MARDI 1 septembre
René Urtreger n’arrête pas de fêter son
anniversaire. Après le Duc des Lombards en juillet, il remet ça au Petit Journal Montparnasse. Normal, on n’a pas tous les jours 75 ans et une année s’étalant sur 365 jours, René étale son
anniversaire sur un an. C’est donc tous les jours fête pour le
pianiste qui
en fait profiter ses amis. Pour les besoins d’un DVD, des caméras filmaient la soirée qu'il ouvrit avec les musiciens de son quintette, Nicolas Folmer, Hervé Meschinet, Mauro
Gargano et Eric Dervieu. Vous pouvez dès à présent les écouter sur disque, le concert du Duc en juillet ayant été enregistré. Consultez ce blog à la date du 6 septembre. René joua donc
Didi’s Bounce, Serena, Thème pour un ami,
Un Poco Loco, des morceaux de son nouvel album, puis en trio Facile à dire et La
Fornarina, Yves Torchinsky remplaçant Mauro Gargano
à la contrebasse. Amis (Anne Ducros, la chanteuse Isabelle Georges avec laquelle René a enregistré un album en duo, Sean Gourley,
le fils de Jimmy Gourley) et parents (Nathalie, Philippe et Nicolas Urtreger) montèrent sur scène et proposèrent un répertoire éclectique, Body &
Soul, Over the Rainbow et Crazy World d’Henri
Mancini côtoyant All My Loving des Beatles et My Song d’Elton John. La fête tout
simplement.
JEUDI 3 septembre
Terminé la lecture de “Mon nom est Rouge“ gros et passionnant bouquin d’Orhan Pamuk (plus de 700 pages en poche), prix du Meilleur livre étranger 2002. Bien que l’histoire soit très différente, l’ouvrage me fait penser au chef d’œuvre d’Umberto Eco, “Le nom de la rose“. Tous deux des
romans policiers, ils témoignent de la gigantesque érudition de leurs auteurs. Orhan Pamuk situe son récit à Istanbul à la fin du XVIe siècle dans le milieu des peintres miniaturistes
de l’atelier du Sultan Murâd III que dirige le célèbre Osman. Après Hérat, Shirâz et Tabriz, l’art de la miniature s’est transporté à Istanbul. Contre toutes les traditions, le Sultan charge
ses miniaturistes d’illustrer secrètement un livre à la manière italienne, de donner l’impression, non d’une image, mais de la réalité. Les peintres vénitiens peignent ce que voient leurs yeux. Les
miniaturistes ottomans peignent avec leur sens, la signification précédant la forme. Ils ne peuvent avoir de style personnel et souhaiter la reconnaissance en imposant leur signature au bas de
leurs tableaux. Ils ne peignent que ce qu’ils contemplent, le monde tel qu’il est vu par le regard de Dieu. Faut-il se montrer original ou rester dans la voie des maîtres anciens ? L’un des
miniaturistes, Monsieur Délicat, un enlumineur, est alors assassiné. Le suspense rejoint des réflexions sur l’Art en général et la peinture en particulier. Un livre
fascinant !SAMEDI 5 septembre
Je rends visite à l’ami Gilles Coquempot qui, depuis 24 ans,
tient Crocojazz, magasin de disques situé 64 rue de la Montagne Sainte Geneviève. Il fournit surtout des vinyles à une clientèle fidèle qu’il sait parfaitement conseiller. Certains le
suivent depuis des années. Le jazz, il en connaît un rayon. Même chose pour le blues qui le berce depuis toujours. Gilles vend beaucoup de disques neufs, des rééditions américaines des catalogues
Blue Note, Impulse !, Prestige, Columbia/Epic, et fait venir toutes les rééditions Fresh Sound en CD. Il a actuellement en stock (et en vinyl) “Basra“ de Pete La Roca sur Blue
Note, “Illumination !“ d’Elvin Jones/Jimmy Garrison sur Impulse ! (en 180 grammes), “Cedar“ de Cedar Walton (avec Kenny Dorham) sur Prestige et le célèbre “Out to
Lunch“ d’Eric Dolphy, l’un des fleurons du label Blue Note. Le magasin est ouvert du mardi au samedi de 11 heures à 13 heures et de 14 heures à 19 heures. On s’y
précipitera.
