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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 09:15
Hal Singer, je me souviens…

Octobre. Triste rentrée avec le décès d’Hal Singer, parti paisiblement dans sa maison de Chatou le 18 août. Hal aurait eu 101 ans le 8 octobre. Sa très longue vie l’avait amené à jouer du saxophone dans les orchestres de Jay McShann, Willie The Lion Smith, Roy Eldridge, Don Byas, Lucky Millinder, Duke Ellington – pour citer les plus connus – et à accompagner Ray Charles, Dinah Washington, Big Joe Turner et Wilson Pickett. À Paris en 1965, il rencontra Arlette, son épouse et mère de ses deux filles. C’est par son intermédiaire que je fis sa connaissance à la fin des années 80 dans les bureaux de Jazz Hot, passage de la Boule Blanche. Une visite qu'ils rendaient à Philippe Adler alors rédacteur en chef du journal. La simplicité, la gentillesse d'Hal Singer m’avaient beaucoup touché. Arlette s’occupait de ses affaires et en janvier 1992, je la retrouvai dans mon bureau de la FNAC Music, rue du Cherche-Midi.

 

Deux ans plus tôt à Moscou, Hal avait tenu l’un des rôles principaux de “Taxi Blues”, un film de Pavel Lounguine que le festival de Cannes avait récompensé en 1990 en lui attribuant le Prix de la Mise en Scène, et il souhaitait enregistrer un nouveau disque à New York. J’obtins l’accord de la FNAC pour le sortir sur leur label, mais, trop occupé pour m’y rendre moi-même, je confiai à François Lacharme le soin de superviser la séance et de le produire pour Asi’s House, la société de production d’Arlette. Entouré d’excellents musiciens – Steve Turre (trombone), Richard Wyands (piano), Lisle Atkinson (contrebasse) et Earl Williams (batterie) –, “No Rush” est le dernier grand album d’Hal Singer. Je ne suis pas peu fier d’en avoir été le producteur exécutif et d’en avoir permis la sortie. Hal m’avait alors très gentiment dédicacé ses mémoires co-écrites avec son épouse.  

 

Resté en relation avec Arlette, j’eus le bonheur d’assister le 5 octobre 2014 au dernier concert public qu’il donna à Paris dans la salle de concert des Ateliers du Chaudron. Accompagné par ses amis Steve Potts, Alain Jean-Marie, Darryl Hall et Sangoma Everett, Hal fêtait alors avec quelques jours d’avance son 95ème anniversaire. Je lui rendis visite avec Bénédicte l’année suivante. Cet homme délicieux avait alors perdu la vue, mais il vivait heureux avec ses souvenirs dans cette maison de Chatou qu’il occupait avec Arlette depuis 2002. Cet édito lui est dédié.

 

Tristesse également avec la disparition de Gary Peacock le 4 septembre. Né à Burley (Idaho) en 1935, bassiste de Paul Bley et plus occasionnellement de Bill Evans (“Trio ‘64”), il voyagea beaucoup, faisant le tour du monde au sein du trio de Keith Jarrett. Il vécut quelques années au Japon, curieux de sa culture, de sa langue, apprenant à la parler couramment. La belle plume de Francis Marmande lui a consacré un article détaillé dans Le Monde*, mais c’est Marc Copland, le pianiste de ses derniers albums, qui lui rend dans le magazine en ligne Citizen Jazz** l’hommage le plus émouvant. Marc connaissait depuis 1983 le contrebassiste qui « heureux quand la musique était bonne » nous transmettait sa joie.

 

C’est la rentrée, une rentrée masquée. Ce n’est pas sans crainte que l’on fréquente les lieux publics, que l'on retourne au concert. Les jazzmen américains pouvant difficilement arriver jusqu'à nous, les clubs de jazz ouvrent plus largement leur programmation aux musiciens français. Comme chaque année, ceux de Paris Ile-de-France font leur festival. L’édition 2020 de Jazz sur Seine rassemble 20 clubs et propose 150 concerts. Ma rubrique « Quelques concerts qui interpellent » qui redémarre ce-mois-ci est partiellement consacrée aux plus intéressants. Jazz en Tête est l’autre festival d’octobre à ne pas manquer. Célèbre pour ne programmer que du jazz qui ressemble à du jazz, le festival clermontois fête cette année ses 33 ans d’existence et s’ouvre au « jazz monde », au flamenco, aux rythmes et aux couleurs de Cuba, du Brésil et d’Afrique. 

