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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 12:15

Coucher-de-soleil-sur-capitale.jpgOctobre: Bernard, l’homme du jazz conceptuel, m’en veut de ne pas annoncer les concerts du nouveau groupe dont il s’occupe, le Tarzan et Jane Jungle Electo Jazz Band. Son Tarzan joue de la guitare électrique et des synthés numériques. Jane, la chanteuse, est muette. « Elle ne risque pas de chanter faux » ricane Bernard qui promet la sortie prochaine d’un premier album. Il rejoindra la pluie de disques qui se déverse chez les rares disquaires qui subsistent. On solde ainsi toute l’année. Les occasions abondent, le volume des retours impressionne. Quant au net, sa toile propose des millions de références à prix sacrifiés. La grande braderie est permanente et Jean-Paul en profite. Ne vient-il pas d’acquérir le coffret Mosaïc Select de Gerry Mulligan à moins de dix euros. Philippe Etheldrède en fait une crise de jalousie. Lors de sa prochaine émission sur FIP, le mardi 11, il invite Xavier Felgeyrolles, fondateur et directeur artistique de Jazz en Tête pour parler de son festival. Vous n’y trouverez pas les nouvelles stars pour malentendants lancés par une publicité tapageuse et dont les médias font largement écho. La bonne musique, il faut aller la chercher, la repérer dans les petits clubs, les piles de disques inutiles. Chaque rentrée réserve son lot de surprises. Il y a certes les valeurs sûres, les musiciens que vous suivez depuis longtemps et dont les œuvres répondent à l’attente de votre imaginaire. Plus excitants sont les disques inattendus qui transportent, donnent envie d’applaudir des deux mains. Je n’avais jamais entendu parler de Dress Code avant que son pianiste me fasse passer un lien pour écouter son album. Autre découverte, le CD que sort dans quelques semaines Michel El Malem, saxophoniste qui m’était complètement inconnu. Le pianiste en est Marc Copland. Il joue bien sûr un immense piano, mais ce n’est pas seulement grâce à lui que “Reflets” (Arts & Spectacles) est un enregistrement à marquer d’une pierre blanche. Les compositions, les arrangements, l’interaction entre les musiciens sont de tout premier ordre. La musique se vit là intensément ce qui la rend profondément attachante.

 

Godard, Monteverdi coverDans un registre très différent, on peut dire la même chose du nouvel enregistrement de Michel Godard effectué à l’Abbaye de Noirlac près de Bourges. Dans “Monteverdi, a trace of grace” (Carpe Diem), jazzmen et musiciens du baroque se tendent les mains pour célébrer celui qui pendant trente ans fut à Venise le maître de chapelle de Saint-Marc, charge prestigieuse et enviée entre toutes. Ce n'est pas du jazz, mais souvent en état de grâce, Guillemette Laurens (mezzo-soprano), Gavino Murgia (saxophone et chant), Fanny Paccoud (violon), Bruno Helstroffer (théorbe), Steve Swallow (basse électrique) et Michel Godard (serpent) nous offrent une musique très pure et très belle.

 

Antoine HervéQUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

 

-Reprise le lundi 3 à 20h00 de la leçon de Jazz d’Antoine Hervé à la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs, (auditorium St. Germain, 4 rue Félibien 75006 Paris). Ce mois-ci Oncle Antoine racontera et commentera au piano la belle histoire de Stéphane Grappelli et du swing manouche. Didier Lockwood l’aidera à traduire la magie de la musique de son illustre confrère, violoniste lyrique à la sonorité sensuelle et élégante qui fut jusqu’à sa mort un ambassadeur du jazz français.

 

Wyhiwyg--cover.jpg-“Wyhiwyg”, le disque autoproduit que le pianiste Michel Van Der Esch m’a fait parvenir donne envie d’en écouter les morceaux sur scène. Le Sunset l’accueille le 5 avec son trio (Olivier Rivaux à la contrebasse et David Pouradier Duteil à la batterie). Michel enseigna le rythme et le solfège à la Jazz School München” fut professeur de piano au conservatoire du 5ème arrondissement de Paris et dirigea une classe d’orchestre à l’E.N.S.M. d’Evry. S’il interprète ses compositions, il met surtout les standards à l’honneur dans un répertoire qui célèbre avec bonheur Thelonious Monk, Bud Powell, Stan Getz et Charles Mingus.

 

Sachal-Vasandani.jpg-Sachal Vasandani a un faux air de John Travolta dans  La fièvre du samedi soir. On l’a entendu chanter au Sunside en juillet 2008. Il possède une voix superbe de ténor léger et revient pour quatre concerts au Duc des Lombards les 7 et 8 octobre. Avec lui le pianiste Jeb Patton et le contrebassiste David Wong, des musiciens avec lesquels il travaille depuis dix ans. Le batteur Peter Van Nostrand complète la formation. Produit par John Clayton, “Hi-Fly” son enregistrement le plus récent pour Mack Avenue bénéficie de la trompette d’Ambrose Akinmusire. Sachal y invite également Jon Hendricks qu’il admire. Son répertoire très varié comprend des compositions personnelles, des standards et des thèmes empruntés à la pop, tel Lose is a Losing Game, un des grands tubes d’Amy Winehouse.

 

Harold-Lopez-Nussa.jpg-Le pianiste Harold López-Nussa au Duc des Lombards les 10 et 11 avec son trio habituel, Felipe Cabrera à la contrebasse et son frère, Ruy Adrián López-Nussa, à la batterie. Le concours de piano qu’il remporte à Montreux en 2005 le fait connaître du public français. Il lui permet d’enregistrer en solo “Sobre el Atelier” mais ce sont ses disques en trio qui confirment la maturité de ce jeune musicien : “Herencia” qui mêle compositions personnelles et standards, et “El Pais de Las Maravillas”, album aux harmonies travaillées, aux danses ensoleillées. Harold joue désormais un piano moins virtuose pour davantage exprimer ses sentiments.

 

Enrico-Pieranunzi.jpg-Enrico Pieranunzi au foyer du Théâtre du Châtelet le 12 (20h00). Au programme Bach, Scarlatti et Haendel dont les pièces se verront suivies ou précédées d’improvisations. Lors d’un séjour à Venise, Scarlatti s’était lié d’amitié avec Haendel. Comme le grand Jean-Sébastien Bach, ils étaient nés en 1685, d’où l’idée de les associer sur un album paru avant l’été sur Cam Jazz. Le maestro romain entretient depuis longtemps des rapports étroits avec la musique classique européenne. Son disque sur Scarlatti publié il y a trois ans fit sensation. Avant de se consacrer au jazz, il mena une carrière de concertiste dans sa jeunesse et enseigna le piano classique aux élèves du conservatoire de Frosinone. Les amateurs de musique baroque et de jazz ne manqueront pas ce rendez-vous.

 

Jacky-Terrasson.jpg-Jacky Terrasson au Duc des Lombards pour 8 concerts (20h00 et 22h00) du 12 au 15. Avec lui, le batteur Justin Faulkner, adepte d’un jeu polyrythmique complexe et efficace qui l’oblige souvent à tenir des tempos déraisonnables, à jouer un piano très physique. Burniss Earl Travis le contrebassiste nous est moins familier. Souvent associé à Justin Brown, le batteur du trio de Gerald Clayton, il fait partie de cette « hip hop generation » qui nourrit le jazz de rythmes asymétriques. Jackie a l’habitude de demander à ses batteurs et bassistes avec qui ils veulent jouer et ce n’est pas un hasard si Burniss rejoint aujourd’hui son trio. La scène apporte une autre dimension à sa musique. Ancrée dans le blues, dans le rythme, il n’oublie jamais de la faire respirer, de la rendre lyrique. Sa main gauche assure des basses puissantes. La dextre, légère, ornemente, couvre d’or les notes essentielles. Un vrai bonheur !

 

Sinne-Eeg.jpg-Sinne Eeg au Sunside le 13. On l’a entendue chanter en juin au Sunset. Sa voix très juste de mezzo-soprano se fait miel avec les mots qu’elle caresse et étire. La chanteuse danoise impressionne par la maîtrise de son scat, par l’émotion qu’elle place dans les ballades de son répertoire. Très capable de s’exprimer a cappella, elle laisse beaucoup improviser les musiciens qui l’accompagnent, Morten Toftgard Ramsbøl à la contrebasse, Morten Lund à la batterie et Jacob Christoffersen au piano. Ce dernier va pouvoir disposer d’un bien meilleur piano que celui du Sunset pour mettre de belles couleurs sur les musiques de la dame. Abritant grands standards et compositions qu’elle écrit elle-même (paroles et musiques), “Don’t Be So Blue”, son cinquième album, est une vraie réussite.

 

Benjamin-Sanz-5tet-c-Frederique-Plas.jpg-Benjamin Sanz : son nom ne me disait rien avant de recevoir son disque “Mutation majeure” que l’on pourrait croire enregistré dans les années 60. Pâte sonore épaisse et colorée, marquée par de fortes racines africaines, la musique séduit par son lyrisme, ses audaces habilement tempérées. Dans cette œuvre réellement collective, le batteur Benjamin Sanz cède volontiers la première place à ses collègues pour mieux insuffler la pulsion, cadrer souplement les tempos. Les deux souffleurs Rasul Siddik (trompette) et Boris Blanchet (saxophone ténor) s’entendent comme larrons en foire, mêlent et démêlent judicieusement les timbres de leurs instruments. Matthieu Jérôme au piano et Idriss Mlanao à la contrebasse complètent la formation qui s’offre des compositions originales d’une réjouissante fraîcheur. On les écoutera au Studio de l’Ermitage le 14.

 

Dress-Code.JPG-Autre découverte, celle de Dress Code qui fête la sortie de son album “Far Away” au Sunside le 17. Mis sur pied en 2006 à l’occasion d’une résidence à Coutances, le quintette réunit Olivier Lainey (trompette) Yacine Boulares (saxophones), Benjamin Rando (piano), Simon Tailleu (contrebasse) et Cédrick Bec (batterie). Originaires du sud de la France, Tailleu et Bec constituent la rythmique de l’excellent sextette du trompettiste Christophe Leloil. Les deux souffleurs se rencontrèrent en 2001 au festival de Marciac et ont l’habitude de travailler ensemble. Le piano élégant de Benjamin Rando assure le lien entre la rythmique et les solistes dont il s’intègre avec beaucoup d’aisance. Leurs compositions originales aux arrangements très soignés évoquent parfois la musique du second quintette de Miles Davis et recèlent de passionnants chorus.

 

Gilles-Naturel-b-c-G.-Naturel.jpg-Gilles Naturel au Sunside les 26 et 27. Après “Belleville” (2007) dans lequel il invite le saxophoniste Lenny Popkin, c’est à la tête d’un “Contrapuntic Jazz Band”  qu’il nous révèle ses dons d’arrangeur. Contrebassiste recherché, accompagnateur de Benny Golson qui signe les notes de livret de l’album, disponible sur le marché français depuis le 26 septembre, Gilles Naturel pratique avec bonheur la fugue et le contrepoint et signe un opus délicieusement « west coast ». Fabien Mary (trompette), Jerry Edwards (trombone), Bastien Stil (tuba), Guillaume Naturel (saxophone ténor) entrelacent leurs lignes mélodiques que rythme le drumming éclairé du batteur Nasheet Waits.

 

Roy-Haynes-c-Philippe-Etheldrede-3.jpg-On ne présente plus Roy Haynes, l’un des géants de la batterie, 85 ans en mars dernier et une vitalité presque intacte. S’il n’a aucun besoin de publicité pour remplir le Duc des Lombards qui l’accueille du 26 au 29, le groupe de jeunes musiciens qui l’accompagne mérite d’être cité. Baptisé non sans humour Fountain of Youth, il réunit Jaleel Shaw au saxophone alto, Martin Bejerano au piano et David Wong à la contrebasse, ce dernier par ailleurs membre de la formation de Sachal Vasandani. On les écoutera dans “Roy-Alty”, le nouveau disque du batteur qui invite Chick Corea, Roy Hargrove et Marcus Strickland, opus dédié à Francis Dreyfus disparu l’an dernier.

 

Diego-Imbert.jpg-Impressionnant le nouveau disque de Diego Imbert, le second que le contrebassiste enregistre avec David El-Malek au saxophone, Alexandre Tassel au bugle et Franck Agulhon à la batterie. On se précipitera au New Morning le 27 pour écouter live ces compositions très écrites et soignées sur le plan de la forme. La solide contrebasse mélodique du leader guide, structure et laisse les solistes prendre des risques. On pense à Dave Holland qui joue toujours les notes justes derrière ses musiciens. David El-Malek et Alexandre Tassel dialoguent, soufflent les thèmes à l’unisson, donnent des couleurs et du volume à la musique et parviennent à nous faire oublier l’absence d’un piano. Quant à Franck Agulhon, il transporte par une polyrythmie puissante et tempétueuse.

 

-Le Tourcoing Jazz Festival fête ses 25 ans. Le Stéphane Belmondo Quartet (également programmé au Duc des Lombards les 23 et 24), le Monty Alexander Trio, Stefano Di Battista, Youn Sun Nah et surtout Tourcoing Jazz Fest, affichel'immense Sonny Rollins (le 29 au Théâtre de Roubaix) comptent parmi les nombreux musiciens de cette manifestation attendue. Du 15 au 29 octobre. Renseignements: www.tourcoing-jazz-festival.com   

 

-Auditorium St Germain : www.mpaa.fr 

-Sunset - Sunside : www.sunset-sunside.com

-Duc des Lombards : www.ducdeslombards.com 

-Théâtre du Châtelet : www.chatelet-theatre.com

-Studio de l’Ermitage : www.studio-ermitage.com 

-New Morning : www.newmorning.com 

 

PHOTOS : Coucher de soleil sur la capitale, Antoine Hervé, Sachal Vasandani, Harold López-Nussa, Enrico Pieranunzi, Jacky Terrasson, Sinne Eeg, Diego Imbert © Pierre de Chocqueuse - Benjamin Sanz Quintet © Frédéric Plas - Dress Code © X/D.R. - Gilles Naturel © G. Naturel - Roy Haynes © Philippe Etheldrède. 

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 10:30

Cowbells-orchestra.jpgSeptembre : la rentrée pour les petits comme pour les grands. Depuis quelques années et s’il est parisien l’amateur de jazz l’effectue à la Villette. Hier abattoirs, aujourd’hui Cité de la Musique, on s’y perd un peu, comme ces vaches de bêtes qui s’apprêtent à offrir un concert de cloches dans le cadre d’un festival de jazz éclectique et pluriel dont la réputation ne cesse de grandir auprès d’un public hétéroclite qui écoute aussi bien du jazz que du rock, du hip hop que du reggae, du funk que du ska. Les frontières tombent entre les styles musicaux au bénéfice de nouveaux métissages pas toujours convaincants. Ce festival, Jean-Paul le trouve peu à son goût. Il préfère écouter Jazz à Fip avec Philippe Etheldrède le dimanche 4, du « vrai jazz » qui trouve grâce à ses yeux. La Villette, ce n’est pas pour lui malgré Tom Harrell et Roy Hargrove, musiciens dont il possède des disques. Pour ma part, Brad Melhdau me tente. Le pianiste donne deux concerts en solo qui me parlent davantage que les novateurs du hip-hop, des musiques improvisées, de la pop ou du funk que propose un festival qui, dans sa volonté louable de mélanger les genres, restreint la place accordée au jazz. La rentrée donc, avec son flot de disques manquant singulièrement de feeling et d’originalité, mais aussi son lot de bonnes surprises et de découvertes, de nouveaux talents se révélant chaque année. Les Trophées du Sunside qui fêtent leur dixième édition permettent d’en repérer quelques-uns. Du 5 au 7 septembre, neuf formations seront en compétition, trois par soirée. L’entrée est gratuite. Montrez-vous donc curieux.

 

QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

 

Prysm-au-Sunside.jpg-Prysm avec Pierre de Bethmann les 1er et 2 septembre au Sunside. Mis en sommeil en 2001, peu après l’enregistrement de son quatrième album, Prysm s’est reformé en 2009 pour des concerts à l’opéra de Lyon auxquels participèrent Rosario Giuliani au saxophone alto, et le guitariste Manu Codjia, concerts qui firent l’objet d’un cinquième disque publié en mars dernier,“Five” (Plus loin Music). Codjia s’ajoutera au trio le 2. La veille, Prysm se fera également quartette avec Stéphane Guillaume aux saxophones. Est-il besoin de préciser que Pierre de Bethmann assure les claviers (piano et Fender Rhodes) et que Christophe Wallemme (contrebasse) et Benjamin Henocq (batterie) complètent la formation depuis sa création ? De belles soirées en perspective.

 

S.-Kerecki-band---T.-Malaby.jpg-Stéphane Kerecki et les membres de son trio retrouvent Tony Malaby au Sunset le 2. “Houria”, le disque qu’ils ont enregistré ensemble, accorde une large place à l’improvisation collective, propose un langage incantatoire et instinctif intensément spirituel. Le groupe joue de nombreuses ballades, peaufine de délicates miniatures, mais aussi des morceaux fiévreux et intenses. Par ses lignes de contrebasse, Kerecki assoit le tempo, balise la musique pour ses partenaires. Malaby grogne et rugit, dialogue avec Matthieu Donarier également aux saxophones, leurs notes libres et sauvages trempant dans le lyrisme. Quant à Thomas Grimmonprez, il tisse une habile toile percussive, martèle ses tambours de guerre et rythme leurs danses joyeuses et primitives.

