui assure des contrepoints délicats, prend son temps pour remplir ses chorus d’harmonies aussi poétiques que singulières, petites phrases entrecoupées de silences aussi heureux qu’inattendus. Dès le second morceau du second set, le groupe tournait comme un moteur de Ferrari sur un circuit de Formule 1, installait une quasi-perfection au cœur de sa musique. Contrebasse (Jay Anderson) et batterie (John Riley) la rythmaient fiévreusement, le batteur faisant preuve d’une grande finesse dans les ballades. Sur tempo rapide, Folmer et Mintzer nous offrirent des chorus époustouflants de technique et de musicalité. Le groupe joua un thème de Markowitz, l’acrobatique M.D.A. bien trempé dans le bop, et reprit le célèbre I Got Rhythm de George Gershwin, le pianiste nous régalant d’improvisations débordantes de notes étranges et colorées.

Photos © Pierre de Chocqueuse

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 09:21
LUNDI 20 juillet
Live at Belleville“, l’album ECM le plus récent d’Arild Andersen, reste la grande surprise de l’an dernier. La presse fut unanime à saluer le premier disque d’un trio exceptionnel et le contrebassiste se vit remettre en janvier par l’Académie du Jazz, à Paris, dans le Grand Foyer du Théâtre du Châtelet, le Prix du Musicien Européen 2008. Le trio n’est pourtant guère programmé dans les festivals de l’été. On lui préfère des grandes stars dont on paye à prix d’or les médiocres prestations. Directeurs du festival Les Arènes du Jazz, Emmanuel Dechartre et Jean-François Foucault sont les seuls en France à avoir offert une date au trio. Dans un lieu un peu magique, les arènes de la butte Montmartre, un jardin suspendu au pied du Sacré-Coeur. Le temps s’y est arrêté quatre-vingt-dix minutes lundi dernier, à l’écoute d’une musique intense accordant une large place à la beauté. Le trio commença par la pièce maîtresse de son disque, Independency, une longue suite en quatre parties écrite en 2005 pour fêter le centième anniversaire de l’indépendance de la Norvège. Une composition introduite par une contrebasse saupoudrée d’effets électroniques, Arild Andersen ne dédaignant pas mettre une séquence mélodique ou rythmique en boucle afin de renforcer l’aspect onirique de sa musique. Tommy Smith s’empare alors du thème et souffle des notes brûlantes pour embraser le ciel. Son saxophone ténor grogne, éructe avec puissance. Apaisé, il devient tendre et lyrique, rejoint par une contrebasse mélodique maniée par des doigts agiles. Chaque corde sonne comme le grondement de la montagne et sert des mélodies issues du folklore scandinave. Car si le vocabulaire harmonique est celui du jazz, Arild Andersen le mêle à sa propre culture. Il reprend Prelude to a Kiss de Duke Ellington, Outhouse est construit sur les structures du bop, mais les paysages qu’il évoque sont ceux des aurores boréales, des jours qui ne veulent pas mourir. Le saxophone de Tommy Smith est la corne de brume des grands pays vikings. Né en Italie, mais vivant en Norvège depuis trente ans, Paolo Vinaccia ressemble à l’un d’eux. Il joue de la batterie comme un percussionniste et peut tout aussi bien caresser les peaux de ses tambours que les marteler vigoureusement. Sa complicité avec le contrebassiste est manifeste sur tempo rapide. Tommy Smith peut ainsi nous plonger à loisir dans un jeu fiévreux et énergique. Jouée en rappel, Dreamhorse, une ritournelle chantante et pleine de charme, la dernière pièce de l’album, donna lieu à une suite d’échanges splendides entre le ténor et la contrebasse, les deux instruments rivalisant de lyrisme sous l’arbitrage d’un batteur attentif au chant de ses rythmes. Photos © Pierre de Chocqueuse