  

*Le Monde du vendredi 11 septembre. Passant sa carrière et sa discographie en revue, Francis Marmande ne parle pas de Tethered Moon, trio réunissant autour de Gary Peacock le pianiste Masabumi Kikuchi et le batteur Paul Motian. Sept albums enregistrés entre 1990 et 2002, ce n’est pas rien !

 

**Un article traduit du London Jazz News. “Gary Peacock, le curieux”, Citizen Jazz, édition du 13 septembre 2020. www.citizenjazz.com/Gary-Peacock-le-curieux.html?utm

 

QUELQUES CONCERTS ET QUELQUES DISQUES QUI INTERPELLENT

 

Reprise de cette rubrique interrompue le 17 mars par le confinement général. Nombreux sont les disques qui devaient paraître au printemps et qui sortent aujourd’hui, d’où le grand nombre de « concert de sortie d’album » que proposent les clubs ce mois-ci. Si vous ne craignez pas un virus toujours actif et dangereux, sous réserve d'annulations (de nouvelles mesures restrictives imposent la fermeture des bars à 22h00 à partir du lundi 28 septembre et pour quinze jours), n’hésitez pas à vous y rendre avec vos masques, aussi indispensables aujourd’hui que vos clefs et votre portefeuille.

Entré en vigueur le vendredi 16 octobre à minuit, le couvre-feu a contraint certains clubs à modifier leurs horaires, le Duc des Lombards annonçant sa fermeture pour six semaines. J’ai tenu compte de ces changements, mettant à jour les concerts annoncés dans ce blog. Je vous conseille toutefois de vérifier ces informations sur les sites internet des clubs avant de vous y rendre. On n’est jamais assez prudent.

-Sébastien Lovato au Sunside le 2 octobre (20h30). On l’y attendait six mois plus tôt le 2 avril pour fêter la sortie de “For Virginia” (Acel / Quart de Lune / UVM), un hommage à Virginia Woolf. Avec retard, son disque est enfin disponible ce qui ne vous dispense pas d’en écouter la musique sur scène. Après deux albums en quartet, le pianiste étoffe sa formation et change de section rythmique. Brunehilde Yvrande (slam et chant), Antoine Berjeaut (trompette, bugle), Manu Codjia (guitare), Yves Torchinsky (contrebasse), Luc Isenmann (batterie) accompagnent ses claviers (piano et fender rhodes) et donnent des couleurs à des compositions originales très séduisantes. La Pavane de Gabriel Fauré arrangée pour piano, contrebasse et batterie et une version très Nouvelle-Orléans d’Amazing Grace en sont les seules reprises.

-L’Espace Sorano de Vincennes inaugure sa nouvelle saison musicale le 3 avec Laurent Coulondre. En trio avec Linley Marthe à la basse et André Ceccarelli à la batterie, le pianiste jouera le répertoire de son album “Michel on My Mind”, Prix du Disque Français 2019 de l’Académie du Jazz. Michel, c’est bien sûr Michel Petrucciani que Laurent, plus jeune que lui, n’a jamais rencontré mais dont la musique depuis toujours fait chavirer son cœur. Son disque rassemble onze compositions de Michel, trois d’entre-elles, Memories of Paris, Looking Up et Bite, étant empruntées à son album “Music”. Laurent interprète également Les Grelots d’Eddy Louiss à l’orgue Hammond et signe quelques compositions originales dont le très beau Michel On My Mind qui donne son nom à l’album.

