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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 10:38

Mulgrew Miller©Ph EtheldrèdeOctobre : Très active depuis quelques années, l’association Paris Jazz Club se fait son festival. Du 15 au 24 octobre, vous pourrez passer d’un club à l‘autre grâce à un pass en vente sur www.fnac.com (75€ pour 5 concerts ou 135€ pour 9 concerts). 23 clubs y participent et 150 concerts vous sont proposés. Renseignements et informations au 01 83 06 61 01. www.parisjazzclub.net

Passant me voir au moment où je rédigeais ces lignes, Jean-Paul m’a fait remarqué en râlant que la plupart des musiciens qui vont se produire dans ces clubs ne présentent pas le moindre intérêt. Je ne partage pas son point de vue. Au regard des concerts parisiens d’octobre, Paris m’apparaît justement comme la capitale européenne du jazz. Jean-Paul est beaucoup trop élitiste. Seul Mulgrew Miller Affiche Paris Jazz Club Festéchappe à ses critiques largement infondées. Il s’est tellement entiché du pianiste qu’il compte l’écouter au Châtelet et au Sunside, mais aussi à Clermont-Ferrand, ville dans laquelle se déroule depuis vingt-trois ans un festival de jazz (1), « un vrai avec de vrais jazzmen, le meilleur de l’hexagone » selon ses dires. Il me propose de le rejoindre à Clermont pour découvrir le nouveau batteur de Jacky Terrasson, l’un des pianistes qu’il affectionne. Une proposition tentante, car bien que totalement fermé au jazz d’aujourd’hui, Jean-Paul n’a pas mauvais goût. Il est même l’un des rares amateurs de jazz que je connaisse à oser avouer ne rien comprendre à la musique qu’improvise Wayne Shorter depuis quelques années. « Il n’a rien fait de bien depuis qu’il a quitté Miles Davis, mais une critique sourde l’a placé sur un tel piédestal qu’il n’est plus possible de l’en déloger. » Plutôt que de roupiller à ses concerts (le saxophoniste en donne un à Paris en octobre), il préfère se consacrer à son immense collection de disques et ne manque jamais les émissions de Philippe Machin Chose Etheldrède sur Jazz à Fip, désespérant de ne pas l’entendre plus souvent. Comme Jean-Paul, ce dernier aime Miller et Terrasson. On dit qu’il râle et critique tout. Jean-Paul aurait-il trouvé son double ?

(1) Festival Jazz en Tête du 19 au 23 octobre. Programme complet sur www.jazzentete.com

 

QUELQUES CONCERTS QUI INTERPELLENT

Tineke Postma

-Tineke Postma au Duc des Lombards les 6 et 7 octobre. Révélation internationale de l’année en 2006 au Midem, victorieuse des Jazz à Juan Revelations  trois ans plus tard, cette jeune saxophoniste hollandaise, naguère élève de Dave Liebman, Chris Potter et Dick Oatts mérite de faire davantage parler d’elle. Accompagnée de son quartette, elle présentera le répertoire de “The Traveller“, un album qui a obtenu des critiques élogieuses. A l’alto (elle joue aussi du soprano), elle possède une sonorité aérienne qui peut mener au septième ciel.   

Yaron Herman

-La Salle Gaveau accueille Yaron Herman le 7. Avec Chris Tordini à la contrebasse et Tommy Crane à la batterie, sa musique sonne plus rock. “Follow the White Rabbit“  son nouvel album me déçoit un peu, mais c’est sur scène qu’il faut écouter le pianiste qui prend alors le temps de développer ses idées, se dépense sans compter dans des improvisations fleuves et peut transformer un concert en véritable fête. - Toujours le 7, Thomas Enhco au piano, Sylvain Romano à la contrebasse et Nicolas Charlier à la batterie se produisent à l’Hôtel Bel-Ami (de 19H3à à 22h30). On se déplacera pour ce jeune pianiste prometteur qui impressionne par sa musicalité et séduit par le choix de ses notes. 