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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 08:44
LUNDI 13 juillet
Kenny Werner se fait rare à Paris. Il y a deux ans, le 6 avril 2007, le pianiste était au New Morning avec un autre trio. Il venait de publier “Lawn Chair Society“, album aux couleurs et aux musiques surprenantes dans lequel les arrangements tiennent une place importante. Il contient une nouvelle version de Uncovered Heart précédemment sur l’album du même nom et une belle adaptation de Kothbiro, thème du film “The Constant Gardener“. Kenny Werner offrit l’autre soir au public du Sunside un programme essentiellement constitué de standards. Il  fonctionna si bien que l’on pouvait croire Mauro Gargano et Rémi Vignolo avec lui depuis de longues années. Ils n’avaient pourtant répété que l’après-midi même. Le jazz permet à des musiciens qui n’ont jamais travaillé ensemble de générer des improvisations neuves et excitantes, de donner des concerts inoubliables. Celui du Sunside fut l’un d’eux. La contrebasse chantante et joliment mélodique de Mauro, le jeu de balais raffiné de Rémi inspirèrent au pianiste des pages délicates, un jeu souvent lyrique, des improvisations inattendues. Kenny aime les notes perlées et en place beaucoup à la fin de With A Song in my Heart, un thème qu’il affectionne. S’il égraine parfois des chapelets de notes, il choisit les plus tendres, se plaît à assembler de riches harmonies, à faire sonner son piano avec élégance, sa grande technique lui permettant de varier son jeu pour mieux nous éblouir. L’étendu de son vocabulaire harmonique trahit sa culture classique. Il mêle des harmonies européennes à des lignes de blues, le pianiste romantique tendant la main au bopper fiévreux. If I Should Loose You fut une pluie de notes bleues. All The Things Are You, une pièce « à la Monk » et clin d’œil au célèbre All The Things You Are, lui permit d’accorder de longs chorus à ses musiciens. Une magnifique version de Soul Eyes dédiée à John Betch présent dans la salle fut longuement applaudie. Célébrant John Coltrane, Kenny reprit avec brio 26-2, une des compositions Atlantic du saxophoniste et dans Ballad for Trane, un de ses morceaux, adopta un jeu sensuel en totale osmose avec ses musiciens. C’est d’ailleurs en trio (contrebasse et batterie) qu’il a enregistré ses plus beaux albums : “Introducing the Trio“ et “Press Enter“ avec Ratzo Harris et Tom Rainey pour Sunnyside ; “A Delicate Balance“ avec Dave Holland et Jack DeJohnette pour BMG ; “Beat Degeneration“ avec Johannes Weidenmueller et Ari Hoenig pour Night Bird Music, un disque enregistré en novembre 2000 dans ce même Sunside. Producteur des deux derniers disques que je viens de citer, Jean-Jacques Pussiau était là lui aussi avec Claude Carrière, admirateur et ami de longue date de Kenny qui leur dédia un Blue in Green d’une délicatesse exquise. Il fallut attendre la fin de sa longue introduction en solo pour reconnaître le thème, la musique étant alors plus proche de la musique impressionniste que du jazz.
P.-S./ Je n’ai cité que des disques en trio. Il faut ajouter à cette discographie deux albums dans lequel le talent d’arrangeur du pianiste se manifeste, le superbe “Uncovered Heart“ publié par Sunnyside en 1990, et l’inoubliable “Beauty Secrets“ (BMG) produit neuf ans plus tard par l’irremplaçable Jean-Jacques Pussiau.