 

Chuck-Israels-a.jpg-Chuck Israels au Sunside le 3 pour un « Tribute to Bill Evans ». Pendant un peu plus de trois ans, Chuck fut le contrebassiste de son trio, succédant au grand Scott LaFaro disparu à l’âge de vingt-cinq ans dans un accident de la route. S’il possède un jeu moins technique et plus économe que ce dernier, il le compense par sa grande capacité à coller et sentir la musique. Musicien au swing solide et souple, au phrasé élégant, il se plaît à improviser de belles lignes mélodiques. Très demandé comme bassiste, il joua avec George Russell, Cecil Taylor, Eric Dolphy, Stan Getz, Jay Jay Johnson et Gary Burton avant de se consacrer à la composition et à l’enseignement. En 1959 à Paris, il accompagna Bud Powell, souvent au Chat Qui Pêche. Il retrouve la capitale au sein d’un trio comprenant Kirk Lightsey au piano et Karl Jannuska à la batterie. Ses apparitions sont rares. On ne manquera pas ce concert événement.

 

Aldo-Romano.jpg-Si vous êtes libre l'après-midi du dimanche 4, ne manquez pas Aldo Romano et son « Tribute to Don Cherry » à la Cité de la Musique (16h30), dans le cadre du festival Jazz à la Villette. Avec Fabrizio Bosso à la trompette, Géraldine Laurent au saxophone alto et Henri Texier à la contrebasse, le batteur interprète des compositions du cornettiste et de larges extraits de “Complete Communion”, des ritournelles simples et chantantes qui n’ont pas pris de rides, un disque Blue Note que Don signa en 1965. Avec son groupe, Aldo reprend aussi des morceaux d’Ornette Coleman, grand pourvoyeur de thèmes, en donne des relectures personnelles tout en parvenant à conserver l’esprit Jeff-Ballard-c-Lourdes-Delgado.jpgdes originaux. On peut les découvrir dans “Complete Communion to Don Cherry” album publié l’an dernier sur Dreyfus Jazz.

Le guitariste Lionel Loueke, le saxophoniste Miguel Zenón et Jeff Ballard le batteur de Fly et de Brad Mehldau (en photo), assureront la première partie. Le trio « ose relire Monk, le folklore iranien ou même Stevie Wonder » annonce le communiqué de presse. Nous irons vérifier sur place.

 

malia-Malia en quartette au Duc des Lombards les 6, 7 et 8 avec Alexandre Saada au piano, Jean-Daniel Botta à la contrebasse et Laurent Seriès à la batterie. Originaire du Malawi, de père anglais, la chanteuse a découvert le jazz avec Billie Holiday. Enregistré en 2002, entre jazz et soul, “Yellow Daffodils” son premier album la fait remarquer. Suivent “Echoes of Dreams” en 2004 et “Young Bones” en 2007. Laurent de Wilde l’admire et la fait chanter If I Could, un des titres de son album “Stories”. Au Duc, elle présentera son nouveau projet, un hommage à Nina Simone.

 

-Trois trompettistes sur une même scène, celle de la Grande Halle de la Villette le 8. Une initiative de l’un d’entre eux, Stéphane Belmondo, qui aime les S. Belmondo arencontres, les joutes musicales amicales. Tom Harrell et Roy Hargrove sont donc invités à pousser leurs tutti, à innover, émerveiller. Chacun possède son propre style. Harrell sculpte avec ses lèvres des phrases swinguantes et ciselées. Hargrove trempe son instrument dans le funk, le groove épousant son jeu comme une seconde peau. Mélodiste inspiré, Stéphane préfère le bugle à la trompette. La sonorité en est plus douce, plus suave. La section rythmique qui accompagne notre trio de souffleurs est celle de son dernier album Verve, “The Same as It Never Was Before”. Kirk Lightsey au piano (et à la flûte dans l’intro d’Habiba), Sylvain Romano et Billy Hart donnent une véritable épaisseur sonore à la musique, un post-bop moderne trempé dans un grand bain de blues.

 

Brad Mehldau-1 © Ph. Etheldrède-Brad Mehldau en solo pour deux concerts à la Cité de la Musique le 9 et le 10, deux des temps forts de Jazz à la Villette. Le pianiste possède une réelle stature et aime prendre des risques. L’exercice périlleux du solo lui en offre. Parfois, la belle mécanique de son jeu se dérègle et les improvisations ambitieuses auxquelles il se livre en pâtissent (le concert qu’il donna au Théâtre du Châtelet en mars 2010 ne convainquit que partiellement). Ses amoncellements et agrégats de notes manquent parfois de simplicité, mais Mehldau est bien un des grands du piano. Il s’en sert pour raconter des histoires, parvient à les rendre sensibles et musicales. Brad renouvelle fréquemment son répertoire mélodique constitué de standards, de thèmes pop et de compositions originales. Il s’y appuie pour leurs offrir ses propres harmonies, ouvrir les portes d’un vaste monde sonore qu’il se plaît à explorer.

Eddie Daniels © Paul Gitelson

 

-L’un des meilleurs clarinettistes de la planète jazz, le grand Eddie Daniels, est attendu au Sunset le 13 pour une jam session gratuite. Une initiative de la maison Vandoren réputée pour ses anches et ses becs. Michael Cheret (saxophones), Ludovic de Preissac (piano), Manuel Marchès (contrebasse) et Philippe Soirat (batterie) accompagneront Daniels qui jouera également du saxophone ténor. Né à New York en 1941, ce dernier fut un des plus brillants solistes du big band de Thad Jones et Mel Lewis. Avec le pianiste Roger Kellaway qui a donné deux concerts au Sunside fin juillet, Daniels a récemment enregistré “A Duet of One”, disque qui manqua de peu le Grand Prix de l’Académie du Jazz en 2009.

 

Anne-Ducros-c-Ari-Rossner-b.jpg-C’était il y a un an, Anne Ducros sortait un album consacré à Ella Fitzgerald avec un orchestre de quarante-cinq musiciens, dix morceaux arrangés superbement par Ivan Jullien. La pochette d’“Ella, My Dear” : une superbe photo d’Anne, en robe de soirée rouge, étendue place de la Concorde sur un canapé, n’est pas prête d’être oubliée. Sa musique aussi. Il faut l’entendre chanter divinement Stardust,Come Rain Come Shine, Laura et écouter la fluidité de son scat dans les deux medley qu’elle interprète. Ces morceaux, Anne les reprendra probablement au Sunside le 17. Avec elle, un simple quartette : Benoît de Mesmay au piano, Gilles Nicolas à la contrebasse et Bruno Castellucci à la batterie. Sa voix chaude et sensuelle n’aura aucun mal à séduire le public du club. Elle sait tenir ses notes, les aérer, les faire vibrer. La qualité de son scat traduit un métier qu’elle exerce avec passion dans une Michel Rosciglioneconstante bonne humeur.

 

-Michel Rosciglione au Sunside le 21. Je l’ai découvert auprès de Denise King et d’Olivier Hutman qu’il accompagne souvent sur scène, sa contrebasse leur offrant de réjouissants solos mélodiques. Michel vient de publier un beau disque, “Moon and Sand” (Tosky Records). Avec lui Vincent Bourgeyx, pianiste sous-estimé aux choix harmoniques constamment judicieux, et Rémi Vignolo, aujourd’hui batteur, pour rythmer délicatement la musique, essentiellement des standards, certains célèbres, d’autres moins, les compositions du regretté Kenny Kirkland semblant tout particulièrement inspirer le trio.

 

Paul Lay- Paul Lay prépare un nouvel album, son second. Bien que déçu par le précédent, j’apprécie beaucoup ce pianiste au toucher délicat, à la sensibilité généreuse dont les choix harmoniques correspondent aux miens et me mettent en joie. Paul joue ainsi très bien les standards et transcende les mélodies qu’il reprend. J’attends aussi de découvrir les siennes sur scène, dans l’espace de liberté qu’il partage avec ses musiciens et que lui offrent Simon Tailleu à la contrebasse et Elie Duris à la batterie. Le trio se produira au Sunside le 25. Une belle occasion de faire intimement connaissance avec son piano.

 

-Après avoir tourné cet été en quartette avec Mulgrew Miller (voir mon compte rendu du festival de Vienne sur ce blog à la date du 12 juillet), John Scofield est J. Scofield battendu le 26 au New Morning avec son Rythmn & Blues Quartet, groupe comprenant Nigel Hall « un excellent pianiste, mais surtout le chanteur le plus étonnant que j’ai eu l’occasion d’écouter depuis Donny Hathaway » clame le guitariste à qui veut bien l’entendre. Compagnon de route de Leo Nocentelli (des Meters), Andy Hess fut le bassiste des Black Crowes avant de rejoindre le groupe Gov’t Mule en 2003. Membre du Dirty Dozen Brass Band mais aussi du Piety Street Band de Scofield, Terence Higgins est un des meilleurs batteurs de la Nouvelle-Orléans. Il a joué avec Allen Toussaint, Dr. John, Fats Domino, joue un funk jazz épicé et assure des tempos délicieusement groovy.

 

-Sunset - Sunside : www.sunset-sunside.com  

-Jazz à la Villette : www.jazzalavillette.com

-Duc des Lombards : www.ducdeslombards.com

-New Morning : www.newmorning.com 

 

PHOTOS : Cowbells Orchestra, Prysm, Stéphane Kerecki Trio + Tony Malaby, Aldo Romano, Stéphane Belmondo, Michel Rosciglione, Paul Lay, John Scofield © Pierre de Chocqueuse  - Jeff Ballard © Lourdes Delgado - Brad Mehldau © Philippe Etheldrède - Eddie Daniels © Paul Gitelson - Anne Ducros © Ari Rossner / Plus Loin Music - Chuck Israels, Malia © Photos X/DR.

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 11:50

Blue-Garros-b.jpg

Juillet : le-va et-vient des vacances. L’amateur de jazz risque de croiser cet été sur sa route un nombre impressionnant de festivals et ne sera pas dépaysé. Il y en a pour tous les goûts, toutes les chapelles, des bleus et des moins bleus sous un ciel qu’on espère bleu. Comme toujours, Jean-Paul peste contre un système qui médiatise trop de musiciens médiocres. Si les festivals programment les vedettes qu’un public peu averti lui réclame, les têtes d’affiche sont loin d'être toutes inintéressantes. Chick Corea, Herbie Hancock, Sonny Rollins, Keith Jarrett, Wayne Shorter, Ahmad Jamal sont aujourd’hui les grands aînés d’un jazz qui, bon gré mal gré, se renouvelle dans la diversité. Jean-Paul reste beaucoup trop élitiste, même s’il n’a pas tout à fait tort. Il compte assister à la « Battle Royal » qui dans le cadre de Jazz à Vienne opposera le Duke Orchestra de Laurent Mignart au Michel Pastre Big Band, recréant ainsi la rencontre Duke Ellington / Count Basie qu’immortalise l’album “First Time !”. Jean-Paul s’est aussi trouvé un festival en Ariège qui lui convient : Jazz à Foix, au pied des Pyrénées. Outre la présence de René Urtreger et d’André Villéger, les programmateurs ont la très bonne idée d’inviter le groupe du pianiste Roger Kellaway. Cela se passe entre le 25 et le 31 juillet. Kellaway joue aussi au Sunside. J'y serai avec Jean-Paul pour applaudir sa musique.

 

Hormis une escapade qui me mènera à Vienne écouter Sonny Rollins (le 11), la formation de John Scofield avec Mulgrew Miller et le « Tribute to Miles » réunissant Herbie Hancock, Wayne Shorter et Marcus Miller (le 12), concerts dont vous recevrez des nouvelles, ce mois de juillet me verra parisien. Le Paris Jazz Festival poursuit au Parc Floral ses concerts du week-end. Ceux de Youn Sun Nah (le 17), du Harold Lopez Nussa Trio (le 24) et la programmation du 31 - Jean-Philippe Viret Quartette à Cordes et « Mozart la Nuit » d’Antoine Hervé - méritent le déplacement. Mais le meilleur festival de jazz de l’hexagone reste toutefois celui qui se déroule toute l’année rue des Lombards, au Duc, au Sunset et au Sunside. Les stars d’hier, d’aujourd’hui, de demain s’y produisent tous les soirs. Ceci est mon dernier édito avant la rentrée de septembre. Comme chaque été, ce blog sommeillera au mois d’août. Merci de suivre le blogueur de Choc.

 

QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

 

Enrico-Pieranunzi-copie-1.jpg-Enrico Pieranunzi au Sunside, les 2, 3 et 4 juillet. En trio le premier soir avec Darryl Hall à la contrebasse et Enzo Zirilli à la batterie, le maestro donnera un concert en solo le lendemain dimanche. Les amateurs de piano ne manqueront pas cet exercice dans lequel excelle le pianiste romain. “Parisian Portraits” et “Wandering” comptent parmi les grands opus d’une discographie qu'il élargit aujourd'hui au domaine classique. Après un album entièrement consacré à Domenico Scarlatti, Enrico intègre Bach et Haendel au répertoire de son nouveau disque, chaque pièce de ces compositeurs nés tous les trois en 1685 se voyant précédée ou suivie d’une improvisation. Le 4, c’est en quintette qu’il nous jouera du latin jazz, genre sur lequel il se penche dans “Live in Birdland”  publié l’an dernier. Avec lui le saxophoniste Rosario Giuliani et le trompettiste Diego Urcola rejoindront pour l’occasion Darryl Hall et André Ceccarelli, section rythmique dont le maestro aime à s’entourer.

 

Gretchen-Parlato-cJeaneen-Lund.jpg-Gretchen Parlato au Duc des Lombards les 4, 5 et 6. Avec elle, Taylor Eigsti, pianiste que l’on a récemment pu entendre au Sunside, Alan Hampton à la contrebasse et à la guitare, et Mark Guiliana à la batterie. Chanteuse à la voix suave, un peu traînante, Gretchen possède des vocalises bien à elle, une manière personnelle d’articuler ses textes, d’en étaler les mots. Elle a écrit les paroles et les musiques de plusieurs morceaux de  “The Lost and Found”, nouveau disque aux arrangements soignés dans lequel elle reprend Henya d’Ambrose Akinmusire, Juju de Wayne Shorter, et le mythique Holding Back the Years de Simply Red.

 

Wallace-Roney-b.jpg-Quarante ans après la sortie de “Bitches Brew”, l’un des disques de Miles Davis le plus commenté, l’un des jalons du jazz fusion dont il demeure l’un des principaux manifestes, le trompettiste Wallace Roney en fait revivre la musique sous le nom de Bitches Brew Beyond. Attendu au New Morning le 5 et le 6, le groupe comprend Bennie Maupin à la clarinette basse et au saxophone alto (il joue sur l’album original), Antoine Roney au saxophone soprano et au ténor, Robert Irving au piano, Doug Carn à l’orgue Hammond, Buster Williams à la contrebasse et Al Foster à la batterie. Wallace Roney assurera bien sûr les parties de trompette. 

 

Affiche-Return-to-Forever.jpg-Return to Forever à l’Olympia le 9. Fondé par Chick Corea en 1971, le groupe enregistra quelques-uns des meilleurs disques de l’histoire du jazz rock. Dissout en 1977, reformé pour quelques concerts en 1983, puis en 2009 pour une tournée acoustique dont le double CD “Forever” publié cette année en propose les meilleurs moments, la formation accueille pour une tournée estivale Jean-Luc Ponty. Nul doute que le violon virtuose de ce dernier ne s’intègre parfaitement à la musique, lui apporte des couleurs chatoyantes. Stanley Clarke à la contrebasse et Lenny White à la batterie assurent avec Corea au piano la pérennité du groupe qui a vu passer dans ses rangs des guitaristes éminents. Membre de l’Elektric Band de Corea lors de sa création en 1985, Franck Gambale tient aujourd’hui l’instrument.

 

Kenny Werner-Kenny Werner en solo au Sunside le 11. Le pianiste aime improviser avec son instrument, en faire un confident. Ses choix harmoniques traduisent ses pensées intimes, une sensibilité s’exprimant par ses choix harmoniques, son goût pour les couleurs, les mélodies rêveuses. Face aux épreuves parfois terribles qu’il a traversé (la perte de sa fille), ses musiques, des hymnes à la vie, mettent du baume au coeur. Kenny Werner reste un incorrigible romantique. D’une grande élégance, “New York Love Songs”  (Out Note Records), son plus récent album solo, une évocation poétique et sensible de New York, déborde de tendresse.

 

ECM-copie-1.jpg-Fly au Duc des Lombards du 11 au 13. On attend de ce trio un nouveau disque. Leur précédent et unique album date de 2009. Mark Turner (saxophone ténor), Larry Grenadier (contrebasse) et Jeff Ballard (batterie) parviennent à rendre parfaitement lisibles leurs compositions complexes et abstraites qui empiètent sur de nouveaux territoires sonores. Leur discours sensible et intimiste ressemble à  une conversation amicale. Trois instruments s’assemblent, mêlent leurs timbres et fascinent par leur capacité à discourir ad libitum sans jamais lasser. Du grand art.