-Mélanie Dahan qui devait se produire au Pan Piper le 20 mars fête le 3 octobre au Sunside (19h00 et 21h00) la sortie de son disque “Le chant des possibles” (Backstage Production / L’Autre distribution). Un opus qui lui ressemble et dans lequel elle chante et célèbre des poètes sur des musiques du pianiste Jeremy Hababou qui sera avec elle sur scène. Benjamin Petit (saxophone),  Marc Benham (claviers), Jeremy Bruyère (contrebasse) et Arthur Alard (batterie) qui entourent Mélanie dans l’album seront également présents.

-C’est aussi avec six mois de retard que Jean-Pierre Como présentera son album “My Little Italy” (Bonsaï Music / L’autre distribution) le 5 au Bal Blomet (20h30). Comprenant quelques compositions originales mais largement consacré à des reprises de chansons italiennes dont les belles mélodies interpellent, cet opus met en valeur la voix suave du chanteur Walter Ricci qui prolonge avec bonheur les lignes mélodiques élégantes des chorus de piano de Jean-Pierre. Superbement enregistré par Philippe Gaillot au Studio Recall (Pompignan), “My Little Italy” rassemble également Felipe Cabrera et Rémi Vignolo (contrebasse), André Ceccarelli (batterie) et Minino Garay (percussions). Tous seront présents au Bal Blomet pour en célébrer officiellement la sortie.

-Comme chaque année en octobre, à l’initiative de l’association Paris Jazz Club qui fêtera son 14ème anniversaire, les clubs de jazz de Paris et de la région parisienne font leur festival. 150 concerts, 450 musiciens et 20 clubs les accueilleront entre le 9 et le 24 octobre. C’est ce que propose la 9ème édition de Jazz sur Seine. Manifestation culturelle incontournable de l’automne, le festival maintient inchangée sa politique tarifaire. Comme l’an dernier, pour 40 euros, un « pass » à utiliser dans trois lieux différents donne accès à trois concerts. Une « offre découverte » (10 euros) est également proposée aux étudiants, demandeurs d’emploi et élèves de conservatoires. En partenariat avec l’ADAMI, une soirée Showcases (entrée gratuite selon les places disponibles) se déroulera le mardi 13 octobre dans cinq clubs du quartier des Halles afin de découvrir seize groupes ou artistes de la nouvelle scène jazz française. Développé par Paris Jazz Club, un volet d’actions culturelles (master-classes, ateliers de musicothérapie et de sensibilisation au jazz) est également proposé. Faisant l’objet de notices, les concerts signalés Jazz sur Seine (JsS) rentrent dans le cadre de cette manifestation.

-Au Sunside le vendredi 9 (à 20h30) et  le samedi 10 octobre (à 20h00) le saxophoniste Baptiste Herbin, Prix Django Reinhardt 2018 de l’Académie du Jazz, jouera le répertoire de son nouvel et quatrième album, “Vista Chinesa”, enregistré à Rio de Janeiro avec d’excellents musiciens brésiliens parmi lesquels le pianiste Eduardo Farias et les saxophonistes Idriss Boudrioua et Ademir Junior. Un disque fort, trempé dans la samba, la bossa et la soul qui se referme sur un duo piano / saxophone de toute beauté. Présente sur trois plages, la chanteuse Thais Motta affaiblit un peu l'album. Je ne sais rien de Diana Horta Popoff qui la remplacera sur la scène du Sunside, mais les musiciens qui entourent Baptiste pour ce concert – Pierre de Bethmann (piano), Mathias Allamane (contrebasse) et Émile Saubole (batterie) – garantissent une soirée mémorable (JsS).

 

-Au Triton le 10 (20h00), Benjamin Moussay croisera un piano acoustique et un synthétiseur modulaire, deux mondes sonores qu’il fera se rejoindre, poétisant leurs timbres et révélant leurs richesses. Enregistré sur un piano acoustique, “Promontoire”, son premier album solo pour ECM, nous a récemment beaucoup séduit par la qualité de sa musique (JsS).