Photos © Pierre de Chocqueuse

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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 09:43
VENDREDI 10 juillet
Premier concert parisien pour Kneebody au Sunside. Installé à la terrasse du club, je vois arriver les membres du groupe et discute avec Kaveh Rastegar, le bassiste, un grand gaillard portant casquette. Excellent dessinateur, il a réalisé plusieurs affiches et illustré le livret du premier disque de Kneebody édité en 2005 sur Greenleaf Music, le label de Dave Douglas. Difficile de le trouver chez les disquaires parisiens. “Low Electrical Worker“ , le second opus officiel, date de 2007 et se déniche plus facilement. Kneebody est encore peu connu en France. La formation tourne davantage en Italie où ses concerts de janvier 2008 ont fait l’objet d’un enregistrement qui reflète l’énergie de ses prestations scéniques. On peut se procurer leurs disques sur leur site http://kneebody.com/. Les musiciens les vendent également entre les sets de leurs concerts. Tous ont été enregistrés et mixés par Nate Wood, le batteur. Le son des albums réalisés en studio est de meilleure qualité. Pas forcément la musique. Car sur scène, Kneebody allonge ses morceaux malgré des arrangements très écrits. Peu de monde pour assister à leur premier set, mais le groupe possède un son énorme, souvent saturé qui attire. Le Sunside sera presque plein en fin de soirée. Les journalistes manquent à l’appel. Dommage, car la musique d’une étonnante fraîcheur ne peut que séduire un public jeune et nombreux. Basse électrique et batterie tissent une toile rythmique très serrée. Shane Endsley à la trompette et Ben Wendel au saxophone ténor assurent les chorus. Adam Benjamin distord les notes cristallines de son Fender Rhodes, mais peut tout aussi bien colorier, dessiner des nappes sonores planantes et aérer la musique. Kneebody semble affirmer la primauté du rythme, mais aussi l’improvisation collective, le groupe développant une polyphonie dans laquelle l’expression individuelle est toujours au service d’un travail collectif d’une redoutable précision. Il constitue ainsi un groupe sans leader. Chaque musicien a une fonction précise, indispensable à la trame complexe de la musique. Mélange de rock, de jazz, cette dernière est toujours sous contrôle, même dans ses débordements les plus free. Kneebody joua quelques fameux titres de son répertoire : Blue, Yellow, White - The Politician - Victory Lap. Le troisième set, plus court, fut largement consacré à une reprise de Second Guest, long morceau de Shane Endsley que l’on trouve sur l’autoproduit “Kneebody Live Volume One“. La veille, le groupe jouait à Vienne avec Daedelus, inventeur d’une musique électro baroque et sophistiquée. Sa tournée européenne se poursuit en Italie et en Hollande. Kneebody mixe actuellement un nouvel album attendu en automne sur le label Winter & Winter. Son ascension ne fait que commencer.
Photos © Pierre de Chocqueuse
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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 09:19
VENDREDI 3 juillet
Fidèle au Duc des Lombards, René Urtreger retrouve le club parisien (après un concert remarqué en avril, et un autre, mémorable, en décembre 2008) pour fêter son anniversaire – il est né le 6 juillet 1934 – et enregistrer un nouvel album sous la direction artistique de la pétillante Jeanne de Mirbeck, sa sœur, qui produisit la plupart de ses disques. On ne change pas une équipe qui gagne et c’est avec la plupart des membres de son quintette habituel que le pianiste va jouer son meilleur piano. Convive inattendu, Mauro Gargano fait bien davantage qu’assurer à la contrebasse. Il en joue avec une vélocité phénoménale, sa virtuosité se faisant entendre dès le premier thème abordé, une version jubilatoire de Didi’s Bounce dans lequel il prend un chorus acrobatique. Avec une section rythmique qui fonctionne (Mauro s’entend fort bien avec l’irremplaçable Eric Dervieu, batteur au tempo aussi solide que subtil), les solistes peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes. Abordé en trio, If I Were a Bell généra ainsi un chorus de piano éblouissant car, en forme – ce qui est souvent le cas – René joue aujourd’hui mieux que jamais. Nicolas Folmer se surpassa dans Un Poco Loco et prit un très joli chorus dans Thème pour un ami, morceau écrit pour Raymond Le Sénéchal la nuit même de sa mort, chef d’orchestre, arrangeur, compositeur et grand ami de René. Au saxophone et à la flûte dont il est l’un de nos meilleurs spécialistes, le fidèle Hervé Meschinet apporte des couleurs superbes à ce jazz moderne bien trempé dans le bop. Flûte et trompette exposent à l’unisson Valsajane, une ballade pleine de tendresse portée haut par René et Nicolas, un thème pour Jeanne, instigatrice d’une soirée choc que je remercie ici.