 

Keith Jarrett Trio © Rose Anne Colavito-On ne présente plus Keith Jarrett, l’un des plus grands pianistes de la planète jazz, un artiste qui tire de son robuste instrument des harmonies inouïes. A la tête du même trio depuis trente ans (Gary Peacock à la contrebasse et Jack DeJohnette à la batterie), Jarrett parcourt le monde y donne des concerts au cours desquels il n’a cesse de relire des standards, leurs mélodies s’accordant à un piano qu’il parvient à faire chanter comme nul autre. Il investit la Salle Pleyel le 12 avec ses complices habituels.

 

Miller-copie-1.jpg-Herbie Hancock, Wayne Shorter et Marcus Miller à l’Olympia le 18 pour un « Tribute to Miles ». A la basse électrique et à la clarinette basse (il joue de nombreux instruments) , Miller assure la direction musicale d’un groupe que renforce le trompettiste Sean Jones et le batteur Sean Reickman, le fils du guitariste Phil Upchurch. On ne sait trop quelle en sera la musique. Miller annonce toutefois une large sélection d’œuvres composées entre les années 50 et 80 avec probablement des séquences acoustiques et électriques, Miles ayant souvent changé de direction musicale.

 

-Tom Harrell et son quintette au Sunside les 18 et 19. Le trompettiste s’entoure des mêmes musiciens depuis cinq ans. Une fine équipe avec laquelle il a enregistré Tom Harrellquatre albums sur HighNote. Il joue souvent du bugle, instrument qui donne une sonorité plus ronde à ses compositions. Influencée par Horace Silver et Phil Woods,  sa musique trempe dans un bop moderne qui ne se refuse pas une instrumentation électrique. Dans "The Time of the Sun," son nouveau disque, le Fender Rhodes de Danny Grissett donne une sonorité inédite à la formation. Wayne Escoffery au saxophone ténor, Ugonna Okegwo à la contrebasse et Jonathan Blake à la batterie la complètent, entourant un trompettiste qui se plaît à sculpter délicatement ses notes et phrase avec une rare souplesse.

 

Dan-Tepfer.jpg-Dan Tepfer en trio au Sunside les 20 et 21 avec Joe Martin à la contrebasse et Ferenc Nemeth à la batterie. Jouant un jazz très ouvert, parfois proche de l’abstraction, le pianiste improvise de longues pièces truffées de dissonances, d’harmonies inattendues, change fréquemment de rythmes et fait ruisseler ses notes avec force et passion. Il tire aussi un maximum de dynamique de son instrument et le fait puissamment sonner. Les tempos souples et relâchés des frères Moutin conviennent parfaitement à sa musique. Avec eux, Dan peut architecturer l’impossible, bousculer les tempos trop rigides et inventer librement. Outre ses propres compositions, I Remember April, Giant Steps, Body and Soul figurent au programme de ses concerts avec aussi Le plat pays de Jacques Brel qu’il interprète magnifiquement.

 

-Charles Lloyd aux arènes de Montmartre le 21 en ouverture de la 7ème édition du festival « Les Arènes du Jazz ». Accompagné de son quartette habituel, le ECM Recordssaxophoniste joue avec plus de cœur que jamais. Il peine à trouver sa sonorité en début de concert, ne souffle pas toujours des notes très justes, mais exprime mieux que hier son chant intérieur, une musique qui lui ressemble, apaisé, spirituelle et mystique. Assujetties aux mélodies, ses notes flottent dans l’espace comme si de grandes ailes les portaient vers le ciel. Discret au piano, Jason Moran guette les bons moments pour jouer les siennes, ajouter des couleurs harmoniques à la musique. Reuben Rogers à la contrebasse et Eric Harland à la batterie assurent un subtil contrepoint rythmique aux vagabondages poétiques de ce grand du saxophone.

 

Roger-Kellaway.jpg-Pianiste méconnu, Roger Kellaway revendique son attachement à ses illustres prédécesseurs – Art Tatum, Oscar Peterson, Bud Powell pour ne citer qu’eux. Accompagnateur de Mark Murphy et de Lenna Horne dans les années 60, membre du quintette  codirigé par Bob Brookmeyer et Clark Terry, Kellaway est aussi un habile arrangeur compositeur. Auteur de musiques pour le New York City Ballet, d’un concerto pour piano et orchestre, de nombreuses partitions de musique de chambre, il a écrit vingt-six musiques de film dont celle de “A Star Is Born”. Prix du Jazz Classique 2007 de l’Académie du Jazz pour son album “Heroes”, Roger Kellaway ne s’est pas produit sur une scène française depuis sa participation à la Grande Parade du Jazz à Nice en 1986. Le Sunside l’accueille les 28 et 29 au sein d’un quartette comprenant Dmitry Baevsky au saxophone alto, Jesper Lundgaard à la contrebasse et Alex Riel à la batterie.

 

Affiche-Jazz-a-Vienne-2011.jpg-Jazz à Foix : www.jazzfoix.com

-Jazz Vienne : www.jazzavienne.com

-Paris Jazz Festival : www.parisjazzfestival.fr

-Sunset - Sunside : www.sunset-sunside.com

-Duc des Lombards : www.ducdeslombards.com

-New Morning : www.newmorning.com

-Olympia : www.olympiahall.com

-Salle Pleyel : www.sallepleyel.fr

-Les Arènes du Jazz : www.paris-ateliers.org

 

PHOTOS : Enrico Pieranunzi, Kenny Werner, Dan Tepfer, Roger Kellaway © Pierre de Chocqueuse - Gretchen Parlato © Jeaneen Lund - Fly © Robert Lewis / ECM Records - Keith Jarrett Trio © Rose Anne Colavito / Ecm Records - Charles Lloyd © Dorothy Darr / ECM Records - Wallace Roney, Tom Harrell © Photos X / DR.

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 09:41

Instruments.jpgJuin : coup d’envoi des festivals de l’été avec le Paris Jazz Festival qui démarre le samedi 11 au Parc Floral avec le trio du pianiste Thomas Enhco. Malgré certains concerts alléchants, près de la moitié de sa programmation ne me tente pas davantage qu’un match de football. Jean-Paul qui la découvre avec moi crie au scandale, ce qui est très exagéré. Cultivé, connaissant parfaitement l’histoire du jazz, il ne supporte pas que ce dernier puisse absorber de nouveaux rythmes, d’autres musiques. La visière du casque qu’il s’est posé sur la tête l’empêche de regarder autour de lui. Il n’ouvre ses oreilles que pour écouter du hard bop préférant les originaux d’hier aux copies d’aujourd’hui, et les Jazz à FIP animés par Philippe Etheldrède*. Pourtant, malgré la crise, les bons musiciens ne manquent pas. On souhaiterait d’ailleurs les entendre plus souvent dans certains festivals qui ouvrent sans discernement leurs portes à toutes sortes de musiques fantaisistes. Il y en a pour tous les goûts, surtout pour ceux qui n’en ont pas, de loin les plus nombreux. Le goût se cultive, s’éduque, s’affine avec le temps et l’expérience. On prétend que le Français n’a pas l’oreille musicale, mais contrairement aux autres pays, la musique n’est pas ou peu enseignée dans les écoles. Sa découverte passe trop souvent par l’écoute de radios commerciales qui diffuse un caca sonore nauséabond présenté comme éminemment culturel. Pas étonnant que la musique classique (j’y englobe la musique contemporaine qui malgré un déchet conséquent révèle des compositeurs intéressants) et le jazz concernent si peu de monde. Ce maelström de médiocrité impose l’éducation d’un public mélomane. Comment Monsieur et Madame Michu et leurs enfants peuvent-ils comprendre un jazz moderne plus cérébral que sensible alors que le be-bop parkérien leur reste complètement hermétique et qu’ils peinent à reconnaître les instruments d’un orchestre ? Les conservatoires donnent une grande technique aux apprentis musiciens, mais forment mal à l’histoire des musiques qu’ils pratiquent. Edouard Marcel peut slaper les cordes de sa contrebasse avec ses pieds, mais n’a jamais entendu parler de John Kirby et Jimmy Blanton. Il ne joue que des compositions originales qui n’ont ni queue ni tête et son refus d'interpréter des standards dissimule son incapacité à les réinventer. On comprend l’angoisse des Michu lorsque venus écouter du jazz comestible dans un festival (haricot rouge et artichaut), ils tombent sur la musique froide et oppressante d’un Edouard Marcel. Madame risque l’infarctus et Monsieur de se pendre au réverbère le plus proche après avoir assassiné le reste de sa famille. Loin d’adoucir les mœurs, la musique sans âme et sans mémoire n’est pas exempte de danger. Puisse-t-elle se relier au passé pour éviter ces drôles de drames.

*Que vous retrouverez sur FIP le samedi 4 et le dimanche 12 juin à 19h00.

 

QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

 

Eddy-Louiss-c-Jean-Francois-Grossin.jpg-Eddy Louiss à Roland Garros le 3 juin. Avec lui, Xavier Cobo au saxophone et à la flûte, Jean-Michel Charbonnel à la contrebasse, François Arnaud à la batterie et un pupitre de violoncelles (Laurent Gardeux, Lucille Gambini, Bastien Mercier, Pablo Tognan et Arthur Lamarre). Des ennuis de santé l’ont tenu à l’écart ces dernières années. Depuis, il est remonté sur scène en mars 2010 et a donné un concert historique à l’Olympia pour fêter ses cinquante ans de carrière. Dans “Taurorque”, son dernier album, on retrouve cette sonorité d’orgue inimitable qui associée à d’autres claviers a beaucoup contribué aux réussites que sont “Sang mêlé” et “Wébé”. Eddy n’a jamais cessé d’élargir son univers musical, de l’ouvrir à d’autres cultures. Les cordes qu’il invite aujourd’hui contribuent à l’enrichir.

L.-Mignard-D.O.jpg

 

-Deux big bands sur la scène du Collège des Bernardins le 6 à partir de 20h30 : celui du CNSM (Conservatoire Nationale Supérieur de Musique et de Danse de Paris) dirigé par François Théberge en première partie, le Duke Orchestra de Laurent Mignard assurant la seconde. Au programme : Early Ellington, du Cotton Club aux années 40.    

 

-Denise King et Olivier Hutman au Duc des Lombards les 6 et 7 juin. Le remède infaillible contre le cafard, la morosité, l’angoisse existentielle qu’apporte le monde moderne. A la source de toutes musiques, la voix qui charme ou fait pleurer. O. Htman & D. KingCelle de Denise King envoûte et transporte aux pays des rêves. Une voix chaude, puissante, capable de jongler avec les paroles des chansons qu’elle interprète, d’en allonger les syllabes, de leur donner une autre vie. Avec elle, Olivier Hutman, le plus afro-américain de nos pianistes, un musicien chez qui parler le langage du blues est parfaitement naturel. Ses notes bleues coulent, ruissèlent et fertilisent sa propre musique. Viana son épouse écrit des textes qui se marient idéalement aux mélodies qu’il compose avec son cœur sans pour autant perdre la tête. Olivier Temime au saxophone ténor, Michel Rosciglioneà la contrebasse et Charles Benarroch à la batterie complètent une formation qui met du baume au coeur.

Vampyr, affiche

 

-Le 7 à 20h30 au cinéma Le Balzac (1, rue Balzac 75008 Paris), l’Orchestre National de Jazz au grand complet improvisera une nouvelle bande-son sur “Vampyr” (“L’étrange aventure de David Gray”), film réalisé par Carl Th. Dreyer en 1932. « Avec “Vampyr”, je voulais créer sur l’écran un rêve éveillé et montrer que l’effroyable ne se trouve pas dans les choses autour de nous, mais dans notre propre subconscient. » Le film n’est pas muet, mais ses dialogues sont très réduits. Suite à des problèmes d’éclairage, la photo se révéla grisâtre. Dreyer qui souhaitait un noir et blanc contrasté la conserva afin d’amplifier l’atmosphère mystérieuse de son film.

 

Sinne-Eeg-c-Jesper-Skoubolling.jpg-Quasiment inconnue en France, la danoise Sinne Eeg est une chanteuse très appréciée dans les pays scandinaves. Influencée par Nancy Wilson, Betty Carter et Sarah Vaughan, elle possède un phrasé élégant et de bonnes chansons, mais séduit surtout par le voile mélancolique qui recouvre sa voix. Distribué par Integral, “Don’t Be So Blue” son nouvel album, le cinquième qu’elle enregistre sous son nom, contient d’excellentes compositions originales - la ballade qui prête son nom à l’album est interprétée avec une émotion intense. Une magnifique version de Goodbye de Gordon Jenkins que Chet Baker aimait reprendre et quelques pièces de Rodgers et Hammerstein que tout le monde connaît (The Sound of Music, My Favorite Things) complètent le disque. Accompagnée par Jacob Christoffsen au piano, Morten Toftgard Ramsbøl à la contrebasse et Morten Lund (le batteur du trio danois de Stefano Bollani), Sinne Eeg en chantera de larges extraits le 9 sur la scène du Sunside.

 

S. Domancich-Le 10 au Triton, 11 bis rue du Coq Français, Les Lilas (concert à 21h00), la pianiste Sophia Domancich présente “Snakes and Ladders” son surprenant dernier album construit autour de chansons. John Greaves et Himiko Paganotti prêtent leurs voix à d’inclassables miniatures sonores proches du rock et de la pop anglaise des années soixante et soixante-dix. Les claviers de Sophia et les guitares de Jef Morin entrecroisent les notes d’une musique aussi envoûtante Christian McBridequ’intimiste.

 

-Le géant de la contrebasse Christian McBride au Duc des Lombards les 10 et 11 juin. Dans “Kind of Brown”, son dernier album sur Mack Avenue Records, il joue en quintette ses compositions, mélange explosif de hard bop et de blues. Au Duc, il les interprétera en trio avec Christian Sands au piano et Ulysses Owen à la batterie.

 

Stéphane Belmondo-Stéphane Belmondo au Café de la Danse le 16, avec son nouveau groupe, véritable all star comprenant Kirk Lightsey au piano, Sylvain Romano à la contrebasse et Billy Hart à la batterie. Au programme, les compositions de son nouvel album “The Same As It Never Was Before” récemment paru sur le prestigieux label Verve, disque dont vous trouverez la chronique enthousiaste dans le numéro de mai de Jazz Magazine / Jazzman.

 

Paul-Abirached-c-Johanna-Benainous.jpg-Paul Abirached mérite d’être connu et le concert qu’il donnera au Sunside le 17 sera pour beaucoup une découverte. “Dream Steps” son premier disque, dix histoires brèves que sa guitare partage avec le piano d’Alain Jean-Marie, la contrebasse de Gilles Naturel et la batterie d’Andrea Michelutti, chante constamment. Paul ne se limite pas au jazz. Dédiée à Jim Hall, au cinéaste Pedro Almodovar, inspirée par une nouvelle de Pasolini ou l’architecture d’Antoni Gaudí (la Sagrada Familia), sa musique relève du folk et du blues. Ses improvisations ne perdent jamais de vue les lignes mélodiques qui structurent ses compositions. Elles n’en sont que plus attachantes.

 

Tangora-c-Violette-Fenwick.jpg-Tangora au Sunset également le 17 juin. « Jazz vocal d’outre-mer », une phrase qui résume bien la musique de cette chanteuse née près de Marseille mais dont le cœur tangue du côté de l’Espagne, de l’Amérique latine et vibre auprès du jazz que son oncle, grand navigateur, lui fit découvrir. Les musiques orientales, africaines et indiennes l’interpellent également. Elle s’exprime aussi bien en français, qu’en espagnol, anglais, portugais et italien et ses onomatopées rythmiques sont très inventives. La batterie de Tony Rabeson et la basse électrique d’Eric Vinceno lui fournissent des tempos métissés de samba, bossa-nova, biguine, rumba afro-cubaine et cumbia colombienne. Le beau piano de Mario Canonge et le steel pan de Duvone Stewart ajoutent des couleurs et le plein soleil. Tangora sort un DVD live et prépare un nouvel album. Nous l’attendons impatiemment.

 

Falzone---Angelini-c-Dario-Villa.jpg-Bruno Angelini (piano) et Giovanni Falzone (trompette) en concert le 17 juin au « Deux Pièces Cuisine », espace de création situé au Blanc-Mesnil, 42 avenue Paul Vaillant Couturier, à 10 minutes de Paris. Les deux hommes ont enregistré en 2007 pour le label Syntonie “Songs 1”, un album entièrement consacré à des thèmes du trompettiste. On attendait désespérément la suite. Elle arrive. Le concert du Blanc-Mesnil sera enregistré. Conçu et écrit par le pianiste qui y achève une résidence de deux ans, “Songs 2” comprendra uniquement ses compositions. Le disque sortira fin 2011 sur le label Abalone.

 

A. Hervé-Consacrée à l’histoire du trombone dans le jazz, la leçon de jazz que donne tous les mois le professeur Antoine Hervé aura lieu le 20 à 19h30, comme d’habitude à la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs, Auditorium St. Germain, 4 rue Félibien 75006 Paris. Pour s’époumoner au trombone, un expert de l’instrument, Glenn Ferris. On ne pouvait rêver meilleurs pédagogues.  