MERCREDI 9 septembre
Les disques des Beatles remasterisés sont mis en vente aujourd’hui dans des présentoirs amusants, les célèbres cabines téléphoniques rouges que l’on trouve en Angleterre. Le coffret mono (11 CD) coûte plus cher que le coffret stéréo (14 CD + 1 DVD). Les disques sont heureusement disponibles séparément (en stéréo uniquement) et un certain nombre de vinyles ont été pressés. J’achète “Sgt. Pepper“ qui conserve toute sa magie. Le son est incontestablement meilleur que l’édition CD de 1987. Les ingénieurs des studios Abbey Road ont travaillé dessus pendant quatre ans. « A splendid time is guaranteed for all » peut-on lire depuis toujours au dos de la pochette. Pour une fois qu’une pub ne ment pas !
Conférence de presse BeeJazz à l’usine
SpringCourt. Le label connaît un succès commercial sans précédent grâce aux ventes de “Around Robert Wyatt“, premier enregistrement de l’ONJ placé sous
la direction de Daniel Yvinec. Il vient de remporter le prix du
« Meilleur album instrumental de l’année » aux Victoires de la Musique Jazz 2009. Les Parisiens qui n’ont pu assister au concert donné en mai dans le cadre du Festival de St. Germain
des Prés ne manqueront pas un nouveau rendez-vous avec le groupe le lundi 26 octobre au Théâtre Marigny. Au programme : la musique du barde barbu. Quelques-uns des chanteurs et chanteuses de
l’album seront présents. La soirée sera retransmise en direct et en haute définition (image et son) sur Qobuz.Com (TBC). Bee Jazz généralisera dès la fin de l’année ce nouveau concept sous le nom
de « BEElive » (Production et Diffusion de programmes audiovisuels musicaux). Outre des disques du pianiste Edwin Berg et du guitariste Nelson Veras, BeeJazz ajoutera à
son catalogue avant la fin de l’année des enregistrements du pianiste Jozef Dumoulin (“Trees are Always Right“ le 29 octobre), du saxophoniste Stéphane Spira en duo avec le pianiste
Giovanni Mirabassi (“Spirabassi“ le 5 novembre), et du pianiste
Issam Krimi (“Barbara Piano Solo“ le 26 novembre). En préparation : un disque d’André Minvielle avec David Linx consacré à Jon Hendricks. BeeJazz propose
également sur Qobuz http://www.qobuz.com l’intégralité de son catalogue en téléchargement sans compression et dans
une qualité similaire à celle du CD. Issam Krimi (accompagné sur un titre par Olivier Koundouno au violoncelle) et Nelson Veras nous offrirent live quelques morceaux
de leurs albums avant un cocktail au cours duquel Guillaume de Chassy me confia qu’il s’apprêtait à enregistrer à La Buissonne un nouvel album solo. Un autre pianiste, Patrick
Favre, auteur d’“Intense“, un disque que j’aime beaucoup, me révéla avoir terminé l’enregistrement du sien avec Gildas Boclé à la contrebasse et Karl Jannuska à la batterie.
J’en ai également profité pour apprendre la date de sortie du CD de Loren Stillman “Winter Fruits“ sur Pirouet : le 15 octobre.
JEUDI 10 septembre
“Le coq et la pendule“, nouveau CD
d’André Ceccarelli joué au Duc des Lombards. Sur scène, les morceaux s’allongent, prennent de l’épaisseur, de magnifiques chorus se greffant sur leur moelle mélodique. Quelques thèmes en
trio, (un très beau Dansez sur moi), André et Diego Imbert ponctuant subtilement les envolées lyriques de Pierre-Alain Goualch, coloriste
émérite, peintre des claviers. Monté sur scène, David Linx éblouit. Il faut tourner la page, The Meeting Place of
Waters, Mademoiselle Maman au cours
duquel le chanteur scate magnifiquement. Nouvelle série de titres en
trio : Paris mai, occasion pour Pierre-Alain d’improviser brillamment au piano ; Tu verras avec Dédé époustouflant aux balais et une version acoustique de Nougayork, David rejoignant ses complices à la fin du
morceau pour d’étonnantes vocalises. Linx sur scène jusqu’à la fin du concert, inventant des onomatopées sur Une petite fille en pleurs,
Bidonville (qui n’est pas sur le disque), un formidable ‘Round Midnight en rappel pour convaincre les sourds et les
malentendants.
