Cher Jacquot,
Invités au mariage de Toine, le fils de tonton
Manu et de tata Cathy qui épouse une jeune et jolie hongroise, ta mammy et moi passons
d’agréables vacances en Hongrie. Nous avons visité Budapest,
ville débordante de vieux et sympathiques cafés et sommes actuellement au bord du lac Balaton, dans un hôtel construit dans les années 50 pour l’homo soviéticus et les
camarades hongrois méritants. Presque rien n’a changé. Les postes de garde et leurs barrières dissuasives sont toujours en place. Les gardiens aussi. Ils sont seulement un peu plus vieux. Après
avoir servi la nomenklatura communiste, le personnel du Happy Family Hôtel (photo) qui nous héberge soigne aujourd’hui sans états d’âme les capitalistes qui viennent y marier leurs enfants. Les
chambres confortables et grandes contiennent des lits immenses. J’ose rêver que le camarade Nikita a batifolé dans celui que j’occupe
avec Madame Michu. Les appareils électriques d’époque
ont fière allure. Les aspirateurs exhibent des
corps de spoutniks et les grille-pains ressemblent à des chars miniatures. Celui de l’immense salle dans laquelle nous petit déjeunons fait grincer les rouages métalliques de ses chenilles. Les
serveurs très stylés de l’hôtel ont gardé quelque chose des procès préfabriqués, des grandes épurations, la peur de finir leur service au goulag. La musique n’est pas vraiment excitante,
Duke Ellington n’ayant pu voyager jusqu’ici. Bruyante et improbable, mélange d’accordéon synthétique et de flonflons magyars, elle pousse à de
savants et pénibles déhanchements. Les vins toutefois restent excellents, mais Madame Michu veille. Un maître d'hôtel compréhensif
(photo de droite) me sert des verres de tokay en cachette, m’abreuve de fines
liqueurs. J’ai surtout eu l’occasion d’étancher ma soif – il fait très chaud, autour des 40° – lors du mariage de
Toine, une fête comme ta grand-mère et moi en avons rarement vu, avec croisière sur le lac, lancer de ballons et feu d’artifice. J'ai
fait valser Madame Michu. Elle s’est couchée tôt. J’en ai profité pour danser avec la mariée, faire tourner
Olya, Anikó, Maria, Szilvia, Belisa, ses jolies copines.
Je t’écris dans une solitude quasi-complète. La noce est finie. L’hôtel, qui hier encore résonnait des rires des convives, est aujourd’hui désert. Ses longs couloirs n’abritent que des fantômes. Déjà les soirées sont plus fraîches. Le goût amer de l’arrière-saison accompagne l’entrée du soleil dans le signe de la Vierge et son coucher est magnifique.
Il est temps pour nous de regagner Paris, de se plonger dans un grand bain de jazz, ceux très chauds qui abondent en Hongrie n’offrant pas le même plaisir. Le jazz me manque. J’espérais en écouter au Budapest Jazz Club. Madame Michu et moi l’avons trouvé portes closes après une longue déambulation nocturne, le club fermant au mois d’août.
Sais-tu cher Jacquot que le festival de jazz de la Villette accueille cette année Jacky Terrasson, Kenny Barron, Geri Allen, Bill Carrothers, Marc Copland, des pianistes que j’affectionne ? Fin septembre (les 28 et 29), Provins organise un premier Duke Festival et invite Laurent Mignard et son Duke Orchestra. J’espère que la quincaillerie médiévale qu’on y trouve ne te fera pas reprendre tes mauvaises habitudes. Contrairement aux bons vins, les clous rouillent. Tu en as fait l’expérience en adoptant naguère la panoplie du parfait gothique. L’élégance ellingtonienne te sied mieux. Elle donne des joues roses, un sourire naturel, des jambes fines et légères pour courir les concerts.
Affectueusement
Papy Michu
UN FESTIVAL QUI INTERPELLE :

Comme chaque année la Cité de la musique et la Grande Halle de la Villette accueillent un large choix de musiques aussi diverses que variées. Le jazz y est bien représenté. Les Michu éviteront les groupes post free et post moderne qui ignorent le swing et privilégient le bruit. Les festivités festivalières ont débuté le 29 août avec David Murray en big band. Elles se poursuivent jusqu’au 9 septembre. Panorama sélectif.