 

-Le 11, le trompettiste Christian Scott revient au New Morning avec Matthew Stevens (guitare), Milton Fletcher, Jr. (piano), Kristopher Keith Funn (basse) et Jamire Williams (batterie), formation qui l’accompagne dans “Yesterday You Said Tomorrow“, son dernier disque, son meilleur. Vous en trouverez la chronique dans ce blog à la date du 13 février. - Toujours le 11 octobre, Fred Herschl’immense pianiste Fred Hersch se produit en solo au Sunside « pour ne pas laisser la maladie l’emporter sur la vie ». On peut difficilement se dédoubler, mais le pianiste donne un autre concert le 12 au même endroit et invitera le clarinettiste Nico Gori à partager avec lui quelques morceaux. En attendant, écoutez “Whirl“, son dernier album en trio sur Palmetto Records (Codaex), une merveille ! (Choc Jazz Magazine / Jazzman du mois de septembre)

 

-Le 14 à l’auditorium St. Germain (19h30), le pianiste Antoine Hervé reprend ses belles histoires, ses leçons de jazz qui donnent envie d’en écouter. Pour nous parler M. Benita & M. Miyazakide Clifford Brown, oncle Antoine vient avec Eric Le Lann, trompettiste qui possède une grande technique et connaît parfaitement le vocabulaire du bop. - Ne tardez pas après le concert car le contrebassiste Michel Benita présente le même soir son nouveau disque au studio de l’Ermitage, une suite de paysages qui font joliment rêver. Organisé autour de la joueuse de koto Mieko Miyazaki, ce travail onirique réunit Matthieu Michel à la trompette (et bugle), Eivind Aarset à la guitare et Philippe Garcia à la batterie. Mieko assure également les parties vocales. Dépaysement garanti ! - Le 14 encore, au théâtre Traversière, Eddie Gomez (contrebasse) et Cesarius Alvim (piano) célèbrent en duo la sortie de “Forever“ sur Plus Loin Music. On n’a pas entendu Cesarius depuis longtemps. Ce concert vous en donne l’occasion.

 

Virginie Teychené-L’édition 2008 du festival de jazz de Juan-les-Pins a contribué à sortir de l’ombre une grande chanteuse de jazz. Virginie Teychené obtint cette année-là le grand prix du jury et le prix du public des “Jazz à Juan Révélations“. Constitué de standards et de morceaux brésiliens, “I Feel So Good“ son dernier album confirme sa maîtrise vocale. Au Sunset le 16, elle posera avec émotion et justesse sa belle voix sur les chansons d’un répertoire éclectique. Avec elle sur scène, un solide quintette au sein duquel flamboie la trompette de François Chassagnite. –Le même soir au Sunside, Eric Le Lann rend hommage à Bill Evans disparu il y a trente ans. Avec Laurent de Wilde pour faire revivre Bill et son piano, délivrer une musique lyrique et sensible, accompagner la sonorité feutrée et envoûtante de sa trompette.

Marc & Drew

 

-Marc Copland au Sunside le 18. Il y était en mai dernier avec Doug Weiss que Drew Gress remplace à la contrebasse. Jochen Rueckert assurera à nouveau la batterie. Marc aime permuter batteur et bassiste. Lui aussi pour un soir met sa technique pianistique très personnelle au service du répertoire de Bill Evans. Un concert à ne pas manquer - Stéphane Belmondo (trompette), Kirk Lightsey (piano), Sylvain Romano (contrebasse) et Billy Hart également le 18 au New Morning. Kirk LightseyL’affiche est également tentante, car les musiciens de ce quartette constituent un véritable all stars. Avec Lightsey, le jazz s‘ancre dans la tradition du bop, du swing qui y est attaché. Grand amateur de rencontres, Stéphane Belmondo ne s’économise jamais sur scène. Bien au contraire, il va jusqu’au bout de lui-même et peut mettre le feu à la musique. – Monty Alexander est attendu au Duc des Lombards les 18 et 19, en solo. Le pianiste joue un bop coloré par les rythmes des îles et ne néglige jamais le swing.

 

Mulgrew Miller-“Sunset Hors les murs“ au théâtre du Châtelet le 20 pour Mulgrew Miller qui joue un magnifique piano en voie de disparition. Ses harmonies préservent les qualités intrinsèques du jazz : le swing et le blues omniprésents dans sa musique, dans un jeu pianistique qui recueille l’héritage de toute l’histoire du piano jazz. On y entend le raffinement harmonique d’Art Tatum, l’élégance mélodique de Teddy Wilson, les attaques fiévreuses d’Oscar Peterson. Miller connaît le bop sur le bout des ongles. Bud Powell qu’il admire se penche aussi sur son piano pour lui inspirer quelques lignes sinueuses et folles à des vitesses déraisonnables. Mulgrew joue aussi le 21 au Sunside. Ce sont ses premiers concerts parisiens en solo. Les manquer serait impardonnable.

