9 avril 2009
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François Couturier sort peu d’albums. Ceux qu’il
nous confie témoignent du travail d’un musicien discret et exigeant qui ne joue jamais de notes inutiles. Fin mélodiste, le pianiste n’exhibe jamais gratuitement sa technique, mais la met au
service des beaux paysages sonores qu’il invente. Fasciné par l’œuvre du cinéaste Andreï Tarkovski, il fit paraître en 2006 sur ECM “Nostalghia – Song for Tarkovsky“, un magnifique album de
compositions inspirées par ses films qui contiennent peu de musique. Viatcheslav Ovtchinnikov puis Edouard Artemiev se la partagent, ce dernier, un électro-acousticien, n’apportant
que des sons. Avec “Solaris“ (1972), la musique classique rentre parcimonieusement dans l’univers du cinéaste. Jean-Sébastien Bach, son compositeur préféré avec Giovanni Battista Pergolèse
et Henry Purcell, se fait entendre dans trois de ses films. François n’a pas cherché à illustrer des images. Il pose son propre regard sur l’œuvre de Tarkovski et met en musique les émotions
qu’elle suscite. Une vision qu’il confie à un quartette à l’instrumentation inhabituelle. Piano, violoncelle, accordéon et
saxophone soprano donnent des couleurs souvent très sombres à la musique et restituent la noirceur des films de Tarkovski. Relevant de la musique classique occidentale, l’harmonie engendre ici des
improvisations d’une lenteur majestueuse, véritables méditations spirituelles proches de cette esthétique du silence que partagent certains enregistrements ECM. Les mélodies fascinent par leur
gravité, leur lyrisme, l’austère lumière intérieure qu’elles expriment. Couturier a puisé certaines de ses idées dans l’œuvre de Bach et le “Stabat Mater“ de Pergolèse. Il cite
également le thème d’une sonate pour piano et violoncelle d’Alfred Schnittke. Deux des acteurs préférés de Tarkovski, Erland Josephson et Anatoli Solonitsyne (l’inoubliable
Andreï Roublev) lui ont également inspiré des musiques. De même les extraordinaires images du “Sacrifice“ filmées par Sven Nykvist, le chef opérateur du grand Ingmar
Bergman.
Après de nombreux concerts donnés par le quartette, la plupart en Suisse et en Allemagne, “Nostalghia – Song for Tarkovski“ fut présenté dans une version audiovisuelle à Montbéliard en janvier 2008, puis à Strasbourg et à Nevers. L’apostrophe / théâtre des Arts de Cergy-Pontoise le programmait le 3 avril. Pendant une heure et quart, François Couturier et ses musiciens - Anja Lechner au violoncelle, Jean-Louis Matinier à l’accordéon, Jean-Marc Larché au saxophone soprano - jouent et improvisent sur des photos d'archives, des extraits des sept films du défunt metteur en scène. A la régie, Andreï Tarkovski, le propre fils du cinéaste décide des visuels, peut les ralentir ou ajouter des séquences filmées si les improvisations se prolongent. Il est difficile de savoir quand commencent ces dernières. Elles se confondent avec les thèmes mélancoliques que les musiciens développent rêveusement sur des images de toute beauté. Un grand moment magique et envoûtant.
Photos Anja Lechner - François Couturier & Andreï Tarkovski © Pierre de Chocqueuse. Photo de groupe en concert © L' - Arnaud Vasseur
Après de nombreux concerts donnés par le quartette, la plupart en Suisse et en Allemagne, “Nostalghia – Song for Tarkovski“ fut présenté dans une version audiovisuelle à Montbéliard en janvier 2008, puis à Strasbourg et à Nevers. L’apostrophe / théâtre des Arts de Cergy-Pontoise le programmait le 3 avril. Pendant une heure et quart, François Couturier et ses musiciens - Anja Lechner au violoncelle, Jean-Louis Matinier à l’accordéon, Jean-Marc Larché au saxophone soprano - jouent et improvisent sur des photos d'archives, des extraits des sept films du défunt metteur en scène. A la régie, Andreï Tarkovski, le propre fils du cinéaste décide des visuels, peut les ralentir ou ajouter des séquences filmées si les improvisations se prolongent. Il est difficile de savoir quand commencent ces dernières. Elles se confondent avec les thèmes mélancoliques que les musiciens développent rêveusement sur des images de toute beauté. Un grand moment magique et envoûtant.
Photos Anja Lechner - François Couturier & Andreï Tarkovski © Pierre de Chocqueuse. Photo de groupe en concert © L' - Arnaud Vasseur