 

Kerecki © Olivier Degen-Stéphane Kerecki et John Taylor au Duc des Lombards le 22 pour un duo contrebasse piano très attendu. Vous savez tout le bien que je pense de “Patience” leur récent album chroniqué dans ce blog le 16 mai. Les deux hommes peignent des paysages, privilégient l’harmonie, la couleur, mais aussi les échanges rythmiques dans des compositions écrites par Kerecki. Contrebasse et piano laissent constamment ouvert le discours musical, se racontent des histoires intimistes, expriment le langage poétique qu’ils portent en eux pour le bonheur de nos oreilles.

 

-Le P.G. Project de Pierre Guicquéro au Duc le 23. Je n’ai malheureusement pas trouvé le temps de faire une chronique sur “Bleu Outre Mémoire” (Black & Blue), un album P. Guicquero ©André Hébrardqu’il m’a fait parvenir en février et qui fait entendre un mélange irrésistible de jazz néo-orléanais et de modernité tempéré par le funk, le groove émanant de tous les instruments de l’orchestre, un septette qui enjolive et sert magnifiquement les joyeuses compositions du leader. Avec Pierre au trombone, Julien Silvand (trompette et bugle), Franck Pilandon (saxophones ténor, baryton et soprano), Davy Sladek (saxophone alto, soprano, flûte et clarinette), Bruno Martinez (piano, Fender Rhodes), Dominique Mollet (contrebasse) et Marc Verne (batterie).

 

Akinmusire---Smith-III-c-Ph.-Etheldrede.jpg-Toujours au Duc dont la programmation de juin est particulièrement réjouissante, ne manquez pas le trompettiste Ambrose Akinmusire qui s’y produit les 25, 26 et 27 juin avec son excellent quintette comprenant Walter Smith III au ténor, Sam Harris au piano, Harish Raghavan à la contrebasse et Justin Brown à la batterie. Produit par Jason Moran, son dernier album fait entendre un groupe de musiciens remarquablement soudé. Akinmusire n’exhibe jamais gratuitement sa technique, mais met de l’amour dans ses notes et compose avec le cœur, faisant ainsi passer les difficultés techniques et métriques que présente sa musique, un jazz moderne imprégné de tradition qui emprunte aux musiques urbaines environnantes.

 

Taylor-Eigsti-c-Devin-DeHaven.jpg-Taylor Eigsti au Sunside le 28. Le pianiste sort un nouvel album sur Concord Jazz “Daylight at Midnight”. Il fait partie de ces jeunes musiciens qui recherchent de nouveaux standards au sein des compositeurs de leur génération et des musiques environnantes qui titillent leur curiosité. Taylor Eigsti écoute tout, assimile tout. Le répertoire de son disque est en partie constitué de mélodies empruntées à la pop, des thèmes de Nick Drake, Rufus Wainwright et quelques autres. Il a découvert les œuvres pianistiques du compositeur catalan Federico Mompou (désormais son compositeur préféré) et la chanteuse Becca Stevens. Elle chante sur cinq des onze morceaux de son disque, joue de l’ukulélé, du charango et sera présente pour ce concert parisien, Harish Raghavan (contrebasse) et Clarence Penn (batterie) complétant la formation.

 

T.Blanchard © Ph. Etheldrède-Terence Blanchard au Duc les 28 et 29. Le trompettiste n’a pas fait que des bons disques, mais parvient toujours à rebondir grâce à sa capacité à faire jouer avec lui de nouveaux talents. Ses nombreuses formations ont accueilli des musiciens aujourd’hui confirmés : Antonio Hart, Kenny Garrett, Edward Simon et plus récemment Lionel Loueke, Aaron Parks, Robert Glasper et Walter Smith III. Le quintette avec lequel il se produit au Duc comprend Brice Winston (Saxophone), Fabian Almazan (Piano), Joshua Crumbly (Contrebasse) et Kendrick Scott (Batterie).

 

 

-Paris Jazz Festival : www.parisjazzfestival.fr

Paris Jazz Festival-Sunset - Sunside : www.sunset-sunside.com

-Collège des Bernardins : www.collegedesbernardins.fr

-Duc des Lombards : www.ducdeslombards.com

-Cinéma Le Balzac : www.cinemabalzac.com

-Le Triton : www.letriton.com 

-Café de la Danse : www.cafedeladanse.com 

-Au “Deux Pièces Cuisines” www.deuxpiecescuisine.net

-Auditorium St Germain : www.mpaa.fr

 

 

PHOTOS : Eddy Louiss © Jean-François Grossin - Laurent Mignard, Denise King & Olivier Hutman, Stéphane Belmondo, Antoine Hervé © Pierre de Chocqueuse - Sinne Eeg © Jesper Skoubølling - Sophia Domancich © Simon Goubert - Paul Abirached © Johanna Benaïnous - Tangora © Violette Fenwick - Bruno Angelini & Giovanni Falzone © Dario Villa - Stéphane Kerecki & John Taylor © Olivier Degen - Pierre Guicquéro © André Hébrard - Ambrose Akinmusire, Terence Blanchard © Philippe Etheldrède - Taylor Eigsti © Devin DeHaven - Christian McBride © photo X/DR.

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 11:22

Jazz Magazine, may coverMai : une longue et passionnante interview d’Aldo Romano dans Jazz Magazine / Jazzman. Le batteur parle de son enfance, se penche sur sa carrière, éreinte et dit surtout des vérités qui dérangent, sur le free notamment « le lieu de toutes les ambiguïtés, du n’importe quoi, de l’incompréhension, la méconnaissance érigée en principe ». Aldo rappelle l’importance du blues :  « On ne peut pas faire l’économie du blues. Si on ne sait pas jouer un standard, on ne sait pas jouer du jazz. Cette musique a une histoire, une  grammaire, je ne vois pas comment on peut faire l’économie de cet apprentissage ». Les  apôtres de la post-modernité vont grincer des dents. Bernard qui défend son projet de jazz conceptuel m’a récemment présenté un musicien de cet acabit. Edouard Marcel a étudié la musique au conservatoire. Intéressé par l’avant-garde contemporaine, il a tardivement découvert le jazz avec Louis Sclavis et Joëlle Léandre et s’est dit qu’avec son bagage technique, il pouvait faire aussi bien. Sur ce plan-là, Edouard Marcel en impose. Il m’a montré ses partitions, de grands rouleaux de papier millimétré remplis de suites de notes très savantes, d’accords un peu bridés de 17ème et 19ème parallèles, de 40ème rugissants, et m’a fait entendre un de ses disques, inaudible, mais au concept irréprochable. Il aimerait qu’un luthier lui construise une contrebasse géante avec une porte à l’arrière pour pouvoir entrer dans son instrument et communier au plus près avec sa musique. N’ayant aucun sens du rythme, il trouve difficilement des engagements, en éprouve frustration et colère. Le blues, les standards, il en ignore le vocabulaire tout comme le jazz et son histoire. Le swing, les mélodies, il hausse les épaules, rage et désespère de voir reconnaître son talent. Dignes successeurs des musiciens que fustige Aldo Romano « des types qui dans les années 70 et 80 se sont mis à jouer sans rien connaître et en le revendiquant », les Edouard Marcel occupent aussi le paysage jazzistique. Souhaitons leur de trouver un public.

 

Jazz-a-St-Germain--affiche-2011.jpgFrédéric Charbaut et Donatienne Hantin se gardent bien d’inviter cette avant-garde cacophonique au festival de Jazz de Saint-Germain-des-Prés, une manifestation désormais incontournable dont le programme est beaucoup plus alléchant que celui de l’an dernier. Du 15 au 29 mai, le festival accueille Ambrose Akinmusire, Jean-François Zygel et Antoine Hervé, Stefano Di Battista, le Moutin Reunion Quartet Alexandre Saada, Jacky Terrasson et de nombreux autres musiciens choisis pour la lisibilité de leurs musiques. Toutes ne me conviennent pas, mais les demeures sont nombreuses dans la maison du jazz et sa diversité contribue à sa richesse. Il y a tant de concerts en mai à Paris que mes “concerts qui interpellent” ne portent que sur la première quinzaine du mois (du 4 au 16). A partir du 17, et pendant trois jours, le Sunset et le Sunside ouvrent leurs portes au jazz scandinave. Rendez-vous le 10 mai dans le blogdechoc pour mes autres coups de coeur du mois.

Merci à Philippe E. et Eric F. pour l'inspiration.

 

QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

Nguyên Lê © Laurent Edeline-Dans “Songs of Freedom” son dernier album pour le label ACT, Nguyên Lê mélange allègrement les genres et parvient à créer une musique très originale autour de célèbres morceaux du rock et de la pop. S’y ajoutent quelques compositions personnelles qui s’intègrent très bien au projet. Ces reprises, des versions décalées d’Eleanor Rigby, Pastime Paradise, Mercedes Benz, Redemption Song, le guitariste les habille de couleurs nouvelles, leur apporte des orchestrations qui empruntent à toutes les cultures du monde. Pour les enregistrer, Nguyên a réuni autour de lui une équipe de musiciens talentueux que l’on retrouvera le 4 mai sur la scène du New Morning pour fêter la sortie de son disque. Aux membres réguliers de son groupe - Illya Amar (vibraphone, marimba), Linley Marthe (basse électrique), Stéphane Galland (batterie) - s’ajouteront les chanteurs et chanteuses Himiko Paganotti, Youn Sun Nah, Dhafer Youssef, David Linx, Ousman Danedjo, Julia Sarr, et le percussionniste Prabhu Edouard. Tous bien sûr ont participé à l’album. Une grande soirée en perspective.

 

Susanna-Bartilla--affiche.jpg-Au Sunset le 6, Susanna Bartilla chante Peggy Lee, vingt-trois ans chez Capitol, plus de mille morceaux enregistrés en soixante ans de carrière. Moins célèbre, mais ô combien ! talentueuse, Susanna possède une jolie voix de contralto avec laquelle elle caresse les mots des chansons qu’elle reprend. Avec la même équipe de musiciens qui l’accompagne - Alain Jean-Marie au piano, Sean Gourley à la guitare, Dominique Lemerle à la contrebasse - , sans batteur pour ne pas couvrir une musique qu’elle fait naturellement swinguer avec ses partenaires, elle a enregistré un premier disque au Sunside en 2009 consacré au répertoire de Johnny Mercer. Susanna aime chanter. Sur scène elle transmet sa passion au public avec lequel elle communique et parvient à séduire. Elle possède un léger vibrato et les tessitures graves conviennent à sa voix. Les chorus, Alain et Sean s’en chargent. On peut leur faire confiance.           

 

D. Pérez©Raj Naik-Danilo Perez au Duc des Lombards du 6 au 8 mai. Dans “Providencia” son dernier disque, le pianiste de Wayne Shorter s’interroge sur l’avenir de la planète et incite la jeunesse à rendre le monde plus propre et plus beau. Il s’efface un peu derrière ses arrangements, mais fait chanter son instrument dans les morceaux en trio. Ben Street (contrebasse) et Adam Cruz (batterie) travaillent avec lui depuis huit ans. C’est donc un groupe parfaitement rodé qui l’accompagne et joue ses musiques aux couleurs tropicales. Les danses latines, la tamborito très populaire à Panama ou la rumba guaguancó très appréciée à La Havane, font bon ménage avec le jazz.  

 

Laurent-Mignard.jpg-Laurent Mignard et son Pocket Quartet au Sunset le 7. Geoffrey Secco aux saxophones ténor et soprano, Eric Jacot à la contrebasse et Luc Isenmann à la batterie épaulent brillamment Laurent qui souffle des lignes mélodiques inventives dans sa trompette de poche. La musique évoque celle des grands opus de Don Cherry et d’Ornette Coleman. Fanfares néo-orléanaises, comptines allègres et joyeuses confiées à deux souffleurs qui, poussés par une rythmique tonique et vertébrée,  instaurent un dialogue permanent, mêlent et malmènent les timbres de leurs instruments respectifs avec beaucoup de lyrisme. Directeur musical du Duke Orchestra, Laurent Mignard propose une autre musique, la sienne, et nous dévoile une autre facette de son talent.

 

H.-Lopez-Nussa-c-Patricia--de-Gorostarzu.jpg-Harold Lopez Nussa au New Morning le 13. Pièces lyriques aux harmonies travaillées, danses irrésistibles aux rythmes complexes et chaloupés, standards modernes traités « à la cubaine », œuvres de compositeurs classiques, ce jeune pianiste prometteur excelle dans un vaste répertoire. Vif et virtuose, il tempère son ardeur dans des ballades où perce l’émotion. Felipe Cabrera à la contrebasse et son jeune frère Ruy Adrian Lopez Nussa à la batterie l’accompagnent dans “El País de las Maravillas”, nouvel album dans lequel Harold invite le saxophoniste David Sanchez. Ce dernier sera présent au New Morning. Revendiquant ses origines latines, ce natif de Porto Rico souffle de longues phrases mélodiques aux notes chaudes et colorées. Faisons lui confiance pour donner un plus à la musique du trio.

 

Kenny-Barron.jpgMulgrew-Miller-c-Ph.-Etheldrede.jpg-Toujours le 13, Kenny Barron et Mulgrew Miller se produiront en duo au théâtre du Vésinet (21h) dans le cadre de son Jazz Piano Festival. La première partie du concert sera assurée par Franck Avitabile que l’on ne manquera pas d’applaudir. Enracinés dans la tradition et l’histoire du jazz, Barron et Miller cultivent la mémoire de leurs prédécesseurs tout en absorbant des influences plus contemporaines. Leur raffinement harmonique n’exclut pas un jeu virtuose d’une adresse parfaitement naturelle. Provoqués, ils prennent des risques et s’adaptent aux musiciens avec lesquels ils jouent. Avec plusieurs centaines d’enregistrements à leur actif, tous deux sont également des accompagnateurs aguerris qui savent mettre en valeur leurs partenaires. On peut tout imaginer de cette rencontre au sommet, mais Barron et Miller auront sans doute la sagesse de ne point trop batailler pour mieux faire ressortir les qualités intrinsèques de la musique qu’ils partagent, le swing et le blues. Un concert très attendu.

 

Charlie-Haden-c-Steven-Perilloux.jpg-Ne manquez pas le Quartet West de Charlie Haden au théâtre du Châtelet le 16. Constitué à la fin des années 80 (son premier disque date de 1987), le groupe n’a jamais eu une existence régulière et c’est grâce à Jean-Philippe Allard d’Universal Music qu’il s’est reformé l’an dernier pour un album plein de chanteuses. Ses membres sont certes un peu plus âgés, mais la contrebasse ronde, sobre et solide d’Haden reste plaisante à entendre. Arrangeur habile, Alan Broadbent, mérite d’être mieux connu comme pianiste. Le groupe possède une forte identité grâce à Ernie Watt, saxophoniste ténor qui possède une sonorité aisément reconnaissable. Rodney Green, remplace Larance Marable, aujourd’hui malade, à la batterie. Dernière minute: concert du Quartet West annulé pour raisons contractuelles.

 

S.-Di-Battista--c-Jean-Baptiste-Millot.jpg-Toujours le 16, Stephano Di Battista s’invite au théâtre de l’Odeon dans le cadre du Festival de Jazz de Saint-Germain-des-Prés. Avec Julian Oliver Mazzariello au piano, Jonathan Kreisberg à la guitare, Francesco Pugliesi à la contrebasse et Jeff Ballard à la batterie, le saxophoniste jouera tous les morceaux de “Woman’s Land”, son nouvel album, douze compositions personnelles dédiées à des femmes inoubliables du vingtième siècle. Parmi elles, Ella Fitzgerald, Coco Chanel, Josephine Baker, l’actrice italienne Anna Magnani et l’astronaute russe Valentina Tereskova. Détendus, Stefano et ses complices jouent le blues, le funk, le bop, interpellent Nino Rota, John Coltrane et empruntent dans la bonne humeur. Stephano fait chanter à ses saxophones de jolies mélodies. On y trouve un swing quasi-permanent, une joie que transmet la musique.   

Tineke-Postma.jpg

 

-Tineke Postma au Duc des Lombards les 16 et 17 (concerts à 20h00 et 22h00). Elle travaille avec le même quartette depuis 2006, affine ses compositions et progresse à pas de géant. “The Dawn of Light” son nouvel album est ainsi son meilleur. Avec Marc van Roon au piano, Frans van der Hoeven à la contrebasse et Martijn Vink à la batterie, la saxophoniste (alto et soprano) délaisse les accords du bop pour un jazz modal d’une grande richesse harmonique. Son jeu aussi a changé. Tineke souffle des notes voilées, aériennes, oniriques, travaille sur les nuances et les couleurs d’une musique envoûtante.

 

-New Morning :   www.newmorning.com 

-Duc des Lombards : http://www.ducdeslombards.com

-Sunset - Sunside : www.sunset-sunside.com

-Théâtre du Vesinet : www.vesinet.org

-Théâtre du Châtelet : www.chatelet-theatre.com 

-Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés : www.festivaljazzsaintgermainparis.com

 

PHOTOS : Nguyên Lê © Laurent Edeline - Danilo Pérez © Raj Naik - Harold Lopez Nussa © Patricia de Gorostarzu - Mulgrew Miller © Philippe Etheldrède - Charlie Haden © Steven Perilloux / ECM - Stephano Di Battista © Jean-Baptiste Millot - Laurent Mignard, Kenny Barron, Tineke Postma © Pierre de Chocqueuse.