-Le 12 au New Morning (21h00), David Linx présentera son nouvel album “Skin in the Game” (Cristal / Sony Music), un disque au packaging très soigné et à la musique souvent enthousiasmante dont vous pourrez lire prochainement la chronique dans ce blog. Pour l’accompagner, Gregory Privat (piano), Chris Jennings (contrebasse) et Arnaud Dolmen (batterie), des musiciens qui, en osmose avec lui, contribuent beaucoup à la réussite de ce joyau de sa discographie. Guitariste invité, Manu Codjia rejoindra le groupe pour quelques morceaux sur la scène du club.

Hal Singer, je me souviens…

-Soirée Showcases le mardi 13 dans cinq clubs du quartier des Halles – Sunset, Sunside, Baiser Salé, Duc des Lombards et Guinness Tavern – dans le cadre du Festival Jazz sur Seine. L’entrée est libre selon la disponibilité des places. On consultera la programmation complète sur le site de Paris Jazz Club. Ne manquez pas à 19h30 au Duc des Lombards le quartette du saxophoniste Ludovic Ernault avec Manu Codjia (guitare), Enzo Carniel (piano), Florent Nisse (contrebasse) et Simon Bernier (batterie). Toujours au Duc, mais à 20h30, je vous conseille d’écouter le vibraphoniste Alexis Valet (photo) qui, avec Adrien Sanchez (saxophone) Simon Chivaillon (claviers), Damien Varaillon (contrebasse) et Stéphane Adsuar (batterie), a sorti un bien bel album l’an dernier. On se rendra également au Sunside à 21h30 pour découvrir la musique que Joachim Govin invente live dans “Present”, son nouvel opus pour le label Fresh Sound New Talent. Pour ce showcase, Ludovic Ernault remplace Ben van Gelder au saxophone, mais les autres musiciens sont ceux de l’album. La chanteuse Camille Durand (qui s’y fait entendre sous le pseudonyme d’Ellinoa), Enzo Carniel au piano, Joachim à la contrebasse et Gautier Garrigue à la batterie vous feront passer un très bon moment.

-Concert de sortie de “Remembering Jaco” (Naïve / Believe), nouvel album du Multiquarium Big Band sous la direction du batteur André Charlier et du pianiste / organiste Benoît Sourisse le 15 octobre à l’Espace Carpeaux de Courbevoie (20h45). Alignant des solistes éminents – Denis Leloup au trombone, Pierre Drevet et Claude Egéa aux trompettes, Stéphane Guillaume aux saxophones, Pierre Perchaud à la guitare pour ne citer qu’eux – l’orchestre rend hommage à Jaco Pastorius disparu depuis trente ans et invite le guitariste Biréli Lagrène qui joue sur plusieurs disques de Jaco à tenir la basse électrique. Au programme du concert et de l’album, des compositions que Jaco Pastorius enregistra avec Weather Report (Barbary Coast, Teen Town) et des morceaux de “The Birthday Concert”, “Twins”, “Invitation” et “Word of Mouth”, son album le plus célèbre (JsS).

-Le Chance Quintet d’Henri Texier au Triton le 16 (20h30). Le groupe porte le nom de son dernier album “Chance” (Label Bleu / L’Autre Distribution), l’un des plus attachant du contrebassiste. Vincent Lê Quang (saxophones ténor et soprano), Sébastien Texier (saxophone alto et clarinettes), Manu Codja (guitare) et Gautier Garrigue (batterie) avaient enregistré avec lui “Sand Woman”, toujours pour Label Bleu. Mais “Chance” est encore plus réussi. Cinecitta, Simone et Robert et Laniakea, ses ballades somptueusement orchestrées, rendent l’album inoubliable (JsS).

-Toujours le 16, mais au Sunside (20h30), le jazz de chambre lyrique et raffiné du Trio Viret interpelle également. Constitué de Jean-Philippe Viret (contrebasse), Édouard Ferlet (piano) et Fabrice Moreau (batterie), la formation a fêté l’an dernier ses vingt ans d’existence en publiant “Ivresse” sur le label Mélisse, un disque enregistré live à la Générale de Montreuil, salle dans laquelle elle donna deux concerts. On l’attendait le 17 mars au Studio 104 de Radio France. Le confinement la contraignit au silence (JsS).