MARDI 7 juillet
Mike Stern au Duc : l’air se charge d’invisibles particules électriques, se gonfle d’énergie. Une guitare basse vrombissante et une batterie explosive accompagnent une guitare brûlante qui sait entretenir une tension permanente. Blues, rock, bop, le jeu de Stern mêle plusieurs genres musicaux dans des chorus de feu dont il garde toujours le contrôle. Pour suivre et se faire entendre, Bob Franceschini s’époumone au saxophone, tord le cou à ses notes, son jeu agressif pouvant être sensuel lors de rares accalmies. Le groupe reprend quelques vieux morceaux. Porté par des chorus fiévreux, Avenue B (un extrait de “These Times“), une ballade teintée de reggae, évolue crescendo. Guitare et saxophone font monter la pression, la musique acquérant une puissance exceptionnelle. Confiée à Tom Kennedy, la basse électrique souvent virtuose s’offre d’importantes séquences mélodiques. Quant au batteur Dave Weckl, sa frappe puissante et lourde ne l’empêche nullement d’être mobile et d’une efficacité redoutable. Ce ne sont pas les thèmes pour la plupart construits sur des riffs qui séduisent ici, mais leur traitement sonore et les improvisations expansibles qu’ils génèrent. Mike Stern ne se perd jamais dans ses longs chorus hantés par le blues. Il joue sans cesse avec le timbre de sa guitare, lui donne des couleurs variées et son langage harmonique nous tient constamment en haleine.

MERCREDI 8 juillet
Le Duc des Lombards accueille ce mois-ci des musiciens importants dans le cadre de son Jazz Legends Festival. Fred Hersch est l’un d’entre eux. Occupé par son activité d’enseignant et ses nombreux projets discographiques – il compose abondamment et enregistre plusieurs albums par an - , le pianiste ne vient pas souvent à Paris. Séropositif depuis 1986, il se bat contre une terrible maladie et met les bouchées doubles pour mener à bien ses activités musicales, sa grande sensibilité s’exprimant dans un piano à l’approche harmonique subtile et raffinée. Ses doigts légers cisèlent des improvisations intimistes construites avec un grand souci de la forme. Très mobile, la main droite joue de petites notes perlées qu’elle caresse avec douceur,
esquisse des improvisations impressionnistes dans lesquelles Claude Debussy, Maurice Ravel, Gabriel Fauré sont parfois convoqués. Avec lui, deux musiciens exceptionnels que l’on souhaiterait écouter plus souvent. A la contrebasse, John Hébert, un familier du pianiste Russ Lossing, improvise constamment de savantes lignes mélodiques et instaure une conversation permanente avec le soliste. Avec Nasheet Waits, la batterie colore et tisse une toile rythmique souple et légère qui profite à la musique. Fred Hersch peaufine à l’extrême les standards qu’il reprend. The Wind de Russ Freeman, Moon and Sand d’Alec Wilder, When Your Lover Has Gone de Einar Aaron Swan, Boo Boo’s Birthday de Thelonious Monk, héritent d’une nouvelle approche harmonique, de variations inattendues. Mais Fred Hersch est aussi un compositeur très prolixe qui aime dédier ses thèmes à ses amis musiciens. Dans Sad Poet, écrit pour Antonio Carlos Jobim, il emploie les notes les plus aigues du clavier et, avec la contrebasse, installe un ostinato qui profite à la batterie. Nasheet Waits est également très présent dans The Phantom of the Bopera, une ancienne composition de Hersch écrite pour Joe Henderson dont il fut le pianiste. Whirl, une  pièce exquise et lumineuse dédiée à Suzanne Farrell, la muse de George Balanchine et le rappel, un court morceau en solo, véritable moment de grâce, demandent une totale disponibilité d’écoute pour en goûter toute la poésie. Photos © Pierre de Chocqueuse  
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