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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 09:55
Melody GARDOT : “Sunset in the Blue” (Decca / Universal)

Cinq ans que Melody Gardot n’avait pas sorti de disque studio. “Currency of Man”, son précédent mélangeait avec bonheur jazz, soul, blues et gospel. “Sunset in the Blue” célèbre le Brésil et le jazz, la chanteuse interprétant une poignée de standards – You Won’t Forget Me qu’Helen Merrill fut la première à chanter en 1956, Moon River, I Fall in Love Too Easily – et des compositions originales.

 

Splendidement arrangé par Vince Mendoza qui orchestra pour Joni Mitchell “Both Sides Now” et “Travelogue”, ce nouvel album est à nouveau produit par Larry Klein qui confirme son immense talent artistique. Outre des disques pour Joni Mitchell, son mari entre 1982 et 1994, on lui doit ces dernières années d’excellents albums d’Herbie Hancock, de Madeleine Peyroux, Curtis Stigers, Lizz Wright, Ana Moura, Hailey Tuck, Molly Johnson et plus récemment de Kandace Springs (“The Women Who Raised Me”, son meilleur opus), Klein leur donnant à tous un brillant exceptionnel.

Sunset in the Blue” fait partie de ses grandes réussites. Il suffit d’ écouter If You Love Me, sa première plage pour être immédiatement séduit par l’écrin de cordes magnifiant la voix sensuelle de la chanteuse. Une voix chaude et troublante au grain inimitable, le chant d’une sirène qui aurait sûrement envoûté Ulysse lors de son interminable Odyssée. À ces violons et violoncelles, le plus souvent ceux du Royal Philharmonic Orchestra rassemblés à Londres dans les studios d’Abbey Road, se mêlent parfois des vents, l’orchestre au grand complet déployant ses fastes dans un superbe Ave Maria, le Global Digital Orchestra (cinquante musiciens) se faisant également entendre dans From Paris With Love.

Larry Klein (photo) joue de la contrebasse dans There Where He Lives in Me et Um Beijo et de la guitare dans From Paris With Love. Discrètes, les sections rythmiques comptent dans leurs rangs le bassiste Chuck Berghofer, le batteur Vinnie Colaiuta et le percussionniste Paulinho Da Costa, tous musiciens confirmés.  If You Love Me et Um Beijo bénéficient de la trompette de Till Brönner et Won’t Forget Me du saxophone ténor de Donny McCaslin. Le chanteur de fado António Zambujo accompagne Melody Gardot dans C’est magnifique et un quintette l’entoure dans le très brésilien Ninguém, Ninguém chanté en portuguais. Souvent confié à Anthony Wilson, la guitare rythme la musique et tient une place importante dans de nombreux morceaux, dans Love Song surtout, son instrument dialoguant alors avec la chanteuse, et dans I Fall in Love Too Easily, seule pièce en trio de l’album qui lui permet de prendre un bref chorus.

La chanson des vieux amants proposée en bonus diffère sensiblement de celle arrangée par Fred Pallem dans “Brel, ces gens-là” (Decca / Universal), un hommage à Jacques Brel produit par Larry Klein et publié l’an dernier. Alors que Melody Gardot y est accompagnée par un quatuor à cordes et le guitariste Mitchell Long, les cordes du Royal Philharmonic Orchestra (non crédité dans le livret) donnent ici beaucoup d’ampleur à cette chanson inoubliable que la voix de Melody qui la chante en français rend très émouvante.

Melody GARDOT : “Sunset in the Blue” (Decca / Universal)

Enregistré avec Sting et le guitariste Dominic Miller, Little Something, le second bonus de “Sunset in the Blue” ne devait pas initialement en faire partie. Banalisé par un autre producteur (Jen Jis), destiné aux radios et relevant davantage de la variété, il reste anecdotique au regard des suaves merveilles que contient ce cinquième album studio de la chanteuse, le plus laid-back de la discographie de l'une des grandes Dames des jazz(s) d'aujourd'hui.

 

À voir et à entendre :

From Paris With Love : www.youtube.com/watch?v=RCckn1H5DIE

Sunset in the Blue : www.youtube.com/watch?v=qndrrfdmPIA

 

Crédits Photos : Melody Gardot © Laurence Laborie – Larry Klein © David Crotty / Patrick McMullan via Getty Images.

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