-Après deux albums consacrés à William Shakespeare (“Shakespeare Songs” en 2015 sur lequel participe la comédienne Kristin Scott Thomas) et à Marlene Dietrich (“Letters to Marlene” en 2018), Guillaume de Chassy (piano), Christophe Marguet (batterie) et Andy Sheppard (saxophone) présenteront le 17 au Triton (20h30) leur nouveau projet conçu autour de textes de poètes anglais et français sur la Question Amoureuse. Les voix enregistrées de Lambert Wilson et de Delphine Lanson accompagnent dans les deux langues leur nouvelle conversation musicale dans laquelle, surgissant de la musique des mots, l’improvisation vient parfaire l’écriture (JsS).

-Raphaël Pannier au Duc des Lombards le 17 également (19h30 et 22h00) avec Baptiste Herbin (saxophone), Pierre de Bethmann (piano) et François Moutin (contrebasse). À l’exception de ce dernier, d’autres musiciens l’accompagnent dans “Faune”, le premier disque qu’il publie sous son nom et dont on parle beaucoup. Un album que le batteur a enregistré à New York, ville dans laquelle il vit depuis 2014. “Faune” (French Paradox / L’autre distribution) rassemble ses propres compositions, des morceaux d’Ornette Coleman, Wayne Shorter, Hamilton de Holanda, et des pièces du répertoire classique (Maurice Ravel et Olivier Messiaen) que Raphaël Pannier a lui-même arrangé pour un quartette de jazz. Un premier opus très mature qui s’écoute « comme une seule et grande pièce dont chaque moment est pensé, arrangé et joué dans son rapport à l’ensemble » écrit Laurent de Wilde dans ses notes de pochette (JsS). Concert annulé et reporté.

Dernière minute : Bruno Angelini (piano) et Daniel Erdmann (saxophone ténor) interpréteront le 19 à la Dynamo de Banlieues Bleues de Pantin (19h00) “La dernière nuit”, évocation de Sophie Scholl (1921-1943), jeune résistante allemande décapitée par les nazis avec son frère pour avoir imprimé et diffusé des tracts hostiles au régime et à la guerre. Souvent mélodique, la musique traduit les états d’âme de la condamnée, sa voix intérieure, ses sentiments. Les notes tendres et émouvantes du piano, le souffle expressif du saxophone expriment son espoir de vaincre la peur et d’entrer sereinement dans la mort. Vendu lors des concerts du duo, le disque, magnifique, est disponible sur les plateformes numériques (Bandcamp) et sur le site de Bruno Angelini www.brunoangelini.com

-Du 20 au 24 octobre, c’est aussi à Clermont-Ferrand qu’il faut se rendre pour écouter du jazz ressemblant à du jazz. Pour la 33ème édition de Jazz en Tête, Xavier Felgeyrolles a conçu un programme de qualité malgré une présence réduite de musiciens américains, la covid perturbant fortement leurs déplacements. Le guitariste Lionel Loueke en est cette année la vedette. En solo, il fait l’ouverture du festival le mardi 20, Jackie Terrasson en trio avec Sylvain Romano (contrebasse) et Lukmil Perez (batterie) se chargeant de la seconde partie du concert. Lionel Loueke vient de consacrer un disque à Herbie Hancock dont il a été le guitariste. Dans “HH” (Edition Records), il interprète en solo les compositions du pianiste, modifiant leurs harmonies pour les réinventer. On le retrouve le mercredi 21 au sein d’un All Stars comprenant le saxophoniste Jean Toussaint, le bassiste Darryl Hall et le batteur Jeff Ballard. Autres Têtes de ce Jazz en Tête, le saxophoniste Baptiste Herbin et le guitariste flamenco franco-espagnol Juan Carmona (le 22), le trompettiste catalan Raynald Colom suivit du duo Vincent Peirani / Émile Parisien (le 23) et le pianiste Iván « Melón » Lewis et son Cuban Swing Express (le 24). Tous les concerts sont à 20h00 et se déroulent dans la salle Jean Cocteau de la Maison de la Culture. On consultera le programme complet de la manifestation sur le site de Jazz en Tête.