-Le 5 à la Cité de la musique (20h00), Kurt Rosenwinkel rencontre Geri Allen. Leur duo guitare piano peut se révéler enthousiasmant. Les harmonies inhabituelles du
guitariste, son phrasé unique au service de phrases simples et mélodiques devraient idéalement se marier aux harmonies colorées de la pianiste. Cette dernière peut aussi privilégier la tension,
mettre du feu dans ses accords. Elle possède un jeu énergique, mais aime aussi les notes tendres et bleues qu’elle rassemble dans un jeu orchestral, le blues et le groove
imprégnant naturellement sa musique. Au même programme, Lee Konitz retrouve le pianiste Dan Tepfer, une valeur sûre de l’instrument. Ensemble, ils ont enregistré un bel album en 2009, “Duos with Lee” (Sunnyside/Naïve). Bien que manquant un peu de souffle, le
saxophoniste, 85 ans en octobre, séduit toujours par une sonorité fragile et transparente, des lignes mélodiques d’une rare suavité.
-Le 6, dans la Grande Halle (20h00), Jacky Terrasson invite les musiciens qui l’entourent dans “Gouache”, son nouvel album qui vient de paraître (chronique prochaine dans ce blog). Ils ont pour nom Cécile
McLorin Salvant (chant), Stéphane Belmondo (trompette, bugle), Michel
P (clarinette B), Burniss Earl Travis II (contrebasse et basse électrique),
Justin Faulkner (batterie) et Minino Garay (percussions). Le disque, une ode au
bonheur, contient de lumineuses relectures de Oh my Love (John Lennon), Valse Hot (Sonny
Rollins) et C’est si bon, une chanson du pianiste Henri Betti, longtemps
accompagnateur de Maurice Chevalier, chanson qu’Yves Montand et
Eddie Constantine popularisèrent. Chantée par Cécile, Je te veux est une autre perle de cet album qui ne renferme que des
joyaux. Erik Satie en composa la musique. Frissons garantis.
-Marc Copland & Bill Carrothers, deux de mes pianistes préférés, sur la scène de la Cité de la musique le 7 (20h00). Le premier hypnotise par des harmonies flottantes, liquides et transparentes. Maître
de la couleur, il peint avec son clavier, donne de subtiles nuances à ses notes grâce à la finesse de son toucher et à son jeu de pédales qui en brouille les sonorités. Le second s’intéresse aux
musiques de la grande Amérique, des vieux hymnes profanes et religieux, des thèmes de Stephen Foster, le père fondateur. Il surprend par
un discours inattendu au sein duquel cohabitent harmonies majestueuses et notes zigzagantes trempées dans le blues, une musique nostalgique et émouvante que sert un piano mobile et espiègle. Sous
la houlette de Philippe Ghielmetti, Copland et Carrothers ont enregistré ensemble en 2005 “Standardized” (Minium / Discograph). Leur
réunion parisienne constitue un événement. Au même programme, Baptiste Trotignon & Bojan Z. Moins sensible à leur piano, j’ose espérer une bonne surprise.

-Le lendemain 8 septembre (20h00), cette même Cité de la musique accueille Kenny
Barron et Dave Holland, deux maîtres incontestés de leurs instruments respectifs. Pianiste
enraciné dans le swing et le raffinement harmonique, Barron ne dédaigne pas s’ouvrir à des formes musicales contemporaines, pratiquer un jeu plus physique, tenter des expériences
qui lui sont inconnues. Ses partenaires déterminent souvent sa façon de penser la musique. Pianiste caméléon, il s’adapte, prend des risques lorsqu’on le provoque. Sa discographie renferme un bel
enregistrement en duo avec Charlie Haden.
Expression d’une pensée claire et réfléchie, le jeu de contrebasse de Dave Holland devrait ouvrir de nouvelles perspectives à son piano. En première partie de programme, Misja Fitzgerald Michel jouera la musique de Nick Drake, chanteur de folk britannique disparu en 1974 à l’âge de vingt-six ans. Ce
dernier laisse d’exquises mélodies aux harmonies raffinées. Brad Mehldau a repris plusieurs de ses thèmes, Day is Done,
Things Behind the Sun et le magnifique River Man. Misja joue deux d’entre-eux dans “Time of no Reply”
(No Format !) publié l’an dernier. Avec lui pour ce concert, Olivier Koundouno au violoncelle.

-Le 9 à 16h00, deux duos sont programmés à la Cité de la musique. Robert
Glasper, pianiste de tous les possibles – mélange de soul, de hip hop, et de rap, “Black Radio” son dernier album plaît beaucoup à
Circuit 24 – s’associe à Lionel Loueke dont la guitare, bien trempée dans ses
racines africaines, tire des sons venus d’ailleurs. Le pianiste Grégory Privat (fils de José Privat du groupe antillais Malavoi) et le batteur Sonny Troupé assureront la première partie. Toujours le 9, mais à 19h00 et dans la Grande Halle, Archie Shepp
reprend en big band “Attica
Blues“, une ambitieuse œuvre politique de 1972, l’un des rares disques audibles qu’il enregistra pour le label Impulse!, un album culte dont il confia les arrangements à Romulus
Franceschini, Shepp, musicien intuitif, déchiffrant mal la musique. Aujourd’hui apaisé, cet ex-apôtre de la déconstruction qui, dans les années 60, fut
le porte-parole de la communauté musicale afro-américaine en révolte, n’a rien perdu de son lyrisme et conserve son savoir-faire dans le blues et les ballades.