Toujours de bon conseil, Vladimir de la Fnac Montparnasse m’a
fait acheter un disque étonnant qu’il a eu bien du mal à faire venir de Californie. Les quelques exemplaires qui lui sont parvenus après plusieurs mois d’attente ont été vendus dans la journée.
J’en ai fort heureusement récupéré un. “Hometown“ (Positone Records) n’est pas le premier disque que Sam Yahel publie sous son nom, mais c’est le premier disque que cet organiste (de
Joshua Redman notamment) enregistre au piano. Matt Penman à la contrebasse et Jochen Rückert à la batterie l’accompagnent dans cet opus de 2009 enregistré en 2007 qui mêle
compositions originales et reprises parmi lesquelles une version magnifique du Jealous Guy de John Lennon. Le pianiste convoque Thelonious Monk, Eddie Costa, Lennie
Tristano et Brad Mehldau dans des voicings d'une virtuosité éblouissante. Photos © Pierre de Chocqueuse

U







nouveau
disque d’


SEPTEMBRE, les maisons de disques font leur rentrée, mettent en place leurs nouveautés chez les disquaires. Ceux qui restent. Il y a toujours pléthore de
disques, mais il s’en vend de moins en moins. Une simple clé USB peut contenir des centaines de morceaux et les sites de téléchargement gratuits pullulent sur le net. Gratuite la musique ? Une
génération entière n’a jamais fait la démarche d’acheter un disque et, à l’exemple de leur progéniture, de nombreux adultes téléchargent gratuitement la musique sur leurs ordinateurs. Comment
fermer la boîte de Pandore de la gratuité sans s’attaquer aux fournisseurs d’accès illégaux ? Avouons que la politique commerciale des majors est pour le moins incohérente. Leurs CD ne
cessent de changer de prix ce qui, pour de nombreux mélomanes, leur enlève toute valeur réelle. 20€ les 4 CD, dans certains magasins avant l’été. La grande braderie ne fait que
commencer !
LES CONCERTS DE SEPTEMBRE
- Le 5, Christian Escoudé récidive au Sunset, mais en quartette avec Geraldine Laurent au saxophone alto, Benoît Sourisse à
l’orgue et Anne Paceo à la batterie.
très bien sur scène.
voix de velours, une
légende ! Le 13, à la Grande Halle de la Villette, Ahmad Jamal et son groupe habituel rencontrent Yusef Lateef et Archie Shepp. Faisons leur confiance pour colorer
l’univers orchestral d’un pianiste qui, au meilleur de sa forme, a donné un fantastique concert cet été à Marciac.
batterie.
piano jazz Martial Solal (1989) nous rend rarement visite. Il reste l’auteur d’un disque fascinant chez Columbia, “Anadolu“, un enregistrement new-yorkais de
1992 dans lequel son piano répond à la trompette de Jon Faddis, au trombone de Dave Bargeron, au saxophone ténor de Bob Mintzer, au soprano de Dave Liebman, à la
contrebasse de Dave Holland et à la batterie de Peter Erskine. Le pianiste a enregistré d’autres albums. Le plus récent que je possède, "Living", date de 2001. Miroslav
Vitous y tient la contrebasse et Vinnie Colaiuta la batterie. Aydin Esen joue aussi des claviers électriques et des synthétiseurs, possède son propre univers musical et ne
manquera pas de nous surprendre.
- Le 23 et le 24, le Jean Toussaint – Sangoma Everett Quartet s’installe au Duc des Lombards. Le premier fut le ténor des Jazz
Messengers de 1982 à 1987. Le second a joué de la batterie avec Dizzy Gillespie, Johnny Griffin et bien d’autres. Kirk Lightsey au piano et Riccardo Del Fra à la
contrebasse complètent le groupe. Egalement le 24, mais au Sunside, le pianiste Laurent Coq présente les musiques de son dernier album “Eight Fragments of Summer“ avec un quartette
d’excellents musiciens : Olivier Zanot à l’alto, Yoni Zelnik à la contrebasse et Donald Kontomanou à la batterie.
premier disque sur Bee Jazz, le pianiste hollandais Edwin Berg donne
un concert au Duc des Lombards avec Eric Surmenian à la contrebasse et Fred Jeanne à la batterie, tous deux présents sur ce nouvel opus. Toujours le 30, le quartette du
contrebassiste Diego Imbert ( David El-Malek, Alexandre Tassel et Franck Agulhon) se produit au New Morning avec de nouvelles compositions et un nouvel
album.