-Matthieu Bordenave au Sunside le 21 (19h30) avec le pianiste Florian Weber et le bassiste Patrice Moret qui l’accompagnent dans “La Traversée”, son premier disque ECM dont les compositions oniriques s’inspirent de poèmes de René Char. C’est toutefois sur un autre album du label, “For 2 Akis” du batteur japonais Shinya Fukumori, que j’ai découvert le saxophoniste, un élève d’André Villéger installé depuis quelques années à Munich. Son ténor sonne souvent comme un alto et ses phrases chantantes, mélancoliques et diaphanes conviennent bien au jazz de chambre raffiné et mélodique qu’il propose. Florian Weber son pianiste est lui aussi un musicien très créatif. “Alba” qu’il a enregistré en 2015 en duo avec le trompettiste Markus Stockhausen témoigne de la richesse de son jeu harmonique (JsS). Concert annulé et reporté.

-Avec Adrien Moignard à la guitare et Diego Imbert à la contrebasse, Anne Ducros donna le 8 Mars un concert mémorable au Café de la Danse. On la retrouvera accompagnée par le même trio le 22 octobre au Bal Blomet (19h00), un « Sunset hors les murs » s’inscrivant dans le cadre des Jeudis de Jazz Magazine. La meilleure de nos chanteuses de jazz a fait paraître il y a quelques mois l’un de ses meilleurs albums, “Something” (Sunset Records), un disque dédié à Didier Lockwood dont je dis le plus grand bien dans ce blog, et qui capte avec précision, les nuances de son chant, le timbre de sa voix (JsS).

-Jeune et talentueux musicien à découvrir et à suivre, Simon Moullier présentera au Sunset le 23 (20h00) le répertoire de “Spirit Song” (Outside In Music), son premier album. Vibraphoniste, il utilise l’instrument de façon très originale et personnelle. Jouant aussi du balafon, des percussions et des synthétiseurs, il mêle leurs timbres et leurs textures, obtenant une pâte sonore qui donne du poids à une musique subtilement rythmée qui reste toujours mélodique. Acceptance et son étonnant foisonnement rythmique, I’ll Remember April tendrement habillé de sonorités nouvelles, Kenyalang une délicieuse ballade interprétée en quartette, en sont les moments forts. Diplômé du Berklee College of Music et du Monk Institute, Simon Moullier travaille aujourd’hui à New York avec des jazzmen renommés. Deux éminents saxophonistes de la scène new-yorkaise, Dayna Stephens et Morgan Guerin,  jouent sur son disque enregistré à Los Angeles, Brooklyn et New York City entre 2017 et 2020 avec la même section rythmique, mais des pianistes différents. Au Sunset, Simon Moullier sera accompagné par l’un d’entre eux, Simon Chivallon, Francesco Geminiani (saxophone), Mats Sandahl (contrebasse) et Francesco Ciniglio (batterie) complétant son quintette (JsS). Concert annulé.

Hal Singer, je me souviens…

-Sous la direction de Frédéric Maurin, l’Orchestre National de Jazz fêtera au Studio de l’Ermitage le 28 octobre (à 18h30) la sortie de “Rituels” (ONJ Records / L’autre distribution), double CD comprenant des compositions originales de Sylvaine Hélary, Ellinoa, Leïla Martial, Grégoire Letouvet et Frédéric Maurin. Un chœur et treize instrumentistes interprètent ces “Rituels”, réunion de textes anciens qui auraient pu avoir été écrits hier et qui bénéficient aujourd’hui d’orchestrations étonnantes, les instruments acoustiques étant seuls convoqués dans cette configuration de l'orchestre. Mêlant cordes, bois, cuivres et percussions, utilisant les voix (celles de Linda Oláh, Ellinoa, Leïla Martial et Romain Dayez) comme des instruments à part entière, l’œuvre fascine par ses couleurs, son aspect onirique, la riche texture de ses timbres, son ouverture sur d’autres musiques. Les genres se télescopent au sein d’une masse orchestrale en mouvement qui réserve de l’espace aux solistes et tisse un monde sonore aussi surprenant que poétique qui ne ressemble à aucun autre. Une création vidéo imaginée par la réalisatrice Mali Arun accompagnera l’orchestre sur scène.