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 15:45

EXCELSIOR, Bill Carrothers,coverAvril: il pleut des disques en pagaille, des bons et surtout des moins bons. Parmi ces derniers, un enregistrement en solo d’Olivier Benoît, guitariste très prisé par une avant-garde intellectuelle affranchie de toute tradition. Il faut en effet prêter une oreille plus qu’attentive pour découvrir de la musique dans trois longues plages avares de notes, les sons perceptibles n'étant que frôlements, grincements, frottements et effets de larsen « vocabulaire timbral large n’utilisant que très peu d’ustensiles et peu d’effets » précise le communiqué de presse. Armand Meignan souhaite paraît-il programmer le phénomène au Mans, ville habituée aux tremblements de terre culturels. J’ai fait entendre le disque à Bernard, cet ami de Jean-Paul qui après avoir vainement essayé de faire jouer de la musique par des robots (voir mes éditos de mars et avril 2010) se lance dans un jazz conceptuel beaucoup moins onéreux. Le musicien installe son instrument sur scène, mais n’y touche pas. Il se contente d’annoncer les titres des morceaux. Au public d’en imaginer la musique. Rendu sourd par la cacophonie de ses machines déréglées, Bernard se bat pour imposer le silence, la plus belle des musiques. Si la beauté du silence est effectivement préférable aux grattements sonores d’Olivier Benoît, les bons disques qui renferment de la musique procurent un bonheur indicible. Parmi ceux qui sortent en avril, “Excelsior” de Bill Carrothers (Out Note Records, parution le 14) émerveille par ses inventions mélodiques, la nostalgie poignante de ses improvisations. J’en réserve la chronique au numéro de mai de Jazz Magazine / Jazzman. Le pianiste rêve d’Excelsior, petite bourgade du Minnesota dans laquelle il a vécu sa jeunesse. La musique de son album, Bill l’a fait jaillir spontanément de lui-même, imprégnant de son âme ses souvenirs les plus chers.

 

Jean-Paul qui vient de relire ce texte me demande d’annoncer que le prochain Jazz à Fip de Philippe Etheldrède, le Tarzan des ondes, est le dimanche 17 avril. J’en profite pour vous prévenir que Laurent Mignard donne une conférence le lundi 4 au Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy 75005 Paris. Son thème : "Duke Ellington manager". Dans le même somptueux bâtiment, François Theberge en donnera une le 2 mai sur les trombones ellingtoniens.       

 

QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

Prysm-FivecChristophe-Charpenel.jpg-Le retour de Prysm mis en sommeil en 2001, peu après l’enregistrement de son quatrième album. Pierre de Bethmann (piano et fender rhodes), Christophe Wallemme (contrebasse) et Benjamin Henocq (batterie) se sont retrouvés en 2009 pour des concerts à l’opéra de Lyon, Rosario Giuliani (saxophone alto) et Manu Codjia (guitare) les rejoignant sur scène. Leur nouveau disque en renferme les meilleurs moments, des relectures inventives des grands titres de leur ancien répertoire. Ils espéraient en fêter tous ensemble la sortie au Duc des Lombards les 4, 5 et 6 avril, mais handicapé par une double fracture de l’épaule, Pierre de Bethmann ne pourra assurer au piano. La guitare de Manu Codjia aura mission de suppléer son absence, tâche délicate mais non point impossible. La musique du groupe sera de toute manière différente avec Rosario Giuliani également présent les trois soirs, Prysm se transformant pour la première fois de son histoire en quartette sans piano.

 

Tirtha_bw_1_Alan-Nahigian.jpg-Vijay Iyer et Thirtha (passage, traversée en sanscrit) son trio indien le 5 à Clichy-sous-bois (20h30, Espace 93 Victor Hugo) dans le cadre du festival Banlieues Bleues. Après le très abouti “Historicity” enregistré en trio et un album en solo presque aussi convaincant, le pianiste propose une musique plus proche de ses origines. Ouvertes au tumulte comme à l’émotion mais ancrées dans une approche occidentale de la musique, ses recherches harmoniques et rythmiques se voient confrontées aux subtilités de la musique carnatique. Avec lui, deux musiciens indiens qui vivent comme lui en Amérique : le guitariste Prasanna et le joueur de tablas Nitin Mitta. Sur le plan rythmique et mélodique, leur musique emprunte beaucoup à la musique carnatique, mais Iyer joue son propre piano, ce qui génère de passionnants moments musicaux.

 

Daniel Yvinec ONJ-L’ONJ au Blanc-Mesnil le 6 (20h30, Le Forum, salle Barbara) dans le cadre de Banlieues Bleues. Au programme, le répertoire de “Shut up and Dance” son dernier album, compositions sur le thème du mouvement et de la danse que l’on doit à John Hollenbeck, batteur new-yorkais qui, à la tête de son Large Ensemble, a enregistré plusieurs disques novateurs. Ne manquez pas ce concert, le dernier de l’ONJ avant que l’orchestre ne s’envole fin avril pour les Etats-Unis. Guillaume Poncelet son trompettiste cède sa place à Sylvain Bardiau (La compagnie des Musiques à Ouïr, Journal Intime) et Daniel Yvinec a été reconduit pour trois ans dans ses fonctions de directeur artistique. Souhaitons-lui plein d’idées mirifiques.

Antoine Hervé

 

-Antoine Hervé à la maison des pratiques artistiques amateurs (auditorium St. Germain) le 11 à 19h30 pour une leçon de jazz consacrée aux deux quintettes « historiques » de Miles Davis. Pour l’illustrer, oncle Antoine réunit Eric Le Lann (trompette), Stéphane Guillaume (saxophones), Michel Benita (contrebasse) et Philippe Garcia (batterie). Beau programme, belle formation dont Antoine est D. Douglas © LauraTenenbaumbien sûr le pianiste.

 

 

-Le trompettiste Dave Douglas le 12 à la Cité de la musique (20h00) pour un hommage au Brass Fantasy de Lester Bowie dont faisaient partie Vincent Chancey au cor et Luis Bonilla au trombone. On les retrouve dans Brass Ecstasy, la formation de Douglas. Marcus Rojas au tuba, Nasheet Waits à la batterie complètent ce quintette très cuivré qui rappelle les vieux brass bands de la Nouvelle-Orléans.

 

-Du 12 au 16 avril inclus, Kurt Rosenwinkel occupe le Sunside avec un quartet comprenant Aaron Parks au piano, Eric Revis à la contrebasse et Justin kurt RosenwinkelFaulkner à la batterie. Kurt est l’un des plus excitants guitaristes de la scène jazz actuelle. Il joue des intervalles inhabituels, possède une façon très personnelle d’assembler ses notes, de les faire sonner et respirer. Un phrasé unique qu’il met au service de phrases simples et mélodiques. Remarqué par John Scofield, Pat Metheny et Joshua Redman dont il emprunte l’actuel pianiste, ce natif de Philadelphie, ancien élève de la Berklee School a enregistré une dizaine d’albums sous son nom, notamment pour Verve, les trois derniers pour le label Wommusic.

 

Overtone-Le 17, un dimanche, Dave Holland, l’un des meilleurs contrebassistes de la planète jazz présentera Salle Pleyel son Overtone Quartet, formation réunissant de grands spécialistes de leurs instruments respectifs. Au piano Jason Moran n’est jamais meilleur que lorsqu’il s’exprime comme sideman. Saxophone puissant et véloce, Chris Potter est également un arrangeur très compétent. Enfin Eric Harland rythme le jazz comme nul autre derrière sa batterie. Difficile donc d’ignorer de telles pointures en France pour seulement deux concerts, le Festival de Jazz de Berne les réclamant le 19. Dernière minute : Concert et tournée annulés.

 

Steve-Turre-n-b.jpg-Steve Turre en quartette au Duc des Lombards les 18 et 19 avec Nico Menci au piano, Marco Marzola à la contrebasse et Dion Parson à la batterie. On a un peu perdu de vue ce tromboniste qui a joué avec Ray Barreto, Tito Puente, Ray Charles, Woody Shaw, Dizzy Gillespie, les Jazz Messengers et Roland Kirk, son maître, qu’il accompagna fidèlement jusqu’à sa disparition en 1977. Ce dernier lui dévoila l’importance du blues et du gospel et lui apprit comment utiliser conques et coquillages avec lesquels il enregistra ses plus beaux disques. Parmi eux, l’inoubliable “Rhythm Within” (1995), joyau de sa discographie.

 

Clayton Brothers Quintet-Le Clayton Brothers Quintet au Duc des Lombards les 21, 22 et 23 avril. Jeff et John Clayton sont frères et leur combo existe depuis 1977. Le premier joue du saxophone alto. Le second de la contrebasse. John compose et arrange les morceaux de la formation. Avec le batteur Jeff Hamilton, il co-dirige le Clayton / Hamilton Jazz Orchestra qui accompagne Diana Krall dans plusieurs de ses disques. Gerald Clayton le pianiste est le fils de John. Sur EmArcy, il publie un nouvel album en mai, “Bond”, enregistré au studio de Meudon. Terrell Stafford, le trompettiste du groupe que complète Obed Calvaire à la batterie, est également un musicien accompli. De l’excellent jazz en perspective.

 

Celine-Bonacina-c-Sylvain-Madelon.jpg-Le 23, à 17h30, le Studio Charles Trenet de Radio France accueille le trio de Céline Bonacina. D’un long séjour de sept ans à la Réunion, Céline y a rapporté une musique à la fois personnelle et dansante, énergique et tendre. Elle joue des saxophones alto et soprano, mais utilise surtout le baryton, donnant ainsi du poids à ses notes percussives, à ses phrases graves et chantantes, matière sonore qu’elle sculpte de son souffle. Kevin Reveyrand (basse électrique) et le fidèle Hary Ratsimbazafy (batterie et percussions) accompagnent un discours musical toujours cohérent, des compositions structurées qui accordent une large place à l’improvisation.     

 

Anne Ducros © JB MILLOT-Anne Ducros au Sunside les 22 et 23 pour chanter la grande Ella Fitzgerald dont elle reprend partiellement le répertoire dans son dernier disque “Ella…My Dear” publié l‘an dernier et enregistré avec le « Coups de vents » Wind Orchestra. Au Sunside, Anne choisit Benoît de Mesmay au piano, Gilles Nicolas à la contrebasse et Bruno Castellucci à la batterie pour accompagner sa voix chaude et puissante, l’une des plus vertigineuses du jazz français. La fluidité de ses scats traduit son métier. Elle sait rythmer les mots qu’elle chante, en tenir ses notes, et les faire respirer. Ses concerts sont toujours de grands moments, car Anne aime son public, communique avec humour avec lui et prend toujours plaisir à lui offrir le meilleur de son chant.

 

Henri-Texier.jpg-Henri Texier et son Nord Sud Quintet au Duc des Lombards les 25 et 26. Fourre-tout rassemblant des thèmes simples arrangés avec soin, “Canto Negro” le dernier disque du groupe puise son inspiration dans les musiques des terres chaudes de la planète. Le contrebassiste voyageur nous livre ses impressions d’Afrique, d’Amérique du Sud, de Louisiane. Sa musique métissée évoque parfois le Liberation Music Orchestra de Charlie Haden. La section rythmique qu’il constitue avec Christophe Marguet à la batterie est suffisamment souple pour que les solistes puissent s’y glisser. Sébastien Texier et Francesco Bearzatti mêlent très judicieusement les timbres de leurs instruments (saxophones et clarinettes), la guitare parfois très rock de Manu Codjia (Mucho Calor) se faisant miel dans des ballades solaires qui constituent la majeure partie d’un répertoire le plus souvent mélodique.

 

-Duc des Lombards : http://www.ducdeslombards.com

-Banlieues Bleues : www.banlieuesbleues.org

-Auditorium St Germain : www.mpaa.fr

-Cité de la Musique : www.cite-musique.fr

-Sunset - Sunside : www.sunset-sunside.com

-Salle Pleyel : www.sallepleyel.fr

-Maison de Radio France : www.radiofrance.fr

 

Photos : Prysm © Christophe Charpenel - Thirtha © Alan Nahigian - Dave Douglas © Laura Tenenbaum - Céline Bonacina © Sylvain Madelon - Anne Ducros © Jean-Baptiste Millot - Daniel Yvinec, Antoine Hervé, Henri Texier © Pierre de Chocqueuse - Kurt Rosenwinkel, Overtone Quartet, Steve Turre, The Clayton Brothers : photos X / DR.

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 16:42

Portrait-avec-masque.jpgChaque année en mars les banlieues sont bleues, un drôle de bleu si l’on examine attentivement le programme du festival du même nom. Pour sa 28e édition, ce dernier s’écarte une fois encore de la scène jazz pour brasser toutes les cultures du monde. Combo marteau, rhizome musical haïtien, hip-hop tribal, rap urbain, funk stratosphérique, nu-soul, ka labouré rythmiquement, zouk, salsa alternative, cuivres des Balkans, borborygmes improvisés, aventuriers de musiques perdues, musiciens guérisseurs gnaouas, fanfares néo-orléanaises et musiques à ouïr sont attendus du 11 mars au 8 avril dans quinze villes du département de la Seine-Saint-Denis. Copieux et éclectique, l’absence des derviches pasteurs étant fort regrettable, le festival Banlieues-Bleues--affiche.jpglaisse peu de place au jazz. Emile Parisien, Tony Malaby, Aldo Romano, l’ONJ de Daniel Yvinec, Bernard Lubat avec Michel P et sa clarinette B, le Caratini Jazz Ensemble avec Alain Jean-Marie, Vincent Courtois, Vijay Iyer et Laïka Fatien sont toutefois à l'affiche. On peut bien sûr contester ces choix artistiques. Ils ne plaisent pas à Jean-Paul qui attend impatiemment le dimanche 13 mars, pour écouter Jazz à Fip présenté par Philippe Etheldrède, le Tarzan des ondes, assisté de Jane Villenet. Peu de concerts de Banlieues Bleues éveillent ma curiosité, interpellent l’amateur de jazz, de piano, et de musique de tradition classique que je suis. Il faut toutefois saluer la dizaine de résidences musicales que le département de la Seine-Saint-Denis soutient chaque année, les quarante-deux écoles de musique, de danse et d’art dramatique qu’il accompagne, son action pour « la culture et l’art au collège » afin de favoriser la création artistique, même si cette dernière tient rarement ses promesses. La programmation de Banlieues Bleues a également le mérite de ne pas ressembler à celles des autres festivals qui se battent à coup de cachets pharaoniques pour faire venir les mêmes stars médiatiques, comme s’il fallait nécessairement être dans le coup, monter dans le train du jazz à très grande vitesse qui ne laisse guère le temps de regarder en arrière. Poussé par de nouvelles avant-gardes, le jazz post-moderne appartient déjà à l’âge de pierre. Il faut sans cesse applaudir de nouveaux artistes que quelques journalistes influents portent aux nues, des musiciens branchés qui bénéficient de campagnes de presse, de panneaux publicitaires dans les Fnac et les mégastores. Les autres se débrouillent comme ils peuvent pour sortir de l’ombre. Ce blog qui applaudit Jackie Terrasson, Tord Gustavsen et Geri Allen a aussi pour vocation de faire connaître de nouveaux talents. Le label Black & Blue dont le grand timonier Jean-Pierre Tahmazian possède de grandes oreilles, m’a récemment fait parvenir deux excellents disques, “Bleu outre mémoire” du PG Project, formation du tromboniste Pierre Guicquéro, et “Take it Easy”, premier enregistrement de Philippe Pilon, saxophoniste et compositeur talentueux. Tous deux pratiquent un jazz moderne ancré dans la tradition. Ils ne cherchent pas à innover, certains morceaux de leurs albums sont plus réussis que d’autres, mais leur musique conviviale aux notes blues et bleues n’oublie jamais de swinguer.

 

QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

G.-Laurent-quartet.jpg-Laurent de Wilde ose Géraldine Laurent. Avec Yoni Zelnik à la contrebasse et Luc Insemann à la batterie, leur quartette prend plaisir à jouer les standards du passé, mais donne peu de concerts. La formation se produit au Sunside les 3 et 4 mars. Le club de la rue des Lombards l’avait déjà accueilli en février 2009, dans un programme largement consacré aux compositions de Wayne Shorter. Un retour au bercail attendu.

 

E.-Pieranunzi---R.-Giuliani.jpg-Enrico Pieranunzi (piano) et Rosario Giuliani (saxophone alto) au Sunside le 7, 8 et 9. Les deux hommes y ont joué en septembre dernier. Ils reviennent en quartette avec Darryl Hall (contrebasse) et André Ceccarelli (batterie), section rythmique qu’Enrico apprécie. Chaque visite qu’il nous fait est un événement. Je le préfère en solo ou en trio avec une contrebasse et une batterie, mais quelle que soit l’instrumentation, on ne peut ignorer le maestro romain.