P


Bertrand. Trompettiste émérite, Nicolas est aussi un excellent
arrangeur qui soigne la forme de ses compositions, leur apporte des couleurs et les met en valeur. Au Duc, il enregistre live son prochain disque et nous fait découvrir de nouveaux
morceaux. Cinq d’entre eux apparaîtront sur “Out off the Beaten Tracks“, titre du futur album. Le second concert (je n’étais pas au premier) frôla la perfection. La musique, du bop moderne,
offrit de nombreux moments de grande virtuosité. Thèmes souvent exposés à l’unisson par les deux souffleurs, chorus acrobatiques portés par une section rythmique solide, Jérôme
Regard et Benjamin Henocq la trempant dans un swing de tous les instants. Le groupe nous gratifia de ballades superbes, Mintzer, ravi de jouer ce répertoire, nous
comblant de chorus lyriques peuplés de notes bleues.
dynamique de l’instrument . « Ce Mabern est un meuble », entends-je dire mon voisin. Il ne croit pas si bien dire : le pianiste est un roc qui résiste à toutes les attaques de
ses partenaires, en particulier Eric Alexander qui croise le fer avec lui et le pousse à se surpasser. Harold Mabern reste bien le patron et conduit le bal. Il
contraint Alexander à jouer son meilleur saxophone, à tenir de longs chorus de ténor qu’il construit avec finesse et à-propos, sa sonorité un tantinet nasillarde évoquant un alto, Darryl
Hall à la contrebasse et Joe Farnsworth à la batterie, tous deux excellents, arbitrant cette rencontre au sommet.
C'est au tour de Nicolas Folmer de rejoindre au Duc le groupe de Bob Mintzer. Pour deux concerts enregistrés, Nicolas souhaitant
inclure deux morceaux dans son disque. A la tête de son groupe, le saxophoniste reprit donc plusieurs compositions de Nicolas – Fun Blues, Iona, Le Château de
Guillaumes – , ses musiciens leur apportant une couleur, une dynamique particulière, le bop restant à l’honneur dans ce répertoire de compositions originales. Phil Markowitz
ne le joue pas comme les autres. Il y a du Monk chez ce pianiste qui assure des contrepoints délicats, prend son
temps pour remplir ses chorus d’harmonies aussi poétiques que singulières,
petites phrases entrecoupées de silences aussi heureux qu’inattendus. Dès le second morceau du second set, le groupe tournait comme un moteur de Ferrari sur un circuit de Formule 1, installait
une quasi-perfection au cœur de sa musique. Contrebasse (Jay Anderson) et batterie (John Riley) la rythmaient fiévreusement, le batteur faisant preuve d’une
grande finesse dans les ballades. Sur tempo rapide, Folmer et Mintzer nous offrirent des chorus époustouflants de technique et de musicalité. Le groupe joua un thème de Markowitz, l’acrobatique
M.D.A. bien trempé dans le bop, et reprit le célèbre I Got Rhythm de George Gershwin, le pianiste nous régalant d’improvisations débordantes de notes étranges
et colorées.