Programme complet : www.jazzalavillette.com
L’actualité très
riche de ce mois me contraint à décaler d’une dizaine de jours les concerts qui interpellent. Ne manquez pas toutefois les trophées du Sunside (11e édition, du 3 au 5 septembre),
occasion de découvrir de nouveaux talents, et les concerts que le Wared Quintet du pianiste Edouard Bineau donnera au Duc des Lombards les 7 et 8 septembre. Avec lui l’excellent saxophoniste Daniel Erdmann (ténor &
soprano), Sébastien Texier (saxophone alto et clarinette), le grand Gildas Boclé à la contrebasse et Arnaud Lechantre à la batterie. Enfin, le jeudi 13, le pianiste François
Couturier et son Tarkovsky Quartet donneront un concert dans le grand auditorium du Collège des Bernardins (20, rue de Poissy, 75005 Paris). Le 16, en l'Abbaye de
Royaumont (Asnière-sur-Oise), ils proposeront "Le temps scellé", création audiovisuelle réalisée avec Andrei A. Tarkovski, le propre fils du réalisateur. Plus de détails
prochainement dans ce blogdechoc.
-Sunset - Sunside : www.sunset-sunside.com
-Duc des Lombards : www.ducdeslombards.com
-Collège des Bernardins : www.collegedesbernardins.fr
-Abbaye de Royaumont : www.royaumont.com
Crédits photos : "Budapest", "Happy Family Hôtel", "Balaton Sunset", "Maître d'hôtel compréhensif", Geri Allen, Jacky Terrasson © Pierre de Chocqueuse – "Valse des Michu" © Annabelle Fouquet – Bill Carrothers & Marc Copland © Cecil Mathieu – Kenny Barron, Dave Holland, Lionel Loueke © Philippe Etheldrède – Misja Fitzgerald Michel © Astrid Souvray – Archie Shepp © Dario Villa – Wared Quintet © Arno Fougères – Robert Glasper © Photo X/D.R. .
J
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-Wilton Felder
-Ambose Akinmusire
-Wynton Marsalis
-Christian Scott
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-Ran Blake
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attention où mettre les dents. Celles, gâtées, de Jacquot
-Jean-Pierre Mas 
-Stephan Oliva
-Danilo Perez
-Al Jarreau
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-Enrico Rava
-Ahmad Jamal
E
consomme et le muguet
celui qui le reçoit. Le convallaria maialis
Monsieur Michu
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-À
depuis plus de dix ans. Malgré le tunnel qui passe dessous et les avions qui le survolent, la Manche reste un mur de Berlin pour les jazzmen. La chanteuse a donc contourné le problème
et traversé l’Atlantique pour enregistrer à New York son nouvel album. Elle s’y produit parfois avec son compatriote
-
« Papy, John Coltrane
- Bien sûr que non Jacquot.
Jacquot
jazz. Malgré les bandages épais qui lui recouvrent le visage (il s’est
fait retirer clous, épingles et chaînettes qui le trouaient de part en part et a bien du mal à cicatriser), Jacquot
-Par la justesse de sa voix et de son phrasé, mais aussi par le choix de son répertoire,
Stacey Kent
même
programme, le quintette du trompettiste
-Jean-Luc Ponty
-Aaron Parks
-Michel El Malem Group
-Fly
-Chick Corea
-Vijay Iyer
-Abordant toutes sortes de musiques, Bobby McFerrin
-Comme précédemment annoncé dans ce blog, sous l’égide de l’Unesco et le patronage de son Ambassadeur de Bonne Volonté
Herbie Hancock
-
U
course qui le fait rêver. Son disque préféré reste toutefois “Auto Jazz / The Tragic Destiny of Lorenzo
Bandini” de Barney Wilen. Ses pétarades de moteurs surchauffés le mettent en extase. Il en a même agrandi la pochette qui recouvre un large pan de mur de son salon.
Jean-Paul n’en apprécie pas la musique. Philippe Etheldrède non plus. Mais Bernard adore. Circuit 24 la lui a fait découvrir,
et ils cherchent des subsides pour mettre sur pied un concert de moteurs. Au prix où est l’essence, nos deux farceurs n’ont peur de rien. Ils comptent se rendre à Aubervilliers écouter
Motor City Remix, de la soul-funk-tecno-rap made in Detroit proposée par Banlieues Bleues dont le festival débute le 16. Éclectique, rempli de musiques telluriques fortement
déconseillées aux Michu, sa 29e édition déconcerte. McCoy Tyner très fatigué n'étant malheureusement plus capable de jouer son piano, un seul concert
m’interpelle en mars. La programmation d’avril est plus conséquente pour l'amateur de jazz bien que John Zorn ne rendra pas nos banlieues plus bleues. Pour ou contre
JZ, la bataille fait rage sous un ciel gris, une conjoncture molle. Toutes ces choses donnent à penser, ce qui fatigue beaucoup la tête.
QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT
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-Guillaume de Chassy
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-Kenny Garrett
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-Dress Code
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-Andy Sheppard 
G
couronne. Il apportait
“Bitches”, le nouveau disque de Nicholas Payton que Philippe Etheldrède également présent s’est empressé de diffuser dans Jazz à Fip. Surprise, le trompettiste
de la Nouvelle-Orléans remplit sa musique de soul, chante, joue tous les instruments et offre à Esperanza Spalding et à Cassandra Wilson de belles parties
vocales. « On dirait un disque de Stevie Wonder » s’exclama Madame Michu qui nous sortit d’un placard “Fulfillingness’ First Finale”, l’un des grands opus de Stevie.
Circuit 24 qui s’était jusque-là contenté de reproduire des bruits de moteur avec sa bouche exhiba alors de son
blouson
d’aviateur “Black Radio”, nouvel opus du pianiste Robert Glasper qui mêle allègrement soul, hip hop, et même rap, dans un festival de couleurs et de rythmes. Ces deux disques,
Frédéric Goaty les chronique dans le nouveau Jazz Magazine / Jazzman. Bien vu Fred ! Ragaillardi par cette soul music festive, le couple Michu accompagné de
Jean-Paul s’est finalement déplacé au concert privé que donnait Herbie Hancock à l’UNESCO le 30 janvier, pour lancer les célébrations du quarantième anniversaire
de la Convention du patrimoine mondial. Le pianiste en profita pour confirmer la date de la première Journée Internationale du Jazz, le 27 avril, sous l’égide de cette institution.
Accompagné par la craquante Esperanza Spalding à la contrebasse, une vraie musicienne, Herbie joua How Deep is the Ocean, River de Joni
Mitchell, Maiden Voyage et Cantaloupe Island. Une prestation un peu gâchée par un batteur people qui, incapable de bien jouer cette musique, de tenir les bons
rythmes, la surchargea de coups de baguettes inutiles.
-Mark Murphy
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paraître, un Choc assurément.
-Ahmad Jamal
-Alexis Tcholakian
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-Jim McNeely
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-Thelonious Monk
- Membre du groupe de Miguel Zenón
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-Claude Carrière
-Prysm
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-Laurent de Wilde 

-Jacky Terrasson 
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Nicolas Folmer & Daniel Humair Project
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-Dave Liebman
fascinant
pour hatOLOGY, “Bookends”, dont je recommande l’acquisition. Copland possède son style propre et cultive un piano aux notes transparentes et tintinnabulantes qui ne ressemble à aucun autre.
Liebman tempère aujourd’hui son ardeur. La férocité de son langage expressionniste s’est beaucoup émoussée au bénéfice d’un jeu mélodique qui se fait plus abordable.
-H
-La Maison des Pratiques Artistiques Amateurs (auditorium St. Germain, 4 rue Félibien 75006 Paris) accueille Antoine Hervé
-Laurent Mignard
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2005, cet habitué de la rue des Lombards est de toutes les jam-sessions. Il connaît le vocabulaire du bop, joue des lignes de blues qui sortent les plus sourds de leur
sommeil, mais aussi de la salsa, de la musique malgache (avec l’
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d’Oscar Peterson en solo, “Unmistakable”. Grâce à un système de reproduction haute résolution, le piano, un Bösendorfer Impérial magnifiquement accordé, joue tout seul la
musique d’Oscar. L’ordinateur contrôle le clavier, les pédales, l’instrument restituant avec une richesse stupéfiante des concerts inédits du pianiste. Si Jean-Paul reste
sceptique, Bernard jubile. Ses robots deviennent réalités. Correctement informé, l’ordinateur fournira demain des nouvelles compositions de Charlie Parker,
Charles Mingus ou Miles Davis. Confiés à des machines intelligentes, les instruments pourront les jouer comme si leurs auteurs étaient toujours vivants. Ne
vient-on pas d’annoncer que la médecine était en mesure de régénérer nos vieilles cellules, leur donner une nouvelle jeunesse, rendre à nos vieilles peaux leur souplesse primitive ?
Manipulation génétique, manipulation sonore, le progrès nous tombe dessus à la vitesse d’un TGV. Pour du bon jazz éternellement ?
français. On pourra l’écouter au Duc des Lombards, le 7 et le 8 avec
-Steve Swallow
-Sonny Rollins
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-Dan Tepfer
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-Larry Willis
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-Harold Mabern
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