 

David-Murray-copie-1.jpg-Chaud le Duc des Lombards, les 7, 8 9 et 10 mars ! David Murray et les dix musiciens de son Cuban Ensemble l’investissent pour un Nat “King” Cole « en español », relecture de “Cole Español”  et de“More Cole Español”, deux best-sellers du crooner. L’album de Murray n’est qu’à moitié réussi, mais il en va tout autrement en concert. Les solistes pallient l’absence de la voix, les thèmes étant développés par les instruments mélodiques de l’orchestre et par  Murray lui-même. Saxophoniste au jeu expressif et lyrique, ce dernier semble suivre à rebours l’histoire du jazz, Coleman Hawkins et les grands de l’instrument se faisant entendre dans son ténor.

 

Philippe-Pilon.jpg-Philippe Pilon au Sunset le 8 mars. Ce saxophoniste nourri de blues et de tradition a donc eu la bonne idée de me faire parvenir son disque. On y découvre un jeune amoureux de Lester Young dont le ténor est ancré dans le swing. Philippe ne révolutionne pas le jazz, mais en souffle avec bonheur les notes généreuses. Les musiciens qui jouent sur son premier opus seront tous présents. Le pianiste en est Pierre Christophe. Raphaël Dever à la contrebasse et Guillaume Nouaux à la batterie assurent la rythmique. Deux trompettistes, Julien Alour et Jérôme Etcheberry se partagent quelques chorus. On ne peut qu’applaudir l’album. Il donne envie d’en écouter les musiciens sur scène, d’en goûter autrement les morceaux qu’il contient.

Elisabeth Caumont

 

-Du 8 au 12 mars, en duo avec Alain Debiossat à la guitare, Elisabeth Caumont assure la première partie des concerts de Michel Jonasz au Casino de Paris. Sept chansons pour retracer son  parcours avec ses propres textes, des histoires du quotidien, avec un humour espiègle et une voix de velours. Comme elle, Michel Jonasz entretient un rapport complice avec le jazz. Il sort un nouvel album “Les hommes sont toujours des enfants”, s’entoure de jazzmen (Guillaume Poncelet, Stéphane Edouard, Jim Grancamp et deux choristes) pour chanter le blues, de nouveaux morceaux et ses chansons Ronnie Lynn Pattersonfétiches.

 

-Ne manquez pas le concert que Ronnie Lynn Patterson donne le 12 à 17h30 au Studio Charles Trenet de Radio France. On ne le voit pas assez dans les clubs, Ronnie Lynn se montrant trop discret dans un paysage jazzistique passablement encombré. Le piano de cet autodidacte reste pourtant l’un des plus touchants qui soit. En trio avec François et Louis Moutin (contrebasse et batterie), il met sa technique au service du lyrisme. “Music” son dernier disque, un recueil de standard, mérite de figurer dans toute bonne discothèque.

 

Joe-Lovano-c-Jimmy-Katz.jpg-Joe Lovano au New Morning le 15 avec Us Five, quintette ouvrant de nouvelles perspectives à sa musique. Petar Slavov qui joue régulièrement de la contrebasse au sein du trio du pianiste cubain Alfredo Rodriguez remplace Esperanza Spalding pour cette tournée. James Weidman (piano), Otis Brown III et Francisco Mela (Batterie et percussions) complètent la formation du saxophoniste. Elle vient d’enregistrer un album consacré à Charlie Parker, non un hommage mais une relecture moderne et inventive de son monde musical. Le disque s’intitule “Bird Nest”. EMI France se décide enfin à le sortir deux mois après l’Amérique. Mieux vaut tard que jamais.

 

TH.-Enhco---N.-Charlier.jpg-Les quelques râleurs qui n‘apprécient pas le saxophone de Joe Lovano pourront écouter le même soir Thomas Enhco au Sunside dont il est désormais « résident », Stéphane Portet lui ouvrant les portes de son club une fois par mois. Joachim Govin à la contrebasse et Nicolas Charlier à la batterie accompagnent le jeune pianiste qui prépare un nouveau disque. Car Thomas prend son temps pour peaufiner standards et compositions originales, mettre en valeur les mélodies qu’il entend dans sa tête. Son piano a acquis sûreté et profondeur, la technique étant judicieusement mise au service du lyrisme.

Brian-Blade.jpg

-Quatre soirs de suite, les 16, 17, 18 et 19 mars, le Duc des Lombards accueille Brian Blade et ses musiciens : Kelly Jones (chant et guitare), Goffrey Moore (guitare), Chris Thomas (basse électrique) et Steve Nistor (batterie). Tous sauf le batteur l’accompagnent dans “Mama Rosa”, recueil de chansons dignes des sixties et que le label Verve publia en 2009. Sideman impliqué dans de nombreuses séances d’enregistrements, et membre régulier du quartette de Wayne Shorter, Blade met ici le jazz de côté et nous dévoile une autre facette de son talent. Il chante ses propres compositions et joue de la guitare. Mélange de folk et de country music, sa musique évoque Neil Young et David Crosby. Puristes s‘abstenir. Concerts à 20h00 et 22H30.

 

Oxyd.jpg-Lauréat des trophées du Sunside en 2008 (premier prix de groupe et premier prix de soliste au pianiste Alexandre Hererqui en est le leader) OXYD est une formation de cinq jeunes musiciens qui mélangent avec bonheur jazz, rock et sonorités contemporaines. Outre, Alexandre Herer au fender-rhodes, OXYD comprend Olivier Laisney à la trompette, Julien Pontvianne au saxophone ténor, Matteo Bortone à la basse et Thibault Perriard à la batterie. Difficile de décrire précisément leur musique forte de tension et d’énergie que le disque ne reflète qu’imparfaitement. On l’écoutera au Sunset le 19 sans pour autant bouder “Oblivious”  leur deuxième album dont la sortie est imminente (Juste Une Trace/Socadisc).

 

Laïka © Daniel Garcia-Bruno-Toujours le 19, le théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis accueille Laïka Fatien dans le cadre du festival Banlieues Bleues. Je dis grand bien dans ce blog de son dernier disque. Des compositions de Stevie Wonder y côtoient des grands standards de jazz auxquels la chanteuse a confié ses propres paroles. Les musiciens qui l’accompagnent sur scène - El Indio (trompette), Robert Irving III (piano), Jaribu Shahid (contrebasse) - ne nous sont pas inconnus. De même que le tromboniste Craig Harris chargé de la direction artistique du concert. Attendons-nous à de nouvelles orchestrations, à d’autres couleurs pour habiller les thèmes, Laïka posant sa voix douce et troublante sur un répertoire audacieux.

 

Le-Jazz---la-Java-copie-1.jpg-Les 25 et 26 mars, le théâtre Jean Vilar de Suresnes programme Le jazz & la java, nouvelle création pour quintette de jazz d’Antoine Hervé. La bonne chanson française y est à l’honneur avec la voix de Mélanie Dahan pour faire swinguer A bicyclette, Les feuilles mortes, La chanson des vieux amants, la javanaise et Le jazz et la java qui prête son nom à un projet dont la poésie inspire la musique. Confiée à la trompette d’Eric Le Lann, à la contrebasse de Michel Benita, à la batterie de Philippe Garcia et bien sûr au piano d’Antoine, cette dernière interpelle sérieusement. Ce même théâtre de Suresnes propose également quatre leçons de jazz de l’oncle Antoine les mardi 8, 15, 22 et 29 mars (consacrées respectivement au Blues côté piano, Louis Armstrong, Antonio Carlos Jobim et Keith Jarrett). Quant à sa leçon de jazz « parisienne » qui portera sur Keith Jarrett, oncle Antoine la donnera le 21 à 19h30, toujours à la maison des pratiques artistiques amateurs (auditorium Saint-Germain).

 

Kneebody.jpg-Kneebody revient jouer au Duc des Lombards le 26. Ce groupe de jazz électrique, l’un des plus convaincant de la grande Amérique, gomme les frontières des genres. Grand spécialiste du Fender Rhodes, le pianiste Adam Benjamin est aussi membre de Keystone, la plus excitante des formations de Dave Douglas. Le trompettiste Shane Endsley joue régulièrement à New York avec Tim Berne et Ralph Alessi. Ben Wendel (saxophone ténor), Kaveh Rastegar (basse électrique) et Nate Wood (batterie) complètent une jeune formation qui a enregistré quatre albums d’une musique colorée et foisonnante au tissu rythmique serré et à la mise en place précise et rigoureuse.

 

Laurent Mignard-copie-2-Laurent Mignard et son Duke Orchestra le même soir (26 mars) à l’Alhambra. Laurent m’a récemment surpris par la modernité de son jeu de trompette au sein du sextette du pianiste Mico Nissim (un disque consacré à Ornette Coleman et Eric Dolphy sur le label Cristal). Ses mignardises conservent toutefois une saveur ellingtonienne. Avec François Biensan, Philippe Chagne, Nicolas Montier, André Villéger, Philippe Milanta, Pierre-Yves Sorin, Julie Saury (pour ne pas citer les autres musiciens de l’orchestre, tous aussi brillants), il possède le meilleur big band ellingtonien de la planète. A l’Alhambra, grâce à un mixage d’images d’archives sur écran géant, Laurent fera revivre le Duke qui racontera et dirigera sa musique. Un événement à ne pas manquer.

 

Lohrer-a.jpg-Double concert le 29 au New Morning : Didier Malherbe au doudouk (hautbois arménien en bois d'abricotier) se produira en duo avec le guitariste Eric Löhrer. Les deux hommes fêtent la sortie de “Nuit d’ombrelle” (Naïve), double CD mêlant improvisations, compositions originales et standards de jazz, compositions de Thelonious Monk étant particulièrement à l’honneur. Didier qui joue aussi de la flûte, du Khen, et du saxophone soprano rejoindra ensuite ses deux complices du Hadouk Trio, Loy Ehrlich (claviers,gumbass, hajouj, kora) et Steve Shehan (batterie, djembe, hang, percussions) pour la musique métissée et aérienne dont ils ont le secret. “Air Hadouk” leur dernier disque contient une version de Friday the 13th (Monk toujours) dans laquelle se fait entendre la guitare de Löhrer. Lomsha, Yillah et Soft Landing en sont les titres forts. Rendez-vous rue des Petites-Ecuries pour les redécouvrir avec des pièces plus anciennes de leur répertoire, Suave Corridor et Dragon de Lune comptant parmi les plus belles.

 

Fay-Claassen.jpg-Entouré du WDR Big Band de Cologne placé sous la direction de Michael Abene (mais aussi par l’orchestre symphonique de la même radio sur quelques titres), Fay Claassen parvient facilement à convaincre. Elle possède un solide métier, une voix fraîche et juvénile, scate sans aucun maniérisme et choisit bien son répertoire, des thèmes de Louis Jordan, Betty Carter, Billy Strayhorn, Miriam Makeba, Björk et Joni Mitchell qui révèle son éclectisme artistique. Son nouveau disque s’intitule “Sing ! ”. Elle nous l’interprétera le 30 à 19h30 dans le Grand Foyer du théâtre du Châtelet avec un quartette comprenant Olaf Polziehn au piano, Christophe Walemme à la contrebasse et Stéphane Huchard à la batterie. Entrée gratuite dans la mesure des places disponibles. Un second concert est prévu le 31 mars au Sunside.  

 

-Banlieues Bleues : www.banlieuesbleues.org

-Sunset - Sunside : www.sunset-sunside.com

-Duc des Lombards : http://www.ducdeslombards.com

-Casino de Paris : www.casinodeparis.fr

-Maison de Radio France : www.radiofrance.fr

-New Morning : www.newmorning.com

-Théâtre Gérard Philippe, Saint-Denis : www.theatregerardphilipe.com

-Théâtre Jean Vilar, Suresnes : www.theatre-suresnes.fr

-Auditorium St Germain : www.mpaa.fr

 

PHOTOS : Petite fille avec masque, Laurent de Wilde & Géraldine Laurent Quartet, Enrico Pieranunzi & Rosario Giuliani, David Murray, Elisabeth Caumont, Ronnie Lynn Patterson  © Pierre de Chocqueuse - Philippe Pilon © Roger Perrotin - Joe Lovano © Jimmy Katz - Brian Blade © Megan Holmes - Laïka Fatien © Daniel Garcia-Bruno - OXYD © Jean-Jacques Barbet - Didier Malherbe & Eric Löhrer © Julien Mignot / Naïve - Fay Claassen © John Abbott.

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 11:48

Soldes-c.jpgFévrier : dans les magasins de disques, les prix varient comme les cours de la bourse. Il faut guetter le bon moment pour acquérir à prix réduit et ne jamais se précipiter. Si les opérations spéciales du genre trois CD pour le prix d’un sont légions tout au long de l’année, les soldes sont plus intéressants encore. Les boutiques déstockent alors à très bas prix quantité de disques dont certains excellents. Pour cinq euros on peut même prendre des risques. Modérément, car quoiqu’en disent ceux qui prétendent que tout est subjectif, que le beau et le laid ne relèvent que du goût de chacun, les mauvais disques sont beaucoup plus nombreux. Bons ou mauvais, ces rondelles de plastique que personne ne veut s’empilent dans les Bill-Evans-Explorations--cover.jpgarrières boutiques des magasins qui soldent désespérément faute de toujours pouvoir les retourner aux éditeurs. Peu d’albums sont mis sur le marché entre la mi-décembre et la mi-février. Tant mieux. On peut ainsi prendre le temps de réécouter quelques enregistrements de sa discothèque. C’est avec une joie non dissimulée que la musique de Thelonious Monk a récemment titillée mes oreilles (“Criss-Cross”), que j’ai replongé dans Duke Ellington (“Blues in Orbit”), Bill Evans (“Explorations”) et Stan Getz (“Anniversary” et “Serenity”). Federico Monk-Criss-Cross-cover.jpgMompou, Georges Enesco et Charles Koechlin ont parfait mon bonheur, mais aussi Michael Brecker dont le recueil de ballades “Nearness of You” me touche particulièrement. Ecoutant le ténor de ce dernier, j’ai reconnu quantité de saxophonistes qui ont préféré emprunté sa sonorité plutôt que de forger la leur. Aujourd’hui tout le monde sonne pareil, comme Brecker qui reste un des modèles incontournables d’un jazz qui se dit créatif, mais ne fait que tourner en rond. Les pianistes n’ont pas ce problème, leur instrument étant censé être accordé. Leur handicap Stan-Getz-Serenity--cover.jpgvient de leur nombre, plus élevé que les harpistes ou les harmonicistes. Quelques-uns sortent du rang, inventent, bousculent nos habitudes d’écoute. Pas toujours les plus médiatiques. La vigilance reste de mise. Les oreilles doivent rester grandes ouvertes. Même en hiver, il faut sortir, juger un musicien sur ses concerts, pas seulement sur ses disques, et lui donner une seconde chance. Philippe Etheldrède ne fréquente pas beaucoup les clubs. Il n’en a cure, la plupart des musiciens qu’il programme dans ses Jazz à Fip sont depuis longtemps au paradis. Ses émissions accordent une large place à des jazzmen d’hier que l’on n’écoute pas assez. Philippe connaît parfaitement le jazz des années 50 et 60, et fait un travail d’utilité public. On peut comme Jean-Paul l’applaudir des deux mains. Février, un mois qui sommeille laisse des loisirs, mais apporte moins de concerts incontournables. J’en propose quelques-uns qui m’inspirent. Couvrez-vous chaudement pour sortir. Bonnet, écharpe et paire de gants semblent appropriés avec ce froid. On n’est jamais assez prudent.          

 

QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

Jackie-T.jpg-Nouveau lieu de concert parisien, la galerie du musée de Roland Garros aménagée en club accueillera une fois par mois, de janvier à juin, un pianiste de jazz. Stéphane Portet (Sunset Sunside) s’occupe de la programmation. A tout seigneur, tout honneur, c’est Jacky Terrasson qui, en trio avec Thomas Bramerie à la contrebasse et Leon Parker à la batterie, essuiera les plâtres de ce premier Sunset hors les murs à Roland Garros le samedi 5 février.  Yaron Herman, Giovanni Mirabassi et Eric Legnini assureront les futures soirées de ce nouveau temple du jazz.

 

Steve Kuhn-Pianiste à la carrière prestigieuse – il a notamment enregistré avec Stan Getz, Kenny Dorham, Art Farmer, Max Roach, Bob Brookmeyer, Gary McFarland, John Coltrane et la chanteuse Sheila Jordan - , Steve Kuhn donne quatre concerts au Duc des Lombards le 7 et le 8 (20h00 et 22h00), en trio avec Dean Johnson à la contrebasse et Joey Baron à la batterie. L’événement est de taille. Pianiste raffiné, Kuhn enchante par ses choix harmoniques. Auteur de superbes albums en solo – “Ecstasy” pour ECM, “Jazz’n (e)motion” pour BMG France - , il est l’auteur de l’un des meilleurs disques de jazz édité en 2009, “Mostly Coltrane” (ECM), un hommage au grand John dont il fut en 1960 le pianiste pendant trois mois.