LUNDI 20 juillet
festivals de l’été. On lui préfère des grandes stars dont on paye à prix d’or les médiocres prestations. Directeurs du festival Les Arènes du Jazz, Emmanuel Dechartre et
Jean-François Foucault sont les seuls en France à avoir offert une date au trio. Dans un lieu un peu magique, les arènes de la butte Montmartre, un jardin suspendu au pied du Sacré-Coeur. Le
temps s’y est arrêté quatre-vingt-dix minutes lundi dernier, à l’écoute d’une musique intense accordant une large place à la beauté. Le trio commença par la pièce maîtresse de son disque,
Independency, une longue suite en quatre parties écrite en 2005 pour fêter le centième anniversaire de l’indépendance de la Norvège. Une composition introduite par une contrebasse
saupoudrée d’effets électroniques, Arild Andersen ne dédaignant pas mettre une séquence mélodique ou rythmique en boucle afin de renforcer l’aspect onirique de sa musique. Tommy Smith
s’empare alors du thème et souffle des notes brûlantes pour embraser le ciel. Son saxophone 
ténor grogne, éructe avec puissance. Apaisé, il devient
tendre et lyrique, rejoint par une contrebasse mélodique maniée par des doigts agiles. Chaque corde sonne comme le grondement de la montagne et sert des mélodies issues du folklore scandinave. Car
si le vocabulaire harmonique est celui du jazz, Arild Andersen le mêle à sa propre culture. Il reprend Prelude to a Kiss de Duke
Ellington, Outhouse est construit sur les structures du bop, mais
les paysages qu’il évoque sont ceux des aurores boréales, des jours qui ne veulent pas mourir. Le saxophone de Tommy Smith est la corne de brume des grands pays vikings. Né en Italie, mais
vivant en Norvège depuis trente ans, Paolo Vinaccia ressemble à l’un d’eux. Il joue de la batterie comme un percussionniste et peut tout aussi bien caresser les peaux de ses tambours que les
marteler vigoureusement. Sa complicité avec le contrebassiste est manifeste sur tempo rapide. Tommy Smith peut ainsi nous plonger à loisir dans un jeu fiévreux et énergique. Jouée en rappel,
Dreamhorse, une ritournelle chantante et pleine de charme, la dernière pièce de l’album, donna lieu à une suite d’échanges splendides entre le ténor et la contrebasse, les deux instruments
rivalisant de lyrisme sous l’arbitrage d’un batteur attentif au chant de ses rythmes.
LUNDI 13 juillet
beaucoup à la fin de With A Song in my Heart, un thème qu’il affectionne. S’il égraine parfois des chapelets de notes, il choisit les plus tendres, se plaît à
assembler de riches harmonies, à faire sonner son piano avec élégance, sa grande technique lui permettant de varier son jeu pour mieux nous éblouir. L’étendu de son vocabulaire harmonique trahit sa
culture classique. Il mêle des harmonies européennes à des lignes de blues, le pianiste romantique tendant la main au bopper fiévreux. If I Should Loose You fut une pluie de notes bleues.
All The Things Are You, une pièce « à la Monk » et clin d’œil au célèbre All The Things You Are, lui permit d’accorder de longs chorus à ses musiciens. Une magnifique version de
Soul Eyes dédiée à John Betch présent dans la salle fut longuement applaudie. Célébrant John Coltrane, Kenny reprit avec brio 26-2, une des compositions Atlantic du
saxophoniste et dans Ballad for Trane, un de ses morceaux, adopta un
jeu sensuel en totale osmose avec ses musiciens. C’est d’ailleurs en trio (contrebasse et batterie) qu’il a enregistré ses plus beaux albums : “Introducing the Trio“ et
“Press Enter“ avec Ratzo Harris et Tom Rainey pour Sunnyside ; “A Delicate Balance“ avec Dave Holland et Jack DeJohnette pour BMG ; “Beat Degeneration“ avec Johannes
Weidenmueller et Ari Hoenig pour Night Bird Music, un disque enregistré en novembre 2000 dans ce même Sunside. Producteur des deux derniers disques que je viens de citer, Jean-Jacques
Pussiau était là lui aussi avec Claude Carrière, admirateur et ami de longue date de Kenny qui leur dédia un Blue in Green d’une délicatesse exquise. Il fallut attendre la fin
de sa longue introduction en solo pour reconnaître le thème, la musique étant alors plus proche de la musique impressionniste que du jazz.
VENDREDI 10 juillet
sur leur site 
joua quelques fameux titres de son répertoire : Blue, Yellow, White - The
Politician - Victory Lap. Le troisième set, plus court, fut largement consacré à une reprise de Second Guest, long morceau de Shane Endsley que l’on trouve sur
l’autoproduit “Kneebody Live Volume One“. La veille, le groupe jouait à Vienne avec Daedelus, inventeur d’une musique électro baroque et sophistiquée. Sa tournée européenne se poursuit en
Italie et en Hollande. Kneebody mixe actuellement un nouvel album attendu en automne sur le label Winter & Winter. Son ascension ne fait que commencer.