-Alexandre Saada enfin au Sunside le 31 octobre (18h00) pour interpréter le répertoire de “Songs For A Flying Man” (Labrador Records), un recueil de chansons aux mélodies délicieuses écrites avec la chanteuse Mélissa Bon. Pour ce concert, Martial Bort (guitare), Thomas Pégorier (basse), Olivier Hestin (batterie) et la chanteuse Caroline Minard accompagneront le pianiste qui utilise de nombreux claviers (piano acoustique et électrique, orgue, clavinet) et pose des couleurs chatoyantes sur ses musiques.

-Au Triton le 31 octobre (18h45), Aldo Romano fêtera la sortie de “Reborn” (Le Triton / L’autre distribution), un album qui ne sera mis en vente que le 13 novembre. Le club avait accueilli le batteur en mai 2019 pour une série de concerts dont il avait carte blanche. Entouré par ses amis,  “Reborn” en fait entendre les meilleurs moments. Enregistrés avec Mauro Negri à la clarinette, Géraldine Laurent au saxophone et son vieux complice Henri Texier à la contrebasse, Annobón et Petionville baignent dans une belle lumière méditerranéenne. Avec Baptiste Trotignon au piano et Darryl Hall à la contrebasse, Aldo reprend Dreams and Waters, un morceau qui donne son nom à l’un de ses disques et qu’il a souvent joué. Enrico Rava se rajoute au trio dans une magnifique version de Positano que contient “Inner Smile”, un opus de 2011. Yoann Loustalot (trompette), Glenn Ferris (trombone) et Michel Benita (contrebasse) entourent le batteur sur deux plages, une version surprenante de Il Piacere dans laquelle Aldo retrouve le pianiste Jasper Van’t Hof aux claviers complétant ce programme séduisant.

 -Sunset-Sunside : www.sunset-sunside.com

-Espace Sorano : www.espacesorano.com/saison/

-Bal Blomet : www.balblomet.fr

-Jazz sur Seine : www.parisjazzclub.net/fr/events/festival-jazz-sur-seine-2020

-Espace Carpeaux : www.infoconcert.com/salle/espace-carpeaux-a-courbevoie-155/concerts.html

-Le Triton : www.letriton.com

-New Morning : www.newmorning.com

-Duc des Lombards : www.ducdeslombards.com

-Jazz en Tête : www.jazzentete.com

-La Dynamo de Banlieues Bleues : www.banlieuesbleues.org/dynamo/le-programme/

-Studio de l’Ermitage : www.studio-ermitage.com

 

Crédits Photos : Hal Singer © Olivier Arandel – Laurent Coulondre © Pierre de Chocqueuse – Mélanie Dahan, Raphaël Pannier, Anne Ducros © Jean-Baptiste Millot – Jean-Pierre Como Quintet © Guillaume Saix – Benjamin Moussay © Stéphanie Griguer / ECM – David Linx © Shelomo Sadak – Multiquarium Big Band © Véronique Sourisse – Henri Texier Chance Quintet, Orchestre National de Jazz © Sylvain Gripoix – Jean-Philippe Viret Trio © Grégoire Alexandre – Chrisophe Marguet / Guillaume de Chassy / Andy Sheppard © Jérôme Prébois – Bruno Angelini & Daniel Erdmann © Romu Ducros  Matthieu Bordenave © Adrian Schätz / ECM – Alexis Valet, Alexandre Saada © Photos X/D.R.

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commentaires

Phil Costing 01/10/2020 09:32

Enfin! On attendait ! Bravo, car il y a beaucoup de matière !!!