C.-Flowers-flyer-fev11.jpg

-Egalement le 7, Christine Flowers occupe le Bœuf sur le Toit (34 rue du Colisée 75008 Paris) avec ses excellents musiciens habituels : Jobic Le Masson au piano, Peter Giron à la contrebasse et Jeff Boudreaux à la batterie. Au programme : les chansons du grand Oscar Brown, Jr. que Christine interprète avec brio et authenticité. Elle en a enregistré douze et cherche toujours à les commercialiser.

 

-Nouvelle venue dans le jazz vocal, Cécile McLorin Salvant a remporté le 4 octobre dernier la prestigieuse Thelonious Monk Competition devant un jury de professionnels qui C. McLorin © B. Deniscomprenait Patti Austin, Dee Dee Bridgewater, Kurt Elling, Al Jarreau et Dianne Reeves. Elle est attendue au Duc des Lombards le 11 et le 12 pour quatre concerts (20h00 et 22h00). Avec elle, le saxophoniste Jean-François Bonnel qui depuis trois ans lui fait travailler le jazz vocal à Aix-en-Provence, et les musiciens du CD autoproduit par ce dernier : Jacques Schneck au piano, Enzo Mucci à la guitare, Pierre Maingourd à la contrebasse et Sylvain Glevarec à la batterie. Les arrangements de l’album datent un peu, mais Cécile possède une voix admirable qu’il faut absolument écouter.

Devil-Quartet.jpg

-Ceux qui ont manqué le mythique quintette italien de Paolo Fresu au Sunside les 10 et 11 décembre peuvent se rattraper en se rendant au New Morning le 11 février. Le trompettiste sarde s’y produit avec son Devil Quartet Bebo Ferra (guitare), Paolino Dalla Porta (contrebasse) et Stefano Bagnoli (batterie) – , et propose un jazz métissé de rock, de pop et de world qui fait la part belles aux ballades.

L.-de-Wilde.jpg

 

-Toujours le 11, le trompettiste Eric Le Lann se produit en quartet au Sunside avec Laurent de Wilde au piano, Jérôme Regard à la contrebasse et Laurent Robin à la batterie. La trompette de Le Lann ajoute du lyrisme à un combo très performant qui peut se suffire à lui-même. On le constatera le 12, Wilde, Regard et Robin poursuivant au Sunside leurs agapes musicales en trio.

Antoine-Herve.jpg

 

-Le 14 à 19h30, on retrouve Antoine Hervé à l’Auditorium Saint-Germain qui est aussi la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs. On ne se lasse pas de ce rendez-vous mensuel avec Oncle Antoine, conteur et pianiste émérite. Sa belle histoire de février portera sur Pat Metheny. Rassurez-vous, l’Oncle Antoine ne s’est pas mis à la guitare. Il laisse à son invité, Manu Codjia, le soin de tenir l’instrument. Véronique Wilmart sera également présente sur scène aux claviers. Une belle leçon de jazz en perspective !

A-Thin-of-Flesh.jpg

-Elise Caron retrouve Lucas Gillet le 16 au Studio de l’Ermitage (20h30) pour une reprise de “A Thin Sea of Flesh”, adaptation musicale très réussie de quelques poèmes du grand Dylan Thomas. Ce n’est certes pas du jazz, mais la musique est belle et la voix d’Elise, sensuelle et caressante, sert idéalement la langue immortelle du poète dont chaque parole, brûlante et liquide, est comme une lave qui ne refroidit jamais.

 

Nagual Orchestra-copie-1-Le 17, le Nagual Orchestra poursuit sa résidence à l’Age d’Or, 26 rue du Docteur Magnan 75013 Paris. Constitué de Florent Hubert au saxophone ténor et à la clarinette, Olivier Laisney à la trompette, Alexis Pivot au piano, Mathieu Bloch à la contrebasse et David Georgelet batterie, ce quintette de jazz moderne inventif et inspiré s’y produit les troisième jeudi de chaque mois à 20h30 (entrée gratuite).

Tord Gustavsen Ensemble

-Le 18 février, je serai à Nantes. Le Grand T (84 rue du Général Buat) accueille à 20h30 le Tord Gustavsen Ensemble. Trois disques en trio pour ECM ont suffi à imposer le pianiste comme l’un des jazzmen européens les plus prometteurs et “Restored, Returned” son dernier album, Choc Jazz Magazine / Jazzman en février 2010, est une vraie splendeur. Tord puise son inspiration dans le blues, le gospel et les vieux hymnes d’église. Privilégiant la mélodie, il joue peu de notes, les choisit avec soin et s’investit dans chacune d’elles, créant un jazz intimiste dans lequel la respiration et le silence ont beaucoup d’importance. Si le trio reste pour lui une vraie passion - Mats Eilertsen à la contrebasse et Jarle Vespestad à la batterie en sont les musiciens -  c’est en quartette qu’il se produit à Nantes, l’excellent saxophoniste Tore Brunborg ajoutant de nouvelles couleurs à sa musique. Ne manquez surtout pas ce concert événement, seule date française de sa tournée.

 

Jean-Loup Longnon-Jean-Loup Longnon est un grand musicien, un ami de ce blog qu’il anime par ses facéties avec beaucoup de gentillesse (les photos de la récente remise des prix de l’Académie du Jazz). Avec lui, tout est grand, volumineux. Il possède une voix puissante et les tutti de sa trompette brisent les verres un peu fins. Une fois par mois, il occupe le Duc des Lombards avec son enormous big band, dix-sept musiciens qui envahissent non seulement la scène, mais une partie de la salle. A proximité du bar dont il peut à loisir contempler les dives bouteilles, sans porte-voix (il n’en a nullement besoin), il dirige ses hommes, fait résonner trompettes, saxophones et trombones dans un maelström de swing puissant qui charme nos oreilles. Le 22 février au Duc pour deux concerts inoubliables (20h00 et 22h00).


Duc-des-Lombards.jpg-Sunset - Sunside : www.sunset-sunside.com

-Duc des Lombards : http://www.ducdeslombards.com

-Bœuf sur le Toit : www.boeufsurletoit.com

-New Morning : www.newmorning.com 

-Auditorium St Germain : www.mpaa.fr

-Studio de l’Ermitage :www.studio-ermitage.com

-L’Âge d’Or : www.lagedorparis.com

-Grand T : www.legrandT.fr

 

Photos : Jacky Terrasson, Paolo Fresu & Bebo Ferra, Laurent de Wilde, Antoine Hervé, Nagual Orchestra, Jean-Loup Longnon © Pierre de Chocqueuse - Steve Kuhn © ECM Records - Cécile McLorin Salvant © Bruno Denis - Tord Gustavsen Ensemble © Hans-Fredrik Asbjørnsen / ECM Records. 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 14:31

WInter TimeJanvier : un mois froid, un calme difficile à supporter après les lumières des fêtes. La ville repose, fatiguée par ses nuits de veille. Très pieux, Jean-Paul tenait le rôle de Saint Joseph dans la crèche vivante de la paroisse des Saints Innocents. L’un des trois Rois Mages, son ami l’embaumeur, matait curieusement l’Enfant Jésus emmailloté de ses langes. Le lendemain de Noël, Jean-Paul a pris un vol pour le Japon d’où il vient de me faire parvenir ses voeux. Un yakusa richissime a accepté de lui vendre quelques vinyles qui manquent à sa collection. Il profite pleinement de son séjour et passe ses nuits dans les clubs de Tokyo. Paris n’est pas si remuante en janvier. Les disques se font rares et les concerts évènements sont moins nombreux que d’habitude. Celui que donne Patrick Favre au Sunside est pourtant une rare occasion d’entendre le pianiste dans une salle parisienne et, du 4 au 31 janvier, le Duc des Lombards invite à se produire quelques-uns de nos meilleurs jazzmen français. A l’est de la capitale, dans le Val-de-Marne, Sons d’hiver fête 20 ans de concerts. Entre free, afro-beat, rap et musiques improvisées, le festival a la bonne idée de faire venir les pianistes Marilyn Crispell et Geri Allen. Je viens d’apprendre en écoutant la radio que Michel P. 66 ans est l’heureux papa d’un divin enfant né dans une baignoire d’eau chaude. Jean-Paul l’aurait bien remplie de whisky, mais je ne vais pas vous révéler ici ses petits travers. Se geler plusieurs heures dans une crèche vivante mérite le respect. 

Brain, bandeauThomas de Pourquery également. Emu par l’état de son père qui depuis cinq ans développe une maladie neurodégénérative, le saxophoniste organise entre janvier et avril 2011 le premier Brain Festival dont le but est de réunir des fonds pour l’association Neuroligue qui effectue des recherches pour guérir ces maladies dont on ignore les causes. Parrainé par Louis Sclavis, Henri Texier, Andy Emler, Médéric Collignon, François Morel et beaucoup d'autres, le festival démarre le 6 janvier 2011 au Studio de l'Ermitage avec Elise Caron & Denis Chouillet et le MegaOctet d’Andy Emler. Le concert de clôture est un bal qu’offre le 2 avril le Surnatural Orchestra. Tous les musiciens et orchestres participants reverseront à l’association le montant du cachet d'un concert de leur choix. Programmation complète sur www.thebrainfestival.com 

P.-S./ Est-il besoin de préciser que Michel P. l’heureux papa est Michel Polnareff.

 

Laurent de WildeQUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

-Outre Elise Caron et le MegaOctet au studio de l’Ermitage le 6, Laurent de Wilde s’installe au Sunside les 6 et 7 janvier avec Matthias Allamane à la contrebasse et Donald Kontomanou à la batterie. Laurent délaisse parfois le jazz pour explorer de nouveaux sons, confronter son piano à un ordinateur, à un « ordibroyeur » comme il le rappelle avec malice dans les notes de pochette de son dernier disque réalisé avec Otisto. C’est toutefois lorsqu’il joue du jazz acoustique en trio que Laurent impressionne le plus. Il possède un goût très sûr et sa riche palette harmonique comble tout amateur de beau piano.

 

Ping Machine-J’ai déjà noté la date du 7 janvier dans mon nouvel agenda. Ping Machine se produit ce soir-là au Studio de l’Ermitage. Confié au guitariste Frédéric Maurin, ce big band fait des étincelles. Il comprend de bons solistes et une sonorité d’ensemble dont bénéficient les compositions du leader. Il a souvent occupé la scène de l’Olympic Café l’an dernier et entreprend une tournée dans l’hexagone avant l’enregistrement en Allemagne d’un second album. Le pianiste Benjamin Moussay et son trio - Arnaud Cuisinier à la contrebasse et Eric Echampard à la batterie - complètent la soirée. - Toujours le 7, mais aussi le 8, le Duc des Lombards accueille le trio du contrebassiste Jean-Philippe Viret avec Edouard Ferlet au piano et Fabrice Moreau à la batterie. Leur dernier album s’intitule “Pour”. Sa finesse, l’élégance des compositions nous le fait totalement approuver.

A. Saada

 

-Le 10 au Sunside, Alexandre Saada présente son dernier album, un enregistrement de pièces en solo délicatement ciselées qui ouvrent des portes sur des paysages oniriques. Avec “Present”, le pianiste revient à un jazz acoustique au sein duquel se révèle sa sensibilité, son goût pour l’harmonie et l’improvisation. Il possède un solide bagage technique acquis auprès du pianiste et compositeur argentin Carlos Roque Alsina. Philippe Baden Powell le rejoindra pour un second set plus brésilien, Fender Rhodes et piano se voyant conviés à la fête.

 

Longnon © P. Marchin-Le big band de Jean-Loup Longnon c’est un peu le soleil de juillet qui rend visite au cœur de l’hiver. On ne sait trop comment les dix-sept musiciens pourront tous tenir sur la scène du Duc des Lombards le 10, mais Jean-Loup est capable de diriger sa formation derrière le bar, de mettre le swing à ébullition à distance. Pas besoin de micro pour sa voix puissante, presque un porte-voix  Attention aux verres lorsqu’il soufflera dans sa trompette ! Trompettes, trombones, anches croisent leurs lignes mélodiques, jouent une musique festive et mettent les solistes en valeur.

T. Enhco

-Thomas Enhco au Duc des Lombards le 12 avec Chris Jennings à la contrebasse et Nicolas Charlier à la batterie. Troisième lauréat du récent concours Martial Solal, le jeune pianiste défend un jazz mélodique qui reste ancré dans la tradition des maîtres du genre. Il possède un impressionnant bagage technique et étonne par sa connaissance du bop, sa capacité à faire chanter ses phrases, à peindre de délicats paysages harmoniques. En attendant un nouvel enregistrement en fin d’année (son précédent, “Someday My Prince Will Come” date de janvier 2009), on ne manquera pas d’aller écouter son piano prometteur en concert.

 

Patrick Favre-Auteur de trois disques magnifiques en trio, l’avignonnais Patrick Favre joue trop rarement à Paris. Le Sunside l’accueille avec son trio le 20 janvier. On s’y précipitera pour découvrir et écouter la musique intimiste et profonde d’un pianiste exigeant et sensible. Patrick place le son, la mélodie, l'harmonie au coeur de son travail, de ses préoccupations esthétiques. Ses musiciens, Gildas Boclé à la contrebasse et Karl Jannuska la batterie, approfondissent avec lui sa quête mélodique, offrent un contrepoint pertinent et fluide à ses improvisations modales. Patrick organise ainsi les notes du rêve, joue peu d’accords, mais en explore toute la richesse.

 

Nicolas-Folmer.jpg-Nicolas Folmer se produit régulièrement au Duc des Lombards avec son orchestre. Après y avoir enregistré en 2009 un album avec le saxophoniste Bob Mintzer, le trompettiste convie Daniel Humair à ses agapes jazzistiques le 21. Le batteur aime rencontrer des musiciens qui le stimulent et la grande technique que possède Folmer lui permet de jouer un bop moderne et virtuose au sein duquel l’imprévu tient une large place. Alfio Origlio au piano et Jérôme Regard à la contrebasse complètent la section Manuel Rochemanrythmique.

- Le même soir, mais aussi le 22, Manuel Rocheman occupe le Sunside avec Mathias Allamane à la contrebasse et Matthieu Chazarenc à la batterie. Ceux d’entre-vous qui ont assisté au concert que le pianiste donna récemment Salle Gaveau ne doutent pas de sa grande forme. Ce grand technicien du piano n’hésite pas à improviser, à raconter de longues histoires dans lesquelles se manifestent son souci de la forme et une sensibilité qu’il n’hésite plus à exprimer.

 

Edouard Bineau-Après un concert triomphal au Sunside en novembre, Edouard Bineau investit le Duc le 24. Le dernier disque du pianiste séduit un large public et accumule les récompenses. Choc Jazz Magazine / Jazzman de l’année 2010, “Wared” Quartet est aussi l’un des douze albums primés dans ce blog. Plus musclée et binaire que celle qu’il joue d’habitude en trio, la musique du pianiste bénéficie de l’énergie que Daniel Erdmann lui apporte. Saxophoniste puissant, ce dernier souffle des notes brûlantes avec une sonorité aussi énorme que personnelle. Certains morceaux bénéficient de l’alto de Sébastien Texier et autorisent de passionnants dialogues de saxophones. Le contrebassiste Gildas Boclé assure d’admirables chorus à l’archet et Arnaud Lechantre rythme avec à Mathieu Blochpropos une musique lyrique inspirée par le blues.

 

-Ceux qui auront manqué le Nagual Orchestra à l’Âge d’Or le jeudi 19 (le quintette s’y produit les troisième jeudi de chaque mois à 20h30), pourront les écouter au Sunside le 26. Vainqueur des Trophées du Sunside en 2009, la formation de Mathieu Bloch prépare un nouvel album que nos oreilles impatientes réclament déjà. Florent Hubert (saxophone ténor et clarinette), Olivier Laisney (trompette), Alexis Pivot (piano) et David Georgelet (batterie) entourent la contrebasse de Mathieu, qui organise, cimente et rythme les inventions du groupe.

 

Marilyn Crispell-Parmi les concerts que programme le festival Sons d’Hiver, relevons celui que donnera en solo le 25 à Arcueil (espace Jean Vilar) Marilyn Crispell. Grâce à son grand sens de la forme, la pianiste parvient à rendre lyriques ses phrases souvent abstraites, à faire chanter et respirer un piano tumultueux, une musique ancrée dans une esthétique free que tempère le silence. - L’ONJ au théâtre du Châtelet le même soir (20h30) dans deux programmes : “Shut Up and Dance” avec une chorégraphie de Blanca Li et “Broadway in Satin” consacré à Billie Holiday avec Sandra Nkaké et A. HervéJohn Greaves en invités. 

 

-N’oublions pas la leçon de jazz qu’Antoine Hervé donne une fois par mois à l’auditorium Saint-Germain aka (also known as) la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs. Le 28, Oncle Antoine nous raconte la belle histoire de Charlie Parker, l’étoile filante du be-bop. Au saxophone alto, Pierrick Pedron se glissera dans la peau de l’improvisateur virtuose qui renouvela le langage du jazz.

 

Geri Allen-Autre concert "Sons d’Hiver" à ne pas manquer, celui que donne Geri Allen et son groupe Timeline le 28 au théâtre Paul Eluard de Choisy-Le-Roi. Outre un magnifique album en solo chroniqué dans ce blog, la pianiste de Détroit a publié cette année un enregistrement live avec cette formation associant les rythmes d’un danseur de claquettes (Maurice Chestnut) aux musiciens de son trio, Kenny Davis à la contrebasse et Kassa Overall à la batterie. Débordant d’idées mélodiques Allen, lyrique, virtuose et impétueuse fait sonner son instrument R. Urtreger©P. Marchincomme les cloches de Notre-Dame.