 

-Du 23 au 26, le guitariste Kurt Rosenwinkel occupe le Sunset en trio avec Eric Revis à la contrebasse et Ted Poor à la batterie. Il a beaucoup joué avec Ben Street et Jeff Ballard et fait sonner sa guitare de manière très acoustique. Loin d’exhiber sa virtuosité, Rosinwinkel préfère innover sur le plan harmonique, assurer la relève de Jim Hall, Pat Metheny, John Scofield, Bill Frisell qui, Wayne Shorternaguère, lui ont ouvert les portes du jazz.

 

-Le 26, Wayne Shorter sera sur la scène du Théâtre du Châtelet avec son quartette habituel : Danilo Perez au piano, John Patitucci à la contrebasse et Brian Blade à la batterie. D’excellents musiciens pour des improvisations sans filets, une constante prise de risques. Ça passe ou ça casse selon les soirs. L’auditeur aussi prend un risque. Souhaitons lui d’y trouver son compte.

 

Bill Carrothers-Bill Carrothers au Duc des Lombards le 27 avec Nic Thys à la contrebasse et Dré Pallemaerts à la batterie. Le pianiste se produit fréquemment dans des orchestres à géométrie variables. On attend son enregistrement du Vanguard avec le même trio sur Pirouet. Bill prépare aussi un disque en solo pour la série "Jazz and the City" (un pianiste, une ville) d’Out Note Records, le label dont Jean-Jacques Pussiau est directeur artistique. Bill Carrothers surprend toujours par la qualité artistique de ses projets inattendus, son approche très originale et personnelle des standards qu’il reprend. Ne manquez surtout pas son piano inspiré.

Anne Ducros

-Superbement arrangé par Ivan Jullien, “Ella my Dear“, le dernier disque d’Anne Ducros est formidable. On ira applaudir la chanteuse à la Cigale le 28 entourée du « Coups de Vents » Wind Orchestra (quarante-cinq musiciens) et de sa section rythmique. Anne rend hommage à la grande Ella Fitzgerald et dans son répertoire fait mieux que convaincre, enchante. - Jacky Terrasson occupe le Sunside quatre soirs de suite, du 28 au 31 octobre. On ne présente plus ce géant du clavier que tout le monde réclame. Il donne de formidables concerts et dispose depuis peu d’un nouveau batteur, Terreon Gully, dont on dit merveilles. A la contrebasse, l’excellent Ben Williams. Bref, un trio explosif attendu avec impatience.

Elise C

 

-Elise Caron au Sunset le 31 avec le piano shadokien de Denis Chouillet et la basse ronronnante de Sylvain Daniel pour accompagner sa jolie voix et ses chansons douces et espiègles. Michel Contat est fan. Moi aussi. Victorieuse aux dernières Victoires du Jazz (catégorie artiste vocale), Elise se produira également le 27 novembre à la maison de Radio France (Studio Charles Trenet) avec l’ensemble Archimusic de Jean-Rémy Guédon et le MegaOctet d’Andy Emler. Au programme : “Présences d’esprits“ une création mondiale qu'il ne faudra pas manquer.          

Jazz en Tête,affiche
-Duc des Lombards : http://www.ducdeslombards.com

-Salle Gaveau : www.jazzagaveau.com

-Hôtel Bel-Ami : www.hotel-bel-ami.com

-New Morning : www.newmorning.com

-Sunset - Sunside : www.sunset-sunside.com

-Auditorium St Germain : www.mpaa.fr

-Studio de l’Ermitage : www.studio-ermitage.com

-Théâtre Traversière : www.traversiere.net

-Théâtre du Châtelet : www.chatelet-theatre.com

-La Cigale : www.lacigale.fr

 

PHOTOS : Mulgrew Miller (noir & blanc) © Philippe Etheldrède - Fred Hersch, Marc Copland & Drew Gress, Kirk Lightsey, Mulgrew Miller (couleurs), Bill Carrothers, Anne Ducros, Elise Caron © Pierre de Chocqueuse - Michel Benita & Mieko Miyazaki © Patrick Burban - Virginie Teychené © Yann Charles - Wayne Shorter © Verve / Universal Records - Tineke Postma, Yaron Herman Photos X/DR. 

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commentaires

C
<br /> Bravo blogdechoc continue !Au moins on est au courant de tout quand on est comme moi un pauvre petit provincial ! où notre guru est cet idiot d'Armand Meignan ! alors est-ce que tu vas parler de la<br /> Tectonic des nuages !<br /> Voilà<br /> PCX<br /> <br /> <br />
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