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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 14:36

Carla Bley Christmas coverEnfant, Carla Bley adorait Noël. « Mon père tenait l’orgue à l’église et la chorale interprétait ce jour-là tous mes chants de Noël préférés. » Rebelle aux fêtes traditionnelles (« sauf à Halloween » précise-t-elle), elle ne cessa pourtant en grandissant de conserver un lien avec Noël à travers la musique. Carla aime beaucoup écrire et rédige toujours de savoureux dossiers de presse à l’attention des journalistes. Dans celui qu’elle consacre à ce nouvel opus, elle nous révèle les circonstances et les travaux qui lui ont permis de maintenir des liens avec cette fête qu’elle célèbre avec panache aujourd’hui. Dès les années 60, elle arrangeait des chants de Noël pour les enfants des écoles publiques. Elle fit de même dans les années 80 pour les élèves du Creative Music Studio de Woodstock. Quelques années plus tard à l’occasion d’une fête de Noël dans les locaux du Jazz Composer Orchestra, « les meilleurs musiciens de jazz moderne de New York se retrouvèrent en train de jouer de vieilles harmonies pentatoniques démodées ». Elle enregistra également en piano solo des chants de Noël pour la radio américaine, se constituant au fil des ans un important recueil de Christmas Carols arrangé par ses soins. Un concert donné à Essen en décembre 2006 lui offrit l’occasion de les ressortir. Pour les jouer, elle engagea un quintette de cuivres, le tubiste berlinois Ed Partyka se chargeant d’en réunir les musiciens.

 

C. Bley RecEn décembre 2008, pour une tournée et ce disque enregistré principalement au studio La Buissonne, Carla Bley et Steve Swallow reconstituaient une formation sensiblement identique. Deux trompettes ou bugles, un cor, un trombone, un trombone basse ou tuba mêlent avec bonheur leurs timbres dans un programme aux arrangements pour le moins surprenant. La version sobre et classique de O Tannenbaum qui ouvre l'album ne laisse en rien présager la suite. Bien qu’une des deux trompettes s’autorise une très courte improvisation, l’écriture reste classique, loin de l’arrangement décoiffant de Jingle Bells également confié aux seuls cuivres. Rythmé par des riffs de soca (mélange de calypso et de soul joué à Trinidad), ce célèbre morceau composé en 1857 par James Pierpont s’offre une nouvelle jeunesse. Les souffleurs peuvent s’exprimer avec retenue, reprendre à l’unisson des mélodies sagement harmonisées, ou tout aussi bien se transformer en jazzmen. Composé par Carla, Hell’s Bells porte les accords du bop. Introduit a cappella, Ring Christmas Bells trempe largement dans le jazz, ses riffs de cuivres restant ceux d’une fanfare. Carla Bley s‘amuse ainsi à brouiller les pistes. Les trompettes munies de sourdine de It Came Upon a Midnight Clear évoquent des voix entonnant un gospel. Composé en 1944, The Christmas Song de Mel Tormé côtoie le célébrissime O Holy Night que le français Adolphe Adam écrivit en 1847. On retrouve parfois les sombres couleurs de l’album “Social Studies“ dans  Away in a Manger, chant de Noël lutherien de 1885. L’ouverture de God Rest ye Merry Gentlemen n’est pas non plus très gaie. Ce très vieux chant de Noël (1823) le devient avec une trompette un peu ivre et des riffs de cuivres étrangement chaloupés. Accompagné par la basse, le piano improvise et ancre davantage le thème dans le jazz dans sa seconde partie. Carla Bley reprend Jesus Maria, une de ses plus belles compositions. Steve Swallow la jouait déjà en trio avec Paul Bley et Jimmy Giuffre dans “Fusion“ un disque de ce dernier publié en 1961. Sa contrebasse y brode un chorus onirique. Elle chante et séduit aussi dans O Holy Night enregistré live à Berlin, de même que Joy to the World, dernière pièce d’un recueil aussi beau qu’inattendu.

Comme je vous l’ai précédemment annoncé, le blogdeChoc sommeillera jusqu’en janvier. Bonnes fêtes à tous et à toutes. 

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commentaires

bruno 24/12/2009 12:02


Personnellement, j'ai toujours préféré recevoir des bonnes idées de Bley que du Blé à Noël. MErci le BDC pour le cadeau!