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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 09:00
Yonathan AVISHAI / MODERN TIMES : “The Parade” (Jazz & People / Pias)

C'est avec “Modern Time”, son premier disque pour Jazz & People publié l’an dernier, que j’ai entendu pour la première fois le piano et la musique de Yonathan Avishai. La chronique que j’en ai faite pour Jazz Magazine, rend compte de ma découverte d’un pianiste qui joue peu de notes, les choisit bien, et les fait merveilleusement sonner. Né en Israël, le pianiste franco-israélien (son père est israélien et sa mère française) s’est passionné pour le jazz jusqu’à en assimiler le blues, les musiques qui en ont façonné l’histoire.

Ces musiques, Yonathan Avishai les intègre à la sienne de manière très personnelle. Le swing y est présent dans des rythmes simples et efficaces. Les Caraïbes aussi. César Poirier (saxophone alto et clarinette) et Inor Sotolongo (percussions) rejoignent Yoni Zelnik (contrebasse) et Donald Kontomanou (batterie), tous les deux impressionnants, pour jouer un répertoire qui accueille et transcende le boléro et l’habanera, nous ramène à la Nouvelle-Orléans, à Congo Square où tout a commencé.  Des claves (au singulier, la clave est également un rythme que possèdent en commun les peuples de l’Afrique) introduisent (symboliquement ?) Le nouveau monde, première plage de l’album et terre sur laquelle a fusionné toutes ces cultures. Des claves qui rythment Django, la seule reprise de ce nouvel album, comme pour bien montrer l’importance de l’Afrique au sein du jazz des origines. Plus dense et épicée que dans son disque précédent, la musique de Yonathan Avishai n’en conserve pas moins son aspect minimaliste. Les notes parcimonieuses de Diminuendo en sont une parfaite illustration. Si les lignes mélodiques de ses compositions restent toujours parfaitement lisibles, aérées, certaines d’entre-elles sont des ritournelles que n’aurait pas désavoué Ornette Coleman, remercié par un bref poème sonore chanté par les instruments. Les notes toutes simples de L'Arbre et L'écureuil deviennent même entêtantes à force d’être répétées. Un toucher de piano fin et sensible les met en valeur. Sandrine's Garden, un morceau d’une rare élégance, repose aussi sur un ostinato.

Pas étonnant que Yonathan Avishai fasse merveille au sein du quartette du trompettiste Avishai Cohen. L’aspect méditatif de son jeu, l’importance qu’il accorde au silence et qui permet à la musique de respirer, se révèlent dans Death of the River, pièce dans laquelle la contrebasse ronde de Yoni Zelnik tient une place importante. La clarinette de César Poirier y entre tardivement. Elle sait nous faire rêver par sa fausse nonchalance, son timbre un peu magique. Zelda avec ses rythmes chaloupés en bénéficie. Elle entraîne souvent les autres instruments à danser. Simgik est irrésistible, de même que The Battle, une autre ritournelle qui laisse le champ libre aux percussions. Au saxophone alto dans Once Upon a Time, Poirier sait faire chanter la ligne mélodique sur laquelle il improvise et raconte une histoire. Réussite incontestable, “The Parade confirme également le talent de compositeur de Yonathan Avishai , un jazzman avec qui il faut déjà compter.

 

-Concert de sortie d’album au New Morning le lundi 28 novembre (20h30). En première partie : Madeleine & Salomon.

Photo © Chris Boyer  

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Published by Pierre de Chocqueuse - dans Chroniques de disques
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commentaires

joel 11/12/2016 17:54

je reste un peu déçu, après l'extraordinaire prestation de Yonathan Avishai dans Into the silence d'Avishai Cohen, où son jeu minéral avait une forte densité. Ici, le minimalisme me paraît superficiel, à l'exception de Django et Diminuendo, qui rehaussent le niveau