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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 10:11
Louis SCLAVIS / Dominique PIFARÉLY / Vincent COURTOIS :  “Asian Fields Variations” (ECM / Universal)

Le nom de Louis Sclavis, qui est à l’origine de ce trio, vient en premier sur la pochette. Le clarinettiste a toutefois choisi d’associer étroitement Dominique Pifarély et Vincent Courtois (violon et violoncelle) à ce projet. Ils ont souvent joué en binôme au sein de diverses formations, mais ce n’est qu’en 2000, à l’occasion de l’enregistrement de la musique d’un film muet de Charles Vanel publié sous le nom de Sclavis, “Dans la nuit”, qu’ils se sont tous les trois retrouvés. Douze ans plus tard, “Flying Soul”, un disque en quartette d’Aki Takase, pianiste japonaise résidant à Berlin, leur permirent d’affiner leurs communes affinités musicales. Enregistrer un album avec des compositions spécialement écrites pour leurs trois instruments s’imposait.

Les micros du studio La Buissonne les recueillirent en septembre 2015. Onze compositions originales – cinq de Sclavis, deux de Pifarély, trois de Courtois, Digression étant cosigné par tous les musiciens  – en constituent le programme. Clarinette ou clarinette basse, violon et violoncelle mêlent leurs sonorités pour jouer de la musique de chambre confiée à trois instruments qui vibrent bien ensemble. L’amateur de jazz qui privilégie le swing et s’accroche aux barres de mesure ne trouvera pas ici son bonheur. Pas de contrebasse, ni de batterie dans cette musique qui s’étale librement, musique contemporaine réfléchie mais pas trop car prenant le temps de nous faire rêver. On y relève certes quelques cadences, notamment dans Asian Fields. La courte phrase mélodique que répète le violon sert d’appui aux improvisations de la clarinette basse, cette dernière faisant de même un peu plus tard pour soutenir le chorus du violon. Sous les doigts de Dominique Pifarély, ce dernier s’envole dans Les nuits, les cordes pincées du violoncelle rythmant le morceau, et c’est à l’archet que Vincent Courtois accompagne le chant de la clarinette dans la première partie de Cèdre.

 

Si certaines pièces ne dépassent guère les deux minutes – Done and Done que le violoncelliste se réserve en solo, Pensée Fugitive confiée à la seule clarinette basse –, d’autres s’organisent bien autour de thèmes, de parties écrites qu’il est parfois difficile de distinguer des improvisations. Mont Myon, le plus long morceau de l’album, enchaîne trois mouvements. Le premier fait entendre une superbe mélodie orientale ; abstrait et improvisé, le second se déploie autour de la clarinette basse ; pendant de la première, le troisième en reprend le thème mais le structure autrement. Décliné successivement par les trois instruments, le court motif mélodique de Fifteen Weeks sert de fil conducteur à une brève symphonie de timbres digne de certains compositeurs viennois que le temps ne fait pas oublier. La carrière qui envoûte et conclut majestueusement le disque nous fait regretter qu’il se termine trop vite, la musique, nul ne l’ignore, ayant pouvoir de distendre le temps.

 

-Sortie le 17 mars.

-Tournée française en mars et en avril.

-En mars à Bessé sur Braye (le 17), à La Ferté-Bernard (le 22), à La Flèche (le 28), à Saint-Saturnin (le 29), à La Roche-sur-Yon (le 30), à Trelazé (le 31).

-En avril à Flers (le 1er), à Parigné-l'Evêque (le 4), au Mans (le 5), à Saint-Berthevin (le 6), à Strasbourg (le 7), à Saint-Florent-le-Vieil (le 9).

 

Photo : X/D.R.

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
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