 

-Le roi René Urtreger au Duc des Lombards les 28 et 29 pour une cure salvatrice d’un bop allègre et intemporel. Ecouter le pianiste fait du bien, réchauffe nos vieux os refroidis par l’hiver. Il est un peu chez lui au Duc, tout comme les musiciens qui l’entourent. Eric Dervieu rythme ses musiques depuis de longues années. Mauro Gargano joue une contrebasse très musicale et assure avec ce dernier des tempos très solides. Au saxophone alto et à la flûte, Hervé Meschinet introduit des couleurs au sein d’un discours musical constamment irrigué par le swing. Sylvain Gontard remplace Nicolas Folmer à la trompette, mais la musique n’en reste pas moins tout aussi vivante et recommandable.  

 

M. Copland - R. Del Fra- Marc Copland occupe le Sunside les mêmes soirs (28 et 29 janvier). Nuançant constamment sa musique par un jeu de pédales très sophistiqué, le pianiste donne de l’importance à la couleur et à la dynamique de ses notes et joue un piano qui ne ressemble pas aux autres. Il se produit souvent dans mon club préféré de la rue des Lombards et aime faire chanter son instrument avec divers trios.  Billy Hart (batterie) et Riccardo Del Fra (contrebasse) comptent parmi les accompagnateurs qu’il apprécie. On a entendu Marc et Billy cet été aux arènes de Montmartre au sein du groupe Contact. Il y a un an, le pianiste et Riccardo jouaient en duo dans ce même club. L’union fait la force et celle des trois hommes ne peut que générer de l’excellente musique.

 

- Toujours le 28 et le 29, mais aussi le 30, Aldo Romano retrouve Henri Texier, Géraldine Laurent et Fabrizio Bosso au Sunset pour célébrer la musique de Don Cherry. Leur répertoire comprend également des compositions d’Ornette Coleman. Pour vous donner une idée de la musique brûlante et virevoltante que joue le quartette, écoutez “Complete Communion to Don Cherry”, album publié il y a quelques mois chez Dreyfus.

 

McClung - Elangué-Né à Clamart de parents camerounais, le saxophoniste Jean-Jacques Elangué joue souvent au Baiser Salé. Son quartette Shades of Ouïdah comprend Alain Jean-Marie au piano Daryl Hall à la contrebasse et Simon Goubert à la batterie. Tom McClung est le pianiste d’Archie Shepp. Les deux hommes ont enregistré en décembre 2009 au studio de Meudon “This is You” (Blang Music), album dans lequel ils dialoguent avec lyrisme, créent un jazz particulièrement inventif, signent de bonnes compositions originales et nous offrent une poignante version de Fleurette Africaine d’Ellington. Ils se produisent en duo au Sunside le 31 janvier. On ne manquera pas leurs échanges musicaux, conversation amicale pesant son poids de notes.

 

Son d'Hiver, visuel-Studio de l’Ermitage : www.studio-ermitage.com

-Sunset - Sunside : www.sunset-sunside.com 

-Duc des Lombards : http://www.ducdeslombards.com 

-L’Âge d’Or : www.lagedorparis.com 

-Festival Sons d’hiver : www.sonsd’hiver.org

-Théâtre du Châtelet :www.chatelet-theatre.com 

-Auditorium St Germain : www.mpaa.fr

 

Photos : Laurent de Wilde, Alexandre Saada, Nicolas Folmer, Manuel Rocheman, Mathieu Bloch, Antoine Hervé, Marc Copland & Riccardo Del Fra  © Pierre de Chocqueuse – Jean-Loup Longnon, Thomas Enhco, René Urtreger © Philippe Marchin - Patrick Favre © Ivan Da Silva - Edouard Bineau © Didier Gerardin - Marilyn Crispell © Roberto Masotti / ECM - Geri Allen © Motema Records - Tom McClung & Jean-Jacques Elangué © Sarah Leguern  

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 16:18

PianoDécembre : l’année jazzistique qui s’achève a vu profusion de concerts et de disques. Au regard de toutes les manifestations qu’elle accueille, Paris est très probablement la capitale européenne du jazz avec des clubs très actifs qui programment en permanence musiciens français et étrangers. Le Sunside qui ouvrit ses portes le 13 octobre Encart-Sunside-267-x-672000 fête son dixième anniversaire dans ses murs de la rue des Lombards, mais aussi au New Morning du 4 décembre au 8 janvier prochain. Stéphane Portet a mijoté une solide programmation, l’élite des musiciens de jazz que l’on aurait tort de bouder. N’allez pas croire que les jazzmen font tous de la bonne musique. Leur niveau technique impressionnant pallie souvent un manque affligeant d’imagination, masque une méconnaissance totale de l’histoire du jazz. Au lieu de continuer à jouer des standards, nombre d’entre eux enregistrent leurs propres compositions, des morceaux dans lesquels on peine à distinguer un thème, une ligne mélodique. Les rythmes ternaires ne semblent pas non plus séduire ces jeunes musiciens qui pour se distinguer évitent soigneusement de partir de ce qui a été fait avant eux. Sous l’appellation jazz se niche ainsi des musiques parasitées par le rock, la techno, l’électro et qui n’ont rien à voir avec le genre. Il en résulte une pléthore d’enregistrements médiocres qui se retrouvent à grande vitesse chez les soldeurs. Le jazz pourtant se porte bien. Grâce à une minorité de musiciens créatifs qui chaque année créent des œuvres fortes que l’on aura toujours envie d’écouter. Je pense bien sûr à la “Tectonique des Nuages”, opéra jazz événement de Laurent Cugny enfin commercialisé. Une quarantaine de bons disques ont fait l’objet de chroniques cette année dans ce blog. J’en ai confié d’autres à Jazz Magazine / Jazzman qui publie ce mois-ci la liste de ses Chocs de l’Année, douze nouveautés, une réédition, un coffret et un DVD. Je compte mettre les miens en ligne à la mi-décembre, juste avant de mettre ce blogdechoc en sommeil jusqu’au début du mois de janvier. Bonnes fêtes à tous.     

 

QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

Dan Tepfer, cover-Le pianiste Dan Tepfer à Radio France (Studio Charles Trenet, 17h30) le 4 décembre et le même soir au Sunside avec son trio américain, Thomas Morgan à la contrebasse et Ted Poor à la batterie. J’aime beaucoup son album en duo avec Lee Konitz, moins son nouveau disque toujours sur Sunnyside. Il l’a peut-être enregistré un peu vite, avant d'en roder les morceaux sur scène. Pour ne pas s’arrêter sur une impression mitigée, on goûtera en concert ses belles idées harmoniques, sa virtuosité délicatement tempérée.

Dave Liebman (a)

 

-Le saxophoniste Dave Liebman au Sunside le 6 avec Vic Juris à la guitare, Tony Marino à la contrebasse et Marco Marcinko à la batterie. Au programme : la musique d’Ornette Coleman, grand créateur de thèmes dont certains sont aujourd’hui des standards. Et puis Dave joue aujourd’hui davantage de ténor. Une autre bonne raison pour aller l’écouter.

 

D. Lockwood 2 © Thomas Dorn-Les nombreux jazz fans qui arpentent la rue des Lombards et apprécient Didier Lockwood vont être comblés. Le violoniste en occupe les clubs pendant cinq soirs. Il commence par envahir le Sunside le 8 et le 9 avec ses Jazz Angels, un groupe réunissant le trompettiste David Enhco, le pianiste Thomas Enhco, le contrebassiste Joachim Govin et le batteur Nicolas Charlier, tous de talentueux et prometteurs jeunes musiciens (concerts à 20h et à 22h). Le 10 et le 11 (toujours à 20h et à 22h), Didier retrouve au Baiser Salé le guitariste The Jazz Angels © Ph. Levy-StabJean-Marie Ecay, l’organiste Benoît Sourisse et le batteur André Charlier. Didier achève sa tournée des clubs le dimanche 12 en donnant deux concerts en trio au Duc des Lombards (20h et 22h) avec le guitariste Philip Catherine et le contrebassiste Diego Imbert. Soit trois formations différentes dans trois cadres différents. Une initiative de S. Domancichl’association Paris Jazz Club www.parisjazzclub.net

 

-Le 9 au Triton, la pianiste Sophia Domancich présente “Snakes and Ladders” son surprenant dernier album construit autour de chansons. John Greaves et Himiko Paganotti prêtent leurs voix à d’inclassables miniatures sonores proches du rock et de la pop anglaise des années soixante et soixante-dix. Les claviers de Sophia et les guitares de Jef Morin entrecroisent les notes d’une musique aussi envoûtante qu’intimiste.

 

Paolo Fresu (b)-La présence à Paris du mythique quintette italien de Paolo Fresu est toujours un événement. Le Sunside l’accueille deux soirs de suite, les 10 et 11 décembre. Fondé en 1984 à l’initiative du trompettiste et du pianiste Roberto Cipelli, il prit sa forme actuelle dès l’année suivante et compte aujourd’hui vingt-cinq ans d’existence. Outre Fresu et Cipelli, il réunit Tino Tracanna aux saxophones soprano et ténor, Attilio Zanchi à la contrebasse et Ettore Fioravanti à la batterie. Même si ses très nombreux disques se ressemblent, le dernier “Songlines / Night & Blue” est aussi bon que les autres, ce quintette sous influence – le second quintette de Miles Davis reste sa principale source d’inspiration – enchante toujours par son lyrisme.

 

-On reste en Italie avec le duo Musica Nuda attendu le 16 au Sunset. Petra Magoni en est la voix et Ferruccio Spinetti la contrebasse. Tous deux parviennent à tenir en haleine leur public par un répertoire éclectique et une parfaite maîtrise de leur art. Petra chante ce qu’elle veut avec une facilité déconcertante. Quant à Ferruccio, sa belle contrebasse chante constamment les Nagual Orchestranotes du rêve.  

- Toujours le 16, les curieux iront découvrir le Nagual Orchestra en résidence à l’Âge d’Or, 26 rue du Dr. Magnan 75013 Paris, les troisième jeudi de chaque chaque mois  (concert à 20h30). Vainqueur des Trophées du Sunside en 2009, ce quintette prometteur de jeunes musiciens fondé en 1999 par le contrebassiste Mathieu Bloch propose un jazz moderne inspiré. Outre Mathieu, les membres du groupe sont Florent Hubert (saxophone ténor et clarinette), Olivier Laisney (trompette), Alexis Pivot (piano) et David Georgelet Antoine Hervé © Philippe Levy-Stab(batterie).  

 

- La leçon de jazz d’Antoine Hervé se poursuit également le 16 à 19h30 à l’auditorium Saint-Germain (la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs, faut-il le préciser). Oncle Antoine nous parlera ce mois-ci de Duke Ellington.  

Laurent Mignard

- On reste avec Ellington car le même soir, le Duke Orchestra de Laurent Mignard investit l’Entrepôt pour célébrer Noël (à 20h 15 et à 22h). L’orchestre nous promet de nombreuses surprises, raretés et inédits du Duke, standards préférés à la demande… Il comprend de grands solistes dont André Villéger et Nicolas Montier (saxophones) et François Biensan (trompette). Philippe Milanta en est le pianiste, Bruno Rousselet le contrebassiste et Julie Saury la batteuse. Du grand jazz, joué par de talentueux musiciens qui vous transportent au septième ciel. Un concert organisé par l’association La Maison du Duke : www.maisonduduke.com

Andre-Villeger.jpg

 

-On retrouve le saxophoniste André Villéger le 18 décembre à la Maison de Radio France (Studio Charles Trenet à 17h30) pour un concert avec Michel Perez (guitare), Gildas Boclé (contrebasse, il en joue merveilleusement à l’archet) et Arnaud Lechantre (batterie), Boclé et Lechantre constituant la section rythmique du Wared Quartet d’Edouard Bineau, Choc de l’année Jazz magazine / Jazzman.

Sounds-Quartet.jpgAu même programme, le Sounds Quartet du contrebassiste Marc Buronfosse n’est pas à négliger. J’ai fait l’éloge de leur album dans ce blog en mai dernier, un recueil de neuf compositions originales admirablement ciselées, chacune d’elles possédant des couleurs spécifiques. Jean-Charles Richard (saxophones), Benjamin Moussay (claviers) et Antoine Banville (batterie) développent avec Marc une musique foisonnante et Affiche soirée TSFlyrique qu’il est urgent de découvrir.

 

-Le 20, TSF organise sa soirée Jazz de l’année à l’Olympia. Depuis plus de deux ans que ce blog existe, cette radio ne communique pas. A-t-elle au moins une attachée de presse ? Il faut pêcher par la bande l’information que je vous retransmets. Outre le big band d’Ivan Jullian comme orchestre de cérémonie, douze formations sont attendues sur scène. Le trio de Jean-Philippe Viret, le duo José James / Jef Neve, l’Edouard Bineau Wared Quartet, David Linx valent à eux seuls le déplacement.

Surnatural-Orchestra.jpg

 

-Le Surnatural Orchestra fête ses dix ans d’existence au Studio de l’Ermitage le 20 et le 21. Difficile de décrire cette fanfare d’une vingtaine de musiciens qui alignent flûtes, trompettes, trombones, saxophones, tuba et soubassophones aux pavillons rutilants. On assiste à un vrai spectacle au sein duquel la petite musique des flûtes accompagne le tonnerre des cuivres, les lignes mélodiques élégantes des anches. Deux concerts évènements à ne pas manquer.

David Murray

 

-David Murray le 21 Salle Pleyel pour jouer et célébrer Nat King Cole « en Español ». Son disque n’est pas très bon. Sur scène, c’est une tout autre histoire. Les cordes de la Philharmonie Royale de Flandre enveloppent la voix de la grande Omara Portuando et l’orchestre cubain du saxophoniste joue avec beaucoup de cœur une musique festive et généreuse. Quant à Murray, il peut gronder comme l’orage ou jouer des phrases chaudes et sensuelles qui s’enroulent autour des mélodies Son goût pour les dissonances et les vastes sauts d’intervalle ne l’empêche nullement de privilégier un discours mélodique.

Enrico Rava quartet

-Enrico Rava revient jouer au Sunside les 27, 28 et 29. On ne change pas un groupe qui fonctionne. Le trompettiste retrouve donc les musiciens qui l’entouraient dans ces lieux en juin dernier. L’aventure continue avec Aldo Romano son vieux complice à la batterie, Baptiste Trotignon qui fait chanter son piano et surprend par ses audaces et Thomas Bramerie dont la solide contrebasse met du liant entre les instruments de l’orchestre et soutient une architecture sonore à la chaleur transalpine.

 

BFG.jpg-Il y a une dizaine d’années Emmanuel Bex, Glenn Ferris et Simon Goubert mêlèrent suavement leurs instruments respectifs, orgue Hammond B3, trombone et batterie, au sein d’un même trio. D’emblée BFG nous ensorcela par sa sonorité, son riche répertoire trempé dans le blues et le gospel. “Here & Now !”, album enregistré chez Naïve et récompensé en 2001 par le Prix Boris Vian de l’Académie du Jazz  immortalisa leur rencontre. Le groupe ressuscite le 28 au Sunset, le club qui l’a vu naître.

David Linx

-C’est à un pré-réveillon de la Saint Sylvestre que nous sommes conviés le 29 décembre au New Morning (un concert produit par le Sunside dans le cadre des festivités que le club organise pour son dixième anniversaire) Au programme : André Ceccarelli (batterie), Pierre-Alain Goualch (piano) et Diego Imbert (contrebasse) invitent David Linx pour nous faire revivre avec émotion l’univers magique et poétique de Claude Nougaro. Le quartette d’Anne Ducros ensuite avec Benoît de Mesmay (piano), Gilles Nicolas (contrebasse) et Bruno Castellucci (batterie) pour nous préparer à une excellente année 2011.

 

Sunside-10ans.jpg-Maison de Radio France : www.radiofrance.fr 

-Sunset - Sunside : www.sunset-sunside.com

-Baiser Salé : www.lebaisersale.com 

-Duc des Lombards : www.ducdeslombards.com

-Le Triton : www.letriton.com 

-L’Âge d’Or : www.lagedorparis.com

-Auditorium St Germain : www.mpaa.fr 

-L’Entrepôt : www.lentrepot.fr

-Olympia : www.olympiahall.com

-Studio de l’Ermitage :www.studio-ermitage.com

-Salle Pleyel :www.sallepleyel.fr

-New Morning : www.newmorning.com 

 

PHOTOS : Piano, Dave Liebman, Paolo Fresu, Nagual Orchestra, Laurent Mignard, André Villéger, Surnatural Orchestra, David Murray, Aldo Romano/Enrico Rava/Thomas Bramerie/Baptiste Trotignon, David Linx © Pierre de Chocqueuse - Didier Lockwood © Thomas Dorn - The Jazz Angels, Antoine Hervé © Philippe Levy-Stab - Sophia Domancich © Simon Goubert - Sounds Quartet © Laurent Thion

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